Le racisme dans la politique et la culture françaises: une longue tradition: des hommes d’Etat, écrivains, philosophes, humoristes, présentateurs télé, … racistes et peu ou jamais inquiétés

Louis XIV, Napoléon, Mitterrand, Chirac, De Gaulle

les « Lumières » (sauf Diderot)

Rousseau, Voltaire, Bossuet, Chateaubriand,

Taine, Renan 

Bernanos, Barrès, Péguy, Céline, Claudel, Jouhandeau, Martin du Gard, Valéry

Cauët, Fogiel ; Coluche, Dieudonné, Timsit …

Louis XIV

 

Michel Taube, Tristan Mendès France, Emmanuel Maistre, Mémoire / L’article I du code noir contre Dieudonné …, LB 17/03/2005

 

IL EXISTE UN MOYEN TRÈS SIMPLE DE CLOUER le bec à tous les Dieudonné qui essaient de mettre en concurrence et d’opposer les porteurs de mé­moires des génocides et autres crimes contre l’humanité. Il suf­fit de relire l’article 1 du code noir par lequel, en 1685, Louis XIV, le prétendu « Roi Soleil », instaura l’esclavage dans le royaume de France.

Ce texte concerne, nous di­rez-vous, les Noirs et autres in­digènes des colonies que la France allait conquérir 1 Reli­sons son article 1: « Voulons que l’édit du feu Roi de Glo­rieuse Mémoire, notre très ho­noré seigneur et père,. du 23 avril 1615, soit exécuté dans nos îles; ce faisant, enjoignons à tous nos officiers de chasser de nos dites îles tous les juifs qui y ont établi leur résidence, aux­quels, comme aux ennemis dé­clarés du nom chrétien, nous commandons d’en sortir dans trois mois à compter du jour de la publication des présentes, à peine de confiscation de corps et de biens. »

L’acte même de fondation de l’esclavage intégra donc les Juifs dans la communauté des exclus. Ce texte nous apprend ce que savent la majorité des Juifs: les victimes des horreurs criminel­les de l’Occident furent, sont et seront toujours solidaires par le fait même de leurs victimes et par respect mutuel entre elles.

 

Devons-nous rappeler qu’en 2004, l’une des institutions les plus engagées dans la commémoration du génocide du Rwanda fut le Centre de docu­mentation juive contemporaine ?

 

Le comportement de l’enragé Dieudonné pose également pro­blème par les références qu’il convoque à tout-va dans son dé­lire croissant: il nous parle de Luther King alors que celui-ci di­sait en 1968 « Lorsque les gens cridquent le sionisme, ils veu­lent dire les Juifs. Il s’agit d’antisémitisme ». Il prétend préparer un film sur le code noir? Compte-t-il censurer l’article 1 dans son travail de réécriture de l’histoire?

 

En cette année de commémoration des 60 ans de la libération des camps de la Shoah et de la fin de la Seconde Guerre mon­diale, nous appelons à un redou­blement des efforts de partage des mémoires et d’entraide en­tre les victimes des crimes con­tre l’humanité dont se rendit complice notre civilisation et au rejet vigilant des communauta­ristes.

 

Nous le disons fièrement: nous sommes tous des Juifs noirs! L’article 1 du code noir nous le rappelle: celles et ceux qui, comme Dieudonné, ne se sen­tent pas cette double attache n’ont rien compris à l’histoire…

 

17e - Bossuet

P. Fabien Deleclos, Quand les catholiques ignorent l’Histoire, LB 13/04/2007

 

Bossuet qualifiait les juifs de ‘peuple monstrueux, devenu la fable et la haine du monde … »

 

17e – Les philosophe des Lumières

 

Hannah Arendt, Sur l’antisémitisme, Calmann-Lévy, 1973

 

(p.63) “Diderot, le seul des philosophes français qui ne fut pas hostile aux Juifs (…)”

 

(p.110) “L’antisémitisme français, en outre, est plus ancien que ses homologues européens, de même que l’émancipation des Juifs remonte en France à la fin du 18e siècle.  Les hommes des Lumières qui préparèrent la Révolution française méprisaient tout naturellement les Juifs: ils voyaient en eux les survivants du Moyen Age, les odieux agents financiers de l’aristocratie.”

 

 

18e - Jean-Jacques Rousseau

 

Gentile Emilio, La religion fasciste, éd. Perrin, 2002

 

(p.14) La conception de l’Etat comme éducateur du peuple par le biais du culte de la nation se développa à partir de cette idée de la patrie, en particulier avec la Révolution française. Pour les patriotes français, disciples de Rousseau, un Etat national sans religion n’ était pas

concevable parce que ce n’ est que sur la foi religieuse qu’ils pouvaient fonder l’unité morale des citoyens et le dévouement de l’individu au bien commun.

 

L’Etat national, avait écrit Rousseau, devait réunir « les deux têtes de l’aigle « , pouvoir politique et pouvoir religieux, en instaurant sa propre « religion civile  » pour « tout ramener à l’unité politique, sans laquelle jamais Etat ni gouvernement ne sera bien constitué « . (in : Du contrat social ou principes du droit politique, livre IV, chap. VIII – « De la religion civile ») Et le devoir fondamental de l’Etat était donc de jouer le rôle de gardien suprême de la morale et de la religion, être avant tout un Etat éducateur ayant pour mission de restaurer (p.15) l’ unité du corps politique et de former des citoyens vertueux en leur inculquant, en plus des dogmes de la « religion civile « , le sens du devoir civique et de l’ obéissance envers l’Etat. L’Etat éducateur « doit donner aux âmes la forme nationale, et diriger tellement leurs opinions et leurs goûts, qu’elles soient patriotes par inclination, par passion, par nécessité. Un enfant, en ouvrant les yeux, doit voir la patrie, et jusqu’à la mort ne doit plus voir qu’ elle. Tout vrai républicain suça avec le lait de sa mère l’ amour de sa patrie : c’ est-à-dire, des lois et de la liberté. Cet amour fait toute son existence; il ne voit que la patrie, il ne vit que pour elle; sitôt qu’il est seul, il est nul; sitôt qu’il n’ a plus de patrie, il n’ est plus ; et s’il n’ est pas mort, il est pis ». (in : Considérations sue le gouvern. de Pologne, et sur sa réformation rejetée ( 1772), chap. IV, par. 435-436)

 

Pour cela, Rousseau jugeait utile de remettre au goût du jour les usages des Grecs et des Romains en instituant des fêtes collectives afin d’inculquer au peuple le sentiment de l’unité morale et de l’ amour absolu de la patrie.

 

La sacralisation de la nation, qui débuta en Europe avec la Révolution française, plaça les rapports entre la politique et la religion dans une nouvelle perspective, en conférant un caractère religieux à la politique et une mission éducatrice à l’Etat. S’ouvrait alors une nouvelle époque de rivalité et de conflits entre les « religions civiles » et les religions traditionnelles. Cette rivalité impliqua tout particulièrement le mouvement national en Italie, où la présence de l’Eglise catholique rendit la recherche d’une « religion de la patrie » sur laquelle fonder l’unité morale de la Troisième Italie plus difficile et plus complexe. Le problème de la religion civile obséda (p.16) tragiquement l’ esprit des patriotes italiens dès le début du Risorgimento et resta, même après l’unification, l’un des problèmes centraux de l’Etat national, influençant en permanence, et parfois de façon décisive, l’histoire italienne jusqu’à la Seconde Guerre mondiale.

 

18e - Voltaire

 

Jules Gritti, Déraciner les racismes, SOS EDITIONS, 1982

 

(p.203) VOLTAIRE

 

« En France, Voltaire professe un antisémitisme inattendu en ironisant sur le dogmatisme version juive et sur les pratiques de la circoncision, en faisant sienne la vieille fable du meurtre rituel. »

 

http://www.contreculture.org/AG%20Voltaire.htmlVoltaire

« Mais qu’est-ce donc que Voltaire ? Voltaire, disons-le avec joie et tristesse, c’est l’esprit français ».

(Victor Hugo. « Shakespeare »)


Il est commun de considérer que l’antisémitisme moderne prend sa source dans le christianisme. Les chrétiens accusent le peuple juif d’être responsable de la mort de Jésus-Christ. Cet antisémitisme trouve évidemment sa limite en lui-même. Le christianisme est issu du judaïsme, et l’antisémitisme chrétien ne peut donc être absolu. Sinon il se retournerait contre lui-même.
A propos de la Shoah, certains auteurs ont d’ailleurs montré que l’antisémitisme nazi est d’une autre nature que l’antisémitisme européen traditionnel. Léon Poliakoff a pointé l’origine de l’antisémitisme nazi dans la philosophie des Lumières.

Le racisme des Lumières

Le texte le plus éclairant à ce sujet est l’Essai sur les Mœurs et l’esprit des Nations, de Voltaire (1756). Par rapport au Traité sur la Tolérance qui est un texte très court, cet ouvrage est monumental. Il occupe des centaines de pages, ce qui révèle son importance dans la pensée, dans l’œuvre et dans les préoccupations du philosophe.

La thèse centrale de Voltaire est la perversité de la religion chrétienne à travers l’histoire, et plus particulièrement du catholicisme. Cette thèse passe par plusieurs démonstrations, mais en particulier les deux suivantes :

1 – L’enseignement chrétien est fondé sur des erreurs. Ainsi, l’idée que tous les hommes sont issus d’un même père et d’une même mère, Adam et Eve, est fausse. Les races humaines n’ont rien à voir entre elles. Elles ont des origines différentes.
2 – La religion chrétienne est mauvaise dès le départ. En effet, elle prolonge la religion juive, qui est celle d’une nation odieuse et ennemie du genre humain. La religion chrétienne a hérité des tares du judaïsme.

 

L’adhésion au christianisme fixait les limites de l’antisémitisme, et la théorie de l’ancêtre commun fixait les limites du racisme. Voltaire brise les limites, et donne à la xénophobie une puissance nouvelle, se revendiquant de la Raison.
Pressentant néanmoins la catastrophe à laquelle pouvait mener une telle logique, Voltaire élaborera l’antidote sept ans plus tard, dans son Traité sur la Tolérance, sans revenir réellement sur sa haine du catholicisme et du judaïsme. De toutes façons le mal était fait. Il s’épanouira dans le totalitarisme du XXème siècle et se prolonge aujourd’hui.

 

Plutôt que de commenter l’Essai sur les Mœurs, je conseille à chacun de lire l’ouvrage. Il n’est pas facile à trouver, sauf dans des versions expurgées, les éditeurs rectifiant sans scrupule les écrits d’un personnage emblématique de la culture française. Même la bibliothèque nationale française publie, sur Internet, une version expurgée de l’Essai sur les mœurs (site bnf.gallica.fr). Si l’on veut échapper à ceux qui recomposent le passé, il faut chercher des éditions anciennes dans les bibliothèques, chez les bouquinistes ou sur les sites d’enchères.

Les quelques citations ci-dessous donnent une idée de la violence et de la conviction du propos. Des considérations du même calibre émaillent l’ouvrage par centaines. Celles qui sont livrées ici sont extraites de l’édition de 1805 (Imprimerie Didot). Pour ceux qui souhaitent effectuer des vérifications, j’ai indiqué le tome et la page. J’ai conservé l’orthographe et la ponctuation de l’édition.

 

A propos des races humaines :

« Des différentes races d’hommes

Ce qui est plus intéressant pour nous, c’est la différence sensible des espèces d’hommes qui peuplent les quatre parties connues de notre monde.

Il n’est permis qu’à un aveugle de douter que les blancs, les nègres, les Albinos, les Hottentots, les Lappons, les Chinois, les Américains soient des races entièrement différentes.

Il n’y a point de voyageur instruit qui, en passant par Leyde, n’ait vu une partie du reticulum mucosum d’un Nègre disséqué par le célèbre Ruysch. Tout le reste de cette membrane fut transporté par Pierre-le-Grand dans le cabinet des raretés, à Petersbourg. Cette membrane est noire, et c’est elle qui communique aux Nègres cette noirceur inhérente qu’ils ne perdent que dans les maladies qui peuvent déchirer ce tissu, et permettre à la graisse, échappée de ses cellules, de faire des tâches blanches sous la peau.

Leurs yeux ronds, leur nez épaté, leurs lèvres toujours grosses, leurs oreilles différemment figurées, la laine de leur tête, la mesure même de leur intelligence, mettent entre eux et les autres espèces d’hommes des différences prodigieuses. Et ce qui démontre qu’ils ne doivent point cette différence à leur climat, c’est que des nègres et des négresses transportés dans les pays les plus froids y produisent toujours des animaux de leur espèce, et que les mulâtres ne sont qu’une race bâtarde d’un noir et d’une blanche, ou d’un blanc et d’une noire.

Les Albinos sont, à la vérité, une nation très petite et très rare ; ils habitent au milieu de l’Afrique : leur faiblesse ne leur permet guère de s’écarter des cavernes où ils demeurent ; Cependant les Nègres en attrapent quelquefois, et nous les achetons d’eux par curiosité. Prétendre que ce sont des Nègres nains, dont une espèce de lèpre a blanchi la peau, c’est comme si l’on disait que les noirs eux-mêmes sont des blancs que la lèpre a noircis. Un Albinos ne ressemble pas plus à un Nègre de Guinée qu’à un Anglais ou à un Espagnol. Leur blancheur n’est pas la nôtre : rien d’incarnat, nul mélange de blanc et de brun ; c’est une couleur de linge ou plutôt de cire blanchie ; leurs cheveux, leurs sourcils, sont de la plus belle et de la plus douce soie ; leurs yeux ne ressemblent en rien à ceux des autres hommes, mais ils approchent beaucoup des yeux de perdrix. Ils ressemblent aux Lappons par la taille, à aucune nation par la tête, puisqu’ils ont une autre chevelure, d’autres yeux, d’autres oreilles; et ils n’ont d’homme que la stature du corps, avec la faculté de la parole et de la pensée dans un degré très éloigné du nôtre. Tels sont ceux que j’ai vus et examinés. « 

(Tome 1, pages 6 à 8)

« Les Samoïèdes, les Lappons, les habitants du nord de la Sibérie, ceux du Kamshatka, sont encore moins avancés que les peuples de l’Amérique. La plupart des Nègres, tous les Cafres, sont plongés dans la même stupidité, et y croupiront longtemps. »

(Tome 1, page 11)

 

« La même providence qui a produit l’éléphant, le rhinocéros et les Nègres, a fait naître dans un autre monde des orignaux, des condors, des animaux a qui on a cru longtemps le nombril sur le dos, et des hommes d’un caractère qui n’est pas le notre. »

(Tome 1, page 38)

 

 » Les blancs et les nègres, et les rouges, et les Lappons, et les Samoïèdes, et les Albinos, ne viennent certainement pas du même sol. La différence entre toutes ces espèces est aussi marquée qu’entre un lévrier et un barbet. »

(Tome2, page 49)


A propos des Juifs :

« Si nous lisions l’histoire des Juifs écrite par un auteur d’une autre nation, nous aurions peine à croire qu’il y ait eu en effet un peuple fugitif d’Egypte qui soit venu par ordre exprès de Dieu immoler sept ou huit petites nations qu’il ne connaissait pas ; égorger sans miséricorde les femmes, les vieillards et les enfants à la mamelle, et ne réserver que les petites filles ; que ce peuple saint ait été puni de son Dieu quand il avait été assez criminel pour épargner un seul homme dévoué à l’anathème. Nous ne croirions pas qu’un peuple si abominable (les Juifs) eut pu exister sur la terre. Mais comme cette nation elle-même nous rapporte tous ses faits dans ses livres saints, il faut la croire. »

(Tome 1, page 158-159)

 « Toujours superstitieuse, toujours avide du bien d’autrui, toujours barbare, rampante dans le malheur, et insolente dans la prospérité, voilà ce que furent les Juifs aux yeux des Grecs et des Romains qui purent lire leurs livres. »

(Tome 1, page 186)

« Si Dieu avait exaucé toutes les prières de son peuple, il ne serait restés que des Juifs sur la terre ; car ils détestaient toutes les nations, ils en étaient détestés ; et, en demandant sans cesse que Dieu exterminât tous ceux qu’ils haïssaient, ils semblaient demander la ruine de la terre entière. »

(Tome 1, page 197)

 

«  N’est-il pas clair (humainement parlant, en ne considérant que les causes secondes) que si les Juifs, qui espéraient la conquête du monde, ont été presque toujours asservis, ce fut leur faute ? Et si les Romains dominèrent, ne le méritèrent-ils pas par leur courage et par leur prudence ? Je demande très humblement pardon aux Romains de les comparer un moment avec les Juifs. »

(Tome 1, page 226)

 

« Si ces Ismaélites [les Arabes] ressemblaient aux Juifs par l’enthousiasme et la soif du pillage, ils étaient prodigieusement supérieurs par le courage, par la grandeur d’âme, par la magnanimité : leur histoire, ou vraie ou fabuleuse, avant Mahomet, est remplie d’exemples d’amitié, tels que la Grèce en inventa dans les fables de Pilade et d’Oreste, de Thésée et de Pirithous. L’histoire des Barmécides n’est qu’une suite de générosités inouïes qui élèvent l’âme. Ces traits caractérisent une nation.

On ne voit au contraire, dans toutes les annales du peuple hébreu, aucune action généreuse. Ils ne connaissent ni l’hospitalité, ni la libéralité, ni la clémence. Leur souverain bonheur est d’exercer l’usure avec les étrangers ; et cet esprit d’usure, principe de toute lâcheté, est tellement enracinée dans leurs coeurs, que c’est l’objet continuel des figures qu’ils emploient dans l’espèce d’éloquence qui leur est propre. Leur gloire est de mettre à feu et à sang les petits villages dont ils peuvent s’emparer. Ils égorgent les vieillards et les enfants ; ils ne réservent que les filles nubiles ; ils assassinent leurs maîtres quand ils sont esclaves ;ils ne savent jamais pardonner quand ils sont vainqueurs : ils sont ennemis du genre humain. Nulle politesse, nulle science, nul art perfectionné dans aucun temps, chez cette nation atroce. »

(Tome 2, page 83)

 

 » Lorsque, vers la fin du quinzième siècle, on voulut rechercher la source de la misère espagnole, on trouva que les Juifs avaient attiré à eux tout l’argent du pays par le commerce et par l’usure. On comptait en Espagne plus de cent cinquante mille hommes de cette nation étrangère si odieuse et si nécessaire. (…)

Les Juifs seuls sont en horreur à tous les peuples chez lesquels ils sont admis (…).

On feignait de s’alarmer que la vanité que tiraient les Juifs d’être établis sur les côtes méridionales de ce royaume long-temps avant les chrétiens : il est vrai qu’ils avaient passé en Andalousie de temps immémorial ; ils enveloppaient cette vérité de fables ridicules, telles qu’en a toujours débité ce peuple, chez qui les gens de bon sens ne s’appliquent qu’au négoce, et où le rabbinisme est abandonné à ceux qui ne peuvent mieux faire. Les rabbins espagnols avaient beaucoup écrit pour prouver qu’une colonie de Juifs avait fleuri sur les côtes du temps de Salomon, et que l’ancienne Bétique payait un tribut à ce troisième roi de Palestine ; il est très vraisemblable que les Phéniciens, en découvrant l’Andalousie, et en y fondant des colonies, y avaient établi des Juifs qui servirent de courtiers, comme ils en ont servi partout ; mais de tout temps les Juifs ont défiguré la vérité par des fables absurdes. Ils mirent en œuvre de fausses médailles, de fausses inscriptions ; cette espèce de fourberie, jointe aux autres plus essentielles qu’on leur reprochait, ne contribua pas peu à leur disgrâce. »

(Tome 5, page 74-76)

 

 » Ils ont même été sur le point d’obtenir le droit de bourgeoisie en Angleterre vers l’an 1750 et l’acte du parlement allait déjà passer en leur faveur. Mais enfin le cri de la nation, et l’excès du ridicule jeté sur cette entreprise la fit échouer. Il courut cent pasquinades représentant mylord Aaron et mylord Judas séants dans la chambre des pairs. On rit, et les Juifs se contentèrent d’être riches et libres ; (…)
Vous êtes frappés de cette haine et de ce mépris que toutes les nations ont toujours eus pour les Juifs. C’est la suite inévitable de leur législation : Il fallait, ou qu’ils subjugassent tout, ou qu’ils fussent écrasés. Il leur fut ordonné d’avoir les nations en horreur, et de se croire souillés s’ils avaient mangé dans un plat qui eût appartenu à un homme d’une autre loi. Ils appelaient les nations vingt à trente bourgades leurs voisines qu’ils voulaient exterminer, et ils crurent qu’il fallait n’avoir rien de commun avec elles. Quand leurs yeux furent un peu ouverts par d’autre nations victorieuses qui leur apprirent que le monde était plus grand qu’ils ne croyaient, ils se trouvèrent, par leur loi même, ennemis naturels de ces nations, et enfin du genre humain. Leur politique absurde subsista quand elle devait changer ; leur superstition augmenta avec leurs malheurs : leurs vainqueurs étaient incirconcis ; il ne parut pas plus permis à un Juif de manger dans un plat qui avait servi à un Romain que dans le plat d’un Amorrhéen ; ils gardèrent tous leurs usages, qui sont précisément le contraire des usages sociables. Ils furent donc avec raison traités comme une nation opposée en tout aux autres ; les servant par avarice, les détestant par fanatisme, se faisant de l’usure un devoir sacré. Et ce sont nos pères ! « 

(Tome5, page 82-83)

 

 


A propos des Tziganes :

 » Il y avait alors une petite nation, aussi vagabonde, aussi méprisée que les Juifs, et adonnée à une autre espèce de rapine ; c’était un ramas de gens inconnus, qu’on nommait Bohèmes en France, et ailleurs Egyptiens, Giptes ou Gipsis, ou Syriens (…). Cette race a commencé à disparaître de la face de la terre depuis que, dans nos derniers temps, les hommes ont été désinfatués des sortilèges, des talismans, des prédictions et des possessions. »

(Tome 5, page 83-84)

A propos de l’esclavage ; Voltaire homme d’affaires

 

Tous les élèves français du secondaire sont persuadés que Voltaire était antiesclavagiste, et on leur fait lire sa compassion pour l’esclave du Surinam. Notre philosophe est un bel hypocrite : il a en effet spéculé en association avec les armateurs nantais, et avec la compagnie des Indes, dans les opérations de traite des esclaves (par exemple dans l’armement du bateau négrier Le Congo). Dans la citation ci-après, il est plus sincère ; il défend ses intérêts.

 

 » Nous n’achetons des esclaves domestiques que chez les Nègres ; on nous reproche ce commerce. Un peuple qui trafique de ses enfants est encore plus condamnable que l’acheteur.
Ce négoce démontre notre supériorité ; celui qui se donne un maître était né pour en avoir. »

(tome 8, page 187)

 

Lettre à Michaud de Nantes, son associé dans l’armement du Congo (Cité par César Cantu, Histoire universelle, 3ème édition, Tome XIII, p 148. Accessible sur Google books)
« Je me félicite avec vous de l’heureux succès du navire le Congo, arrivé si à propos sur la côte d’Afrique pour soustraire à la mort tant de malheureux nègres… Je me réjouis d’avoir fait une bonne affaire en même temps qu’une bonne action. »

« Il y a une tragédie anglaise qui commence par ces mots : mets de l’argent dans ta poche et moque-toi du reste. Celà n’est pas tragique, mais celà est fort sensé » (lettre de Voltaire au P. de Menoux, 11 juillet 1960).

Voltaire a spéculé pendant toute sa vie, ce qui explique son immense fortune. Pour se faire une idée de son appétit pour l’argent et les manoeuvres financières, des prêts qu’il consentait à des taux exhorbitants, en dehors de toute éthique, le livre Ménage et finances de Voltaire (1854), de Louis Nicolardot est très éclairant. L’ouvrage est téléchargeable sur Google-books.

Le racisme : un thème récurrent chez Voltaire

En 1734, vingt-deux ans avant l’Essai sur les moeurs, Voltaire publie le Traité de Métaphysique. La thèse de l’origine différente et de l’inégalité des races humaines est déjà présente, dans toute sa nudité et toute sa violence.

Descendu sur ce petit amas de boue, et n’ayant pas plus de notion de l’homme que l’homme n’en a des habitants de Mars ou de Jupiter, je débarque vers les côtes de l’Océan, dans le pays de la Cafrerie, et d’abord je me mets à chercher un homme. Je vois des singes, des éléphants, des nègres, qui semblent tous avoir quelque lueur d’une raison imparfaite. Les uns et les autres ont un langage que je n’entends point, et toutes leurs actions paraissent se rapporter également à une certaine fin. Si je jugeais des choses par le premier effet qu’elles font sur moi, j’aurais du penchant à croire d’abord que de tous ces êtres c’est l’éléphant qui est l’animal raisonnable. Mais, pour ne rien décider trop légèrement, je prends des petits de ces différentes bêtes; j’examine un enfant nègre de six mois, un petit éléphant, un petit singe, un petit lion, un petit chien: je vois, à n’en pouvoir douter, que ces jeunes animaux ont incomparablement plus de force et d’adresse; qu’ils ont plus d’idées, plus de passions, plus de mémoire, que le petit nègre; qu’ils expriment bien plus sensiblement tous leurs désirs; mais, au bout de quelque temps, le petit nègre a tout autant d’idées qu’eux tous. Je m’aperçois même que ces animaux nègres ont entre eux un langage bien mieux articulé encore, et bien plus variable que celui des autres bêtes. J’ai eu le temps d’apprendre ce langage, et enfin, à force de considérer le petit degré de supériorité qu’ils ont à la longue sur les singes et sur les éléphants, j’ai hasardé de juger qu’en effet c’est là l’homme; et je me suis fait à moi-même cette définition:

L’homme est un animal noir qui a de la laine sur la tête, marchant sur deux pattes, presque aussi adroit qu’un singe, moins fort que les autres animaux de sa taille, ayant un peu plus d’idées qu’eux, et plus de facilité pour les exprimer; sujet d’ailleurs à toutes les mêmes nécessités; naissant, vivant, et mourant tout comme eux.

Après avoir passé quelque temps parmi cette espèce, je passe dans les régions maritimes des Indes orientales. Je suis surpris de ce que je vois: les éléphants, les lions, les singes, les perroquets, n’y sont pas tout à fait les mêmes que dans la Cafrerie, mais l’homme y paraît absolument différent; ils sont d’un beau jaune, n’ont point de laine; leur tête est couverte de grands crins noirs. Ils paraissent avoir sur toutes les choses des idées contraires à celles des nègres. Je suis donc forcé de changer ma définition et de ranger la nature humaine sous deux espèces la jaune avec des crins, et la noire avec de la laine.

Mais à Batavia, Goa, et Surate, qui sont les rendez-vous de toutes les nations, je vois un grande multitude d’Européens, qui sont blancs et qui n’ont ni crins ni laine, mais des cheveux blonds fort déliés avec de la barbe au menton., On m’y montre aussi beaucoup d’Américains qui n’ont point de barbe: voilà ma définition et mes espèces d’hommes bien augmentées.

Je rencontre à Goa une espèce encore plus singulière que toutes celles-ci: c’est un homme vêtu d’une longue soutane noire, et qui se dit fait pour instruire les autres. Tous ces différents hommes, me dit-il, que vous voyez sont tous nés d’un même père; et de là il me conte une longue histoire. Mais ce que me dit cet animal me paraît fort suspect. Je m’informe si un nègre et une négresse, à la laine noire et au nez épaté, font quelquefois des enfants blancs, portant cheveux blonds, et ayant un nez aquilin et des yeux bleus; si des nations sans barbe sont sorties des peuples barbus, et si les blancs et les blanches n’ont jamais produit des peuples jaunes. On me répond que non; que les nègres transplantés, par exemple en Allemagne, ne font que des nègres, à moins que les Allemands ne se chargent de changer l’espèce, et ainsi du reste. On m’ajoute que jamais homme un peu instruit n’a avancé que les espèces non mélangées dégénérassent, et qu’il n’y a guère que l’abbé Dubos qui ait dit cette sottise dans un livre intitulé Réflexions sur la peinture et sur la poésie, etc.

Il me semble alors que je suis assez bien fondé à croire qu’il en est des hommes comme des arbres; que les poiriers, les sapins, les chênes et les abricotiers, ne viennent point d’un même arbre, et que les blancs barbus, les nègres portant laine, les jaunes portant crins, et les hommes sans barbe, ne viennent pas du même homme.(…)

Je me suppose donc arrivé en Afrique, et entouré de nègres, de Hottentots, et d’autres animaux. Je remarque d’abord que les organes de la vie sont les mêmes chez eux tous; les opérations de leurs corps partent toutes des mêmes principes de vie; ils ont tous à mes yeux mêmes désirs, mêmes passions, mêmes besoins; ils les expriment tous, chacun dans leurs langues. La langue que j’entends la première est celle des animaux, cela ne peut être autrement; les sons par lesquels ils s’expriment ne semblent point arbitraires, ce sont des caractères vivants de leurs passions; ces signes portent l’empreinte de ce qu’ils expriment: le cri d’un chien qui demande à manger, joint à toutes ses attitudes, a une relation sensible à son objet; je le distingue incontinent des cris et des mouvements par lesquels il flatte un autre animal, de ceux avec lesquels il chasse, et de ceux par lesquels il se plaint; je discerne encore si sa plainte exprime l’anxiété de la solitude, ou la douleur d’une blessure, ou les impatiences de l’amour. Ainsi, avec un peu d’attention, j’entends le langage de tous les animaux ; ils n’ont aucun sentiment qu’ils n’expriment : peut-être n’en est-il pas de même de leurs idées ; mais comme il paraît que la nature ne leur a donné que peu d’idées, il me semble aussi qu’il était naturel qu’ils eussent un langage borné, proportionné à leurs perceptions.

Que rencontré-je de différent dans les animaux nègres? Que puis-je y voir, sinon quelques idées et quelques combinaisons de plus dans leur tête, exprimées par un langage différemment articulé? Plus j’examine tous ces êtres, plus je dois soupçonner que ce sont des espèces différentes d’un même genre. Cette admirable faculté de retenir des idées leur est commune à tous ; ils ont tous des songes et des images faibles, pendant le sommeil, des idées qu’ils ont reçues en veillant ; leur faculté sentante et pensante croît avec leurs organes, et s’affaiblit avec eux, périt avec eux. Que l’on verse le sang d’un singe et d’un nègre, il y aura bientôt dans l’un et dans l’autre un degré d’épuisement qui les mettra hors d’état de me reconnaître ; bientôt après leurs sens extérieurs n’agissent plus, et enfin ils meurent. (…)

Enfin je vois des hommes qui me paraissent supérieurs à ces nègres, comme ces nègres le sont aux singes, et comme les singes le sont aux huîtres et aux autres animaux de cette espèce.


Dix ans après le Traité de Métaphysique, et douze ans avant l’Essai sur les moeurs, Voltaire publie sa Relation touchant un Maure blanc amené d’Afrique à Paris en 1744.
Voici la partie la plus intéressante de ce texte. L’observation voltairienne que la différence entre les races humaines est « aussi profonde que la différence entre un lévrier et un barbet » se retrouvera dans l’Essai sur les moeurs. Voltaire devait trouver cette comparaison suffisamment puissante, ou piquante, pour qu’il se donne la peine de la répéter.

« J’ai vu, il n’y a pas longtemps, à Paris un petit animal blanc comme du lait, avec un muffle taillé comme celui des Lapons, ayant, comme les nègres, de la laine frisée sur la tête, mais une laine beaucoup plus fine, et qui est de la blancheur la plus éclatante; ses cils et ses sourcils sont de cette même laine, mais non frisée; ses paupières, d’une longueur qui ne leur permet pas en s’élevant de découvrir toute l’orbite de l’oeil, lequel est un rond parfait.(…).
Cet animal s’appelle un homme, parce qu’il a le don de la parole, de la mémoire, un peu de ce qu’on appelle raison, et une espèce de visage.
La race de ces hommes habite au milieu de l’Afrique: les Espagnols les appellent Albinos (…). Cette espèce est méprisée des nègres, plus que les nègres ne le sont de nous.
Voici enfin une nouvelle richesse de la nature, une espèce qui ne ressemble pas tant à la nôtre que les barbets aux lévriers. Il y a encore probablement quelque autre espèce vers les terres australes. Voilà le genre humain plus favorisé qu’on n’a cru d’abord. Il eût été bien triste qu’il y eût tant d’espèces de singes, et une seule d’hommes. C’est seulement grand dommage qu’un animal aussi parfait soit si peu diversifié, et que nous ne comptions encore que cinq ou six espèces absolument différentes, tandis qu’il y a parmi les chiens une diversité si belle.

 

Le Dictionnaire philosophique (1769)

L’obsession antisémite de Voltaire ne s’endort jamais.
Dans son Dictionnaire philosophique, il revient régulièrement sur la question des Juifs, même quand il n’existe aucun lien avec la philosophie ou avec le titre de l’article.

 

 

Article « Abraham » :
« Il est évident que tous les royaumes de l’Asie étaient très florissants avant que la horde vagabonde des Arabes appelés Juifs possédât un petit coin de terre en propre, avant qu’elle eût une ville, des lois et une religion fixe. Lors donc qu’on voit un rite, une ancienne opinion établie en Égypte ou en Asie, et chez les Juifs, il est bien naturel de penser que le petit peuple nouveau, ignorant, grossier, toujours privé des arts, a copié, comme il a pu, la nation antique, florissante et industrieuse. »

Article « Anthropophage » :
« Pourquoi les Juifs n’auraient-ils pas été anthropophages ? C’eût été la seule chose qui eût manqué au peuple de Dieu pour être le plus abominable peuple de la terre. »

Article «Juifs» :
« Vous ne trouverez en eux qu’un peuple ignorant et barbare, qui joint depuis longtemps la plus sordide avarice à la plus détestable superstition et à la plus invincible haine pour tous les peuples qui les tolèrent et qui les enrichissent. Il ne faut pourtant pas les brûler. »

Article «Job» :
« Leur profession fut le brigandage et le courtage ; ils ne furent écrivains que par hasard. »

Article «Tolérance» :
« Le peuple juif était, je l’avoue, un peuple bien barbare. Il égorgeait sans pitié tous les habitants d’un malheureux petit pays sur lequel il n’avait pas plus de droit qu’il n’en a sur Paris et sur Londres. »

 

La fierté de Voltaire d’être devenu un vrai seigneur féodal

Voltaire, dans sa lettre à M. de Brenles du 27 décembre 1758, se vante de posséder un droit de haute justice. Ce droit permet au seigneur féodal de juger et prononcer toutes les peines sur son domaine, y compris la peine de mort. Le philosophe en parle à propos d’un certain Grasset, avec qui il devait être en conflit :
« Il ne me reste plus que de le prier à diner dans un de mes castels et de le faire pendre au fruit. J’ai heureusement haute justice chez moi, et si M. Grasset veut être pendu, il faut qu’il ait la bonté de faire chez moi un petit voyage. »

Dans une lettre à Thibouville du 28 mai 1760, il revient sur son droit de haute justice, en particulier de mettre quiconque au pilori.
 » On me reproche d’être comte de Ferney. Que ces Jean f… là viennent donc dans la terre de Ferney, je les mettrai au pilori. « 

Dans sa lettre à d’Argental du 29 janvier 1764, Voltaire se préoccupe des impôts féodaux, les dîmes, qu’il prélève dans ses domaines :

« Je crois que l’affaire des Calas sera finie avant celle des dîmes de Ferney. Les tragédies, les histoires et les contes n’empêchent pas qu’on songe à ces dîmes, attendu qu’un homme de lettres ne doit pas être un sot qui abandonne ses affaires pour barbouiller des choses inutiles. »

Dans sa lettre à d’Argental du 1er février 1764, Voltaire se vante d’avoir droit de mainmorte, coutume liée au servage et qui avait heureusement disparu un peu partout. La mainmorte fut officiellement abolie en 1790 par un décret de Louis XVI.

« Je remercie tendrement mes anges de toutes leurs bontés ; c’est à eux que je dois celles de M. le duc de Praslin, qui me conservera mes dîmes en dépit du concile de Latran… Figurez-vous quel plaisir ce sera pour un aveugle d’avoir entre les Alpes et le mont Jura une terre grande comme la main, ne payant rien au roi ni à l’église, et ayant d’ailleurs le droit de mainmorte sur plusieurs petites possessions. »

Voltaire se prétendit ennemi du servage, comme il s’était dit ennemi de l’esclavage. Il a écrit un texte à propos des serfs de Saint-Claude et du mont Jura, en préambule au Discours aux Welches. Par une lettre du 7 novembre 1764, un habitant de Saint-Claude, Joseph Romain Joly, frère du maire, lui répondit qu’il se trompait et qu’il n’y avait pas de serfs dans son petit pays. Il démontra par citation de documents anciens que Saint Claude était « ville franche » depuis longtemps et que le droit de mainmorte n’y avait jamais existé.
Lorsque les droits féodaux furent abolis, dans la nuit du 4 août 1789, on s’aperçut que le défenseur des serfs virtuels de Saint Claude avait refusé d’émanciper les siens, qui pourtant étaient bien réels. La preuve se trouverait dans les procès-verbaux de l’Assemblée constituante. Avis aux chercheurs.

 

18e-19e - Napoléon

Napoléon fut un dictateur raciste, voire antisémite. Voir à la rubrique Napoléon.

19e - Châteaubriand

Jules Gritti, Déraciner les racismes, SOS Ed. 1982

 

LITTERATURE RACISTE

(p.155-156) Chateaubriand: Natchez (1805) et Atala (1806)

Description d‘ une bataille: “Cris” des Indiens contre “voix” des Français, “l’assaut” tumultueux des premiers contre la “barrière” des seconds – image constante depuis la bataille de Poitiers jusqu’ aux modernes westerns – et en définitive les “torrents” contre la “mer”, font que tôt ou tard force restera aux Français.”

(p.156) De génération en génération, au Québec comme en France, toute une tradition catholique, cléricale, de la confrontation Blanc-Indien va se transmettre.”

19e - Bernanos

19e - Bernanos, Barrès, Péguy, Taine, Renan

Bernard-Henry Lévy, L’idéologie française, éd. Grasset, 1981

 

(p.107) Car c’est alors que Drumont vint. Le polémiste enragé et le compilateur médiocre qu’un Alphonse Daudet qualifiait pourtant de « révélateur de la race » et le critique Jules Lemaitre de « plus grand historien du XIXe siècle ». L’antisémite radical, à qui Bernanos consacrera une bonne part de sa Grande Peur des bien-pensants. dont il dit, dans les Grands Cimetières sous la lune qu’ « il n’y a pas une ligne de ce livre qu’il ne pourrait signer de sa main, de sa noble main, si du moins je méritais cet honneur » , et qu’il ne cessera jamais, jusques et y compris à l’ époque de la guerre d’Espagne ou de la résistance à l’hitlérisme*,

 

* Sait-on que, jusque dans Français si vous saviez, en contrepoint de

son hommage aux combattants du ghetto de Varsovie, Bernanos continue

de saluer son « vieux maître Drumont » (Gallimard, 1961, p. 322) ?

Qu’en janvier 1944, alors qu’il a pris les distances que l’on sait avec

Vichy, il continue de reprendre à son compte la thèse maurrassienne – et

ignoble – de la collusion judéo-nazie ? Qu’il en vient à reprocher alors à Hitler d’avoir « déshonoré à jamais  » 1e très doux, très noble, très responsable « mot « … d’« antisémitisme  » (le Chemin de la croix des âmes, Gallimard, 1948, p. 417) ? Bernanos ou la quintessence même de l’antisémitisme à la française.

 

de saluer comme son maîtres. L’ auteur de la France juive surtout qui, avec son bon millier de pages et son volumineux index tenu comme un fichier de police, connut cent quatorze éditions dans la seule année de sa parution ( 1886) ; le plus grand succès de librairie du siècle avec la Vie de Jésus de Renan ; sans parler des innombrables réimpressions de la version « abrégée » pour antisémites pressés. Car l’important, en l’occurrence, (p.108) n’est pas ce que dit le livre. Sur le fond de l’ « analyse « , il n’ apporte pas grand-chose de neuf par rapport aux étapes antérieures. Mais il leur donne un ton, un tour nouveaux, qui vont les lester d’une dernière dimension et assurer, dans les masses, leur foudroyant succès. Mieux qu’un principe d’explication de l’Histoire, il fait du racisme, à présent, une entière vision du monde, une grille de lecture de toutes choses, une catégorie de la pensée et presque de l’être. Ce n’est même plus le juif comme tel qu’il vise mais, comme il le dit lui-même dès les premières lignes de l’ ouvrage, tout ce qui « en vient « , tout ce qui « y revient », c’est-à-dire une « juiverie » cosmique et quasiment métaphysique. Cette juiverie, elle sert à désigner le patron, le capital, le bourgeois, l’ argent, le parlement, le protestant, les armes mêmes qui ont tiré à Fourmies, et jusqu’ à la main que la cervelle malade de Léon Daudet devine derrière les inondations parisiennes de 19l0. Et la race, à ce point, n’est plus un concept mais un crédo.

Le racisme, plus une doctrine mais une mystique. L’antisémitisme, plus un thème mais un mythe. Le mythe qui travaille l’ensemble de l’idéologie française. Le mythe par excellence, au sens quasi sorélien du terme, où elle baigne tout entière, tel le navire en sa charpente. La quasi-religion où la moitié de la France, au moment de l’affaire Dreyfus, dans les bandes de

Jules Guérin ou les faisceaux du marquis de Morès, derrière les parlementaires antisémites et les lecteurs de l’Antijuif ou de l’Anti-Youtre, va pouvoir communier.

 

Car ce qui est sûr c’est qu’ au terme de cette ultime étape, le grand oeuvre est consommé et le concept tout armé, qui n’ a plus qu’ à se propager et circuler dans la société. Il n’a pas grand-chose à voir, on le constate, avec je ne sais quel délire importé, contracté à l’extérieur, comme une de ces maladies honteuses qui, dans les bonnes familles, s’attrapent toujours au-dehors et (p.109) dans les mauvais lieux. Il ne nous est pas tombé du ciel – ni d’Allemagne – mais d’un discours réglé, rigoureusement déduit à partir de non moins rigoureuses prémisses, qui en font tout autre chose que ce dérisoire supplément, ce très local abcès que nos autruches professionnelles veulent aujourd’hui encore y voir. Ce n’est même pas dans des cervelles fêlées, chez des Hitler français, chez des brutes sanguinaires, qu’il a trouvé à se former, mais chez de dignes savants, des hommes aussi respectables que Taine, Renan ou Bernanos.

 

Strictement rien à voir, du coup, avec je ne sais quelle pellicule conceptuelle, qu’il suffirait de gratter un peu à la surface de notre culture pour en écailler le chiffre sanglant, puisqu’il semble faire masse au contraire avec cette culture, la hanter, l’obséder, la travailler du dedans, en un affreux corps à corps dont nous portons encore les stigmates. Et c’est la raison pour laquelle je crois qu’il faut poursuivre le voyage. Aller observer d’un peu plus près ce corps à corps furieux. Estimer plus attentivement ce travail et les enfantements auxquels il procède. Repérer les effets, dans le discours, de ce tronc commun racial. Les plis qu’il y provoque. Les

chaînes signifiantes où il s’intègre. Celles, aussi bien, qu’il y induit. En un mot, et c’est la seconde partie du programme : après la formation du concept, le jeu de ses déplacements… J’ai choisi, pour cela, d’aller interroger l’oeuvre de deux autres écrivains. A peu près

contemporains de Taine ou de Renan. Au moins aussi considérables. Mais plus modernes peut-être encore. Maurice Barrès et Charles Péguy.

 

Oui, Maurice Barrès d’abord. Ce singulier catholique qui, prétendant purger le christianisme de son ignoble  » ferment judaïque « , réduisait le message des Evangiles (p.110) à de vagues instructions païennes à usage des hommes de glèbe de sa Lorraine mythique. Cet écrivain,

largement informé des travaux des vraies et fausses sciences de son temps, qui estimait que le lieu le plus propre à juger Dreyfus l’ « hébroïde » était moins un tribunal militaire qu’une « chaire d’ ethnologie comparée ». Ce maître à vivre et à penser où tant de générations se sont, depuis cinquante ans, frottées, mais dont il n’ est pas inutile de rappeler qu’il était lui-même le disciple de Soury et de Le Bon, convaincu avec eux que la culpabilité du capitaine était inscrite dans ses gènes, dans sa race, dans la forme de son crâne. Cette étoile de première grandeur au panthéon d’un Aragon qui, tout à sa légitime admiration de l’écrivain, oubliait probablement qu’il admirait aussi l’un des plus actifs propagandistes de la mythologie aryenne et de son principe d’ explication de l’histoire. L’homme en qui Malraux lui-même saluait « le sens épique de la continuité française », mais qui confondait explicitement, lui, son combat pour la continuité de la France avec la lutte éternelle – et combien plus épique encore ! – contre les races sémitiques. Ce prince de la jeunesse enfin, auréolé dans la légende de l’esthète, qui fut surtout, on le sait moins, prince d’ abjection, dédiant à Edouard Drumont tel de ses livres et ne se lassant pas, dans tels autres, de dire la louange et les éminents mérites de l’auteur de la France juive. Bref, l’homme qui, mieux que nul autre, a su rassembler comme en gerbe les cinq ou six fils épars de la pensée raciale ; qui, dans l’ ordre des principes, n’y ajoute assurément, et lui non plus, rien d’ essentiel. mais qui a le singulier talent, beaucoup plus essentiel pour ce qui nous occupe, de savoir les nouer en un projet, un dessein, une vision politique d’ ensemble.

 

Car il y a aussi un Barrès politique, moins connu sans doute, mais qui n’ en a pas moins pesé que l’ écrivain (p.111) sur la modernité. C’ est le boulangiste déçu par exemple, qui, méditant dans l’ Appel au Soldat sur la défaite du mouvement auquel il avait tant cru, en voit la principale raison dans la sotte répugnance du général à jouer franchement et sans vergogne la carte antisémite. C’est le hussard lorrain qui, par trois fois, partit à la conquête du siège de député de Nancy aux cris de « A bas les juifs » et ouvrait couramment ses réunions électorales par de tonitruants procès de la « Haute Banque sémite » ou des « hauts ministres et fonctionnaires issus de la Synagogue ». C’ est le fin stratège surtout, se flattant d’ avoir mis au point une mirobolante « formule antijuive en politique » qui, confondant sous l’injurieux vocable les « escrocs » et « rapaces » de tous poils, permettait selon lui de réunir en faisceau le « menu peuple » las des exactions du « peuple gras »… La question, face à des textes et des

prises de position de ce genre, n’est pas de savoir si Barrès le dandy croyait vraiment aux insanités qu’il proférait. Elle n’est même pas de savoir si, comme plaident les barrésiens, il s’est absurdement fourvoyé en des traverses où il n’avait que faire. Car ce qui en ressort, c’ est, au contraire, le portrait d’un politicien génial qui avait compris avant tout le monde le formidable usage qui se peut faire des thèmes antisémites. Celui d’un amateur de haute volée qui s’ avise, un demi-siècle avant Goebbels, de cette loi mystérieuse qui veut qu’exclure l’ Autre ce n’est pas diviser la communauté mais la souder plutôt, et l’intégrer comme jamais.

Celui du premier homme politique moderne, autrement dit, qui ait songé à faire de la haine raciale en tant que telle un slogan, une arme, une quasi technique du coup d ‘État.

 

(p.113-114) Elle a bien travaillé la race, la vieille taupe raciale, qui pourrait bien être à l’origine, en un mot, de ce qu’on appelle çà et là, mais sans toujours bien mesurer la pertinence de l’ expression, et sans toujours s’ aviser surtout de ses authentiques racines françaises, le fascisme rouge.

 

(p.114) Même chose, même type de travail, mais plus fécond, plus prodigue encore, chez Péguy, cet autre pilier majeur de l’idéologie française naissante. Je sais, bien entendu, que, sur des points essentiels de l’époque, il prit des positions adverses. Je n’ignore pas, par exemple, qu’il fut dreyfusard et d’un dreyfusisme quasi mystique qui, jusqu’ à la dernière heure, tint ferme sur les principes. Je n’oublie pas non plus, et nul n’a le droit d’ oublier, qu’il fut de ces catholiques, point si nombreux alors, qui ne transigèrent jamais avec l’ antisémitisme. Je me souviens même de mon émotion, presque de ma gratitude, quand je lus pour la première fois le beau portrait de Bernard Lazare dans Notre jeunesse et l’hommage qui s’ensuivait à l’Élection d’Israël. Et pourtant !. Oui, pourtant, je me souviens aussi de ma gêne quand, dès les premières lignes du livre, je découvris l’étrange projet, où s’insérait l’hommage d’une étude d’« histologie ethnique » censée retrouver le « tissu », le « drap », la « pleine trame » où «poussait la race française du temps qu’il y avait une race ». Je me rappelle mon trouble, un peu plus loin, face à la définition de ce « socialisme racial » ancré dans la « réalité de la race », issu d’une saine et primitive  » race ouvrière » et que le « monde bourgeois », lisais-je, aurait coupé de ses racines, « abtronqué » de son sol,  » contaminé » d’une intolérable  » seconde race ». Je ne pus réprimer surtout un violent sentiment de dégoût quand, aux dernières pages du livre, au (p.115) terme de la confession du dreyfusard, j’appris que « la vraie, la réelle division de l’affaire Dreyfus » tint dans l’ affrontement de deux « mystiques », aussi respectables l’une que l’autre, et qui n’avaient différé qu’en ceci que la première visait « le salut temporel de la race » et la seconde, au contraire, son « salut éternel ». Et je me demandais comment il se pouvait qu’un homme à bien des égards estimable, qu’un apôtre des valeurs de justice, qu’un défenseur « des humbles et des petits », pût partager avec son époque sa plus ignoble langue, – d’une histoire réduite, encore et toujours, à la sempiternelle guerre des races.

19e - Taine

19e - Renan

Hannah Arendt, L’impérialisme, éd. Fayard, 1982

 

(p.95) Taine lui-même croyait fermement au génie supérieur de la « nation germanique», et Ernest Renan a probablement été le premier à opposer les «Sémites » aux «Aryens» en une « division du genre humain » décisive, bien qu’il reconnût en la civilisation la grande force supérieure qui détruit les originalités locales aussi bien que les différences de race originelles.

19e - Daudet

Bernard-Henry Lévy, L’idéologie française, éd. Grasset, 1981

 

(p.107) Car c’est alors que Drumont vint. Le polémiste enragé et le compilateur médiocre qu’un Alphonse Daudet qualifiait pourtant de « révélateur de la race » et le critique Jules Lemaitre de « plus grand historien du XIXe siècle ».

20e - Coco Chanel en bon rapport avec l'occupant (in: TagEblatt, 15/12/2017)

20e - Paul Claudel

Bernard-Henry Lévy, L’idéologie française, éd. Grasset, 1981

 

La France aux Français

 

(p.47) On connaît mieux, en revanche, le renfort que, très tôt aussi, apportèrent un certain nombre d’intellectuels.

Faut-il rappeler par exemple l’ode vibrante de Paul Claudel à la gloire du Maréchal ? Celle de Valéry, en 1944, qui, trouvant à peine ses mots pour dire « le sentiment de vénération et de reconnaissance » qui l’ étreint, conclut, à bout de souffle, que ce n’ est pas un poème mais un « marbre qu’il faudrait tailler » ?

20e - photo: Jouhandeau / d'autres romanciers anti-juifs: Tharaud, La Rochelle, Martin du Gard

Jules Gritti, Déraciner les racismes, SOS Ed. 1982

 

(p.204) “Le roman anti-juif dispose d’ auteurs prestigieux: Céline, les frères Tharaud, Drieu La Rochelle, Marcel Jouhandeau, Roger Martin du Gard.  Ces écrivains perpétuent, ravivent l’image de la laideur physique du juif.”

20e - Martin du Gard

20e - Céline, antisémite

Dans son pamphlet de 1937, “Bagatelles pour un massacre”, il réclamait le massacre de tous les Juifs.

Le premier livre de Céline fut reçu avec faveur par de nombreux intellectuels français…

20e - Paul Valéry

Lévy Bernard-Henry, L’idéologie française, éd. Grasset, 1981

La France aux Français

(p.47) On connaît mieux, en revanche, le renfort que, très tôt aussi, apportèrent un certain nombre d’intellectuels.

Faut-il rappeler par exemple l’ode vibrante de Paul Claudel à la gloire du Maréchal ? Celle de Valéry, en 1944, qui, trouvant à peine ses mots pour dire « le sentiment de vénération et de reconnaissance » qui l’ étreint, conclut, à bout de souffle, que ce n’ est pas un poème mais un « marbre qu’il faudrait tailler » ?

20e - De Gaulle

Une caution gaulliste pour Maurice Papon, LB 19/10/1995

 

A la Libération, au nom de l’unité nationale, De Gaulle avait absous les fonctionnaires de Vichy, a expliqué aux assises de Bordeaux Olivier Guichard.

“Tous les anciens Premiers ministres du général étaient dans la fonction publique de Vichy mais cela n’a pas paru extraordinaire.”  (notamment Pompidou, Michel Debré, Maurice Couve de Murville)

Raymond Barre ne s’était pas posé de questions sur l’ancien haut fonctionnaire de Vichy.

 

Joëlle Meskens, La France menait des essais chimiques au Sahara!, LS 23/10/1997

 

“ “Libération” reproduisait hier des documents d’archives concernant la nuit tragique du 17 octobre 1961.

Le journal affirme ainsi avoir mis la main sur une liste de 70 noms de ‘Français musulmans’ décédés lors de la manifestation interdite du FLN qui dégénéra en chasse à l’homme avec les policiers dans les rues de Paris.”

“Maurice Papon, à l’époque préfet de police, a admis au cours de son procès que la manifestation avait ‘sans doute fait plus de deux morts’.  Il persiste à dire qu’il s’agissait d’un règlement de comptes ‘entre Algériens’.”

 

Plaintes contre un essai nucléaire français à Mururoa, LB 11/05/1985

 

Et polémique au sujet d’ une explosion française en Algérie, en 1960

« Une polémique a éclaté entre la France et l’Algérie à la suite de la diffusion par celle-ci d’un documentaire accusant les Français d’avoir utilisé des « cobayes » algériens lors de leur premier essai nucléaire, le 1er avril 1960 à Reggane (Sahara), pour expérimenter les effets des radiations sur le corps humain.  Le documentaire reprenait des images d’ un film ouest-allemand de 1961, où l’ on montrait un déserteur allemand de la Légion étrangère expliquer comment il avait planté les pieux où furent attachés les « cobayes ». »  Paris a démenti.  Il s’agissait de mannequins (sic) à 2 km du lieu de l’ explosion.

 

Inoffensifs, les essais français?  pas si sûr, LB, 17/08/1995

 

Un rapport de chercheurs australiens et néo-zélandais évoque le risque d’ émissions radioactives.  “Les essais qui sont pratiqués entre 600 et 1200 mètres  de profondeur dans la roche volcanique, ont pour conséquence des fractures localisées de la roche qui entoure chaque tir”, notent les chercheurs.   Depuis 1966, poursuit le rapport, les quelque 180 tirs pratiqués sur les deux atolls ont provoqué des fissures, des glissements de terrain sous-marins et des fuites de substances radioactives dans les eaux des deux lagons.

 

L’ Australie dénonce l’ emportement de Chirac, LB, 12/09/1995

 

La Commission européenne souhaite toujours obtenir des données détaillées sur les risques de mouvements géologiques dus aux essais nucléaires souterrains de la France? “Jusqu’ à présent, les autorités françaises refusent de divulguer ces données, classées comme des informations confidentielles.”, ajoute la Commission dans un rapport publié lundi.  Et dans ces conditions, il est impossible de ‘confirmer’ les dires français selon lesquels il n’existe aucun risque d’une rupture importante et soudaine de la structure même de l’ atoll.

 

Des fissures à Mururoa: la preuve par l’ image?, VA, 12/10/1995

 

Le quotidien français ‘Ouest-France’ a publié mercredi une photo de ce qu’il présente comme une ‘fissure’ de l’ atoll de Mururoa prise en 1987-1988.   La fissure photographiée mesure 3 m de large sur plusieurs km de long.  Elle a été photographiée à Mururoa en 1987-1988.

Le journal ‘Le Monde’ avait fait état suivant une carte de l’atoll établie en 1980 par l’ armée française d’ importantes fissures qui auraient été comblées depuis.

 

Dans une mission à ARTE sur les tirs nucléaires français à Mururoa, on vit De Gaulle présent lors d’un des tirs.

Alors que les conditions météorologiques présentaient un danger trop grand de contamination en direction de Tahiti, le général De Gaulle, impatient, ordonna lui-même de procéder aux essais …

20e - Mitterrand

20e - Coluche

Claude Javeau, /prof. de sociologie à l’ULB,/ : l’attaque gratuite est inadmissible; LB 06/01/1999

 

Le soir du drame du Heysel, Coluche, sur TF1, affirme qu’il ne va pas pleurer sur 39 crétins morts, surtout qu’il y a 4 Belges parmi eux.

 

E.B., Pas le même foot …, DH 31/05/2005

 

Souvenir du drame du Heysel.

Après le match, Coluche fit cette réflexion sur Europe 1 : le foot, c’est un jeu de con, donc cela fait 30 cons en moins.

20e - Timsit

M.K., La justice invitée à fixer les limites du rire, LB 06/01/1999

 

L’humour de Patrick Timsit lui vaut les foudres des trisomiques.

Il avait dit à TF1 dans l’un de ses sketches: “(…) chez les mongoliens, c’est comme dans la crevette rose, tout est bon, sauf la tête.”

21e - Fogiel

« Laradioweb » <laradioweb@wanadoo.fr> a écrit dans le message de news:814d7385.0501251542.6a48a3ce@posting.google.com

 

Lettre à mes amis juifs et à tous ceux qui luttent contre
l’antisémitisme

Arnaud Lagardère patron de Paris Match a diffusé récemment un numéro spécial concernant la déportation dans les Camps de Concentration
d’Auschwitz. La démarche pouvait paraître honorable dans la volonté de
se souvenir de ceux qui sont morts sous la barbarie des nazis et
d’avoir une exigence de mémoire et de témoignage par rapport à ce
qu’ont vécu les juifs et toutes les autres catégories d’humains qui
ont été déportées. J’espère d’ailleurs que pour ce numéro, Arnaud
Lagardère et Paris Match ont eu la décence de reverser l’intégralité
des bénéfices de ce magazine à des associations défendant la mémoire
des déportés. Paris Match ne peut pas faire de l’argent en mettant en
couverture Simone Veil face à l’arrivée des trains vers les camps de
la mort. Maintenant, le choix de Simone Veil me paraissait très
crédible vu son passé douloureux  et son engagement pour condamner la
Shoah, elle a toute mon admiration et mon soutien pour le combat
qu’elle mène, mais je vois une perversion ou une maladresse, seul
Arnaud Lagardère et Paris Match sont face à leur responsabilité à ce
sujet. Il vient d’un concours de circonstance où en même temps que
cette date anniversaire, Simone Veil  s’est fait piéger en
apparaissant dans l’actualité comme étant l’investigatrice de la loi
sur l’avortement. Je ne me place pas selon un jugement pour ou contre
l’avortement, toujours est-il qu’un amalgame odieux et qui a été
reproduit dans certains médias pouvaient faire penser aux français,
notamment ceux qui sont contre l’IVG, que Simone Veil se plaçait comme la responsable d’un autre génocide, celui des enfants. Ne criez pas au scandale par rapport à mes propos, je pourrais démontrer que de
nombreux français sont arrivés à cette conclusion et c’est horrible.
C’est pourquoi je parle de subversion ou de maladresse journalistique
grave de la part d’Arnaud Lagardère et de Paris Match. Il y a aussi
l’indécence d’Arnaud Lagardère de proposer ce genre de couverture si
vous saviez qu’en même temps, je le testais lui et son entreprise en
dénonçant un antisémitisme sourd et dangereux dans les médias. Une de
ses employés jugeait ma lutte contre l’antisémitisme comme quelque
chose de pourri. Je peux pour ceux qui le souhaitent vous envoyer la
preuve par e-mail. J’avais demandé aussi à Martin Bouygues et Nicolas
Sarkozy de réagir à cet e-mail odieux, et ils ont vu cela avec un
mépris et une désinvolture des plus choquantes.

 

Tout cela parce que je mettais en cause l’antisémitisme de leur média, ou pour Sarkozy, parce qu’il estimait très certainement que puisque je m’attaquais aux médias dont il est ami, tout ce que je dénonçais ne représentait qu’un détail ne demandant pas de réagir. Il y avait de quoi être dans une colère monstre. Cela posait la question de la collaboration pour ce candidat souhaitant accéder au pouvoir suprême, et son exigence d’exprimer son indignation ou son soutien à ce que je dénonçais. Il n’y aurait eu, pour lui, comme risques, que de mettre en colère Arnaud Lagardère et Bouygues. Toute la question étant de savoir si Nicolas Sarkozy aurait été prêt à me répondre, dans la configuration particulière où il me connaît très bien, où il m’a fait dans le passé, en tant que ministre
de l’intérieur, en collaboration avec Georges Bush, interné en
psychiatrie  parce ce que je dénonçais notamment déjà l’antisémitisme
dans les médias. Il aurait dû mesurer et s’indigner avec moi du
dérapage antisémite d’une employée d’Arnaud Lagardère et des
reportages de TF1 quand ils parlent d’Israël et où ils présentent
toujours le juif comme le salop de l’histoire. Il faudrait que je
décode tout un sujet du journal télévisé de TF1 pour vous montrer
comment se fait la manipulation subtile des foules. Et en même temps,
l’on vous montrait sur France 3 un sujet où Arafat exhibait une
médaille lui étant donnée par le Général De Gaules. La confusion se
faisant chez le téléspectateur et plaçant le dirigeant palestinien
comme étant un résistant aux juifs devenant, par extension, les
nouveaux nazis de l’histoire.

 

Que ce soit de la maladresse ou de l’antisémitisme, cela aurait mérité des sanctions fortes contre les journalistes responsables de la diffusion de ces reportages. Il faut bien décoder les symboles, les signifiants et les conséquences sur le peuple quand on présente les actualités.  J’estime qu’un média doit dépasser le sensationnel des images et la facilité de la pensée pour plaire à une partie du peuple développant de plus en plus un
antisémitisme ayant des nuances que je pourrais vous expliquer tant je
les connais et comment je vois qu’elles peuvent aller des discours
résolument nazis à une forme de flegme antisémite aussi dangereux ou
une indifférence l’étant aussi. Lorsque les synagogues étaient
incendiées, les journalistes disaient qu’il s’agissait de jeunes
maghrébins qui souvent commettaient ces actes, mais tout cela était
modéré au niveau de la condamnation de ceux-ci par une gêne parce que
les nouveaux antisémites n’étaient pas des skinned fascisants
stéréotypés, mais des personnes issues de l’immigration et que tout
cela était placé dans des excuses d’une révolte par rapport au conflit
israélo-palestinien. Tout juste si les journalistes estimaient ces
actes normaux ou excusables, nous étions à la limite de cet indicible.
D’ailleurs, personne n’a posé la question, puisque ces jeunes de
banlieue sont nourris d’images télévisuelles de TF1, en quoi les
reportages diffusés par cette chaîne démontraient que j’ai raison
concernant une manipulation antisémite. Le résultat a été visible par
cette haine de certains arabes français contre les juifs.

 

Nous voyons aussi en même temps un antisémitisme très subversif avec Dieudonné que nous ne pouvons pas appeler un humoriste, et qui se faisait inviter dans l’émission de Marc-Olivier Fogiel pour répandre toute sa haine contre le peuple juif. Ce présentateur ne va pas me faire le coup de prétendre que tout cela était incontrôlé et hasardeux, dans le cynisme pour l’audience, et la désinvolture face à l’antisémitisme, il savait pertinemment que dans une émission en direct Dieudonné allait faire un scandale et qu’il aurait une tribune pour son message. Le côté le plus ignoble de certains médias par rapport à Dieudonné venant par une
forme de racisme inversé et qui sous-entend que sous prétexte que ce
prétendu amuseur est noir et plutôt de gauche, il peut se permettre de
dire tout ce que le Pen ne pourrait pas dire. Je veux dire par-là
qu’il est tellement facile de critiquer les dérapages de Le Pen, non
pas que je soutienne  évidemment ce qu’il dit, mais parce que c’est
politiquement correct, que de s’indigner avec la même force contre
Dieudonné et les présentateurs qui le reçoivent encore dans les
médias. J’aurais été patron de France 3, j’aurais immédiatement viré
Marc-Olivier Fogiel et le producteur de cette émission pour ce
scandale. Honte à ceux d’origine juif ou de confession juive qui pour
exister dans les médias sont passés dans le camp de la collaboration.
Ne vous vous êtes pas posé la question de savoir pourquoi pratiquement
aucun juif dans les médias ne fréquentaient une synagogue ou
s’éloignaient avec une forme de cynisme vers quelque chose d’innommable
?  Non, pensez-vous, on ne fait pas sauter Fogiel qui représente une
audience importante pour France 3 pour un détail comme
l’antisémitisme.

 

La question se posait aussi en ce qui concerne la
régression de l’humour Cauët auteur d’un jeu de mots sur les chambres
à gaz, qui a non seulement une émission radio, mais qui a eu une
promotion télévisuelle sur TF1, le terme de désinvolture antisémite
est juste concernant les médias. Pardon, il faut dire que Cauët s’est
rattrapé en invitant Jack Lang, cet homme politique fasciné par son
image médiatique comme Sarkozy aurait même passé sur une chaîne de
télé la plus odieuse pourvu qu’il se voit à l’écran et en ne
réfléchissant pas sur le fait que cette invitation de Cauët
représentait un piège énorme au cynisme et à une insulte plus grande
du peuple juif. Pour rester dans les horreurs médiatiques,  la
responsabilité des juifs dans les médias est énorme en terme de
collaboration, je redemande à Arthur solennellement de démissionner de
la radio Europe 2, suite au dérapage de cette employée d’Arnaud
Lagardère et parce que ce patron n’a pas daigné me présenter ses
excuses concernant la haine verbale de celle-ci, la cautionnant donc.
Ces gens se justifieront avec des grands mots destinés à la communauté
juive si elle s’adresse à eux, oui les mots, les grands mots, moi je
parle de test concret et d’un positionnement direct concernant mon
combat. Je ne me prend pas comme un moralisateur, je crois que j’ai
donné, ayant le type sémite et des origines juives m’ayant fait subir
l’antisémitisme durant mon enfance, la preuve que je sais de quoi je
parle, que  je prenais des risques, certes qui n’ont rien avoir avec
la grandeur des résistants, mais malgré la répression de Nicolas
Sarkozy et de Georges Bush dont je parlerai plus bas et en me menaçant
d’une manière très perverses, que je continuais mon combat d’une
manière encore plus déterminée et avec l’envie d’en finir avec
l’antisémitisme ou l’intolérance à tous les niveaux de la société. Mon
engagement sera concret et incontestable quand je réussirai en tant
que patron par de nombreux projets pour défendre les juifs et Israël.
Tenez-moi informer de ce que ces personnes incriminées diront pour
diminuer leur responsabilité, je compte bien contrer leurs arguments
inexcusables et les juifs doivent passer à l’action concrète et forte
pour réagir directement à cet antisémitisme et non plus le subir comme
une fatalité. Il faudrait des Malcom X ou des Martin Luter King juifs
en France ou dans le monde capables de dénoncer ce mal,  d’ailleurs
cela dépasserait l’antisémitisme en étant fédérateur d’une idée de
lutte contre l’intolérance et le racisme. 

 

J’arrête là, mais je pourrais vous démontrer par des centaines d’éléments qu’un antisémitisme subversif s’installe dans les médias. Juste un dernier
élément, j’ai pu le constater en étant candidat pour travailler dans
ces médias par tout un dispositif de déstabilisations m’étant
destinées dont nous avons réuni des preuves et induisant par beaucoup
de symboles antisémites utilisés et fédérés par eux que l’on cherchait
à faire échouer l’ami des juifs que je suis, avec le luxe du fait que
je n’ai pas cette confession. Arthur a aussi des témoignages très
précis à faire sur ce qu’il a vécu avant d’arriver à s’imposer, cela
était possible par beaucoup de renoncement par rapport à sa religion
juive.  Les patrons de médias acceptent  dans leurs télés et radios
les juifs quand ils jouent le plus souvent un rôle odieux ou
stéréotypé dont Serge Gainsbourg a bien démonté le mécanisme. Comme
quoi avec ma candidature, j’ai subi l’antisémitisme sans être juif, et
que dans le groupe Lagardère pour le père, Jean-Luc Lagardère, je me
plaçais comme, je le cite, un ennemi de l’Intelligence notamment pour
mon amitié pour Israël. C’est vrai, je n’avais qu’à appartenir à cette
mafia.  Je veux maintenant réussir pour un projet économique puissant
pour l’informatique, pour la création d’une banque et de nombreuses
entreprises et je vois aussi des blocages à mes grandes ambitions et à
mon potentiel illimité parce que j’exprime de trop mon amitié pour
Israël et que même aux Etats-Unis pour un Président s’estimant ami de
juifs, il le démontre d’ailleurs en donnant l’argent qu’il a hérité
par le travail des victimes des camps de concentration, il est
inconcevable qu’un sioniste ait un pouvoir économique de l’ampleur de
mon projet où je peux remplacer Bill Gates.

 

Si c’était la seule raison qui expliquait ce blocage, mais ne vous inquiétez pas je réussirai, tout est une question de temps et de me sacrifier un peu pour lutter contre certains maux de la société. Je reviens à Martin Bouygues et à TF1 qui ont choisi pour leur émission spéciale sur Auschwitz un documentaire certainement très touchant et ils diffuseront la
commémoration officielle. L’indécence vient de la communication de
cette chaîne qui présente ce programme comme un grand show sous la
houlette de Jean-Claude Narcy, le spécialiste au demeurant très bons
des événements heureux et malheureux, en disant : vous allez voir ce
que vous allez voir, nous avons tout un dispositif de journalistes
impressionnants sur le terrain !  Dans ce malaise que je ressens, j’ai
envi de leur demander s’ils auront aussi l’impudeur de donner le
nombre de caméras qui filmeront l’événement et si au niveau du concept
ce sera proche de Loft Story ? Aucune dignité pour la mémoire des
juifs. Autre horreur, je n’ai pas encore les programmes pour la date
de cet évènement, mais je vous demande de vérifier ce que TF1
programmera avant cette commémoration et après et s’il y aura de la
pub avant et après celle-ci pour du jambon et pour Coca Cola. En tant
que patron de médias, si déjà je souhaiterais honorer la mémoire des
victimes des camps de concentration et donner un sens à mon engagement
médiatique, j’aurais consacré non pas deux heures à cet événement,
mais le samedi et le dimanche, quand les téléspectateurs sont le plus
disponibles pour une succession d’émissions où intelligemment,
j’aurais diffusé des rétrospectives historiques pour d’abord raconter
la montée du nazisme en Allemagne.

 

J’aurai eu la bonne idée de diffuser la Résistible Ascension d’Arthur Uï de Brecht. J’aurais fait une émission de décodage sans complaisances d’allemands nazis pour comprendre comment ils ont adhéré à la politique du troisième Reich. J’aurais fait un programme pour comprendre comment les juifs allemands n’ont pas senti le danger venir et comment ils se plaçait d’un point de vue historique et pour démonter le mécanisme d’une opposition allemande qui restait passive face à la montée d’Hitler. J’aurais
diffusé, bien évidemment, un documentaire sur la progression des nazis
en Europe. J’aurais eu la pertinence de démonter tout le mécanisme de
la collaboration en France, de demander à des historiens de
déstabiliser l’idée comme quoi Pétain a évité le pire à la France et
pour bien comprendre comment un dispositif français administratif
favorisait la persécution des juifs avec des entreprises ayant une
énorme responsabilité comme la SNCF. Soit dit en passant, les employés
de la SNCF auraient pu avoir la pudeur d’être au moins discrets en
cette période de commémorations et de ne pas lancer un mouvement de
grèves. D’ailleurs, la communication de cette entreprise concernant la
seconde guerre mondiale est assez consternante pour ne pas réparer
financièrement dignement le mal fait aux déportés et reconnaître ses
erreurs dans le passé. J’aurais essayé d’analyser plus précisément le
mécanisme de la collaboration et les différentes nuances dans cette
capacité à trahir son pays.

 

J’aurais démontré dans un documentaire que pour l’Angleterre tout un peuple pouvait résister dès le départ aux allemands.  Je me serai intéressé au rôle de la famille Bush à l’époque en ayant le courage, même si je suis pro-américain, de dénoncer une passivité trop longue des Etats-Unis face à l’horreur nazie, alors que les politiques de l’époque savaient ce qu’il se
passait, tout en saluant la mémoire des militaires américains morts
pour nous libérer. J’aurais évidemment proposé des témoignages de
rescapés des camps de concentration dans une sobriété et une pudeur
face à ces victimes. J’aurais diffusé un reportage sur le camps de
concentration. J’aurais proposé le film de Spielberg la Liste de
Schindler.  J’aurais, avec des résistants, expliqué comment des
réseaux se sont formés, comment le dispositif se mettait en place pour
lutter contre le mal et pour honorer la mémoire de tous ceux qui se
sont battus pour la liberté. Mais en dehors de tout cet aspect
historique vital, j’aurais dénoncé, par une succession d’émissions,
d’une manière directe l’antisémitisme qui essaye de s’installer en
France et dans le monde d’une manière sournoise en demandant des
comptes aux personnes responsables de maladresses ou d’antisémitisme
subversif. J’aurais fait un reportage sur les mouvements néonazis pour
bien décoder d’une manière redoutable les raisons pour lesquelles des
jeunes éprouvent de la fascination pour Hitler. J’aurais aussi proposé
une étude très dérangeante pour montrer le niveau du nazisme
contemporain, ce dont je parlais au début de ce texte, et qui fait que
selon des degrés différents, l’antisémitisme peut prendre chez le
peuple des couleurs allant de l’extrême des néonazis, à des discours
plus indirects et aussi dangereux sur les juifs et cela par des
acteurs donnant des phrases que l’on pourrait entendre réellement chez
le peuple et pour contrer évidemment ces monstruosité de la pensée.
J’aurai interviewé des jeunes juifs pour leur demander comment ils
vivent avec la mémoire de ce passé lourd et comment ils voient la
construction pour le futur de l’Etat d’Israël. J’aurais fait une
rétrospective pour placer cette idée de la résistance comme étant une
valeur moderne et d’actualité en montrant des portraits dans
différentes luttes contre des erreurs idéologiques comme le
communisme, l’apartheid et comment des hommes se sont battus.
L’objectif étant que le peuple se sente actif et responsable au
présent pour lutter contre toutes les barbaries.

 

J’aurais demandé que l’on  pose des questions au peuple du monde entier pour savoir comment il se serait placé durant la seconde guerre mondiale en tant que résistant ou collaborateur avec des questions difficiles  sur le
courage et l’honneur.  J’aurais proposé, par le présentateur, aux
téléspectateurs, aux élèves, aux étudiants se sentant concernés,
d’envoyer à ma chaîne télé ou sur internet, un document tout simple où
ils s’engageraient à être des résistants et de faire preuve de courage
si un mal essayait de s’imposer dans leur pays, tous ces documents
étant diffusés sur le web et mis à la disposition des juifs pour les
utiliser comme ils le souhaiteraient. J’aurais demandé à un
compositeur juif de créer une symphonie à la mémoire des victimes des
camps de concentration et d’espoir pour le futur jouée en direct et
sobrement à Auschwitz, avec pour le symbole, des juifs et de non-juifs
qui se tiendraient la main pendant toute l’interprétation de cette
oeuvre  pour clôturer ces deux jours.  Il va de soit que je n’aurais
pas diffusé de la publicité durant cette période, mais que j’aurais
demandé à des marques qui auraient laissé normalement de la pub, de
consacrer cet argent pour faire un don à la communauté juive.  Tout
cela pour dire, et mes idées sont modestes et incomplètes, qu’il y
avait de quoi faire pour donner toute la solennité, le respect, la
 force à cet événement. Tous ces programmes donnant une succession de
DVD vendus au profit de la communauté juive et offert gratuitement à
tous les établissements scolaires pour que les professeurs alimentent
une réflexion avec les élèves de deux jours sur tous les sujets que
j’ai évoqué. Je demande encore une fois solennellement au ministre de
l’Éducation Nationale qu’il vote par l’Assemblée Nationale sous
l’initiative de Jean-Louis Debré,  une loi pour que dans tous les
établissements scolaires, avec l’aide de l’Etat pour financer les
voyages des élèves, une visite des camps de concentration soit
organisée et que deux jours soient consacrés à des thèmes aussi
importants que la lutte contre l’antisémitisme, contre le racisme,
contre toutes les formes de dictatures ou d’intégrismes et pour que
les élèves se placent dans un sentiment patriotique comme des
résistants dans le présent. Je crois que ce ne serait pas un luxe vu
le climat actuel. Comme je m’efface en faisant cette proposition, je
ne vois pas ce qui empêcherait les politiques français de voter cette
loi. Je demande à la communauté juive d’être  très attentive avec moi
pour voir si cela sera fait ou pas. Le combat a lieu au présent.

Emmanuel                       .          
laradioweb@wanadoo.fr

21e - Dieudonné

Dieudonné condamné, LB 27/05/2004

L’humoriste français a été condamné par le tribunal correctionnel d’Avignon à une peine d’amende de 5000 euros pour « propos racistes » et « injures raciales » visant les juifs, sur base d’un entretien paru dans le journal « Le Monde » en janvier.

J.M.M.F. , ¿Sufrieron los negros comos los judíos?, El País, 26/02/2005

El cómico francés Dieudonné : las recientes commemoraciones del Holocausto = « pornografía de la memoria »

Bernard Delattre, Dieudonné condamné, LB 12/03/2006

Pour incitation à la haine raciale. Un effet de l’affaire Ilan Halimi?
C’est une première. Le tri¬bunal correctionnel de Paris a condamné vendredi Dieudonné à 5000 euros d’amende pour des propos tenus en 2004, qui comparaient les juifs à des négriers. L’humo¬riste a été reconnu coupable d’in¬citation à la haine raciale. Habi¬tué des procédures judiciaires, il avait jusqu’à présent chaque fois été relaxé, en première ins¬tance ou en « appel. Jusqu’à ven¬dredi donc, ses diatribes sur le « lobby juif ou « la pornographie mémorielle » de la Shoah, tout comme son sketch télévisé met¬tant en scène un rabbin nazi, de¬meuraient impunis.
Cette fois, cependant, la jus¬tice a considéré qu’assimiler les juifs à des « négriers (ayant) fondé des empires et des fortu¬nes sur la traite des Noirs et l’es¬clavage (puis s’étant) reconvertis dans la banque, le spectacle et aujourd’hui l’action terroriste » revenait à désigner cette com¬munauté « à la vindicte » et à s’inspirer « directement de l’ima¬gerie antisémite ». A la barre, Dieudonné, s’était défendu d’avoir voulu assimiler juifs et négriers et avait assuré avoir fait référence, dans ses propos, au soutien « indéfectible » ap porté par Israël au gouverne¬ment d’apartheid en Afrique du Sud, « qui opprimait les Noirs ». Le parquet n’en avait pas moins réclamé que son recours à un « cliché antisémite » soit con¬damné.
Cliché antisémite : ces mêmes termes ont été utilisés pour ex¬pliquer la mort récente du jeune juif Ilan Halimi, enlevé car ses ravisseurs auraient supputé que sa communauté, à leurs yeux forcément fortunée, allait rapidement payer la rançon. Dieudonné avait d’ailleurs été cité dans cette affaire. Le porte-parole du PS avait évoqué « un effet Dieudonné » pour expli¬quer l’antisémitisme en France. Le président du Consistoire de Paris avait critiqué les relaxes successives de l’humoriste. Et le Bureau national de vigilance contre l’antisémitisme avait ap¬pelé à ce que soient condamnés « les propos déplacés de Dieu-donné, qui (…) incite à la haine anti-juifs : il ne faut pas laisser s’installer cette idée que le juif est un oppresseur raciste, car c’est de là que partent les erreurs et naissent les drames ».
Vendredi, SOS Racisme s’est félicité que cette condamnation « place Dieudonné dans son vrai camp: celui de la haine ». « C’est un point d’arrêt à cette démar¬che de provocation », a com¬menté l’avocat de l’Union des étudiants juifs de France : « Doré¬navant, il devra prendre garde à l’impact que peut avoir ce genre de déclarations sur des person¬nes vulnérables ». •

21e - Cauët

Arthur perd en justice, LB 19/11/2004

 

Il refusait d’officier sur la même antenne que Sébastien Cauët, à qui il reprochait un dérapage verbal, en 1995, sur le camp de concentration d’Auschwitz.

21e - Thomas Bouhail

(in: VA, 10/08/2016)