L’impérialisme français en Asie

 

1995

Missiles à Chypre et ‘instruments’ à l’ Iran, LB, 27/03/1995

 

·      Selon ‘L’ Express’,  des missiles Exocet vendus en octobre dernier par la France à Chypre a été réexportée vers l’ Iran.

 

2000s

Albert Reingewirtz <albert@nethere.com> a écrit dans le message : albert-E767B7.07314015022002@corp.supernews.com

> In article <3C6CE535.A2C42D2E@loria.fr>,
>  Luc Rolland <Luc.Rolland@loria.fr> wrote:

> > Roger Alexander wrote:
> > > > > > Le Monde this week (Dimanche 10 – Lundi 11 Fevrier) has a great special report this week, seven full pages called « The Israel of Ariel Sharon. »
> > >
> > > Superficially it begins with what looks like a flattering homage to a
> > > leader enjoying unprecedented popularity.  But more subtly it is very
> > > deeply calling his policies into question.  « He has delivered neither
> > > the peace nor security he promised, and Israel, in the middle of serious
> > >
> > > upheaval, is facing one of the blackest years of its history. »  One of
> > > its arguments is that Sharon was elected on the basis of a lie– Barak’s
> > >
> > > generous offer; Le Monde completely dismisses this idea, saying that the
> > >
> > > idea that Barak was fair or generous, and that Arafat was intransigent,
> > > doesn’t hold up to the slightest investigation.
> > >
> >
> > I think the sole leader which gave a chance to freedom and peace in
> > Israel was assassinated : Yitzhak Rabin.
> > http://www.nobel-paix.ch/bio/rabin.htm
> >
> > On the other hand, if we investigate Sharon’s history, we can start to
> > envision in him one violent extremist which is no better than the
> > terrorist Hamas leaders.
> >
> > <<Who shall use the sword shall perish by the sword.>>
> >
> > <<An eye for an eye, a tooth for a tooth.>>
> >
> > History shows that a violent repressive attitude never solves any
> > problem such as the one we see here but sends them in the future when
> > they shall explode in a more chaotic manner. The real solution here is
> > true diplomacy.
> >
> > I would like to see Israel’s leaders to realize that killing palestinian
> > police and the moderate palestinian leader Yasser Arafat is the direct
> > way to extreme violent chaos which is inevitable even with a tank posted
> > at every street corner. We can see that the strong army standpoint and
> > invasion of palestinian cities does not prevent from terrorism and is
> > breaking all human rights. Their politics is not leading to real and
> > effective justice.
> >
> > The problem with Isreal’s violence is that it is fuelling extremists
> > activities against Synagogues in our countries and I heavily condemn
> > these terrorist acts since I want to see judaism to live everywhere in
> > peace; but I also want to see christians and islamists to live
> > everywhere in peace.
> >
> > Israel’s irresponsible political attitude has a very bad impact in any
> > country and is increasing the inter-religion violence instead of cooling
> > things off. Of course, every islamist violent extremist group is only
> > adding to terror and this is fuelling war and crime.
> >
> > And all my jewish friends agree with this analysis but are afraid to
> > state it in the open since one of them lost his job after explaining the
> > political errors of violent Zionism.
> >
> > LHR
>
> Tordu! Corruption in France’s political system is endemic. If anyone
> should be investigated it is France not teaching about it’s dark past,
> violence in Algeria and Indochina and most of all it’s racism that lead
> France to round up the Jews of France in French concentration camps and
> then send them to their death with French manufactureed zyklon gas. Fuck
> France
>
>
> Superfluous addresses deleted

 

2000s

Monsieur Bah-Oui <monsieurbahoui@yahoo.com> a écrit dans le message : c34fa0cd.0302131631.68349d89@posting.google.com

Ø  La Fronce a vendu des reacteurs nucleaires a l’Irak, ce qui a permis
> ce dernier d’essayer de developper des armes atomiques.
>
> Une fois qu’il a reussi, c’est sur, c’est sur (comme dirait le
> beluet bionique) qu’il va les utiliser!  Son but etant de detruire
> l’etat d’Israel.
>
> Il est donc primordial que les USA (God bless them!) fasse ce
> qu’il faut pour arreter Saddam.  De plus celui-ci aurait des liens
> avec Osama bin laden (Un heros pour les Quebecons).
>
> Comme tout etre humain normal (donc pas Froncais), je ne veux pas
> la guerre, mais les enjeux d’aujourd’hui ne nous permettent pas
> d’ignorer les menaces contre nos democraties.
>
> Ce n’est pas en baisant le cul de musulmants que l’on va regler
> le probleme
>
> Monsieur Bah-Oui

 

2000

PROCHE-ORIENT / Gutter Renée-Anne, Beaucoup de bruit pour rien?, LB 28/02/2000

 

Lionel Jospin a qualifié à Jérusalem les actions du Hezbollah de terroristes.

 

Réaction violente des étudiants palestiniens à Bir-Zeit, qui ont attaqué M. Jospin à coups de pieres à la sortie d’un débat à l’université.

 

2001

Syrie / France – Visite perturbée du président syrien el-Assad à Paris, LB 27/06/2001

 

La visite en France de Bachar el-Assad a suscité une vive émotion dans la communauté juive et parmi les organisations de défense des droitsd e l’homme en raison des propos antisémites tenus par le jeune président syrien lors de la récente visite du pape en Syrie.

 

2003

Dominique Berns, (Pierre Hassner 🙂 « La France a fait le jeu des faucons », LS 24/03/2003

 

« Pour la France, il y avait d’autres moyens que la guerre. Mais quels sont ces autres moyens, s’il ne s’agissait pas de fixer un ultimatum au terme duquel la communauté internationale emploierait la force ? Si les Américains n’avaient pas remis la question sur le tapis, la tendance était plutôt de lever les sanctions, de s’accommoder de Saddam et d’abandonner les Italiens à leur sort. » (…)

« Je ne crois pas au monde bipolaire « à cinq » de Jacques Chirac. Autant je pense qu’on ne peut pas signer un chèque en blanc aux Etats-Unis, autant je souhaite une Europe plus forte à l’intérieur de l’Occident, autant cette vision d’un monde où la France, l’Allemagne, la Russie et la Chine font contrepoids aux Etats-Unis me déplaît. C’est une alliance contre-nature. Nous faisons partie du système occidental, capitaliste, libéral, démocrate, atlantique dirigé par les Etats-Unis ; c’est en son sein qu’il faut peser. Aujourd’hui, Russes et Chinois ne font pas le poids ; quand ils le feront, ils seront dangereux et nous serons du côté américain. »

 

2003

Dominique Berns, (Robert Kagan 🙂 « L’Europe se fiche des Irakiens », LS 17/03/2003

 

Le politologue américain Robert Kagan dénonce l’attitude de la France et de l’Europe, qui, dit-il, se fichent de la démocratisation de l’Irak.

 

2003

France seeks its share of contracts in rebuilding Iraq, IHT 26/03/2003

 

2003

G.P., Iran / Le feu comme constestation suprême, LB 19/06/2003

A Paris, à Londres et à Berne, des Moudjahidine du peuple s’immolent pour protester contre l’arrestation sur ordre du gouvernement français de près de 150 réfugiés politiques iraniens.

— Ou comment la France baise une fois de plus avec un régime dictatorial…

 

2003

Guy Haarscher, professeur de philosophie à l’ULB, « Ne pas jouer le jeu de Saddam Hussein », LS 15/03/2003

 

Aux manifestants, je dirai ceci : assez d’hypocrisie ; cessez de vous présenter comme les défenseurs de la paix, ou alors venez aussi nombreux manifester quand le président russe Vladimir Poutine est en visite dans l’une ou l’autre de nos capitales. (…)

La France, en se désolidarisant des Etats-Unis, ne peut qu’apparaître comme faisant le jeu de Saddam Hussein –  ce que l’on comprend très bien à Bagdad.

 

2003

Tarek Aziz, ex-vice-Premier ministre irakien , LB 04/11/2003

 

« Des intermédiaires français et russes ont assuré à Saddam à la fin 2002 et au début 2003 qu’ils empêcheraient une guerre américaine par des reports et des vetos au Conseil de sécurité de l’ONU. »

 

2004

Bernard Delattre, Des noms jetés en pâture à l’opinion, LB 19/09/2004

 

Un délateur anonyme relance l’enquête sur l’ « affaire des frégates de Taïwan ».

Il accuse 4 ténors de la politique – Sarkozy, Strauss-Kkahn, Madelin et Chevènement – d’avoir touché des pots-de-vin.

Ainsi, le juge d’instruction Renaud van Ruymbek, cherche à savoir où exactement en France ont abouti les commissions astronomiques (entre 500 et 800 millions d’euros) versées en marge de la vente en 1991 par l’ex-groupe Thomson-CSF (aujourd’hui Thalles) de 6 frégates militaires à Taïwan, un énorme marché de 2,5 milliards d’euros.

Chebat Jean-Charles, Les otages de la diplomatie française, LB 22/12/04

L’ enlèvement des deux journalis­tes français Christian Chesnot et Georges Malbrunot a servi de puissant révélateur. Il a d’abord révélé l’ampleur et la profondeur des liens que le gouvernement français entretient avec le monde arabe, non seu­lement ses gouvernements les plus réac­tionnaires, mais ses groupes terroristes. En effet, pour sauver les deux journalis­tes, le gouvernement français a fait jouer tout son réseau, y compris des groupes terroristes les plus abjects, dont le Hez­bollah, les Frères Musulmans

et même le Hamas, qui, dans la même semaine des enlèvements, venait de perpétrer un double attentat contre des civils israé­liens. Peut-on reprocher à ce gouverne­ment d’aller jusqu’en enfer pour sauver ses citoyens? Certes pas mais si c’est ac­ceptable, alors quelques conséquences doivent être tirées.

(…) La France cultive ses amitiés arabes tous azimuts, jusque dans les bas-fonds de ces sociétés, pour préserver ses actüs pétroliers. L’angoisse d’avoir à revivre la crise du pétrole de 1973 étreint les gouvernements français. Si le gouvernement français s’est opposé à l’in­tervention militaire en Irak, après en avoir voté le principe au Conseil de sécurité de l’ONU, c’est qu’il fallait sauver les contrats entre l’Irak de Saddam Hussein et Elf-Total-Fina. (…).

Faut-il comprendre aussi que lorsqu’il ne s’agit pas de leurs amis français, ces terroristes islamistes peuvent trouver une jus­tification théologique à leurs abomina­tions? Sont-ce là les amis et alliés, la France, que nous avions crue porteuse des valeurs universelles de fraternité et de logique?

Quatrième révélation: elle a trait pré­cisément à la « logique » implicite de ce gouvernement français. Michel Barnier, l’actuel ministre des Affaires étrangères du gouvernement français, a fait en effet appel à la logique des ravisseurs pour les prier de relâcher leurs otages. Oui, leur logique ! Les mots ‘logique’ et ‘raison’ reviennent de façon lancinante dans son entrevue à la chaîne du Qa­tar al J azeera. Si la situation n’était pas tragique, on pourrait en rire. pourrait en rire. Car où était la « logique » des terroristes is­lamistes qui ont assassiné des ingé­nieurs français au Pakistan? Où était la logique des terroristes islamistes qui ont attaqué le pétrolier français Limbourg? Où était la logique des terroristes isla­mistes qui ont commis les attentats à ré­pétition en France dans les années 90, dont celui de la rue de Rennes?

(…) Cette affaire permet de comprendre pourquoi en août 2003 le gouvernement chiraquien avait si activement protégé le Hamas et ses dirigeants, en empêchant que ceux-ci soient nommément inclus dans la liste des organisations terroristes. De même, une grande victoire de la diplomatie française a consisté à empêcher que le Hezbollah soit inclus dans cette liste. (…)

 

2006

Jürgen Liminski, Die Lektion des gallischen Hahns : Lieber Spott als Tod, LW 23/08/2006

 

Da hat der Hahn etwas sehr laut gekräht. Nach den grossen Versprechungen Frankreichs im Sicherheitsrat der UN kommt das Expeditionskorps fur den Libanon mit seinen 200 Mann doch recht bescheiden daher. Hinter vorgehaltener Hand lacht man über Pa­ris. Und in der Tat, die Glaubwürdigkeit der französischen Diplo­matie hat arg gelitten.

Man wird den gallischen Hahn demnächst krähen lassen und denken: In den aufgeblasenen Brustkästen von Chirac, de Villepin oder Douste-Blazy steckt doch nur warme Luft. Nur: Der Verlust der internationalen Glaubwürdigkeit durfte den französischen Spitzenpolitikern durchaus bewusst gewesen sein, als sie verkünden lieften, es kämen nicht 3 000, sondern nur 200 Mann in den Süden des Libanon. Warum also kneifen sie nun statt weiter zu krähen?    

 

2008

Le gazoduc Total finance totalement le totalitarisme birman, LS 23/05/08

Grégor Chapelle échevin Gérald Deschietere psychiatre

Isabelle Ferreras professeur à l’UCL, FNRS Zoé Gallez avocate

Matthieu de Nanteuil professeur à l’UCL Au nom d’Actions Birmanie

 

Que Total finançait le régi­me birman, c’était connu de tous depuis une dizai­ne d’années. Dès 1996, Aung San Suu Kyi dénonçait Total comme le principal soutien du sys­tème militaire birman. Les action­naires qui se sont déplacés à Paris le 16 mai pour la dernière assem­blée générale du Groupe Total ont cependant eu droit à d’intéressan­tes informations. Thierry Desma-rest, président du Groupe, a en ef­fet «révélé» le montant exact des «impôts » payés par Total aux cri­minels contre l’humanité de Ran­goon: 125 millions d’euros, cha­que année. « Je ne vois pas quel in­térêt le montant total pourrait repré­senter pour vous », a déclaré M. Des-marest, qui répondait à des ques­tions d’actionnaires mandatés par Info-Birmanie et la Fédération In­ternationale des Droits de l’Hom­me (FIDH), soucieux de connaître l’ensemble des rémunérations per­çues par la junte.

M. Desmarest, l’intérêt est le sui­vant: il nous permet de mesurer précisément l’importance de vo­tre soutien financier et donc de vo­tre complicité avec les criminels contre l’humanité birmans. Vous avez aussi ajouté que vous n’étiez «pas capable de savoir de manière

claire ce que ces impôts déve­naient». Épatante naïveté. Rafraî­chissons votre mémoire, M. Des­marest: il est de notoriété publi­que que le régime birman utilise 40 à 50 % de son budget annuel à financer son armée de plus 400.000 hommes, contre 1.5 % à la santé et 4-5 % à l’éducation.

La vérité, M. Desmarest, c’est que vous occultez des informa­tions en votre possession, vous « cuisinez » les chiffres, vous men­tez par omission. Vous faites appli­cation des règles du jeu de votre assemblée générale? Nous fai­sons usage des nôtres, à savoir croiser toutes les données publi­quement disponibles et en divul­guer les conclusions, pour inciter nos représentants élus à prendre les décisions pertinentes.

Publié deux jours avant le cyclo­ne Nargis, le patient travail d’analy­se de nos collègues d’EarthRights International, synthétisé dans leur rapport The Human Cost of Energy, est passé inaperçu (1 ). Cette analy­se est pourtant d’une importance majeure, car elle permet de quanti­fier le flux d’argent qui coule de­puis votre gazoduc vers les caisses du général Than Swhe. Le calcul procède en trois étapes.

Première étape, évaluer la valeur du gaz extrait chaque année du champ de Yadana. Ici, l’analyse repose sur des sources publiques, telles que les journaux spécialisés sur le secteur de l’énergie. Les dé­tails sont disponibles dans le rap­port intégral. Mais c’est la conclu­sion qui importe: les ventes du gaz de Yadana (dont plus de 90 % est vendu à la Thaïlande) ont rap­porté 1,3 milliard de dollars en 2007 au consortium.

 

Vous êtes coupables de complicité de crimes contre l’humanité ; vous êtes la honte de nos démocraties

 

Deuxième étape, comprendre les revenus que la junte tire de ce gaz. L’analyse est ici rendue possi­ble grâce aux pièces à conviction du procès Doe vs. Unocal, le pro­cès qui a opposé en Californie pen­dant huit ans des réfugiés birmans à votre partenaire Unocal/Che­vron. Procès interrompu en échan­ge de 30 millions de dollars versés aux plaignants. Deux de ces pièces (l’Accord de partage de la produc­tion du consortium et le Mémoran­dum of understanding) expliquent la répartition des revenus de la vente de gaz entre votre consor­tium et les criminels contre l’huma-

nité de Rangoon. Le plus impor­tant est ici : au total, le régime per­çoit 75 % des revenus du projet. Au prix actuel du gaz, cela fait 972 millions de dollars.

Troisième étape et conclusion : comprendre la signification réelle de ce chiffre. 972 millions de dol­lars ? Il y a trop de zéros pour pou­voir se faire une idée précise. Mieux vaut parler en pourcentage du budget de l’état birman. Or, ce­lui-ci est connu : la CIA estime que le budget annuel de l’État birman est de 2,3 milliards de dollars en 2006. Le consortium dirigé par To­tal finance donc 42 % du budget de l’État dirigé par les criminels contre l’humanité Birmans. 42 % ? Oui. Vous n’aurez pas manqué de faire le rapprochement entre ce 42 % et le 40 % précédemment ci­té, qui était la part du budget de l’État que la junte birmane affecte à l’armée. L’équivalence des mon­tants interpelle. D’après cette ana­lyse fouillée, les revenus générés par le gazoduc de Total couvri­raient la totalité des dépenses mili­taires des criminels contre l’huma­nité birmans. Évidemment, de par le refus de Total de publier les con­trats signés par M. Desmarest avec la junte, il nous faut rester pru­dents. Nous poursuivons nos analyses. Mais vous nous incitez vous-mêmes à croire que ces chiffres sont justes. Vous ne les avez en ef­fet pas contestés dans votre lettre à EarthRights International du 5 mai passé critiquant d’autres faits présentés dans le rapport (des vio­lations des droits de l’homme com­mis dans votre zone d’influence, encore une fois).

Messieurs, le Groupe Total a rai­son d’offrir de l’essence aux ONG qui tentent de secourir les victi­mes du cyclone Nargis, de finan­cer la Croix Rouge, de prêter vos hélicoptères. Dans la catastrophe, il faut aider. Laissez exprimer votre solidarité, cela fait du bien. Vos em­ployés eux aussi ont besoin de le voir. Ils s’étaient d’ailleurs expri­més publiquement en octobre pas­sé dans une courageuse position intersièges : « Nous vivons un ma­laise en tant que travailleurs de To­tal» (2).

Mais vous ne nous tromperez personne. Ces actes ne sont que de pâles pansements sur une plaie que vous avez contribué à faire sai­gner depuis longtemps. Le contrat assurant des rentrées structurelles à la junte birmane pendant 30 ans, vous l’avez signé en 1992, à une période où la junte était financière­ment exsangue et venait de ba-

fouer de manière flagrante des élections démocratiques en plus de commettre des violations mas­sives des droits de l’Homme. C’est vous qui avez ensuite amené vos partenaires Unocal/Chevron et PTT à s’engager dans le plus grand investissement étranger en Birma­nie. C’est vous qui avez ouvert le chemin de l’exploitation du gaz en Birmanie.

Messieurs ? Ouvrez les yeux. Mal­gré tous vos arguments, malgré tous vos mensonges, malgré vos agences de communication, les faits sont clairs. D’après nos infor­mations, votre projet finance la to­talité de l’armée d’auteurs de cri­mes contre l’humanité. Sans votre soutien, ces crimes ne pourraient être commis à une telle échelle. Et vous le savez. Relisez ces trois phra­ses. Elles représentent, en droit pé­nal, les trois éléments constitutifs de la complicité. En français : vous êtes coupables de complicité de crimes contre l’humanité. Plus im­portant peut-être: vous êtes la honte de nos démocraties. •

 

(1) Disponible sur www.birmanie.net

(2) Position intersièges Total, 4 octobre 2007, fax à Belga

 

2008

Paul Gérard, «Collusion compromettante» pour Total, dit KBC, LS 23/05/2008

 

« Bien que l’entreprise nie avec in­sistance toute implication dans les violations des droits de l’hom­me en Birmanie (…), le conseil consultatif estime que la collusion entre Total et le régime est si gran­de et si compromettante qu’il a été décidé (…) d’exclure Total des fonds d’investissement dura­bles. » Ainsi en a décidé, en fé­vrier 2006, le « Conseil consulta­tif externe d’analyse de durabili-té » de la KBC, un aréopage d’uni­versitaires dont la mission est de déterminer, pour quelles sont les entreprises dignes ou non de figurer dans les fonds durables de la banque. La maison s’en est fait une spécialité parmi les gran­des banques belges, comme Dexia. Un marché pesant 7 mil­liards d’euros en Belgique et en croissance continue. Ces fonds dits socialement responsables n’investissent que dans des so­ciétés respectant un certain nombre de critères éthiques, en­vironnementaux et politiques, et évitent des secteurs comme les jeux de hasard, le tabac… Depuis plus de deux ans donc, Total ne trouve plus grâce aux yeux de KBC, pas plus que l’amé­ricain Chevron Texaco (qui fait

partie du consortium exploitant avec le groupe français le champ gazier de Yadana en Birmanie), du moins dans l’univers durable de KBC. Car les deux valeurs ont toujours leur place dans ses fonds traditionnels… La banque vient par ailleurs de resserrer un peu les critères poli­tiques de ses fonds durables. Est désormais bannie toute entrepri­se pétrolière, gazière et minière active dans six « pays dirigés par des régimes dictatoriaux » : Corée du Nord, Somalie, Ouzbékistan, Turkménistan, Soudan et Birma­nie.                               

PAUL GÉRARD