Elsass-Lothringen, l’Alsace-Lorraine, colonies de la France…

 

 

das Elsass (l'Alsace): drapeau

Lothringen (la Lorraine) : drapeau

Alsace-Lorraine, colonies françaises

Elsass-Lothringen, von Frankreich kolonisiert

Alsace-Lorraine, French colonies

 

 

L’Alsace et la Lorraine ont été annexées à la France et colonisées par celle-ci au fil des siècles.

Au détriment de ces deux régions.

 

 

1 Annexion à la France, état centralisateur : la fin d’une certaine autonomie

2 Destruction de l’Alsace-Lorraine par la France

3 La réalité alsacienne : germanique

4 Le racisme français anti-alsacien-lorrain : toujours d’actualité

 

 

1 Annexion à la France, état centralisateur : la fin d’une certaine autonomie

 

1.1 Vogler Bernard, Catholiques et protestants entre deux langues et deux nations de 1815 à 1945 (univ. De Strasbourg 2)(p.21 sv.)

« L’Alsace est un pays germanique annexé à la France de 1648 à 1681. » (p.21)

 

1.2 Guerre d’identité mais pas paix religieuse, GEO, 124, 1989, p.134-137

(p.134) “La grande époque de la prospérité alsacienne, dont le moindre ancien village porte la marque, date du Moyen Age à son déclin et de la Renaissance.  Elle fut la conséquence de l’union que firent dix villes indépendantes en 1353-1354 et qui prit le nom de Décapole.  Le chef du Saint Empire de nation germanique, Charles IV, lui accorda son patronage et les belles années commencèrent.  Le Saint Empire, dont Voltaire a bien eu tort de se moquer et que Napoléon n’aurait pas dû détruire, respectait la diversité des lois et des coutumes locales, il ignorait l’étatisme centralisateur.   C’est ainsi qu’à Sélestat, ville de la Décapole, “on comptait plus de savants que le cheval de Troie n’avait enfermé de guerriers.”

 

 

2 Destruction de l’Alsace-Lorraine par la France

 

2.1 Ri, Bestürzender Sprachverlust links des Rheins, Europa Ethn., 1/90, p.25-26

(p.26) “Auch auf den Friedhöfen waren nur französischsprachige Grabaufschriften zugelassen (wie ähnlich unter Mussolini in Südtirol und der Venezia Giulia), alle Vornamen wurden französisiert.”

(p.26) das verschwinden der deutschen Sprache in Metz und in übrigen Lothringen.”

 

2.2.0 Guy Héraud, In memoriam, in : Europa Ethnica, 2-3/1988, p.134

Pierri Zind (1923-1988)

Professeur à l’Institut des Sciences de l’Education (Université de Lyon II).

« Elsass-Lothringen, une nation interdite, 1870-1940 », Copernic, Paris, 1979.

 Livre largement étouffé, de même que son résumé, « Brève histoire de l’Alsace », Albatros, Paris, 1977.

 

2.2.1. Pierri ZIND, Elsass-Lothringen, une nation interdite, 1870-1940, Copernic, Paris, 1979.

 

(p.1) “Les nombreuses sociétés d’histoire qui couvrent l’Alsace abordent “avec délices” la préhistoire et l’archéologie, l’époque romaine, le Moyen Age et les temps contemporains, mais elles évitent soigneusement de dépasser la barre fatidique de 1871.  Au delà, et jusqu’en 1940, c’est le silence, un silence voulu ou imposé, le silence du refoulement: il n’est pas honnête d’en parler, et encore moins d’écrire sur un tel sujet!”

 

(p.17) “/L’Alsace-Lorraine fut/ jadis durant un millénaire “Herzland des Heiligen Römisches Reiches Deutscher Nation”

 

(p.18) (p.29) /On put constater/ les activités pro-françaises de la mystérieuse ligue d’Alsace créée en 1871 par Gambetta (généreusement financée par la France)

 

/Tolérance germanique/

(p.34-35) – Selon la loi constitutionnelle pour l’Alsace-Lorraine ou Verfassungsgesetz, adoptée par le Reichstag en 1911, “le § 26 imposait dans l’administration et dans l’enseignement la langue allemande dans les régions germanophones et la langue française dans les régions francophones, un modèle de respect des identités linguistiques que la France jacobine ignore!”

 

(p.43-4) Dans l’esprit revanchard / de la France/, en 1912, furent publiés des ouvrages aussi partiaux qu’haineux tels que les Histoires de l’oncle Hansi / destinées aux petits enfants d’Alsace et de France avec des subventions accordées par Raymond Poincaré.

 

“C’ est surtout lors des 2 offensives d’août 1914 que les militaires français s’emparèrent de nombreux otages:” des milliers de personnes.

– en 1914-1918: déportations par ce qu’elles ne parlaient pas français ou le parlaient mal.

et vice versa dans la partie francophone de l’Alsace-Lorraine.

(p.55) “Les Français comme les Allemands exerçaient des resprésailles.”

 

(p.60-61) “Le désir profond de l’ Alsace-Lorraine de devenir un Etat fédéré allemand de plein droit se heurtait à une double opposition: celle de la France assimilatrice, d’une part, celle de l’Allemagne méfiante d’ autre part.”

 

L’après 14-18

 

(p.110-111) Le racisme français : l’idée raciste de répartir les Alsaciens-Lorrains en 4 races suivant 4 modèles de cartes d’ identité, la carte Modèle A, barrée aux couleurs tricolores, remise aux habitants dont les parents et les grands-parents étaient nés en France ou en Alsace-Lorraine, la carte Modèle B, barrée de 2 traits rouges, imposée aux habitants dont un des membres de la famille était d’ une origine dite étrangère, c-à-d. non française et non alsacienne-lorraine, la carte Modèle C, barrée de 2 traits bleux, attribuée aux Alsaciens-Lorrains dont les 2 branches maternelles et paternelles étaient originaires de pays alliés à la France ou resté neutres durant la guerre de 14-18 ; la carte Modèle D, sans aucune barre de couleur, réservée aux “étrangers des pays ennemis”, aux descendants d’Allemands, d’Autrichiens, de Hongrois ou d’autres peuples des Empires centraux, “Cette carte D revenait aussi à leurs enfants, même s’ils étaient nés depuis 1870 en Alsace-Lorraine.”

 

(p.168) On se mit à baptiser les rues et les places publiques en les affublant de noms choisis sur la liste des nouveaux vainqueurs ou de traductions stupides, telle la rue Knobloch, du nom de la célèbre famille des imprimeurs strasbourgeois aux Xve et XVIe siècles, devenue la rue de l’Ail.  Beaucoup de noms de communes furent déformées ou traduites en français.”

 

Du jour au lendemain, les jeunes Alsaciens-Lorrains durent subir les cours en français alors que pour  90 % d’ entre eux, la langue française était complètement étrangère, selon le journal socialiste Die freie Presse en 1920.

 

On eut tôt fait d’importer de nombreux fonctionnaires des Postes et du réseau de Chemin de Fer d’ Alsace-Lorraine, ignorant l’allemand parlé là-bas.

 

Division de l’ Alsace-Lorraine en 3 départements à partir de 1919.

“Ainsi se trouvait le voeu de l’ abbé Wetterlé en 1915:

(p.146) Nous voulons que l’ Alsace-Lorraine disparaisse pour se transformer en 3 départements qui ne se distingueront en aucune manière des 86 autres.”

 

Le droit des peuples à disposer d’ eux-mêmes n’était et n’est reconnu valable que s’il joue en faveur des intérêts français.

 

Suite au traité de versailles, des plébiscites d’autodétermination furent notamment organisés dans les cantons de Saint-Vith, Malmedy et Eupen, dans le Schleswig à la frontière danoise MAIS pas en Alsace-Lorraine.

 

ASSIMILATION

 

(p.155) “Culturellement, depuis la destruction systématique des langues et des dialectes des régions et des minorotés ethniques, la France était appauvrie par un monolinguisme étroit. (p.156) Or, l’ Alsace-Lorraine se voulait bilingue.”

 

(p.157) “Confessionnellement, culturellement, économiquement, socialement et politiquement, l’Alsace-Lorraine différait de la France.”

Tous les leviers de l’économie française se trouvent à Paris.  Or, sous le régime allemand, l’Alsace-Lorraine possédait sur place, à Strasbourg, d’ une manière presque autonome, la gestion de son économie.

(p.199) “L’administration française établit une dicrimination intolérable entre les fonctionnaires indigènes et les fonctionnaires parachutés de l’Intérieur.’  Ces derniers se voyaient attribuer de confortables indemnités de séjour, de logement, de fonction, etc., à l’instar de ce qui se pratiquait pour les fonctionnaires coloniaux d’Afrique ou d’sie.”

 

(p.388-390) dans les années 20

“L’ étude d’ensemble de l’attitude nationaliste des évêques face aux revendications ethniques, tant dans les colonies que dans les états européens, reste à faire.”

A cette époque, l’évêque de Bruges condamnait les autonomistes flamands, l’évêque de Quimper, les autonomistes bretons, et l’évêque de Strasbourg les autonomistes  alsaciens-lorrains.

Ils semblaient confondre leurs propres conceptions politico-religieuses avec l’Eglise, (…).

 

(p.49) “En Alsace-Lorraine, …, il ne suffisait pas d’accepter d’être devenu Français sans avoir été consulté, il fallait encore aimer le conquérant victorieux de 1918, devenu oppresseur, ne point aimer la France, c’était une faute, un délit justiciable devant tribunal.”

 

(p.449) ‘Les tribunaux de la république française se sont mis au service de la politique nationaliste française, cherchant un moyen de verdicts démesurés à extirper jusqu’à la racine les journaux qui notamment refusent de cautionner le grand mensonge d’une Alsace originellement française.’

Un représentant des maîtres du cadre local, autonomiste, au Conseil départemental de l’Instruction publique, fut arrêté en 1927 pour permettre , au mépris de toute démocratie , la nomination du candidat gouvernemental.

(p.454) ‘En 1918, en entrant à Strasbourg, le général Gouraud proclamait: “La France vient à vous comme une mère vers un enfant perdu, chéri et retrouvé.  Non seulement, elle respectera vos coutumes, vos traditions locales, vos croyances religieuses, vos intérêts économiques, mais elle pansera vos blessures …

 

(pays toujours libéré pour être toujours opprimé — botte de Paris ou de Berlin)

 

(p.455) Les autonomistes

Il fallait les impliquer dans un complot contre la sûreté de l’Etat,

“que les autorités gouvernementales françaises, leur Police spéciale et leurs journalistes nationalistes s’affairaient à fabriquer laborieusement.”

 

(le procès de Colmar en 1928)

(p.462) Après la condamnation à un an de prison des autonomistes pacifiques accusés d’un complot imaginaire contre la Sûreté de l’Etat,  la foule entonna le chant autonomiste d’alors: “O Strassburg, o Strassburg, du wunderschöne Stadt!”

 

(p.465) Suppression des journaux écrits en allemand.

 

 

2.3 Le mouvement gaulliste à Londres en 1940 avait conseillé aux Alsaciens et aux Lorrains de colaborer avec l’occupant pour ne pas être déporté en masse.  En 1945, on avait tout oublié: on a arrêté 45 000 personnes qu’on accusait de collaboration.

 

2.4 Vr., Frankreich / Gegen die deutsche Sprache in den Zeitungen gerichtete Vorschriften im Elsass, Eur. Ethnica, 4/88, p.191

Aufgrund des Art.11 der Verordnung Nr. 45-2113 vom 13. September 1945 über die provisorische Regelung der Zeitschriften, Press im Elsass und in Lothringen dürfen zweispprachige Zeitungen im Elsass und in Lothringen nur einen französischsprachigen Titel haben, ferner müssen mindestens 25 % des Inhalts in französischer Sprache verfasst sein, wobei dies insbesondere für die Kleinanzeigen, für Werbetexte, für die Verlautbarungen der Standesämter, für die Sportnachrichten und für die Jugendnachrichten gilt. Diese dürfen überhaupt nur in Französisch verfasst sein. Diese Bestimmung wurde mit enem gesetz vom 27. November 1986 auf Antrag des Präsidenten des Generalrates Dr. Goetschy vom Senat ersatzlos aufgehoben. Dennoch gibt es, wie die Organisation EL (Elsass-Lothringen, Union des Elsässichen Cvolkes) in ihrer Ausgabe vom juli-August 1988 mitteilt, immer noch Schwierigkeiten und ist diese regelung noch keineswegs durchgeführt. Dagegen wendet sich jetzt die neugegründete Union du Peuple Alsacien, die die ethnische identität der elsässischen Volksgemeinschaft betont und fordert, dass eine Autonomie für das Elsass eingeführt wird, die als einzige Möglichkeit ein überleben der elsässischen Identität mit sich brächte. »

 

2.5 in: DELTA, 3, maart 2000

(p.22) Frans taalimperialisme

Ongeveer 2 miljoen Elzassisch-Duits sprekenden worden in Frankrijk nog altijd taalkundig gediscrimineerd.  Er kunnen bv. geen eentalige dag- en weekbladen worden uitgegeven, omdat de Franse wet in het Frans moeten zijn.  Op dezelfde wijze worden in Frankrijk alle minderheidstalen genegeerd, zelfs uitgeroeid.  En er waren (zijn?) er nog al wat! (…) In totaal niet minder dan de taal van 22 miljoen Fransen.  (…) Frankrijk is en blijft het land van het unitaire jacobinisme.

 

 

3 La réalité alsacienne : germanique

 

Ainsi, si l’on consulte un journal comme Les dernières nouvelles de Strasbourg, celui du 02/09/1983, le caractère germanique de l’Alsace y est fort marqué :

– les patronymes y sont très majoritairement germaniques, sans parler des toponymes.

Une réalité écrasée par le rouleau compresseur jacobin…

 

 

4 Le racisme français anti-alsacien-lorrain : toujours d’actualité

 

4.1 Ainsi l’actrice Anémone :

ANEMONE / Les Alsaciens ne sont pas des Boches, La Libre Belgique 08/12/93

Poursuite en diffamation contre la comédienne pour avoir assimilé les Alsaciens à des « Boches » en novembre 1992, sur France 2.

 

4.2 Ou l’attitude condescendante d’un Président de la République :

Paris Match, 22/4/88

“Chirac prend l’Alsace dans ses bras”

(candidat premier ministre)

“…loin du parlementarisme médiatique (sic), il a pris une petite fille /en costume alsacien/ dans ses bras comme pour serrer contre lui la France de demain (sic) qu’il espère mener lui-même vers l’an 2000.”

 

4.3 Manipulation par la presse

Edito, p.5, s.d.

“Si l’Alsacien a longtemps souffert de sa double nature (sic) – était-il un Français vivant dans une ambiance germanique, ou un Germain ne pouvant vivre que parmi les Français (sic) ? – il découvre aujourd’hui que cette différence, cette “alsacianité”, qui lui fut si souvent fatale, est un plus, non un moins.”