racisme français anti-anglais

1965

P. Guiraud, Les mots étrangers, PUF, 1965

 

(p.105) ‚Äú(Dans le m√™me ordre d‚Äôid√©es), la ‚Äėfrancisation‚Äô, plus oui moins fac√©tieuse du nom de New York a donn√© naissance √† Nouillorgue, N√©viorgue, Nuiore, … On peut facilement imaginer Nouiorque, Nouyorc, N√©viorc.‚ÄĚ

 

1970s

A la fin des ann√©es 1960 et dans les ann√©es 1970, des campagnes furent lanc√©es contre les anglicismes…, d√©montrant la pauvret√© du fran√ßais et son incapacit√© √† d√©velopper son propre vocabulaire sans passer par d’autres langues.

 

1970s

Extraits d’un livre raciste paru dans les ann√©es 1970…

 

A force de lui faire la guerre, chaque camp accusait l’autre de n’√™tre pas h√©ro√Įque. ¬ę Prendre la fuite ¬Ľ se dit chez nous ¬ę filer √† l’anglaise ¬Ľ et chez eux ¬ę ta take a French leave ¬Ľ.

 

Pourtant, ces maudits Anglais, nous les avons trouv√©s √† nos c√īt√©s sur les champs de bataille des deux guerres mondiales et – mis √† part un petit r√©flexe d’√©goisme aux environs de Dunkerque en 1940 – ils ont vaillamment combattu aux c√īt√©s des Alli√©s dans le camp de la Libert√©.¬† Alors ? ¬ę Ennemi h√©r√©ditaire ¬Ľ ou ¬ę entente cordiale √† ?

Les deux mon capitaine ! Un point partout et la balle au centre.

Ce qui ne nous interdit pas le moins du monde de plaisanter les Anglais sur leurs ridicules et leurs travers.  Et ce ne sont pas les sujets qui manquent.

 

* Voici quelques formules choisies parmi les plus percutantes.¬† On remarquera au nombre de leurs auteurs quelques noms anglais, ce qui prouve que ce peuple poss√®de au moins une qualit√© incontestable : l’humour.

 

Les Anglais : des neurasthéniques aux joues roses. JULIEN GREEN, Journal.

 

Les Anglais, c’est dr√īle quand m√™me comme d√©gaine, c’est mi-cur√©, mi-gar√ßonnet.¬† L. F. C√ČLINE, Mort √† cr√©dit.

 

C’est dr√īle, vous autres Anglais, quand vous √™tes √† c√īt√© d’une jeune fille c’est vous qui avez l’air vierge.

R. DE FLERS, Les Vignes du Seigneur.

 

Les Anglais sont occup√©s, ils n’ont pas le temps d’√™tre polis.¬† MONTESQUIEU

 

En France, nous avons 300 sauces et 3 religions. En Angleterre, ils ont 3 sauces mais 300 religions.  TALLEYRAND

 

LA POLITIQUE ANGLAISE ?

 

L’Angleterre, cette colonie française qui a mal tourné. CLEMENCEAU

 

Je ne pardonnerai jamais √† la perfide Albion d’avoir br√Ľl√© Jeanne d’Arc sur le rocher de Sainte-H√©l√®ne.

 

LA CUISINE ANGLAISE

La cuisine anglaise : si c’est froid, c’est de la soupe, si c’est chaud, c’est de la bi√®re.¬† ANONYME

 

1982

Au cours de la guerre dans les Falklands (Malouines fut r√©utilis√© pour bien s’√©loigner de la r√©alit√©, non-francophone), des commentateurs fran√ßais se r√©jouirent de l’utilisation par l’arm√©e argentine du missile de fabrication fran√ßaise appel√© ¬†EXOCET contre les Anglais.

 

1983

Ironie et sarcasme aux Etats-Unis après le colloque des intellectuels à Paris, LB 18/02/1983

 

Trois jours apr√®s la grande conf√©rence internationale des intellectuels organis√©e √† Paris par le gouvernement fran√ßais, l’Am√©rique s’amuse encore du r√īle de bouc √©missaire d√©volu √† Dallas, la populaire s√©rie am√©ricaine de t√©l√©vision.

Dans un √©ditorial intitul√© ¬ę La honte des intellectuels – le ¬ę Washington Post ¬Ľ r√©capitule mercredi toutes les catastrophes sentimentales et mat√©rielles sur¬≠venues √† J.R. Ewing, ses parents et ses amis au cours des derniers √©pisodes et il √©crit Nous sommes et nous avons toujours √©t√© pour la libert√© de parole.¬† Mais le bon go√Ľt, cela existe, et avoir choisi de moment pour attaquer ¬ę Dallas ¬Ľ nous semble d√©montrer un manque terrible de sensibilit√© de la part de ces gens-l√† ¬Ľ.

Le quotidien de Washington, qui avait d√©j√† consacr√© un re¬≠portage assez critique au ras¬≠semblement culturel de la Sor¬≠bonne, ajoute: ¬ę Dieu sait que nous ne sommes Pas port√©s √†d√©fendre Dallas-.¬† Mais- (… ) m√™me les plus cruels d’entre nous choisiraient un autre moment pour une telle attaque.¬† Est-ce que les intellectuels n’ont pas honte ? Est-ce que les Fran¬≠cais n’ont pas de sentiment ? ¬Ľ.

(‚Ķ) Le chroniqueur du ¬ę Wall Street journal ¬Ľ, qui a couvert le colloque de Paris, riposte par une violente diatribe culturelle contre la France. ¬ę Au lieu de s’inqui√©ter de Dallas ¬Ľ, √©crit-il, ¬ę Jack Lang (le ministre fran√ßais de la Cul. ture) devrait passer son temps √† se demander pourquoi la France est une nullit√© dans le monde actif dela culture contemporaine, (‚Ķ) pourquoi la France n‚Äôa produit aucun romancier vraiment important en 20 ans √† l’exception de Michel Tournier, pourquoi la France a disparu dans les arts visuels, pourquoi le monde entier rigole des rodomontades de la rh√©torique fran√ßaise traditionnelle telle qu’elle est encore enseign√©e dans les √©coles fran√ßaises archa√Įques ¬Ľ.

Dans son √©dition de lundi, le ¬ę New York Times – notait d√©j√† que ¬ę¬† Dallas ¬Ľ avait jou√© le r√īle de ¬ę vilain ¬Ľ dans la- d√©noncia¬≠tion de ¬ę l’imp√©rialisme culturel ¬Ľ des Etats–Unis, ¬ęqui est un des th√®mes favoris de M. Lang ¬Ľ.

 

1985

Des libéraux européens attaquent la politique française en matière de télévision, LB 27/07/1985

 

En France, les cha√ģnes de TV √©trang√®res ne peuvent occuper plus de 30 pc de la capacit√© du r√©seau de t√©l√©distribution par c√Ębles. (…) ces quotas limitent d‚Äôune mani√®re ill√©gitime le libre choix des consommateurs en mati√®re de programme et sont contraires au trait√© de la CEE qui stipule que des services tels que la TV doivent √™tre d‚Äôun acc√®s libre dans toute la Communaut√©.

 

1986

Marie-France Cros, Littératures africaines: de qualité mais trop mal diffusées, LB 21/05/1986

 

En zone anglophone, ‘se basant sur la tradition luth√©rienne, les missionnaires protestants ont traduit la Bible dans les langues vernaculaires – alors qu’en Afrique fran√ßaise, il √©tait interdit aux √©coliers d’ utiliser ces langues.’

Selon Albert G√©rard, professeur √† l’ULG, les litt√©ratures africaines anglophones ont ainsi √©t√© pr√©c√©d√©es par des litt√©ratures √©crites en langues vernaculaires – des cr√©ations, pas la transcription de textes oraux.¬† Cette transition, affirme-t-il, a permis √† l’√©lite lettr√©e de s’ habituer √† la technique de la r√©daction litt√©raire, profond√©ment diff√©rente de la technique de la litt√©rature orale.

Par ailleurs, lorsqu’ on √©crit en fran√ßais, on est contraint de se soumettre aux diktats de l’ Acad√©mie fran√ßaise.¬† Ce n’est pas le cas en anglais: la cr√©olinisation est plus facile, un texte beaucoup plus rapidement publiable m√™me s’ il a des tournures ‘curieuses’.

Puis, les grands éditeurs de Londres sont pus ouverts que leurs collègues parisiens.

 

1988

Jean Malaurie, in: Le Monde, 30/03/1988

 

‚ÄúUniverselle, la langue anglaise, parl√©e et √©crite, n‚Äôest, le plus souvent, qu‚Äôun basic English, qu‚Äôun pidgin scientifique d‚Äôune grande impr√©cision dans l‚Äôusage et dans le sens des termes, variant grandement selon le pays √©tranger qui l‚Äôemploie.‚ÄĚ

 

1989

Alaska, les excuses d’EXXON, LB 04/04/1989

 

‚ÄúLe mouvement √©cologiste fran√ßais ‚ÄúSOS Environnement‚ÄĚ a demand√© aux automobilistes fran√ßais de ‚Äúboycotter les produits EXXON – dont l‚Äôessence Esso – si cette soci√©t√© n‚Äôannonce pas les mesures qu‚Äôelle va prendre pour financer la remise en √©tat √©cologique du d√©troit Prince William.‚ÄĚ

 

1989

Andreas Chiti-Batelli, Lingua franca, internationale et défense des cultures minoritaires, pp.87-93, in: Europa Ethnica, 2, 89

 

(p.93) ‚ÄúL‚Äôesperanto est dix fois plus facile que les autres langues, et notamment que les langues europ√©ennes.‚ÄĚ

‚ÄúLa menace de l‚Äôanglais concerne toutes les langues et toutes nos cultures; mais elle vise encore plus les cultures minoritaires, moins capables de r√©sister, d‚Äô une part, et attaqu√©es sur deux fronts, de l‚Äôautre.¬† Leurs d√©fenseurs devraient donc √™tre les premiers √† se rendre compte du danger, et √† r√©agir dans les formes et avec les initiatives les plus appropri√©es, dans la conviction de servir, non seulement l‚Äôint√©r√™t de leur groupe ou communaut√©, mais celui de toutes nos cultures.‚ÄĚ

 

Andreas Chiti-Batelli, Via B. Insieri, 10, I-00191 ROMA

 

1989

s.n., in: L‚Äôesp√©ranto en marche, n¬į 2,3,4 – 1989

 

(p.15) ‚ÄúPourquoi les gens devraient-ils apprendre l‚Äôanglais?¬† Pour beaucoup; c‚Äôest une perte de temps, d‚Äô√©nergie et d‚Äôargent.‚ÄĚ

‚ÄúIl y a le probl√®me de l‚Äôorthographe, du grand nombre d‚Äôexceptions √† n‚Äôimporte quelle (sic) r√®gle; l‚Äôanglais est rempli d‚Äôexpressions toutes faites et les pr√©positions sont horribles (sic)!‚ÄĚ

 

1990

/Dossier/ Voyage chez les francophones, GEO, 138, 1990

 

(p.83) Max Gallo: ‚ÄúNe parler qu‚Äôanglais, c‚Äôest ne plus acheter ou vendre fran√ßais.‚ÄĚ

 

1990

Les Gaulois sont dans le collimateur, LB 01/11/1990

 

‚ÄúDelors, va te faire f….!‚Ä̬† Tel est le titre du Sun (4.000.000 d‚Äôexemplaires) qui demande notamment de consacrer une journ√©e √† insulter la France.

 

1990

Mitterrand et la d√©fense du … n√©erlandais, LB 20/07/1990

 

Lettre de Mitterrand √† Delors.¬† Dans celle-ci, le pr√©sident Mitterrand constatait avec regret que de nombreuses circulaires n’√©taient r√©dig√©es qu’en anglais.¬† “Il y invitait donc Jacques Delors √† plus d’autorit√© pour faire respecter la langue fran√ßaise.”

‘Mais en Flandre, les documents que distribue le bureau d’information de la Communaut√© europ√©enne sont exclusivement en fran√ßais!’

 

1990

Radio France Internationale  (Géo, 138, 1990, Voyage chez les francophones, p.85)

 

“A Vancouver, capitale de la Colombie Britannique (o√Ļ num√©riquement la majorit√© d’origine allemande d√©passe la communaut√© francophone), indications et panneaux affichent un surprenant bilinguisme anglo-fran√ßais.” (J-P. P.-H.)

 

1990

s.n., in: Dernière minute, L’espéranto en marche, 09/11/1990

 

(p.7) ‚ÄúL‚Äôanglais est-il la solution /pour l‚Äôintercompr√©hension/? Lequel?¬† Celui de New York, de Singapour, de Sydney, de Manchester ou de Cambridge?¬† J‚Äôaime l‚Äôaccent de la reine d‚ÄôAngleterre, mais quand, pour l‚Äôamour du ciel, les anglophones se d√©cideront-ils un jour √† le parler impeccablement?‚ÄĚ

 

1990

Sat – Amikaro, Esperanto-Informations (France), 452, 1990

 

(Henri Masson) ‚ÄúPr√©parons l‚Äôapr√®s-anglais!‚ÄĚ

 

1990

Voyage chez les francophones (dossier), Géo, 138, 1990

 

(p.64) “Le trilinguisme sera l’arme la plus efficace pour porter la culture fran√ßaise, faire entendre sa voix.¬† D√©fendons-la, mais √©galement l’allemand, l’espagnol, l’italien et … l’anglais.¬† Je suis tr√®s touch√© par le projet du prince de Galles de cr√©er une association e d√©fense de la langue anglaise, la vraie, la langue m√®re de l’anglo-am√©ricain qui actuellement court le monde.¬† C’est cet anglais pur qu’il faut soutenir comme l’une des langues de l’Europe que nous voulons construire.”¬† /et le fran√ßais pur?/

 

1990

Voyage chez les francophones, GEO, 138, 1990

 

(p.81) (A. Touraine) ‚ÄúEnfin, entre la France et le monde, n‚Äôoublions pas qu‚Äôil y a l‚ÄôEurope dont plusieurs des langues, l‚Äôallemand, l‚Äôespagnol et m√™me l‚Äôitalien, ont un r√īle international autant que le fran√ßais, et ne doivent pas plus que lui √™tre √©cras√©s par l‚Äôanglais.¬† A tous les pays de d√©cider ensemble s‚Äôils veulent communiquer entre eux par l‚Äôanglais, solution la plus simple et qui progresse √† grands pas, ou s‚Äôils sont pr√™ts √† demander √† leurs citoyens l‚Äôeffort consid√©rable d‚Äôapprendre ou 3 langues en plus de leur langue maternelle.

Le fran√ßais verrait alors sa situation consid√©rablement renforc√©e, en particulier dans les pays latins o√Ļ elle recule le moins vite.‚ÄĚ

 

(p.83) (Max Gallo) ‚ÄúOn a pu lire, sous des plumes autoris√©es, que le fran√ßais n‚Äô√©tait plus qu‚Äôune langue de ‚Äėrepli‚Äô national, qu‚Äôelle n‚Äôavait¬† plus donc √† chercher √† rayonner et qu‚Äôen cons√©quence le plus simple √©tait de se rallier √† la domination de l‚Äôanglais, langue mondiale, peu √† peu unique.¬† Des scientifiques assurent qu‚Äôil est d√©sormais impossible de publier en fran√ßais des articles savants sous peine d‚Äô√™tre marginalis√©s et qu‚Äôil convient donc d‚Äô√©diter les revues de recherches en anglais.¬† … la r√©sistance √† la normalisation russe ne doit pas √™tre remplac√©e par une soumission √† la domination culturelle anglo-saxonne.‚ÄĚ

 

(p.84) ‚ÄúNe parler qu‚Äôanglais, c‚Äôest ne plus acheter ou vendre fran√ßais.‚ÄĚ

‚ÄúRenoncer au fran√ßais dans le cadre du march√© commun, c‚Äôest ne pas vouloir d√©fendre la cr√©ation fran√ßaise dans les domaines du livre, du th√©√Ętre ou de la t√©l√©vision.¬† c‚Äôest entra√ģner en fait la capitulation des autres langues indo-europ√©ennes et, par la m√™me, faire dispara√ģtre ce qui fait la richesse de l‚ÄôEurope, sa diversit√©.‚ÄĚ

 

(p.93) (Gabriel Veraldi) ‚ÄúLe soleil ne s‚Äôest pas encore lev√© sur Phnom Penh.¬† Des bataillons d‚Äôadolescents se dirigent vers le carrefour des rues 184 et 19, ex-rues Paul-Bert et Francis-Garnier.¬† ils garent leurs v√©los et se ruent vers des salles √† peine √©clair√©es par une maigre ampoule, mais aujourd‚Äôhui … pour apprendre l‚Äôanglais.‚ÄĚ

 

1990

Xavier Goossens, La presse britannique prend Mme Edith Cresson en grippe, LB, 1990

 

‚ÄúEn cause, une vieille interview dans laquelle le premier ministre s‚Äôinterrogeait sur la ‚Äúvirilit√©‚ÄĚ des Anglais.‚ÄĚ

(Daily Telegraph:) ‚ÄúJamais depuis que M. Jacques Chirac accusa Mme Thatcher de ‚Äėraconter des couilles‚Äô √† un sommet europ√©en, un Premier ministre fran√ßais n‚Äôa d√©nigr√© de pareille fa√ßon les Britanniques.‚ÄĚ

 

Les Japonais aussi …

 

Ils réclament des excuses publiques.

‚ÄúMme Cresson a √©voqu√© la concurrence √©conomique japonaise en parlent notamment de ‚Äúpetits hommes jaunes‚ÄĚ qui ne pensent qu‚Äô√† ‚Äúconqu√©rir le reste du monde.‚ÄĚ

‚ÄúDepuis plus d‚Äôune semaine, des camions h√©riss√©s de m√©gaphones passent quotidiennement devant l‚Äôambassade de France √† Tokyo en diffusant des slogans hostiles √† la France.‚ÄĚ

 

1991

Le premier Grand Prix de France à Magny-Cours, LS 08/07/1991

 

‚ÄúMansell a anim√© le d√©fil√© du 7 juillet.‚ÄĚ Il a battu Prost.¬† A la sortie de la course, on interroge le pr√©sident Mitterrand, qui dit +-: ‚ÄúC‚Äôest un moteur Renault qui a gagn√©!‚ÄĚ

 

1991

Peter Vandermeersch, Edith Cresson tast Britten in het kruis, DS, 19 juni 1991

 

‚ÄúIn een paginagroot interview dat zondag verscheen in de Britse krant The Observer stelde Edith Cresson dat en kwart van de Britse, Amerikaanse en Duitse mannen homoseksueel is.‚Ä̬†

 

1991

Serge Bailly, Perrier palm√© … et siffl√© √† Cannes, LB 02/07/1991

 

‚ÄúLes Fran√ßais, qui, chaque fois qu‚Äôils perdent, crient √† l‚Äôimp√©rialisme anglo-saxon sur le Festival, n‚Äôavaient cette ann√©e que le Grand Prix attribu√© √† Perier pour se r√©conforter.‚ÄĚ

 

1991

Xavier Goossens, La presse britannique n’a pas ménagé la diplomatie française, LB 17/01/1991

 

‚ÄúIl y a pire que de compter les Fran√ßais parmi ses ennemis‚ÄĚ, jugeait dans un √©ditorial, le ‚ÄúSun‚ÄĚ, le plus gros tirage de la presse britannique, ‚Äúc‚Äôest de les avoir parmi ses amis.‚Ä̬† ‚ÄúD√©go√Ľtant‚ÄĚ et ‚Äúridicule‚ÄĚ sont deux autres qualificatifs retenus par le quotidien.‚ÄĚ

A cause de la derni√®re initiative fran√ßaise aux Nations Unies qui a grandement irrit√© les Britanniques: un ancien ambassadeur √† l‚ÄôONU parlait de la ‚Äúsournoiserie coutumi√®re de Paris‚ÄĚ.

 

1992

P. D., Francophonie: le désert scientifique, LB 01/06/1992

 

Aujourd’hui, une bonne culture scientifique ne peut s’acquérir que dans des ouvrages et des revues publiés en anglais.

Devant le recul continuel de la langue fran√ßaise, les d√©fenseurs de la francophonie ont vite fait de trouver un bouc √©missaire: les scientifiques, (…).¬† Pourquoi?¬† Tout simplement parce que ces soi-disant experts sont essentiellement des litt√©raires, gu√®re au courant de la vie scientifique.

 

1993

A.R. et C.S., Gatt et audiovisuel: Français et Américains jouent à se faire peur, LS 16/10/1993

 

Paris réclame l’exclusion pure et simple du secteur audiovisuel des négociations du Gatt.’

 

1994

Fabienne Tréfois, Neuf jours à Paris, pour des Jeux différents, LS 05/07/1994

 

Les deuxièmes Jeux de la francophonie

‚ÄúCes Jeux seront r√©serv√©s exclusivement aux participants des pays francophones.‚ÄĚ

 

1998

Jack Lang, Président de la Commission des Affaires étrangères de l’Assemblée nationale, “L’amour de Babel’, éloge du multilinguisme, LS 08/07/1998

 

‚ÄúIl faut s‚Äôopposer √† une uniformisation qui est un appauvrissement , refuser de succomber au sabir anglo-am√©ricain, pauvre et utilitaire, qui tend √† pr√©valoir partout, rejeter une ‚ÄúMcDonaldisation‚ÄĚ linguistique.‚ÄĚ (…)

‚ÄúLe plurilinguisme n‚Äôest pas seulement un avatar de la d√©fense du fran√ßais.¬† Il est la condition de la sauvegarde des langues natitonales et la garantie du brassage des cultures.‚ÄĚ

 

1998

Verenigde naties, De Standaard, 06/11/1998

 

Pleidooi voor Franse taal

 

De Franssprekende landen beginnen een nieuw campagne om de dominantie van het Engels in de Verenigde Naties en andere internationale organisaties te doorbreken.

Tijdens een tweedaagse conferentie in Gen√®ve over meertaligheid wilde Boutros Boutros-Ghali, de voormalige secretaris-generaal van de VN en de voorzitter van de Francofonie, een ‚Äúnieuw humanisme‚ÄĚ.¬† ‚ÄúFranssprekend zijn is een strijd die de verdediging van het Frans overschrijdt, een strijd voor verdraagzaamheid, respect voor taalkundig en culturele diversiteit, voor het behoud van een meervoudige beschaving.‚Ä̬† De conferentie wil het gebruik van alle zes de (sic) talen van de VN – ook het Arabisch, het Chinees, het Russisch en het Spaans – bevorderen, maar op de eerste dag waren alle toespraken in het Frans, met alleen Engelse vertaling.

 

1999

Andr√© Cherpillod, L’esp√©ranto, langue d√©mocratique, Conf√©rence faite au Mans, le 5 d√©cembre 1999

 

200.000.000 de francophones (p.3) /au lieu des +- 75.000.000 relevés officiellement /

(p.14) Les Etats-Unis et leur alphabet rudimentaire de 26 lettres.

‘L’anglo-am√©ricain est aux langues ce que le t√©nia est √† l’homme!’ (p.14)

(p.5) ‘Un Fran√ßais peut b√©nir le destin qui l’a fait na√ģtre en France.’

 

1999

 

CONSOMMATION / Produits français boudés (à Londres), AL 25/10/1999

 

Après le maintien par la France de l’embargo sur le boeuf britannique.

 

1999

 

J-C. M., Londres furieux contre Paris qui assume, LB 10/12/1999

 

Refus français de lever l’embargo sur le boeuf anglais.

Le syndicat des éleveurs britanniques (NFU) a appelé les consommateurs à boycotter les produits français.

 

1999

Un front des  langues, LB 22/01/1999

 

Les instances de la francophonie encouragent la promotion positive de la pluralité culturelle contre l’hégémonie anglo-saxonne.

 

1999

 

Very good British beef: Paris débouté, LB 30/10/1999

 

La Commission européenne exige que l’embargo français soit levé.

 

2000

HENRI¬†VAN¬†LIER¬†:¬†ANTHROPOG√ČNIE¬†ET¬†LINGUISTIQUE¬†

DEVENIRS¬†M√ČDITERRAN√ČENS, in: SYNERGIES¬† MONDE¬†M√ČDITERRAN√ČEN¬†N¬į¬†2

 

Quand Claude Hagège rejoint Henri Van Lier

 

Nelly Carpentier (Universitz Paris Descartes)

 

(p.213) Hagège, Van Lier ?

 

Dans Le français et le jardin, Henri Van Lier décrit le français comme 

¬ę¬†exceptionnellement¬†√©gal.¬†Il¬†forme¬†une¬†pellicule¬†transparente¬†entre¬†le¬†locuteur¬†et¬†ce¬†

dont il parle… Cela va jusqu’à une certaine incorporéité…

Les syllabes sont toutes prononcées avec des longueurs et des impacts à peu près  égaux, ce qui exclut les variations de rythme et d’intensité locales… Etant donné

¬†l‚Äôincorpor√©it√©¬†de¬†mise,¬†les¬†mots¬†analogiques,¬†comme¬†¬ę¬†hop¬†¬Ľ,¬†¬ę¬†vlan¬†¬Ľ,¬†¬ę¬†bof¬†¬Ľ,¬†sont¬†

rares¬†et¬†r√©put√©s¬†vulgaires¬†car¬†ils¬†viennent¬†troubler¬†l‚Äô√©galit√©¬†de¬†la¬†diction¬†et¬†de¬†l‚Äôid√©ation¬†par¬†le¬†mime¬†du¬†corps¬†vocal¬†voire¬†du¬† corps¬†entier.¬†¬Ľ

Reportons‚Äźnous¬†en¬†1776¬†et¬†d√©couvrons,¬†gr√Ęce¬†√†¬†Claude¬†Hag√®ge¬†(2000),¬†cette¬†

pr√©cieuse¬†citation¬†du¬†Pi√©montais¬†Carraccioli¬†qui,¬†dans¬†L‚ÄôEurope¬†fran√ßaise,¬†publi√©e¬†√†¬†Turin,¬†√©crit¬†:¬†¬ę¬†Il¬†faut¬†revenir¬†√†¬† la langue fran√ßaise quand on veut converser: moins diffuse que toute autre, moins difficile √† prononcer, elle n’exige ni une abondance de mots ni des efforts de gosier pour donner du corps aux¬†pens√©es¬†¬Ľ. Voil√†¬†un¬†bien¬†√©tonnant¬†pr√©curseur¬†de¬†Van¬†Lier¬†et¬†de¬†sa¬†¬ę¬†moquette¬†verbale¬†du¬† fran√ßais¬†¬Ľ.

Nous sommes bien loin d’avoir lu les nombreux livres de Claude Hagège, nous avons cependant noté une autre formule vanlierienne dans La structure des langues. 

Hag√®ge¬†(2001,¬†1984¬†:¬†115)¬†y¬†√©voque¬†¬ę¬†la¬†richesse¬†tonale¬†de¬†langues¬†parl√©es¬†dans¬†de¬†

vastes¬†r√©gions¬†plates¬†o√Ļ¬†les¬†modulations¬† de¬†la¬†voix¬†portent¬†loin¬†¬Ľ.

 

Hagège, le français et l’anglais

 

Au‚Äźdel√†¬†de¬†ces¬†exemples,¬†nous¬†n‚Äôavions¬†pas¬†perdu¬†l‚Äôespoir¬†de¬†d√©couvrir¬†d‚Äôautres¬†

recherches¬†de¬†Claude¬†Hag√®ge¬†co√Įncidant¬†avec¬†celles¬†de¬†Van¬†Lier.¬†Nous¬†manquions¬†de¬†foi,¬†incapable¬†de¬†pressentir¬†le¬†miracle¬†qui¬†s‚Äôest¬†produit,¬†d√©but¬†2012.¬†Claude¬†Hag√®ge¬†

publie Contre la pensée unique dont le chapitre 5 s’intitule : 

¬ę¬†Le¬†fran√ßais¬†et¬†l‚Äôanglais¬†:¬†deux¬†langues,¬†deux¬†univers¬†¬Ľ.¬†Nous¬†sommes¬†l√†¬†bien¬†

proches¬†de¬†Van¬†Lier¬†et¬†de¬†ses¬†¬ę¬†destins‚Äźpartis¬†d‚Äôexistence¬†¬Ľ.¬†D‚Äôailleurs,¬†comme¬†Van¬†Lier,¬†Claude¬†Hag√®ge¬†(2012¬†:¬†59,¬†165)¬†se¬†r√©clame¬†clairement¬†de¬†l‚Äôhypoth√®se¬†Humboldt‚ÄźSapir‚ÄźWhorf¬†en¬†rappelant¬†avec¬†Mounin¬†(1963¬†:45‚Äź46),¬†la¬†pr√©sence¬†de¬†

positions voisines chez L. Hjelmslev, K. Vossler, J. Trier, C. Bally, S. Ullmann et 

divers¬†philosophes¬†comme¬†E.¬†Cassirer.¬†Hag√®ge¬†cite¬†√©galement¬†A.¬†Martinet¬† (1960 : 25) d√©finissant la langue comme “instrument de communication avec lequel l’exp√©rience humaine s’organise diff√©remment selon chaque communaut√©.”

 

(p.214) Comment le miracle a-t-il pu se produire ? Il nous semble objectif de

l’ interpr√©ter en raison du combat que¬†m√®ne¬†Hag√®ge¬†pour¬†la¬†pluralit√©¬†des¬†langues.¬†Il¬†n‚Äôaccepte¬†pas¬†que,¬†pour¬†des¬†raisons¬†seulement¬†g√©opolitiques,¬†une¬†langue¬†prenne¬†une¬†telle¬†place,¬†qu‚Äôelle¬†puisse¬†devenir,¬†

par là même, un inconvénient possible (ou déjà réel) pour les autres langues mais 

aussi d’ailleurs pour ellemême comme le signale fort justement Jacques 

Cortès (2011).

Si Meschonnic (1997) fut irrité par le discours convenu et répété de la clarté du 

français, Hagège, lui, est irrité par le discours convenu et répété de la facilité, de la 

simplicit√©,¬†de¬†la¬†concr√©tude,¬†de l’objectivit√©, de¬†la¬†clart√©¬†de¬†l‚Äôanglais.¬†Il¬†souhaite¬†que¬†nous¬†y¬†regardions¬†de¬†plus¬†

près.

 

¬ę¬†L‚Äôorthographe,¬†la¬†phon√©tique‚Ķ¬†¬Ľ

 

Par exemple, l’orthographe du fran√ßais est r√©put√©e difficile, pourtant: “celle de l’anglais peut √™tre¬†consid√©r√©e¬†comme¬†une¬†des¬†plus¬†ardues¬†qui¬†soit¬†¬Ľ.¬†

En¬†fran√ßais,¬†¬ę¬†36¬†phon√®mes¬†sont¬†not√©s¬†par¬†190¬†graph√®mes¬†¬Ľ.¬†Par¬†contre,¬†¬ę¬†il¬†faut¬†1120¬†graph√®mes¬†pour¬†noter¬†les¬†62¬†phon√®mes¬†de¬†l‚Äôanglais¬†¬Ľ.

Hag√®ge¬†note¬†que¬†si¬†¬ę¬†la¬†dyslexie¬†handicape¬†tr√®s¬†peu¬†les¬†Italiens,¬†beaucoup¬†plus¬†les¬†

Fran√ßais,¬†elle¬† est un vrai fl√©au pour les Anglo-Saxons. Il cite de nombreuses difficult√©s: les¬†cinq¬†prononciations¬†de¬†¬ę¬†u¬†¬Ľ¬†(full,¬†dull,¬†use,¬†busy,¬†buy),¬†les¬† six¬†prononciations¬†de¬†¬ę¬†ea¬†¬Ľ¬†(heart,¬†heard,¬†tear¬†¬†(d√©chirer),¬†tear¬†(larme),¬†measles,¬†

Reading¬†(ville¬† du Berkshire); enfin les huit prononciations de “o” (do,¬†show,¬†ogle,¬†one,¬†sword,¬†women,¬†shovel,¬†worse).¬†Il¬†poursuit,¬†non¬†sans¬†humour¬†:¬†

¬ę¬†je¬†n‚Äôinsisterai¬†pas¬†sur¬†la¬†phon√©tique¬†puisqu‚Äôil¬†est¬†largement¬† reconnu que la prononciation de l’anglais est une des plus difficiles qui soit.”

 

La polysémie de l’anglais

 

Qu‚Äôest‚Äźce¬† qui¬† peut¬† faire¬† qu‚Äôune¬† langue¬† est¬† plus¬† simple¬† qu‚Äôune¬† autre,¬† tout¬† en¬†

rendant des services comparables ? Il y a bien des réponses à cette question. 

Regardons¬†ici¬†du¬†c√īt√©¬†de¬† l’organisation s√©mantique, monde d√©j√† consid√©rable pour ne pas dire plus ! Deux difficult√©s

oppos√©es¬†se¬†pr√©sentent¬†d√©j√†.¬†Si¬†j‚Äôai¬†un¬†tr√®s¬†grand¬†nombre¬†de¬†mots,¬†la¬†langue¬†sera¬†peut‚Äź√™tre¬†pr√©cise¬†mais¬†l‚Äôabondance¬†de¬†ce¬†vocabulaire¬†ne¬†rendra¬†pas¬†son¬†maniement¬†et¬†son¬†acquisition¬†faciles.¬†Inversement,¬†une¬†r√©duction¬†des¬†mots¬†pourrait¬†pr√©senter¬†un¬†int√©r√™t¬†mais¬†avec¬†le¬†grave¬† inconv√©nient¬†bien¬†connu¬†de¬†la¬†polys√©mie.

Claude¬†Hag√®ge¬†pense¬†retrouver¬†celle‚Äźci¬†de¬†fa√ßon¬†importante¬†en¬†anglais.¬†Il¬†cite¬†:¬†¬ę¬†le¬†

faeux¬†manager¬†qui¬†veut¬†dire¬†soit¬†¬ę¬†directeur¬†¬Ľ,¬†soit¬†¬ę¬†pr√©sident¬†¬Ľ,¬†soit¬†¬ę¬†g√©rant¬†¬Ľ,¬†soit¬†¬ę¬†organisateur¬†¬Ľ‚Ķ¬† Ou¬†encore¬†¬ę¬†Le¬†mot¬†coach¬†tr√®s¬†√†¬†la¬†mode¬†‚Ķ¬†qui¬†d√©signe,¬†selon¬†la¬†situation,¬†un¬†entraineur,¬†un¬†guide,¬†un¬†moniteur,¬†un¬†ma√ģtre¬†¬Ľ.¬†Claude¬†Hag√®ge¬†est¬†heureux¬†que,¬†pour¬†sa¬†part,¬†le¬†fran√ßais,¬†distingue¬†¬ę¬†langagier¬†¬Ľ¬†et¬†¬ę¬†linguistique¬†¬Ľ¬†et¬†aussi¬†¬ę¬†globalisation¬†¬Ľ¬†et¬†

¬ę¬†mondialisation¬†¬Ľ.

 

Mots¬†pleins¬†et¬†mots‚Äźoutils,¬†l‚Äôimplicite¬†et¬†l‚Äôexplicite

 

Toujours au plan de cette difficult√© √† s’assurer des moyens du sens, Hag√®ge note “la

tendance anglaise¬†√†¬†pr√©senter¬†en¬†succession¬†des¬†noms¬†qui¬†ne¬†sont¬†pas¬†li√©s¬†entre¬†eux¬†par¬†des¬†mots‚Äźoutils¬†¬Ľ.¬† Il¬†donne¬†l‚Äôexemple¬†de¬†Supplementary Staff Test, suite¬†nominale¬†qui¬†n‚Äôindique¬†pas¬†par¬†elle¬†m√™me¬† s‚Äôil¬†s‚Äôagit¬†d‚Äôune¬†¬ę¬†√©preuve¬†suppl√©mentaire¬†pour¬†le¬†recrutement¬†du¬†personnel¬†¬Ľ¬†ou¬†d‚Äôune¬†¬ę¬†√©preuve¬†pour¬†le¬†recrutement¬†de¬†personnel¬†suppl√©mentaire¬†¬Ľ.¬†Il¬†poursuit¬†¬ę¬†la¬†

tendance¬†de¬†l‚Äôanglais¬†√†¬†mettre¬†les¬†mots¬†en¬†s√©rie¬†sans¬†ligatures¬†est¬†particuli√®rement¬†forte¬†dans¬†les¬†manchettes¬†et¬†titres¬†de¬†journaux¬†¬Ľ.¬†D‚Äôapr√®s¬†Vinay¬†et¬†Darbelnet¬†(1977¬†:¬†169),¬†il¬†cite¬†:¬†¬ę¬†Port¬†to¬†get¬†new¬†grain¬†facilities¬†¬Ľ¬†qui¬†(p.215) requiert¬†¬ę¬†un¬†titre¬†fran√ßais¬†beaucoup¬†long¬†explicitant¬†le¬†sens¬†¬Ľ,¬†soit¬†¬ę¬†De¬†nouvelles¬†

installations¬†sont¬†pr√©vues¬†pour¬†la¬†Manutention¬†des¬†grains¬†dans¬†le¬†port¬†[de¬†Montr√©al]¬Ľ.

La¬†relative¬†suspension,¬†voire¬†suppression,¬†des¬†mots‚Äźoutils¬†concerne¬†aussi¬†les¬†

d√©monstratifs¬†que¬†le¬†fran√ßais¬†pr√©f√®re¬†souvent¬†remplacer¬†par¬†les¬†noms¬†eux‚Äźm√™mes.¬†

Ainsi¬†:¬†¬ę¬†this¬†has¬†radically¬†changed¬†the¬†situation¬†¬Ľ¬†donne¬†en¬†fran√ßais¬†compr√©hensible¬†:¬†

¬ę¬†cette¬†initiative¬†[mesure]¬†du¬†pr√©sident¬†change¬†la¬†situation¬†du¬†tout¬†au¬†tout¬†¬Ľ.

Autre¬†exemple¬†d‚Äôexplicitation¬†n√©cessaire¬†en¬†passant¬†de¬†l‚Äôanglais¬†au¬†fran√ßais.¬†Le¬†titre¬†du¬†¬ę¬†roman¬†de¬† H.G.¬†Wells¬† The Time Machine)ne¬†fait¬†pas¬†sens¬†quand¬†il¬†est¬†traduit¬†litt√©ralement‚Ķ¬†Il¬†y¬†faut¬†quelques¬† mots¬†d‚Äôexplicitation¬†donnant,¬†par¬†exemple¬†¬ę¬†La¬†machine¬†√†¬†mesurer¬†le¬†temps¬†¬Ľ.

 

Un¬†discours¬†et¬†plus¬†ou¬†moins¬†de¬†¬ę¬†charni√®res¬†¬Ľ

 

Hag√®ge note que, pour certains auteurs: “la diff√©rence fondamentale se trouve dans le fait que l‚Äôanglais¬†favorise¬†plut√īt¬†le¬†temps¬†du¬†r√©el,¬†et¬†le¬†fran√ßais¬†le¬†temps¬†de¬†l‚Äôentendement¬†¬Ľ.¬†Il¬†cite¬†de¬†nouveau¬†Vinay¬†et¬†Darbelnet¬†(1977¬†:¬†222‚Äź223)¬†:¬†¬ę¬†Le¬†fran√ßais,¬†tout¬†au¬†moins¬†

dans la langue littéraire,  philosophique et juridique, affectionne les articulations, et se passe difficilement des précisions qu’elles peuvent apporter dans le déroulement de la pensée. L’anglais, au 

contraire,¬†m√™me¬†dans¬†ses¬†formes¬†classiques,¬†fait¬†beaucoup¬†moins¬†appel¬†aux¬†articulations¬†explicites,¬†donc¬†laisse¬†au¬†lecteur¬†le¬†soin¬†de¬†suppl√©er¬†lui‚Äźm√™me¬†les¬†articulations¬†qui¬†s‚Äôimposent‚Ķ¬†¬Ľ.¬†Ils¬†insistent¬†:¬†¬ę¬†traduire¬†du¬†fran√ßais¬†articul√©¬†en¬†anglais,¬†c‚Äôest¬†se¬†

résigner à laisser les charnières implicites dans une large mesure… Inversement, la 

traduction¬†vers¬†le¬†fran√ßais¬†oblige¬†le¬†traducteur¬†√†¬†expliciter¬†les¬† charni√®res¬†z√©ro¬†du¬†texte¬†anglais¬†¬Ľ.

Claude¬†Hag√®ge¬†s‚Äôinterroge¬†sur¬†l‚Äôorigine¬†historique¬†d‚Äôun¬†tel¬†ph√©nom√®ne.¬†Pour¬†lui,¬†¬ę¬†la¬†prose¬†fran√ßaise¬†poss√®de¬†plus¬†que¬†la¬†prose¬†anglaise¬†une¬†tendance¬†oratoire,¬†

peut être héritée des modèles grec et latin ; elle utilise largement les charnières 

comme¬†¬ę¬†et,¬†donc,¬†cependant¬†¬Ľ,¬†mais¬†aussi¬†celles¬†qui¬†rappellent¬†un¬†passage¬†pr√©c√©dent¬†comme¬†‚Äst¬ę¬†ainsi¬†que¬†nous¬†l‚Äôavons¬†dit¬†plus¬†haut¬†¬Ľ¬† qui¬†annonce¬†un¬†d√©veloppement¬†subs√©quent,¬†comme¬†¬ę¬†Passons¬†maintenant¬†aux¬†causes¬†de¬†ces¬†√©v√®nements¬†¬Ľ.¬†Hag√®ge¬†met¬†aussi¬†en¬†√©vidence¬†deux¬†expressions¬†sans¬†cesse¬†

employ√©es¬†en¬†fran√ßais,¬†dont¬†les¬†dictionnaires¬†ne¬†fournissent¬†pas¬†d‚Äô√©quivalents¬†anglais¬†ad√©quats.¬†Il¬†s‚Äôagit¬†de¬†“en effet” et de “d’ailleurs”. Il¬†en¬†cherche¬†l‚Äô√©quivalent¬†dans¬†une¬†douzaine¬†de¬†langues¬†et¬†n‚Äôen¬†trouve¬†pas¬†

d‚Äôexact¬† sauf¬†peut¬†√™tre¬†dans¬†le¬†¬ę¬†luso‚Äźbr√©silien¬†avec¬†son¬†¬ę¬†ali√°s¬†¬Ľ.

Hag√®ge¬†conclut¬†:¬†¬ę¬†ce¬†moindre¬†souci,¬†en¬†anglais,¬†des¬†charni√®res¬†et¬†des¬†

articulations… relève de la même tendance que l’habitude de rendre la multiplicité du concret et relève également de  la même tendance que la très forte précision des mots qui dépeignent des actions 

concr√®tes¬†comme¬†les¬†mouvements¬†dans¬†l‚Äôespace¬†¬Ľ.¬†Il¬†pr√©cise¬†:¬†¬ę¬†pour¬†des¬†actions¬†que¬†le¬†fran√ßais¬†d√©signe¬†par¬†des¬†verbes¬†de¬†sens¬†g√©n√©ral,¬†l‚Äôanglais¬†tend¬†fortement¬†√†¬†utiliser¬†

des¬†verbes¬†au¬†sens¬†tr√®s¬†concret¬†¬Ľ.¬† Il¬†insiste¬†:¬†¬ę¬†l‚Äôanglais¬†tend¬†beaucoup¬†plus¬†que¬†le¬†fran√ßais¬†√†¬†rendre¬†et¬†d√©peindre¬†la¬†multiplicit√©¬†concr√®te¬†du¬†r√©el.¬†C‚Äôest¬†l√†¬†une¬†caract√©ristique¬†ancienne¬†qui¬†vient¬†des¬†mots¬†du¬†

fonds¬†saxon¬†¬Ľ.¬†Il note √† cet √©gard que les diff√©rents types de marche, les mani√®res de frapper, de d√©crire des bruits d√Ľs aux chutes des objets b√©n√©ficient d’une richesse remarquable de notations. Par exemple, les termes¬†de¬†la¬†langue¬†anglaise¬†:¬†¬ę¬†walk,¬†ride,¬†drive,¬†sail¬† ¬Ľ seront utilis√©s afin d’√©voquer ce que, dans la¬†langue¬†fran√ßaise,¬†on¬†nommera¬†¬ę¬†promenade¬†√†¬†pied,¬†√†¬†cheval¬†ou¬†√†¬†bicyclette,¬†en¬†voiture,¬†en¬†bateau¬†¬Ľ.¬†La¬†langue¬†anglaise¬†n‚Äô√©prouvera¬†pas¬†le¬†besoin¬†d‚Äôorganiser¬†

ces¬†exp√©riences¬†sous¬†le¬†terme¬†g√©n√©rique¬†de¬†¬ę¬†promenade¬†¬Ľ¬†comme¬†le¬†fait¬†la¬†langue¬†

française.

(p.216) On peut avoir l’impression surtout si on est un locuteur français que le terme 

g√©n√©rique¬†de¬†¬ę¬†promenade¬†¬Ľ¬†met¬†de¬†l‚Äôordre¬†dans¬†l‚Äôexp√©rience.¬†C‚Äôest¬†tout¬†relatif¬†et¬†

certainement subjectif.  D’ailleurs, l’expérience est aussi désordre. Qui plus est le français commence 

vite¬†√†¬†s‚Äô√©garer¬†dans¬†son organisation puisqu’il tombe dans la polys√©mie d’une promenade signifiant l’action d’un promeneur et d’une autre promenade d√©signant le lieu o√Ļ elle s’effectue. Or, justement, ce dernier sens,

plus¬†concret,¬†spatial,¬†est¬†moins¬†ignor√©¬†de¬†la¬†langue¬†anglaise¬†que¬†le¬†premier.¬†¬ę¬†Ordre,¬†

d√©sordre¬†¬Ľ¬†;¬†¬ę¬†explicite,¬†implicite¬†¬Ľ¬†;¬†¬ę¬†g√©n√©ral,¬†particulier¬†¬Ľ¬†sont¬†des¬†antagonismes¬†adaptatifs¬†√†¬†l‚ÄôŇďuvre¬†dans¬† toutes les langues. Les choix cependant peuvent diff√©rer sur un point ou sur un autre.

Il¬†traverse¬†ou¬†il¬†nage‚Ķ¬†les¬†deux,¬†mon¬†¬ę¬†g√©n√©ral¬†¬Ľ¬†!

C‚Äôest¬†dans¬†cette¬†perspective¬†qu‚Äôil¬†faut¬†comprendre¬†l‚Äôexemple¬†tir√©¬†de¬†Vinay¬†et¬†Darbelnet¬†(1977¬†:¬†58)¬†auquel¬†se¬†r√©f√®re¬†Henri¬†Van¬†Lier.¬†L√†¬†o√Ļ¬†le¬†locuteur¬†fran√ßais¬†¬ę¬†traverse¬†la¬†rivi√®re¬†√†¬†la¬†nage¬†¬Ľ,¬†le¬†locuteur¬†anglais¬†nage¬†√†¬†travers¬†la¬†rivi√®re¬†(‚Äėswims¬†across¬†the¬†river‚Äô)¬†:¬†ce¬†sont¬†deux¬†ontologies¬†¬Ľ.¬† Claude¬†Hag√®ge¬†(2012¬†:¬†160‚Äź164)¬†reprend¬†le¬†m√™me¬†exemple¬†(¬ę¬†swims across the

river ¬Ľ).¬†Il¬†√©crit¬†:¬† ¬ę¬†En¬†anglais,¬†c‚Äôest¬†le¬†verbe¬†(¬ęswam qui¬†exprime¬†le¬†¬ę¬†moyen¬†(concret, efectif) du mouvement et c’est le¬†compl√©ment¬†circonstanciel,¬†marqu√©¬†par¬†une¬†pr√©position¬†(¬ę¬†across the river ¬Ľ)¬†qui¬†exprime¬†le¬†¬ę¬†r√©sultat¬†obtenu¬†¬Ľ¬†correspondant¬†√†¬†l‚Äôintention¬†de¬†l‚Äôacteur.¬†Les¬†deux¬†langues¬†disent¬† la m√™me chose mais pas de la m√™me mani√®re. En effet, c’est l’intention, avec son r√©sultat, la

travers√©e¬†qui,¬†en¬†fran√ßais,¬†est¬†exprim√©e¬†par¬†le¬†verbe¬†;¬†tandis¬†que¬†le¬†moyen¬†concret¬†vient¬†apr√®s,¬† sous¬†la¬†forme¬†d‚Äôun¬†¬ę¬†compl√©ment¬†circonstanciel¬†¬Ľ¬†:¬†√†¬†la¬†nage.

Claude¬†Hag√®ge¬†donne¬†en¬†allemand¬†deux¬†exemples¬†pareillement¬†√©clairants¬†:¬†¬ę¬†der Vogel fliegt aus dem geb√ľsch¬†(sic) heraus¬†¬Ľ¬†et¬†¬ę¬†das Schiff segelt in den Hafen hinein ¬Ľ qui¬†sont¬†√†¬†traduire¬†par¬†:¬†¬ę¬†l‚Äôoiseau¬†sort¬†du¬†buisson¬†¬Ľ¬†et¬†¬ę¬†le¬†navire¬†entre¬†dans¬†le¬†port¬†¬Ľ.

(…)

(p.217) Taine et Gide, de la couleur et du dessin, en anglais et en français

Claude¬†Hag√®ge¬†rapproche¬†nombre¬†d‚Äôorientations¬†de¬†la¬†langue¬†anglaise.¬†Citons‚Äźle¬†

encore¬†:¬†¬ę¬†Ce¬†moindre¬†souci,¬†en¬†anglais,¬†des¬†charni√®res¬†et¬†des¬†articulations‚Ķ¬†

relève de la même tendance que l’habitude de rendre la multiplicité du concret et 

relève également de la même tendance que la très forte précision des mots qui d

√©peignent¬†des¬†actions¬†concr√®tes¬†comme¬†les¬†mouvements¬† dans¬†l‚Äôespace…¬†Dans¬†les¬†deux¬†cas,¬†s‚Äôopposent¬†une¬†langue,¬†l‚Äôanglais¬†qui¬†fait¬†

prévaloir le concret et son observation détaillée et une autre, le français, qui 

g√©n√©ralise¬†√†¬†partir¬†des¬†cas¬†particuliers¬†et¬† s‚Äôattache¬†aux¬†articulations¬†logiques¬†¬Ľ.

Claude Hagège éprouve un réel plaisir, et nous avec lui, à trouver chez Vinay et 

Darbelnet (1977 : 59) les belles observations métaphoriques de Taine et de Gide. 

Taine¬†√©crit¬†:¬†¬ę¬†Traduire¬†en¬†fran√ßais¬† une phrase anglaise, c’est copier au crayon gris une figure en couleur ¬Ľ.¬† R√©duisant ainsi les aspects et la¬†qualit√©¬†des¬†choses,¬†l‚Äôesprit¬†fran√ßais¬†aboutit¬†√†¬†des¬†id√©es¬†g√©n√©rales,¬†c‚Äôest‚Äź√†‚Äźdire¬†

simples,¬†qu‚Äôil¬† aligne dans un ordre simplifi√©, celui de la logique. De son c√īt√©, dans une Lettre sur le language, ¬†publi√©e¬†dans¬†Am√©rique¬†fran√ßaise¬†de¬†novembre¬†1941,¬†Gide¬†√©crit¬†:¬†¬ę¬†Il¬†est¬†du¬†

g√©nie¬†de¬†notre¬†langue¬† de¬†faire¬†pr√©valoir¬†le¬†dessin¬†sur¬†la¬†couleur¬†¬Ľ.

(p.220) Contre la pens√©e unique: pour une ¬ę¬†relation f√©conde des cultures ¬Ľ

Même si, en l’occurrence, l’anglais peut, et même doit, être légitimement 

critiqué, cela ne devrait pas conduire à se tromper sur les intentions de Claude 

Hag√®ge.¬†Il¬†souligne¬†en¬†conclusion¬†du¬†chapitre¬†:¬†¬ę¬†Comme¬†on¬†a¬†pu¬†le¬†voir,¬†il¬†ne¬†s‚Äôest¬†

pas agi de considérer la situation en termes de jugements de valeurs. De l’anglais et 

du¬†fran√ßais,¬†il¬†n‚Äôest¬†pas¬†question¬†de¬†d√©clarer¬†que¬†l‚Äôun¬† soit sup√©rieur √† l’autre… la diff√©rence entre¬†l‚Äôanglais¬†et¬†tout¬†autre¬†langue,¬†est¬†une¬†donn√©e¬†fondamentale¬†de¬†la¬†relation¬†

féconde des cultures. Cette relation met en présence, dans une large mesure, des 

grilles¬†d‚Äôinterpr√©tation,¬† de d√©coupage et de mis en mots de l’univers… faisant appara√ģtre des diff√©rences souvent profondes, qui peuvent en √©largissant le d√©bat, √™tre tenues pour des diff√©rences de pens√©e… On a¬†donc¬†quelques¬†fondements¬†√†¬†ne¬†pas¬†exclure¬†que¬†le¬†monde¬†puisse¬†aujourd‚Äôhui¬†

√™tre¬†expos√©¬†√†¬†un¬† risque¬†de¬†ce¬†qu‚Äôil¬†faut¬†bien¬†appeler¬†une¬†pens√©e¬†unique¬†¬Ľ.

 

2000

 

L’Hexagone devant la Cour de justice, LB 05/01/2000

 

BOEUF BRITANNIQUE / La Commission européenne ne tolère plus l’embargo français

 

2000

Rugby / Tournoi des 5 Nations: Wales, Scotland, England, Eire; … France

 

2001

 

Etats-Unis / Des parlementaires français contre la peine de mort, LB 18/01/2001

 

Un appel √† l‚Äô abolition de la peine de mort, sign√© par 420 parlementaires fran√ßais va √™tre envoy√© aux gouverneurs des Etats am√©ricains o√Ļ ce ch√Ętiment ¬ę¬†d√©gradant¬†¬Ľ est encore en vigueur, ont annonc√© deux s√©nateurs socialistes √† l‚Äôorigine de cette action, Robert Badinter et Dinah Derycke.

 

2001

John Tagliabue, France’s Minitel story, or, pitfalls of being a pioneer, Int. Herald Tribune, June 5, 2001

 

Minitel has been the national videotex system that transformed French business and culture after its introduction in 1981, to the Internet.

Acceptance of the Internet in France was slower than elsewhere in Europe, and some have blamed Minitel. (…)

Resistance to the Internet, widely regarded as an Anglo-American invention with mainly English content, reflected French cultural protectionism, according to Françoise Qvistgard, a danish researcher.

‚ÄúThe French system was very closed‚ÄĚ, Ms Qvistgaard said, ‚ÄúPeople said it was an American product.‚ÄĚ

 

2001

Robert Tomassone, éd., Grands repères pour une langue : le français, Hachette 2001

 

(p.146) ¬ę¬†Le fran√ßais de Belgique, de Suisse, du Luxembourg est issu comme le fran√ßais de France, de la colonisation romaine. Il ne diff√®re du fran√ßais ¬ę¬†hexagonal¬†¬Ľ que par ¬ę¬†l‚Äôaccent¬†¬Ľ (quelques traits de prononciation), de rares divergences grammaticales, des particularit√©s lexicales¬†: c‚Äôest un ¬ę¬†fran√ßais r√©gional¬†¬Ľ.

 

(p.146) (√† propos de l‚Äôanglais) (…)

Les chercheurs de tous les pays publient leurs d√©couvertes dans cette langue que beaucoup croient universelle plut√īt que dans leur propre langue.

 

2002

 

Suzanne Daley, France upbraids U.S. as ‚Äúsimplistic‚ÄĚ, IHT 07/02/2002

 

Foreign Minister Hubert Vedrine criticized Washington‚Äôs approach to terrorism as ‚Äėsimplistic‚Äô.

Vedrine said there were basic differences in the way France and the United States saw the world.

France wants rules that applied equally to everyone and where decisions were made in consultation with others, the foreign minister said (…).

 

2003

7-2-2003
Patrick Bishop,Why do the French have to be so bloody-minded?

(Filed: 05/02/2003)

It did not take much imagination to divine the thought behind Tony Blair’s clenched face as he stood in the chilly wind next to Jacques Chirac outside Le Touquet town hall yesterday.

The thought has occurred to many of us at one time or another. Why, he seemed to be asking himself, are the French such a difficult bunch? Why is it that they can charm us one minute, persuading us to share their view that they really are the most intelligent, charming and stylish people on earth, and then pull a stroke that leaves us gasping with pain and astonishment?

Like a good Islingtonian, Mr Blair would like to like the French. He worked in Paris for a while in his youth and speaks the language. His attempts to get close to their leaders, however, have been rebuffed.

The friction over Iraq and the extraordinary decision to invite Robert Mugabe to an African summit in Paris this month are only the latest in a series of profound cross-Channel disagreements.

In the innocent early days of the Blair era, there were hopes that the presence of a fellow socialist in the Matignon – the French prime minister’s official residence – would usher in a golden age of Anglo-French relations. The optimism was shortlived. Dour, pedagogic Lionel Jospin, a former Trotskyist, disapproved of Mr Blair’s modernising apostasy. When the row over France’s illegal ban on British beef imports blew up, he proved as jingoistic as the most fervent Gaullist.

The notion that London might join Paris and Berlin in a partnership of equals that would steer Europe into the new century was equally chimerical. Mr Chirac has made it clear that he prefers to stick to the post-war arrangement in which France and Germany set the course and everyone else churns in their wake.

The symbolism of the venues chosen for recent summits is telling. Gerhard Schröder got Versailles, that overpowering monument to French glory and scene of its last great performance on the international stage. Mr Blair got Le Touquet, a golf-and-horses resort reeking of the Edwardian chic that even quite sophisticated French people seem to believe characterises the period in which this country is stuck.

It is the French, however, who seem anchored in the past. The two current diplomatic rucks stem from a French view of its place in the world that, from any perspective, seems at odds with reality. The explanation offered for the Mugabe invitation is that France reserves the right to exercise its influence in its old colonial stamping ground, even in countries such as Zimbabwe, where it has no historical links.

This attitude conveys a double snub. One is to the EU, which has imposed a travel ban to protest at Harare’s human rights abuses. The other is to Britain, with which France is supposed to be working as a pair of former great colonial powers in a joint approach to tackle the continent’s ills.

In fact, French diplomacy has achieved little in recent times beyond preserving its economic interests. Chirac’s latest intervention in the Ivory Coast seems to have only worsened a bad situation.

Similarly, France’s attitude in the Iraq crisis appears to be founded on a grandiose perception of its role in the world. The government does have its own set of domestic political preoccupations that make it think long and hard about its policy in the Middle East. The suburbs are brimming with bored, volatile young men whose parents came from the Maghreb, whose failure to find a place in French society makes them susceptible to the message of violent Islam. A majority of French men and women, whatever their background, are unhappy about joining a Washington-led war.

But that is not the whole story. France, to outsiders, frequently seems to be suffering from an inferiority complex. Napoleon placed the nation at the centre of the world. De Gaulle, against the logic of events, insisted that it remain there.

The leaders, on the Left and Right, who have run French politics in recent years, fundamentally share this view. With a defiance of reality they have, at moments of international drama, strutted the world stage like a superpower.

The swagger masks deep insecurities. The French more than anyone in Europe care about the Americanisation of their culture and the erosion of the conservative, bourgeois traditions of hearth and table that unite the whole nation. Despite its pretensions, French intellectual life is remarkably insular, and political thought fiercely resistant to change. Events across the Channel are watched with slightly condescending amusement, tinged with the apparent belief that Thatcherite changes will one day be reversed.

France yearns above all for respect. It suspects that it will never really get it from Britain. Germany, though, is another story. Now that expansionist impulses are as cold as ashes, Berlin and Paris feel most comfortable in each other’s company and bask in a relationship that carries echoes of the glory of Old Europe. But, deep down, even France knows that the glory has departed. What power it possesses is essentially negative: the ability, bestowed by membership of the UN Security Council, to hold things up and get Washington’s attention.

The likelihood is that, like Mitterrand 13 years ago, Mr Chirac will eventually climb aboard and that talk of vetoing a second resolution to go to war will evaporate. The president will want to be on the winning side and there are rich contracts to be had and influence to be wielded once the dust has settled.

If this comes to pass, Mr Chirac must be hoping that America will forgive and forget. The signs are that George W. Bush will be less indulgent than his father. As far as the British are concerned, France will doubtless regard yesterday’s encounter in Le Touquet as a little Channel squall.

As the stragglers gather in the bar of the half-timbered Westminster Hotel, hung with sepia photographs of plus-foured British golfers, they will feel only affection for their Anglo-Saxon adversaries. Tony Blair can comfort himself with the thought that, on the French side at least, there are no hard feelings.
© The Daily Telegraph

 

2003

Andrew Roberts, France has always been selfish, but what’s Germany’s problem?
(Filed: 11/02/2003)

As France and Germany strike out by themselves – with only the soi-disant support of Russia and the worthless support of Belgium – in defiance of the settled will of America and its allies, one has to ask what they hope to achieve.

It cannot be to try to stop the war; they must recognise that Britain and America will not have transported 150,000 troops to the Middle East in order to allow Saddam to remain in power, albeit with some blue-helmeted palace guard.

Nor can it be to resuscitate the credibility of the UN, which, even after Colin Powell’s devastating expose of Iraq’s concealment and deception campaign, is lining up to ignore its material breaches. It is reminiscent of the League of Nations at Geneva, where the item for discussion on the agenda for the morning of Monday, September 4, 1939, was the standardisation of the gauges of Europe’s railways.

No, the plan is to redraw the global balance of power in such a way as to circumscribe Washington and London’s freedom of action in the Middle East, North Korea and elsewhere. George W Bush has made it more than plain that this cannot be done in the UN, since America will act unilaterally in defence of what it perceives as its national interest if need be, so the chosen forum is Nato.

Hence the present, despicable, Franco-Belgo-German moves to deny fellow Nato member Turkey the relatively modest provision of wholly defensive materials such as Patriot air defence missiles, early warning planes and anti-chemical and biological units.

Donald Rumsfeld, the American defence secretary, has rightly described this effective denuding of the Nato ally geographically closest to Iraq as “inexcusable” and “shameful”, but another adjective could simply be: “French”. Throughout its complex love-hate relationship with Nato, France has shown itself willing to put its own self-interest first and the concept of collective security nowhere at all.

But it is not France whose behaviour should truly trouble friends of the most effective peace-keeping organisation since the Middle Ages. Rather it is the attitude of Germany, a loyal member of Nato since 1955, that is of far greater moment.

Berlin’s new-found defiance, even from the increasingly discredited chancellorship of Gerhard Schr√∂der, has potentially far more serious consequences than the shrugs and sneers of Jacques Chirac. Germany has not once since the Second World War sought to prevent America and Britain from protecting a Nato member. France, on the other hand, called for the dismantling of Nato in 1965, and withdrew from its integrated military command the following year.

This week Joschka Fischer, Germany’s foreign minister, has delivered a straightforward affront to America over the war, supported by Peter Struck, Germany’s defence minister, who has refused even to discuss the UN-peacekeeping plan with Mr Rumsfeld.

So is Germany now emerging from a 58-year period of quasi-pacifism and diplomatic omerta, to strike out with France in the hope of becoming the kind of global superpower that their economies and population sizes could sustain?

Not at present defence spending levels. Whereas America spends more on defence than the rest of Nato combined – $322 billion in 2001 – France and Germany together only managed $59 billion. Also, although the two countries undoubtedly dominate the present EU, their strategic outlook does not infuse the wider EU as it is envisaged in the future. The “Vilnius 10” new and aspirant Nato members are overtly pro-Anglophone in the current crisis, and no fewer than eight EU countries signed the Blair-Aznar letter earlier this month. If any powers in Europe should feel out of step – even encircled – they should be France and Germany.

This is of course how it should be. It is not just a desire for superpower status (without paying the concomitant costs) that motivates France and Germany; but also a desire to cash in on construction contracts in the Middle East that they hope will be awarded to them rather than American or British firms. The members of what we might call “the Versailles bloc”, after the palatial self-congratulation of their recent joint parliamentary sessions, have their eye on the profits that they hope will come their way as a result of Arab fury with Washington and London in the aftermath of a war against Iraq.

We can but hope that if and when Ahmad Chalabi, the leader of the Iraqi National Congress, comes to power in Baghdad this year, he will not forget France and Germany’s disgraceful spurning of his country’s hopes.

Without far higher defence spending, without significant allies even in their European homeland, and instead merely relying on Vladimir Putin – who needs much more from the Americans than they need from him – the Franco-German diplomatic project will turn out to be little more than bluster. If it leaves Saddam thinking he can continue to deceive the UN weapons inspectors, it could actually lead to earlier regime change in Baghdad, rather than none. Nothing in Middle Eastern politics is so familiar as the law of unintended consequences.

But if, by their posturing, France and Germany have weakened Nato’s protection of one of its most stalwart members, and if this were to result in a successful Iraqi chemical or biological attack on Istanbul, history will not soon forgive her leaders for their cynicism and attempted blackmail. As for Belgium, which even refused to provide ammunition for Nato’s liberation of Kuwait in 1991, perhaps we should have just let the Kaiser keep the place in 1914, rather than sacrifice a generation to earn such loathsome ingratitude.

There are plenty of ways for France to pursue her age-old policy of epater les Atlanticists – her invitation of Robert Mugabe to Paris being a typical example – but deliberately to refuse an ally protection as a war looms is ignoble even by Fifth Republic standards. That pacific, decent, united Germany should go along with such tactics is in some ways the foulest development of all.

© The Daily Telegraph

 

2003

 

Irak / Washington met Téhéran en garde, LB 24/04/2003

 

Colin Powell, le secrétaire d’Etat américain, a affirmé que la France aurait à subir des conséquences pour son opposition à Washington sur la guerre contre l’Irak. (…)

Mardi, Paris a proposé une suspension immédiate des sanctions de l’ONU contre l’Irak, faisant ainsi un geste en direction de Washington qui demande la levée de l’embargo.

 

2004

/Eric Orsenna/, ¬ę¬†la langue fran√ßaise, notre chef-d‚ÄôŇďuvre collectif¬†¬Ľ, LS 06/10/2004

 

¬ę¬†Il ne faut en aucun cas abandonner le fran√ßais pour un volap√ľk de 600 mots qu‚Äôon baptise anglais et qui n‚Äôa d‚Äôailleurs rien √† voir avec la langue anglaise.¬†¬Ľ

 

2004

André-Marie Douillet, TV5, le lien indispensable, AL 22/11/2004

 

Certains défenseurs de la langue française n’hésitent pas à affirmer que le français est la langue de la pensée et l’anglais, celle du commerce.

 

2005

 

De huichelarij van Frankrijk, in : Delta, 1, 2005, p.23-24

Frankrijk staat altijd met een beschuldigende vinger klaar om te wijzen naar de aanwezigheid van Amerikaanse troepen overal in de wereld. Zou Frankrijk beter niet eens voor de eigen deur vegen? Want heeft dat land ook geen grote troepen macht in de Ivoorkust, in Senegal en in de Centraal Afrikaanse Republiek. So what?

 

2009

Emission 9/11 ‚Äď 07/09/09¬†– FR 3 – tout en fran√ßais

A la ZDF (06/09/2009) : tout en anglais

 

102 minutes qui ont changé le monde (Nicole Rittenmeyer) (USA 2008)

 

2018

EURONEWS se compla√ģt √† √©corcher ¬ę¬†Limburg¬†¬Ľ, ¬ę¬†Siemens¬†¬Ľ, …