L’école et les médias nous font croire que les philosophes des Lumières étaient uniquement français… Un tissu de mensonges (in: Geschiedenis, 4, 2015)

 

 

Louis-Jean Calvet, Les langues véhiculaires, in : PUF 1981

 

(p.34) Le versant linguistique de la politique coloniale a toujours consisté, dans les possessions françaises d’Afrique, à imposer le français comme seule langue d’enseignement et d’administration. Les langues locales, que l’on baptisait d’ailleurs le plus souvent « dialectes », n’étaient nulle part prises en compte et certains s’attachaient même à démontrer leur infériorité. En outre, si l’on exclut les efforts un peu désordonnés et dispersés des missionnaires (qui enseignaient souvent le catéchisme en langues lo­cales mais utilisaient pour ce faire des orthographes fantaisistes), ces langues n’étaient même pas écrites : personne ne se préoccupait de leur donner un alpha­bet adéquat, en relation avec leur phonologie propre. De ce point de vue, donc, la langue colo­niale fonctionnait comme une « langue dominante », quoique largement minoritaire du point de vue de ses locuteurs et, pour revenir à notre sujet, le manding se trouvait du côté des « langues dominées », bien qu’il fût largement majoritaire.

 

(p.48) Il faut ajouter à tout cela la diffusion du swahili dans les colonies belges, Zaïre et Ruanda-Urundi, pour des raisons commerciales (création par un marchand d’origine arabe, Tippu Tip, en 1866, de comptoirs commerciaux et d’exploitations agricoles sur le Congo), militaires (recrutement par Léopold II de troupes à Zanzibar) et industrielles (embauche de travailleurs du Nord-Est, parlant swahili, dans les mines du Katanga.

(p.51) Le quichua est une langue aujourd’hui parlée par environ dix millions de locuteurs le long de la Cordillère des Andes. Il est présent dans six pays d’Amérique latine : le Pérou, l’Equateur et la Bolivie de façon fréquente et large, à quoi il faut ajouter une portion des territoires colombien, argentin et chilien. Le nom sous lequel la langue est aujourd’hui connue n’apparaît qu’au xvie siècle (dans le dic­tionnaire d’Antonio Ricardo, Arte y vocabulario de la lengua général del Peru llamada Quichua, 1586), mais le mot en question désigne en fait les régions tempérées situées entre les régions hautes et froides des Andes et les vallées chaudes. Lorsque les Espa­gnols arrivèrent à Cuzco, située dans la région « Quichua », ils baptisèrent la langue du lieu lengua de los quichuas pour la distinguer de l’aymara, parlé plus haut.

Les locuteurs de la langue, pour leur part, l’ap­pellent runa-shimi, expression généralement tra­duite par « langue des hommes ». Ernst Middendorf soutient cependant une thèse selon laquelle runa (p.52) ne signifiait pas à l’origine « homme », mais plutôt « sujet » ou « vassal ». Runa-shimi désignerait alors la « langue du peuple », par opposition à une Inca-shimi, « langue des nobles » qui, selon l’auteur, se serait perdue depuis la conquête (1).

Quoi qu’il en soit, la grande dispersion géogra­phique de la langue a bien entendu entraîné une dialectalisation assez importante, elle linguiste péru­vien Alfredo Torero distingue trente-sept variétés dialectales de quichua qu’il ramène à deux grands groupes et trois noms génériques :

quichua   I ou huayhuash

quichua II ou yungay chinchay

 

(p.83) C’est-à-dire qu’une décision d’ordre politique et qui n’avait en 1928, lorsqu’elle fut prise, pas les moyens de cette politique (l’heure était alors à la lutte et non pas à la planification linguistique) a pu transformer la situation d’une langue, la faisant len­tement passer du statut véhiculaire limité aux ports au statut de langue nationale à vocation majoritaire.

 

(p.93) Dans un article célèbre consacré à la « diglossie » (8), Charles Ferguson écrivait que l’on peut considérer une langue A comme « plus simple » qu’une langue B si :

–  le système morpho-phonémique de A est plus régulier que celui de B ;

–  il y a moins de catégories soumises à accord (en genre,  en nombre,  en classes…) dans A que dans B ;

–  les paradigmes de A (les paradigmes verbaux par exemple) sont plus réguliers que ceux de B ;

– l’accord et la rection sont plus stricts dans A que dans B.

 

(8) Diglossia, in : Wrd, vol.15, 1959, p.325-340

 

(p.105) L’exemple de l’Ouganda illustre bien les pro­blèmes qui apparaissent dans ce type de situations. Le pays s’est officiellement donné trois langues nationales (swahili, luganda, anglais), chacune d’entre elles correspondant en fait à des fonctions et à des secteurs d’activités bien différenciés :

—  l’anglais est utilisé dans la vie officielle, l’admi­nistration,  la justice, l’enseignement  après la quatrième année de primaire, etc. ;

—  le swahili, considéré comme la langue des gens peu instruits, est surtout parlé par les commer­çants et les agriculteurs, mais est aussi la langue officielle de l’armée et de la police (trace de l’époque coloniale) ;

—  le luganda est enseigné dans les écoles secon­daires de la partie bantoue du pays et doit son statut de langue nationale au fait qu’il est parlé dans la capitale.

Mais ces trois langues ne suffisent nullement à régler tous les problèmes de communication du pays et l’on assiste à une situation curieuse, car les diffé­rents ministères ont choisi, pour leurs actions en direction de la population, des langues qui ne correspondent pas :

—  le ministère de la Culture a retenu huit langues locales pour ses campagnes d’alphabétisation ;

—  le   ministère   de   l’Information   a   choisi   seize langues  locales   pour  les   émissions   de  radio, auxquelles s’ajoutent l’anglais et l’hindi (pour les émissions en direction de la forte minorité de commerçants indiens) ;

(p.106) —  le ministère de l’Agriculture, qui touche 80 % de la population, publie des textes en quatre langues locales ;

—  enfin, le ministère de l’Education nationale a reconnu six langues locales pour l’enseignement dans les quatre  premières  années  de l’école primaire, avant que l’on ne passe, à partir de la cinquième année, à l’anglais.

Ainsi il est fort possible par exemple qu’un enfant soit alphabétisé à l’école dans une langue et que ses parents soient alphabétisés dans une autre langue ou encore qu’ils reçoivent du ministère de l’Agri­culture une documentation technique dans une troisième langue… Cette situation paradoxale tient bien entendu au fait que, d’une part, l’anglais hérité de la période coloniale n’est parlé que par une petite partie de la population et que, d’autre part, il n’existe pas de langue locale capable d’unifier le pays linguistiquement (le swahili n’est langue véhiculaire que sur une partie du territoire).

Ailleurs, au contraire du cas de l’Ouganda, les langues officielles peu parlées coexistent avec une langue véhiculaire qui pourrait, elle, répondre réel­lement au problème de la communication populaire : l’anglais au Kenya, face au swahili, ou le français en Côte-d’Ivoire, face au jula…

 

(p.111) Le facteur idéologique a joué dans ce processus un rôle non négligeable. En effet, la tendance a toujours été en France à distinguer soigneusement (p.112) entre les « langues » (le français bien sûr et quelques autres langues européennes) et les « dialectes » ou les « patois ». Le passage suivant, extrait du rapport Grégoire à la Convention, est de ce point de vue significatif:

« Il n’y a qu’environ quinze départements de l’intérieur où la langue française soit exclusivement parlée ; encore y éprouve-t-elle des altérations sensibles, soit dans la pronon­ciation, soit par l’emploi de termes impropres et surannés, surtout vers Sancerre où l’on retrouve une partie des expres­sions de Rabelais, Amyot et Montaigne.

Nous n’avons plus de provinces, et nous avons encore en­viron trente patois (sic) qui en rappellent les noms. Peut-être n’est-il pas inutile d’en faire l’énumération : le bas-breton, le normand, le picard, le rouchi ou wallon (sic), le flamand (sic), le champenois, le messin, le lorrain, le franc-comtois, le bourguignon, le bressan, le lyonnais, le dauphinois, l’auvergnat, le poitevin, le limousin, le Picard, le provençal, le languedocien, le velayen, le catalan, le béarnais, le basque, le rouergat et le gascon, ce dernier seul est parlé sur une surface de 60 lieues eu tous sens.

Au nombre des patois, on doit placer encore l’italien de la Corse, des Alpes-Maritimes, et l’allemand des Haut et Bas-Rhin, parce que ces deux idiomes y sont très dégénérés.

Enfin les nègres de nos colonies, dont vous avez fait des hommes, ont une espèce d’idiome pauvre comme celui des Hottentots, comme la langue franque, qui dans tous les verbes ne connaît guère que l’infinitif » (5).

 

(5) Michel de certeau et al., op. cit., pp. 301-302.

 

(p.113) Cette opposition entre dialectes et langues, qui peut comme nous venons de la voir mener aux pires absurdités taxinomiques (le breton, le basque ou l’italien classés comme patois), trouve sa source aux frontières assez floues qui séparent la science de l’idéologie. A l’origine, le mot dialecte désigne le parler d’une région ou d’une province, mais la différence postulée par son existence même ne va intéresser les linguistes qu’à partir de la fin du XIXe siècle, lorsque Georges Wenker entame en 1876 les études qui le mèneront à la publication de son Sprachatlas des deutschen Reichs et que Jules Gilliéron entame en 1898 celles qui le mèneront à la publication de son Atlas linguistique de la France. Ferdinand de Saussure n’en déclare pas moins qu’ « il est difficile de dire en quoi consiste la diffé­rence entre une langue et un dialecte » (6), tandis qu’Antoine Meillet tente d’être plus précis :

« A l’intérieur d’un groupe linguistique étendu, on constate, en général, que certains parlers offrent des traits communs et que les sujets parlants de certaines régions ont le sentiment d’appartenir à un même sous-groupe : en pareil cas, on dit que ces parlers font partie d’un même dialecte » (7).

 

(6)  Cours de linguistique générale, p. 278.

(7) Linguistique historique et linguistique générale, t. 2, p. 67.

 

 

Stéphane Courtois, éd., Le livre noir du communisme, Crimes, terreur, répression, éd. Robert Laffont, 1997

 

DESINFORMATION DE LA PART DES INTELLECTUELS

 

GENERALITES

 

(p.36) Des fractions plus ou moins larges des sociétés occidentales ont refusé de voir dans le système communiste une dimension fondamentalement criminelle.  par ce refus, elles ont participé au mensonge, au sens où l’entendait Nietzsche: “Refuser de voir quelque chose que l’on voit, refuser de voir quelque chose comme on le voit”.

 

FRANCAIS

 

(p.28) Louis Aragon dirigeait un journal communiste, Les Lettres françaises.

En 1949, il attaqua en justice Victor Kravchenko, ex-haut fonctionnaire soviétique qui avait écrit “J’ai choisi la liberté” où il décrivait la dictature stalinienne.  Aragon couvrit Kravchenko d’injures.

(p.30) “Un écrivain français, prix Goncourt 1916, Henri Barbusse, n’hésita pas, moyennant finances, à encenser le régime stalinien, en publiant en 1928 un livre sur la “merveilleuse Géorgie”, – où précisément, en 1921, Staline et son acolyte Ordjonikidze, s’étaient livrés à un véritable carnage, et où Beria, chef du NKVD, se faisait remarquer par son machiavélisme et son sadisme – et, en 1935, la première biographie officieuse de Staline.  Plus récemment, Maria-Antonietta Macciochi a chanté les louanges de Mao, Alain Peyrefitte lui fit écho en mineur, tandis que Danielle  Mitterrand emboîtait le pas à Castro.  Cupidité, veulerie, vanité, fascination pour la force et la violence, passion révolutionnaire: quelle que soit la motivation, les dictatures totalitaires ont toujours trouvé les thuriféraires dont elles avaient besoin, la dictature communiste comme les autres.”

 

(p.312) Si surprenant que cela paraisse, quelques jeunes cadres de confiance du parti communiste français suivaient encore, au début des années soixante-dix, un entraînement en URSS (tir, montage et démontage d’armes courantes, fabrication d’armes artisanales, transmissions, techniques de sabotage) auprès des Spetsnaz, les troupes spéciales soviétiques mises à la disposition des services secrets.

 

(p.324) “Que dire alors d’un Romain Rolland, d’un Langevin, d’un Malraux, qui admirent et approuvent le régime dit soviétique, sa “culture” et sa “justice”, sans être contraints par la faim ou quelque torture?” (Le Figaro littéraire, 1er juillet 1937)

 

(p.342) Paul Eluard, communiste, refusa de soutenir , à la demande d’André Breton, un homme qu’ils connaissaient tous deux, en 1950: le Tchèque Zavis Kalandra, condamné en Tchécoslovaquie pour avoir écrit une brochure dénonçant les procès de Moscou.  Ce dernier fut exécuté.

 

(p.352) Côté français, le ‘Bulletin’ du gouvernement militaire en Allemagne affirmait qu’au 1er octobre 1945 101.000 “personnes déplacées” avaient été renvoyées côté soviétique (à la demande du pouvoir russe).  En France même, les autorités françaises acceptèrent la création de 70 camps de regroupement.

 

(p.601) Au cours de la guerre de Corée, Jean-Paul Sartre et de nombreux autres intellectuels français de gauche, appuyèrent la position communiste faisant de la Corée du Sud l’agresseur d’un pays pacifique.  Il n’en était rien.

(p.752-753)  L’efficacité de l’action de Mengistu – dictateur en Ethiopie – / il a repoussé les offensives du front populaire de libération de l’Erythrée et de l’armée somalienne après avoir tué des milliers d’opposants et en 1977 un millier d’enfants, pour la plupart âgés de 11 à 13 ans, à Addis-Abeba, dont le corps gisait dans les rues, la proie des hyènes errantes (p.751)/ fut telle que, lors de la 39e session du Bureau de la Fédération syndicale mondiale, tenue à  Addis-Abeba en 1988, l’organisation – dans laquelle la CGT française, alors dirigée par Henri Krasucki, assumait d’importantes responsabilités – lui décerna sa médaille d’or pour “sa contribution à la Lutte pour la pais et la sécurité ds peuples, pour leur indépendance nationale et économique”.

 

(p.819) Sartre, en 1952, s’écriait: “Tout anticommuniste est un chien!”

 

1982

André Goosse, La politique linguistique de la France, LB 12/07/1982

 

« /Geoges Pompidou/ Il était premier ministre quand a été créé le ‘Haut Comité pour la défense de la langue française’ (1965); cet organisme officiel et même « gouvernemental », dont il assurait la présidence, a des activités concernant surtout l’extérieur. »

 

1982

Sélection du Reader’s Digest, 1982, 427

 

Telle est l’Alliance française, « creuset des cultures et ciment des amitiés » (sic)

(p.20) « Nous devons défendre à tout prix la seconde (sic) place à laquelle il /=le français/ s’est maintenu jusqu’ici.  Il y va de notre avenir économique puisque aussi la propagation de notre langue est un atout pour nos industrielles et nos techniciens qui partent à la conquête de nouveaux marchés mais aussi et surtout (sic) du rayonnement de notre culture.  N’est-ce pas, en définitive, la place de la France dans le monde qui est en jeu? »

(p.21) « … sur le plan pédagogique, le centre parisien reste le cerveau qui contrôle et innerve cet immense organisme. »

 

1985

Ving-quatre membres pour le Haut Conseil de la francophonie, LB 21/01/1985

 

Mission : réfléchir au rôle actuel de la francophonie dans le monde, une francophonie dynamique, ouverte et plurielle.

 

1987

Vincent Dubois, Ouagadougou, capitale du cinéma africian, LB 21/03/1987

 

La 10e édition du Fespaco vient de se dérouler dans la capitale du Burkina Faso

« L’ étalon de Yennenga, récompense suprême du Fespaco, a été accordé au réalisateur mauritanien Med Hondo pour « Sartaouina », un film historique qui montre la lutte d’ une princesse nigérienne contre les colonnes françaises du commandant Voulet au XIXe siècle.  Un commandant réputé pour les cruautés qu’ il a pu commettre (il obligeait notamment les captifs à boire le sang des victimes  » (..)

« Malgré les accords passés avec les distributeurs français, le film connaît d’importantes difficultés de distribution Outre-Quiévrain… Il est vrai qu’ il est des faits de l’ histoire que l’ on n’ aime guère se remettre en mémoire. »

 

1988

La politique culturelle française sous la loupe, LB 25/06/1988

 

Un groupe d’experts étrangers du conseil de l’Europe dresse son analyse

 

« Rôle essentiel» du ministère de la Culture dans la vie française, effort budgétaire re­marquable, mais centralisation toujours très forte et pas de «dé­mocratisation» réelle de la cul­ture : c’est le constat dressé par un groupe d’experts étrangers du Conseil de l’Europe sur la politique culturelle française, d’André Malraux à nos jours.

La France est le premier pays à avoir accepté de soumet­tre sa politiqué culturelle à l’examen d’un groupe d’experts étrangers, venus de Suisse, Belgique, Royaume-Uni et Suède.  Résultat : un rapport de près de 400 pages («La politique culturelle de la France») présenté jeudi à Paris, au siège de la So­ciété des Gens de Lettres, et pu­blié par La Documentation française.

Premier point souligné par les experts, «le ministère de la Culture, en gérant, maîtrisant ou surveillant un grand nom­bre de domaines, joue un rôle essentiel dans la viee française».

 

CULTURE DE MASSE LE­GITIMEE.  Après 1981, souli­gnent-ils, avec l’arrivée de Jack Lang, des pratiques, relevant de la culture de masse, ont été légitimées, comme la chanson, les variétés, -le jazz, le rock, la bande dessinée et les produc­tiens de télévision.  Sous le gou­vernement de la gauche, pour­suit le rapport, «la reconnais­sance des cultures plurielles et au quotidien a marqué un nou­vel élargissement du concept» de pluralité des cultures.

Après 1986, avec l’arrivée de François Léotard, «les prio­rités sont désormais relatives au patrimoine, aux enseigne­ments artistiques et au rayon­nement international», avec toujours comme «objectif ma­jeur», la décentralisation.

Evoquant le fonctionnement du ministère, les experts s’éton­nent du nombre important de ses agents (12-000) alors que «dans certains pays, le ministè­re chargé des affaires culturel­les ne fait rien de plus que de donner à la vie culturelle le ca­dre le plus favorable à son ex­pansion», en se gardant

« de gé­rer lui-même des institutions et d’accorder des subventions».

Toutefois, souligne le rap­port, «nul interventionnisme dirigiste sur le contenu de la culture».

 

HAUSSE BUDGETAIRE.

Constatant que «l’effort budgé­taire consacré à la culture est remarquables, les experts esti­ment que la «hausse brusque du budget en 1982 a eu un caractè­re symbolique.  Un effet plus dynamique et plus mobili­sateur chez les artistes, plus, profond dans l’opinion que si elle avait été étalée sur plu­sieurs années».

Pour les experts, malgré di­verses actions en vue de décen­traliser, «le déséquilibre entre Paris et la province n’a pas pour autant été corrigé» : Paris, avec le centre Pompidou, le Musée d’Orsay, la Cité des Sciences à la Villette, «a bénéfi­cié de nouvelles institutions très puissantes» et «des dispari­tés subsistent aussi entre les régions les plus riches et les plus pauvres ».

 

DEMOCRATISATION?

 

Quant à la «démocratisation» de la culture, le rapport déplore que cet objectif, «que se sont donné tous les responsables de­puis Malraux, n’a pas été at­teint» : «la culture reste l’affai­re d’une partie seulement de la population».

A titre d’exemples, le rap­port souligne que «globalement, le théâtre a perdu des specta­teurs et n’a pas élargi l’éventail de son public», Le «public des concerts – et plus encore celui de l’opéra – est très minoritaire dans la population».

 

L’IMPORTANTE FOR­MATION ARTISTIQUE.  En­fin, après avoir jugé que les mesures de soutien au ciné ma s’étaient révélées relativement efficaces en ce qui concerne la production des films français le rapport insiste sur le rôle déterminant à long terme de la formation artistique dans l’enseignement général – «l’élargis­sement du public de la culture passe d’abord par cette familia­risation première» – et de la té­lévision.

«C’est sur le terrain de la té­lévision que se place au­jourd’hui le débat politique concernant la culture.  C’est sans doute là qu’est l’enjeu principal de la vie culturelle concrète et quotidienne».  Selon le rapport, «les transformations opérées par la loi dans le paysa­ge audiovisuel auront des conséquences majeures sur l’en­semble de la population».

Après la France, dans le ca­dre de ce programme d’évalua, tien internationale, ce sera au tour de la Suède, de l’Espagne et de l’Autriche d’être sur grill pour leurs cultures.

A quand la Belgique ?

 

1988

Une collaboration entre savants et politiques, LB 19/01/1988

 

/première conférence des lauréats du prix Nobel/

« devant 75 Prix Nobel d’une quinzaine de pays, …, le président français a demandé aux intellectuels d’aider à trouver des réponses aux grandes questions de « demain » tel que  « le danger du surarmement », la menace d’une militarisation de l’espace, les effets de la misère au sud de la planète, l’extension du chômage, le dérèglement des économies, le naufrage écologique. » (sic)

« Le président Mitterrand avait /auparavant/ souligné le rôle de la science en tant que « contre-pouvoir ».  « Trop de connivence entre le pouvoir politique et le pouvoir scientifique nuit autant à la liberté d’un peuple qu’à celle de ses savants et de ses artistes », a-t-il dit. »

 

1989

A l’étranger: misère et gigantisme, LB 02/10/1989

 

« François Mitterrand a un « grand projet ».  Il rêve … de construire à Paris « la bibliothèque d’ Alexandrie des temps modernes: une collection qui serait la plus grande du monde et serait connectée à l’ ensemble des grandes universités d’ Europe. »

 

1989

J.D.D., « Alain Decaux: qui perd sa langue, perd son âme. », LS 18/04/1989

 

NDLR: La France n’a jamais cessé d’écraser les langues des Autres…

 

1989

J-M. C., Médailles pour des artistes belges au « Grand Prix de France », AL 06/12/1989

 

Grand Prix de France

200 artistes, représentant quelques 500 oeuvres, venus d’Algérie, de Belgique (prov. de Lux.), Espagne, France, Hongrie, Italie, Luxembourg, Maroc, Suisse, Yougoslavie.

 

1990

C.de G., La francophonie inaugure « son » université à Alexandrie, LS 05/11/1990

 

« Le chef de l’état français, lyrique: …

Nous avons l’orgueil de penser que la langue française est le tronc principal de l’arbre qui tend à se développer sur les 5 continents. »

 

1991

« L’Union latine » a un écrivain portugais, LB 09/11/1991

 

« Chaque année, un écrivain d’une langue dérivée du latin (espagnol, français, italien, portugais, roumain) se voit attribuer le ‘Prix International Union Latine’. »

 

1993

Chevalier Allen Ginsberg, LS 13/11/1993

 

L’écrivain et poète américain, 67 ans, chantre de la « Beat Generation », a été fait chevalier de l’ordre des arts et des lettres par le ministre français de la culture, Jacques Toubon qui a salué en Ginsberg un admirateur de Rimbaud, Cocteau, Artaud, Tzara ou Michaux.

 

1994

Lucretia Stewart, God-kings of Indochina cast their exquisite spell, The European, 23/02/1994

 

« In 1923 the young André Malraux, later De Gaulle’s minister of culture, made an expedition to Cambodia precisely for the purpose of vandalising the remote temple of Bantaay Srei and selling the tonne of exquisitely sculpted pink sand-stone that he had hacked from the monument.  He was arrested leaving Cambodia and sentenced to three years’ imprisonment, but never actually went to jail.  Instead, he described the escapade in a novel, La Voie Royale (1930). »

 

1996

En français, SVP!, LS 03/11/1996

 

Charles Aznavour s’est fait conspué au Québec quand la salle l’entendit alterner l’anglais et le français.  Le chanteur avait choisi d’intercaler quelques chansons en anglais dans son tour de chant, devant un auditoire de plusieurs milliers de personnes.  En outre, il racontait certaines chansons en anglais avant de les interpréter en français.”

 

1996

Paul Piret, Des scandales comme s’ il en neigeait, LB, 01/12/96

 

“La panthéonisation d’ André Malraux qui avait, voleur et vandale dans sa jeunesse rebelle et dandy, arraché des statues de la façade d’ un temple indochinois …

Angkor pardonnera-t-on beaucoup au canonisé du gaullisme, pour avoir pu ajouter de l’ Espoir à la Condition humaine.”

 

1997

Recul du français dans le monde, LB 01/02/1997

 

Une étude du Haut Conseil de la Francophonie s’ inquiète de la régression de l’ usage de notre langue.

Selon le rapport 1995/1996 de cet organisme, intitulé “Etat de la francophonie dans le monde”, le recul du français s’ effectue non seulement au profit de l’ anglais, mais aussi de l’ espagnol aux Etats-Unis, de l’ allemand en Europe centrale et orientale et des langues asiatiques – notamment le chinois – en Extrême-Orient.  Ce recul s’ opère même au sein de pays membres de la communauté francophone mondiale, comme la Bulgarie, la Suisse et le Rwanda.

 

1997

SUISSE – TSR 03/07/1997

 

 Odyssées – 11.35: “Plongée en Polynésie française;

4/7/97: 09.00: Le voyage des gourmets: 6/13 Bourgogne/Morvan/Loiseau Lorrain

 

2000

ART / Paris enlisé dans l’affaire des Nok, LB 24/11/2000

 

« Libération » poursuit son enquête sur les statues Nok du nouveau Musée des arts premiers.

Trois terres cuites achetées pour une quinzaine de millions proviendraient d’un pillage des richesses du Nigéria (3.000 pièces ont été dérobées dans ce pays depuis 1993 !). Et Jacques Chirac aurait accepté de « légaliser » cet « achat » avec son homologue nigérian. Des affirmations niées par les intéressés. Mais « Libération » persiste (…).

 

2000

Exception française, LB 16/08/2000

 

« L’exceptionalité est un défi à la banalité », suivant Stélio Farandjis, secrétaire général du Haut Conseil de la francophonie, in : Apologie de l’exception française », in : Futuribles, 2000, n°255.

« L’exception culturelle française s’affirme constamment à l’époque contemporaine : la participation des Français aux grandes expositions artistiques européennes est majoritaire, une radio comme  France Culture est une singularité … »

Exception face à une « écrasante domination d’une seule pensée, d’une seule langue, d’un seul imaginaire à travers films et chansons », « tradition de résistance à l’empire universel ».

 

2000

La France, pavillon bas à Hannovre, LB 02/06/2000

 

Le pavillon français de l’Exposition universelle de Hanovre ressemble à un supermarché de province. 

Ce pavillon n’est qu’une vulgaire bâtisse sans intérêt.

 

2001

Manfred Weber-Lamberdiere, Kulturaustausch – Bonjour Tristesse, Focus 25/2001, S. 118-120

 

Politiker klagen, dass Deutsche und Franzosen sich weniger verstehen – und schliessen Sprachinstituten.

„Das französische Aussenministerium streicht unterdessen die Zahl der französischen Kulturinstitute in Deutschland zusammen. Mittelfristig steht fast die Hälfte der jetzt 24 Institute in Deutschland zur Disposition.“

 

2002

Pieter Kottman, Fransen geven Hottentotse terug aan Zuid-Afrika, NRC 30/01/2002

 

Franse musea beschikken over talloze ‘antropologische‘ skeletten en schedels uit de voormalige coloniën.

 

2002

Premier « Festival baroque des Provinces », Lux. Wort 14/09/2002

 

Organisé par la société luxembourgeoise des Amis de l’Opéra, l’association Victor Hugo et le Centre Culturel Français.

Présentation du programme au Centre Culturel Français (Luxembourg)

 

2003

Nicolas Bourriaud et Jérôme Sans, directeurs du palais de Tokyo, à Paris,  LB 15/01/2003

 

« Le Palais de Tokyo veut être un laboratoire des cultures émergentes, un camp de base français pour les différentes tribus (sic) de la culture mondiale. »

 

2004

Kein Indianerschmuck für Nackedeis, FOCUS 45/2004, S.206

 

In den USA hat der Indianer Harvey White, der Nachfahre des berühmten Oglala-Kriegers Crazy Horse (1877 verstorben), erfolgreich das Bier Crazy Horse geklagt.

Jetzt hat er den Betreibern des Amüsiertempel « Crazy Horse » in Paris einen Brief überbracht, in dem er auffordert, dass die leicht bekleideten Mädchen nicht länger den Namen seines Ahnen beschmutzen sollten.

 

2005

Mark Wilkinson (Paris),  The forlorn French, in : Newsweek 24/01/2005

 

The French long considered themselves superior to the rest of the world culturally, linguistically and intellectually.

(…) French movies are so bad that they only last a week or two in the theatres, while American movies play for months.

 

2005

MCM, 10/05/2005

 

Lettons à l’Eurovision méprisés par les chanteurs français, bon avant-dernier avec la seule chanson non en anglais…