La presse écrite en France est contrôlée par l’Etat, centripète, …

 

2001

« La France est devenue une poule pintade qui se dandine dans la cour de ferme parmi les gloussements de ses congénères », LB 23/07/2001

 

Jacques Julliard qui, dans le « Nouvel Observateur », dénonce « ce mélange d’arrogance et d’illusionnisme » dans lequel se complaisent trop volontiers les Français et qui leur fait croire jusqu’au bout que Paris emporterait l’organisation des Jeux Olympiques de 2008. « L’avoir pensé », poursuit l’éditorialiste, « prouve que nos gouvernants continuent de raisonner comme si l’Europe restait au centre du monde et la France au centre de l’Europe ».

 

2002

« Le Monde » fait condamner la France, LB 26/06/2002

 

La Cour européenne donne raison au quotidien dans l’affaire « Hassan II ».

La Cour européenne des droits de l’homme a condamné la France pour violation de la liberté d’expression du quotidien « Le Monde » et de ses journalistes, dans une affaire d’offense à l’ancien roi du Maroc Hassan II.

 

2002

0,3 % – Presse française en baisse, LB 01/11/2002

 

Pour la période juillet 2001-juin 2002.

En comparaison avec l’année précédente, les quotidiens nationaux  reculent de 1 pc.

 

2003

Alain Hertogue, L’ Irak, « dérapage collectif de la presse française », LS 23/10/2003

 

 (…) je décris ce qui me semble être un dérapage collectif de la presse quotidienne française où, à un moment donné, l’électeur ne sait plus s’il lit « Le Figaro », « Libération » ou « Le Monde » » : il lit un peu « La Voix de la France »… (…)

Ce qui est encore plus grave, c’est qu’on annonce un enlisement au bout de cinq jours comme si c’était un nouveau Vietnam, mais on ne s’arrête pas après pour dire :  » On s’est trompé, voilà pourquoi, et maintenant on va être prudents.  » Là, il y a eu une espèce de surenchère de la prophétie catastrophique.

 

Quelle est la solution ?

 

Nous avons un problème dans la presse française : nous sommes amoureux de la prophétie ; l’analyse et la prévision apparaissent aussi nobles que la relation des faits. Il y a de ce fait une vraie dérive, comme si c’était cela que le lecteur attendait, comme si nous étions capables de leur dire ce qui va arriver. (…)

 

 » Le F’igaro » avait un excellent dispositif sur le terrain : Adrien Jaulmes à Bagdad – remarquable – et Patrick Saint Paul, intéressant car placé dans une unité de combat a l’avant du front. Mais ce n’est pas aux deux hommes sur le terrain qu’on demande les analyses militaires, alors qu’ Adrien Jaulmes a une grande expérience de la chose militaire. C’est, au siège, le colonel Dufour qui nous fait un récit halluciné de la guerre, avec trois autres chroniqueurs. (…)

Visiblement, on a voulu garder, à Paris, le contrôle du récit de la guerre.

 

2003

Gérald Papy, Irak, une couverture partisane, LB 28/10/2003

 

Alain Hertoghe, rédacteur en chef adjoint du site Internet du quotidien « La Croix », a consacré à la couverture par cinq quotidiens français de la guerre d’Irak entre le 20 mars et le 10 avril (*).

« Le Monde » « Le Figaro » « Libération », « Ouest-France » et, ce qui démontre un courage certain (lire l’encadré), « La Croix ».

L’ auteur dresse le constat que la presse quotidienne française a été partisane dans son traitement du conflit. Il en prend pour preuve que « pendant trois semaines », il a relevé « 29 titres négatifs pour Saddam Hussein; 135 pour Bush, dans les cinq quotidiens ». Rencontre. (…)

 

Ils ont dont orienté la relation des faits pour appuyer une thèse?

 

L’exemple le plus frappant est la conduite de la guerre. Au départ, la presse française annonce une guerre-éclair en s’inspirant des scénarios qui sont les plus roses dans la presse américaine.

La guerre démarre. Au bout de cinq jours, elle commence à parler de bourbier, d’enlisement. Les mots codes pour dire « Vietnam ». Cinq jours, c’est quand même très très court. Il y a eu des combats, des morts, des blessés, des prisonniers…

J’ai tendance à dire, avec ironie, que cela arrive à peu près dans toutes les guerres.

Pendant une semaine, on a donc le récit d’une espèce de descente aux enfers. Les Américains sont bloqués autour de Kerbala, de Najaf. Ils vont peut-être devoir attendre jusqu’à l’été. Il n’y a pas assez de soldats; les plans sont mauvais; le matériel est trop sophistiqué pour ce genre de guerre. Et puis, les Américains arrivent aux portes de Bagdad. Or, on ne nous explique pas pourquoi cela ne se passe pas comme on l’ avait annoncé. Et là on est parti sur Stalingrad…

Cette surenchère a été très française.

 

Comment expliquer tes « dérapages »?

J’identifie trois raisons qui tiennent vraiment à la société française.

Primo, un antiaméricanisme très fort, particulièrement fort avec un type comme Bush à la Maison-Blanche. C’est la caricature de l’ Américain que les Français adorent mépriser….

Deuzio, la nostalgie de la « France grande puissance » Chirac avec sa raideur, de Villepin avec un talent étonnant suscitent en France quelque chose de très très fort.

Tertio, une arabophilie, dans le mauvais sens du terme, qui vient en France de la guerre d’Algérie, déjà ressentie avec les Palestiniens (il y a, en gros, plus de compassion pour les Palestiniens que pour les Israéliens, à tort ou à raison). Il y a e outre de la compassion pour le peuple irakien qui a déjà vécu une guerre lancée par l’Occident en 1991, puis 12 ans d’embargo dont tout le monde se sent un peu coupable. Et il y a de la complaisance pour Saddam Hussein qui a l’immense mérite d’être le type qui résiste à l’hyperpuissance américaine.

C’est un sale type; tout le monde est d’accord. Mais on n’ en parle pas trop pendant la

guerre.

 

2003

– 2,55 % – Presse française en baisse, LB 27/11/2003

 

De juillet 2002 à juin 2003 par rapport à la même période 2001-2202.

 

2005

63 millions – Lourde perte du Monde, LB 06/04/2005

 

2005

Bernard Delattre, « France Soir » à l’article de la mort, LB 30/10/2005

 

La société éditrice du journal s’est déclarée en cessation de paiements.

A sa grande époque, ce quotidien tirait chaque jour à un million d’exemplaires.