BREL, un UNILINGUE, RACISTE ET REVISIONNISTE … par ignorance, à l’image du monde francophone belge

 

“Il y a quelques Belges, un millier ou deux, qui sont honteux d’ être Belges, qui jouent au Français, à l’Anglais, à l’ Américain, mais qui n’ ont pas assez de c… pour quitter la Belgique et qui polluent notre pays.”

Jacques Brel, interviewé dans: Le Mot de la Fin, RTB, 18/1/86

 

1 Qui pouvait mieux qu’Olivier TODD, journaliste français d’origine juive, écrire la biographie de Jacques Brel?  (Jacques Brel, une vie, 1984)

Il est un des seuls à avoir cerné le comportement de Brel comme le reflet d’une époque qui n’est pas malheureusement pas encore tout à fait révolue.

Vers 1959, Brel, “monté“ à Paris, a perdu presque tout accent belge.  Les “r” roulent encore un peu.  “Il s’est exercé à parler avec un stylo entre les dents.” (TODD, 140)

Peu tolérant, il s’aperçoit que ses “deux (filles) aînées ramènent l’accent bruxellois de l’école: alors, il insiste pour qu’on les inscrive au lycée français de la capitale.” (TODD, 202).  Il se dit en partie Flamand, mais ne veut pas que ses filles apprennent le flamand (sic).  En privé, il ne cesse de répéter que les “Belges, sauf ses amis, bien entendu, sont des ‘c…’ “.  (TODD, 256)

 “Brel se contredit comme il respire: “Quel est votre plus regret? lui demandent des jeunes.  – Etre Belge …” (TODD, 257) Il n’en était cependant pas à une contradiction près. Jacques Brel s’irritait ainsi de l’égocentrisme culturel français. (TODD, 263) Il lui arrivait de mentir honteusement.  Ainsi, à propos de Louvain, il y avait dans les années 60 des universités francophones et flamandes.  On se bat souvent.* (sic)  Jacques n’oublie pas “ses blessures – imaginaires! – de son père au cours d’une bagarre linguistique.” (TODD, 267)

Jacques Brel dira même clairement qu’il ne confond pas Flamands et flamingants. Mais dans sa chanson la plus provocante, Les F…*, Brel donne l’impression qu’il établit une équation simpliste, un amalgame nationalisme flamand = fascistes = Flamingants = Flamands.’ (TODD, 1984, 272)  Jacques Brel manque de perspectives historiques.  Il ne semble pas se rendre compte à quel point les Flamands ont failli perdre leur langue et leur culture, qu’ils ont été exploités et humiliés par les fransquillons, la bourgeoisie possédante francophone.  Brel grossit démesurément l’histoire de la Flandre belge pendant l’occupation, d’où la phrase inexcusable emrpeinte de révisionnisme de sa chanson “Les F…: “… Nazis durant les guerres et catholiques entre elles …”

En Belgique, Brel – malgré lui? – excite les Wallons francolâtres, ceux qui confondent vite Flamands et Flamingants. (…) Brel emploie un peu trop le concept de race:

“… Il me semble que j’ai le droit, moi, Flamand de race, de raconter tout ce que j’ai envie en français.” (TODD, 1984, 274)

* Il faut dire que les étudiants francophones ne faisaient pas généralement d’efforts pour s’exprimer en néerlandais.  Il fallait que les ‘Flamands’ se plient.  Intolérance, quand tu nous tiens!

* Que dire si l’on remplace le terme “F(lamands)” par “J(uifs)”?

Un racisme n’en vaut-il pas un autre?

“Les Flamands, c’est un Français rugueux … Le Flamingant, c’est un Allemand qui est mou …  Le flamand, la langue … c’est de la rocaille.” (TODD, 275) Brel pousse loin sa critique subjective des divers dialectes flamands, unifiés aujourd’hui (sic). Jeune garçon, il trouvait la langue difficile à apprendre. Vers la fin de sa vie, il la comparera à des aboiements*.  Les Flamingants aboient le flamand, les Flamands le rocaillent?  Brel oublie que le flamand fut longtemps considéré comme un patois de domestiques.

Brel – il n’est pas le seul Bruxellois ou Belge dans ce cas – magnifie les conflits linguistiques aux dépens du social et de l’économique.  Manque de connaissances?  Sans doute.  Il semble aussi que Jacques Brel fut très – trop – marqué par la Seconde Guerre mondiale.  Brel charriait en lui des réalités et des mythes que l’on rencontre souvent aujourd’hui en Belgique francophone: la collaboration fut plus forte en Flandre qu’en Wallonie, encore qu’il y ait eu quelques foyers de résistance, à Anvers surtout; la combativité des régiments flamands – dit-on – fut molle en mai 1940; l’indifférence – dit-on aussi – des Flamands pendant la contre-offensive allemande du maréchal von Rundstedt au cours de l’hiver 1944-1945 a pu impressionner Brel. (TODD, 275)

Par son éducation, Jacques Brel ne pouvait percevoir à quel point tant de Flamands se sont sentis agressés par la francophonie.  Il en aurait peut-être été autrement, si, élevé pendant la guerre dans un collège catholique de Gand, Jacques Brel avait vu des élèves punis parce qu’ils parlaient flamand pendant la récréation.  Des Alsaciens ou des Bretons ont des souvenirs tout aussi désagréables.* (TODD, 276) Il en fut (et il en est encore) de même pour les Wallons, brimés depuis 1789 quand ils s’expriment en langue wallonne.  La Révolution française a bel et bien propagé les concepts de liberté, d’égalité, et de fraternité mais il fallait ajouter: … pour autant que tu parles ma langue et que tu penses comme moi.

La conclusion d’Olivier Todd est magistrale. “En politique, il a des coups de coeur, plutôt que des idées raisonnées.  Il est d’une génération qui voit d’abord le totalitarisme de droite avant de discerner celui de gauche.” (p.285) Si Brel avait été un chanteur allemand dans les années 30, il aurait probablement soutenu l’antisémitisme, s’il avait été un chanteur français contemporain, Le Pen et ses acolytes l’auraient adulé pour ses idées extrêmes …

 

 

2 Brel et son amitié pour Paul Touvier* (1959)

 

*http://www.quizz.biz/quizz-49375.html

 

 

Premier français à être condamné pour crime contre l’humanité en 1994, il fut le chef de la milice lyonnaise pendant la Seconde Guerre Mondiale. Au cours de ses 43 ans de cavale, il aura travaillé pour Jacques Brel.

 

 

3 Bernard Duraud, Brel – 1959 / Touvier, in : L’Humanité, 17/03/1994

 

Cinquante ans de cavale, de protection de l’Eglise et d’impunité

Nourri et planqué par des ecclésiastiques après deux condamnations à mort, gracié par Pompidou, Touvier a bénéficié de solides appuis pour échapper à la justice. Rappel.

VINGT-QUATRE MAI MILLE NEUF CENT QUATRE-VINGT-NEUF : les gendarmes bouclent le prieuré Saint-François de Nice, tenu par des intégristes de la communauté sacerdotale Saint-Pie X. Ils frappent à la porte de Paul Touvier, mettant fin à près d’un demi-siècle de cavale. La sainte piste est passée par bien des abbayes et des monastères où Touvier, le fuyard, a reçu gîte, couvert et de solides appuis.

 

Septembre 1944. A la libération de Lyon, Paul Touvier, vingt-neuf ans, chef du Deuxième Service de la Milice régionale, disparaît, comme d’autres collaborateurs. Condamné à mort par contumace à Lyon en 1946 et à Chambéry en mars 1947 pour intelligence avec l’ennemi, il est arrêté le 9 juillet 1947. Cependant, ce premier rendez-vous avec la justice n’a pas lieu. Touvier s’échappe « miraculeusement », par la porte, du commissariat parisien où il est en garde à vue, profitant, selon les historiens, d’une « bienveillance » administrative et policière.

En 1949, il s’installe en secret dans la maison de son père, à Chambéry. En 1967, ses condamnations à mort seront prescrites. Mais il souhaite davantage et voir annuler la confiscation de ses biens comme l’interdiction de séjour prononcée à vie contre lui. Il multiplie les démarches auprès de prélats, dont Mgr Charles Duquaire, d’abord secrétaire particulier du cardinal Gerlier à Lyon, puis factotum de Mgr Villot au Vatican, lui-même premier collaborateur du pape. Soutenu par ces ecclésiastiques, il finit par obtenir la grâce de Georges Pompidou, le 23 novembre 1971.

 

Le scandale est immense et l’affaire est exhumée, par « l’Express », en 1972. Georges Pompidou, au mépris des victimes, déclare : « Allons-nous garder éternellement saignantes les plaies de nos désaccords nationaux ? Le moment n’est-il pas venu de jeter le voile, d’oublier ces temps où les Français ne s’aimaient pas, s’entre-déchiraient et même s’entre-tuaient ? »

 

Néanmoins, les premières plaintes pour crimes contre l’humanité imprescriptibles – sont déposées en 1973. Un mandat d’arrêt est délivré en 1981. D’anciens résistants se sont remis à sa poursuite. Touvier retourne dans l’ombre, fait croire à sa mort en publiant un avis de décès dans la presse dauphinoise.

De couvents en réseaux où intégrisme et extrême droite s’interpénètrent – notamment l’ordre des chevaliers de Notre-Dame, qui a assuré en sous-main une rente de 3.000 francs à Touvier -, de la Grande Chartreuse, dans les années soixante-dix, à l’abbaye de Fontgombault ou au prieuré Saint-François de Nice, l’ampleur de la nébuleuse ecclésiastique ayant protégé Touvier est importante. Mais un second réseau d’aide politico-administratif s’est également tissé. C’est ainsi qu’André Lavagne, éminence grise du maréchal Pétain, devint après-guerre le conseiller juridique de l’épiscopat français, conseillant notamment Mgr Duquaire. C’est par son entremise que Touvier a été introduit chez un autre ecclésiastique, Mgr Gouet, responsable du secrétariat général de l’épiscopat.

 

Jouant sur le registre de la délation, mais aussi de la compassion et de la contrition, Touvier a toujours su se ménager les sympathies. Il faut dire que toutes ses informations étaient enregistrées sur des milliers de fiches qu’il n’a pas cessé de rédiger, et qu’on a découvertes, bien rangées dans une malle, à son arrestation en 1989. Durant ses années de clandestinité, sous des pseudonymes comme Paul Berthet ou Paul Lacroix, il s’arrange pour entrer en relation avec des personnalités comme Pierre Fresnay ou Michel Simon, et surtout Jacques Brel, avec lequel il réalise un disque d’éducation pour les enfants, « l’Amour et la Vie ». Touvier conserve aussi une lettre de l’ancien ministre de la Justice Edmond Michelet, commençant par « Cher ami ».

 

Autoritaire, aimant exercer son ascendant sur les autres, il a entraîné avec lui sa femme Monique, mais aussi ses enfants Chantal et Pierre, quarante-cinq et quarante-quatre ans, qui, depuis leur naissance, partagent sa clandestinité. Aujourd’hui, au cabinet de Me Jacques Trémollet de Villers, l’avocat de Touvier, ils préparent le dossier de défense de leur père.

Jacques Trémollet a été l’animateur d’une association, Droit et Vérité, ayant pour but d’obtenir la libération de Touvier et dans laquelle se côtoyaient de hauts magistrats et bon nombre de protecteurs du milicien en cavale. Mais, à l’heure où s’ouvre le procès, Touvier, tenu par la justice de s’être constitué prisonnier hier, entame une dernière étape, celle de l’exercice de la vérité, après plus de cinquante ans d’impunité.

 

 

 

4 Brel – 1977 – Les Flamingants

Messieurs les Flamingants/ J’ai deux mots à vous rire/ Il y a trop longtemps/ Que vous me faites frire / A vous souffler dans le cul / Pour devenir autobus / Vous voilà acrobates/ Mais vraiment rien de plus / Nazis durant les guerres/ Et catholiques entre elles / Vous oscillez sans cesse/ Du fusil au missel / Vos regards sont lointains / Votre humour est exsangue/ Bien qu’y ait des rues à Gand / Qui pissent dans les deux langues / Tu vois quand j’pense à vous/ J’aime que rien ne se perde/ Messieurs les flamingants/ je vous emmerde/ Vous salissez la Flandre/ Mais la Flandre vous juge / Voyez la mer du Nord/ Elle s’est enfuie de Bruges/ Cessez de me gonfler / Mes vieilles roubignoles/ Avec votre art flamand-italo-espagnol/ Vous êtes tellement tellement/ Beaucoup trop lourds/ Que quand les soirs d’orage/ Des Chinois cultivés/ Me demandent d’où je suis/ Je réponds fatigué/ Et les larmes aux dents/ “Ik ben van Luxembourg” / Et si aux jeunes femmes / On ose un chant flamand / Elles s’envolent en rêvant/ Aux oiseaux roses et blancs / Et je vous interdis / D’espèrer que jamais à Londres / Sous la pluie on puisse / Vous croire Anglais / Et je vous interdis à New-York ou Milan/ D’éructer Messeigneurs/ Autrement qu’en flamand / Vous n’aurez pas l’air cons / Vraiment pas cons du tout / Et moi, je m’interdis/ De dire que je m’en fous/ Et je vous interdis / D’obliger nos enfants / Qui ne vous ont rien fait/ A aboyer flamand / Et si mes frères se taisent / Eh bien tant pis pour elle / Je chante per-
siste et signe / Je m’appelle Jacques Brel. Jacques Brel, 1977.
Les flamands n’ont pas évolué….

 

Paul Touvier, collabo des Nazis et ... ami de Jacques Brel