Ces VIP français racistes, jamais inquiétés...

Le racisme dans la politique et la culture françaises: une longue tradition: des hommes d’Etat, écrivains, philosophes, humoristes, présentateurs télé, … racistes et peu ou jamais inquiétés

Louis XIV, Napoléon, Mitterrand, Chirac, De Gaulle

les ¬ę Lumi√®res¬†¬Ľ (sauf Diderot)

Rousseau, Voltaire, Bossuet, Chateaubriand,

Taine, Renan 

Bernanos, Barrès, Péguy, Céline, Claudel, Jouhandeau, Martin du Gard, Valéry

Cau√ęt, Fogiel¬†; Coluche, Dieudonn√©, Timsit …

Louis XIV

 

Michel Taube, Tristan Mendès France, Emmanuel Maistre, Mémoire / L’article I du code noir contre Dieudonné …, LB 17/03/2005

 

IL EXISTE UN MOYEN TR√ąS SIMPLE DE CLOUER le bec √† tous les Dieudonn√© qui essaient de mettre en concurrence et d’opposer les porteurs de m√©¬≠moires des g√©nocides et autres crimes contre l’humanit√©. Il suf¬≠fit de relire l’article 1 du code noir par lequel, en 1685, Louis XIV, le pr√©tendu “Roi Soleil”, instaura l’esclavage dans le royaume de France.

Ce texte concerne, nous di¬≠rez-vous, les Noirs et autres in¬≠dig√®nes des colonies que la France allait conqu√©rir 1 Reli¬≠sons son article 1: “Voulons que l’√©dit du feu Roi de Glo¬≠rieuse M√©moire, notre tr√®s ho¬≠nor√© seigneur et p√®re,. du 23 avril 1615, soit ex√©cut√© dans nos √ģles; ce faisant, enjoignons √† tous nos officiers de chasser de nos dites √ģles tous les juifs qui y ont √©tabli leur r√©sidence, aux¬≠quels, comme aux ennemis d√©¬≠clar√©s du nom chr√©tien, nous commandons d’en sortir dans trois mois √† compter du jour de la publication des pr√©sentes, √† peine de confiscation de corps et de biens.”

L’acte m√™me de fondation de l’esclavage int√©gra donc les Juifs dans la communaut√© des exclus. Ce texte nous apprend ce que savent la majorit√© des Juifs: les victimes des horreurs criminel¬≠les de l’Occident furent, sont et seront toujours solidaires par le fait m√™me de leurs victimes et par respect mutuel entre elles.

 

Devons-nous rappeler qu’en 2004, l’une des institutions les plus engag√©es dans la comm√©moration du g√©nocide du Rwanda fut le Centre de docu¬≠mentation juive contemporaine¬†?

 

Le comportement de l’enrag√© Dieudonn√© pose √©galement pro¬≠bl√®me par les r√©f√©rences qu’il convoque √† tout-va dans son d√©¬≠lire croissant: il nous parle de Luther King alors que celui-ci di¬≠sait en 1968 “Lorsque les gens cridquent le sionisme, ils veu¬≠lent dire les Juifs. Il s’agit d’antis√©mitisme”. Il pr√©tend pr√©parer un film sur le code noir? Compte-t-il censurer l’article 1 dans son travail de r√©√©criture de l’histoire?

 

En cette ann√©e de comm√©moration des 60 ans de la lib√©ration des camps de la Shoah et de la fin de la Seconde Guerre mon¬≠diale, nous appelons √† un redou¬≠blement des efforts de partage des m√©moires et d’entraide en¬≠tre les victimes des crimes con¬≠tre l’humanit√© dont se rendit complice notre civilisation et au rejet vigilant des communauta¬≠ristes.

 

Nous le disons fi√®rement: nous sommes tous des Juifs noirs! L’article 1 du code noir nous le rappelle: celles et ceux qui, comme Dieudonn√©, ne se sen¬≠tent pas cette double attache n’ont rien compris √† l’histoire…

 

17e - Bossuet

P. Fabien Deleclos, Quand les catholiques ignorent l’Histoire, LB 13/04/2007

 

Bossuet qualifiait les juifs de ‚Äėpeuple monstrueux, devenu la fable et la haine du monde ‚Ķ¬†¬Ľ

 

17e РLes philosophe des Lumières

 

Hannah Arendt, Sur l’antisémitisme, Calmann-Lévy, 1973

 

(p.63) ‚ÄúDiderot, le seul des philosophes fran√ßais qui ne fut pas hostile aux Juifs (…)‚ÄĚ

 

(p.110) ‚ÄúL‚Äôantis√©mitisme fran√ßais, en outre, est plus ancien que ses homologues europ√©ens, de m√™me que l‚Äô√©mancipation des Juifs remonte en France √† la fin du 18e si√®cle.¬† Les hommes des Lumi√®res qui pr√©par√®rent la R√©volution fran√ßaise m√©prisaient tout naturellement les Juifs: ils voyaient en eux les survivants du Moyen Age, les odieux agents financiers de l‚Äôaristocratie.‚ÄĚ

 

 

18e - Jean-Jacques Rousseau

 

Gentile Emilio, La religion fasciste, éd. Perrin, 2002

 

(p.14) La conception de l’Etat comme √©ducateur du peuple par le biais du culte de la nation se d√©veloppa √† partir de cette id√©e de la patrie, en particulier avec la R√©volution fran√ßaise. Pour les patriotes fran√ßais, disciples de Rousseau, un Etat national sans religion n’ √©tait pas

concevable parce que ce n’ est que sur la foi religieuse qu’ils pouvaient fonder l’unit√© morale des citoyens et le d√©vouement de l’individu au bien commun.

 

L’Etat national, avait √©crit Rousseau, devait r√©unir ¬ę les deux t√™tes de l’aigle “, pouvoir politique et pouvoir religieux, en instaurant sa propre ¬ę religion civile ” pour ¬ę tout ramener √† l’unit√© politique, sans laquelle jamais Etat ni gouvernement ne sera bien constitu√© “. (in¬†: Du contrat social ou principes du droit politique, livre IV, chap. VIII ‚Äď ¬ę¬†De la religion civile¬†¬Ľ) Et le devoir fondamental de l’Etat √©tait donc de jouer le r√īle de gardien supr√™me de la morale et de la religion, √™tre avant tout un Etat √©ducateur ayant pour mission de restaurer (p.15) l’ unit√© du corps politique et de former des citoyens vertueux en leur inculquant, en plus des dogmes de la ¬ę religion civile “, le sens du devoir civique et de l’ ob√©issance envers l’Etat. L’Etat √©ducateur ¬ę doit donner aux √Ęmes la forme nationale, et diriger tellement leurs opinions et leurs go√Ľts, qu’elles soient patriotes par inclination, par passion, par n√©cessit√©. Un enfant, en ouvrant les yeux, doit voir la patrie, et jusqu’√† la mort ne doit plus voir qu’ elle. Tout vrai r√©publicain su√ßa avec le lait de sa m√®re l’ amour de sa patrie : c’ est-√†-dire, des lois et de la libert√©. Cet amour fait toute son existence; il ne voit que la patrie, il ne vit que pour elle; sit√īt qu’il est seul, il est nul; sit√īt qu’il n’ a plus de patrie, il n’ est plus ; et s’il n’ est pas mort, il est pis ¬Ľ. (in¬†: Consid√©rations sue le gouvern. de Pologne, et sur sa r√©formation rejet√©e ( 1772), chap. IV, par. 435-436)

 

Pour cela, Rousseau jugeait utile de remettre au go√Ľt du jour les usages des Grecs et des Romains en instituant des f√™tes collectives afin d’inculquer au peuple le sentiment de l’unit√© morale et de l’ amour absolu de la patrie.

 

La sacralisation de la nation, qui d√©buta en Europe avec la R√©volution fran√ßaise, pla√ßa les rapports entre la politique et la religion dans une nouvelle perspective, en conf√©rant un caract√®re religieux √† la politique et une mission √©ducatrice √† l’Etat. S’ouvrait alors une nouvelle √©poque de rivalit√© et de conflits entre les ¬ę religions civiles ¬Ľ et les religions traditionnelles. Cette rivalit√© impliqua tout particuli√®rement le mouvement national en Italie, o√Ļ la pr√©sence de l’Eglise catholique rendit la recherche d’une ¬ę religion de la patrie ¬Ľ sur laquelle fonder l’unit√© morale de la Troisi√®me Italie plus difficile et plus complexe. Le probl√®me de la religion civile obs√©da (p.16) tragiquement l’ esprit des patriotes italiens d√®s le d√©but du Risorgimento et resta, m√™me apr√®s l’unification, l’un des probl√®mes centraux de l’Etat national, influen√ßant en permanence, et parfois de fa√ßon d√©cisive, l’histoire italienne jusqu’√† la Seconde Guerre mondiale.

 

18e - Voltaire

 

Jules Gritti, Déraciner les racismes, SOS EDITIONS, 1982

 

(p.203) VOLTAIRE

 

“En France, Voltaire professe un antis√©mitisme inattendu en ironisant sur le dogmatisme version juive et sur les pratiques de la circoncision, en faisant sienne la vieille fable du meurtre rituel.”

 

http://www.contreculture.org/AG%20Voltaire.htmlVoltaire

“Mais qu’est-ce donc que Voltaire ? Voltaire, disons-le avec joie et tristesse, c’est l’esprit fran√ßais”.

(Victor Hugo. “Shakespeare”)


Il est commun de consid√©rer que l’antis√©mitisme moderne prend sa source dans le christianisme. Les chr√©tiens accusent le peuple juif d’√™tre responsable de la mort de J√©sus-Christ. Cet antis√©mitisme trouve √©videmment sa limite en lui-m√™me. Le christianisme est issu du juda√Įsme, et l’antis√©mitisme chr√©tien ne peut donc √™tre absolu. Sinon il se retournerait contre lui-m√™me.
A propos de la Shoah, certains auteurs ont d’ailleurs montr√© que l’antis√©mitisme nazi est d’une autre nature que l’antis√©mitisme europ√©en traditionnel. L√©on Poliakoff a point√© l’origine de l’antis√©mitisme nazi dans la philosophie des Lumi√®res.

Le racisme des Lumières

Le texte le plus √©clairant √† ce sujet est l’Essai sur les MŇďurs et l’esprit des Nations, de Voltaire (1756). Par rapport au Trait√© sur la Tol√©rance qui est un texte tr√®s court, cet ouvrage est monumental. Il occupe des centaines de pages, ce qui r√©v√®le son importance dans la pens√©e, dans l’Ňďuvre et dans les pr√©occupations du philosophe.

La th√®se centrale de Voltaire est la perversit√© de la religion chr√©tienne √† travers l’histoire, et plus particuli√®rement du catholicisme. Cette th√®se passe par plusieurs d√©monstrations, mais en particulier les deux suivantes :

1 – L’enseignement chr√©tien est fond√© sur des erreurs. Ainsi, l’id√©e que tous les hommes sont issus d’un m√™me p√®re et d’une m√™me m√®re, Adam et Eve, est fausse. Les races humaines n’ont rien √† voir entre elles. Elles ont des origines diff√©rentes.
2 – La religion chr√©tienne est mauvaise d√®s le d√©part. En effet, elle prolonge la religion juive, qui est celle d’une nation odieuse et ennemie du genre humain. La religion chr√©tienne a h√©rit√© des tares du juda√Įsme.

 

L’adh√©sion au christianisme fixait les limites de l’antis√©mitisme, et la th√©orie de l’anc√™tre commun fixait les limites du racisme. Voltaire brise les limites, et donne √† la x√©nophobie une puissance nouvelle, se revendiquant de la Raison.
Pressentant n√©anmoins la catastrophe √† laquelle pouvait mener une telle logique, Voltaire √©laborera l’antidote sept ans plus tard, dans son Trait√© sur la Tol√©rance, sans revenir r√©ellement sur sa haine du catholicisme et du juda√Įsme. De toutes fa√ßons le mal √©tait fait. Il s’√©panouira dans le totalitarisme du XX√®me si√®cle et se prolonge aujourd’hui.

 

Plut√īt que de commenter l’Essai sur les MŇďurs, je conseille √† chacun de lire l’ouvrage. Il n’est pas facile √† trouver, sauf dans des versions expurg√©es, les √©diteurs rectifiant sans scrupule les √©crits d’un personnage embl√©matique de la culture fran√ßaise. M√™me la biblioth√®que nationale fran√ßaise publie, sur Internet, une version expurg√©e de l’Essai sur les mŇďurs (site bnf.gallica.fr). Si l’on veut √©chapper √† ceux qui recomposent le pass√©, il faut chercher des √©ditions anciennes dans les biblioth√®ques, chez les bouquinistes ou sur les sites d’ench√®res.

Les quelques citations ci-dessous donnent une id√©e de la violence et de la conviction du propos. Des consid√©rations du m√™me calibre √©maillent l’ouvrage par centaines. Celles qui sont livr√©es ici sont extraites de l’√©dition de 1805 (Imprimerie Didot). Pour ceux qui souhaitent effectuer des v√©rifications, j’ai indiqu√© le tome et la page. J’ai conserv√© l’orthographe et la ponctuation de l’√©dition.

 

A propos des races humaines :

Des diff√©rentes races d’hommes

Ce qui est plus int√©ressant pour nous, c’est la diff√©rence sensible des esp√®ces d’hommes qui peuplent les quatre parties connues de notre monde.

Il n’est permis qu’√† un aveugle de douter que les blancs, les n√®gres, les Albinos, les Hottentots, les Lappons, les Chinois, les Am√©ricains soient des races enti√®rement diff√©rentes.

Il n’y a point de voyageur instruit qui, en passant par Leyde, n’ait vu une partie du reticulum mucosum d’un N√®gre diss√©qu√© par le c√©l√®bre Ruysch. Tout le reste de cette membrane fut transport√© par Pierre-le-Grand dans le cabinet des raret√©s, √† Petersbourg. Cette membrane est noire, et c’est elle qui communique aux N√®gres cette noirceur inh√©rente qu’ils ne perdent que dans les maladies qui peuvent d√©chirer ce tissu, et permettre √† la graisse, √©chapp√©e de ses cellules, de faire des t√Ęches blanches sous la peau.

Leurs yeux ronds, leur nez √©pat√©, leurs l√®vres toujours grosses, leurs oreilles diff√©remment figur√©es, la laine de leur t√™te, la mesure m√™me de leur intelligence, mettent entre eux et les autres esp√®ces d’hommes des diff√©rences prodigieuses. Et ce qui d√©montre qu’ils ne doivent point cette diff√©rence √† leur climat, c’est que des n√®gres et des n√©gresses transport√©s dans les pays les plus froids y produisent toujours des animaux de leur esp√®ce, et que les mul√Ętres ne sont qu’une race b√Ętarde d’un noir et d’une blanche, ou d’un blanc et d’une noire.

Les Albinos sont, √† la v√©rit√©, une nation tr√®s petite et tr√®s rare ; ils habitent au milieu de l’Afrique : leur faiblesse ne leur permet gu√®re de s’√©carter des cavernes o√Ļ ils demeurent ; Cependant les N√®gres en attrapent quelquefois, et nous les achetons d’eux par curiosit√©. Pr√©tendre que ce sont des N√®gres nains, dont une esp√®ce de l√®pre a blanchi la peau, c’est comme si l’on disait que les noirs eux-m√™mes sont des blancs que la l√®pre a noircis. Un Albinos ne ressemble pas plus √† un N√®gre de Guin√©e qu’√† un Anglais ou √† un Espagnol. Leur blancheur n’est pas la n√ītre : rien d’incarnat, nul m√©lange de blanc et de brun ; c’est une couleur de linge ou plut√īt de cire blanchie ; leurs cheveux, leurs sourcils, sont de la plus belle et de la plus douce soie ; leurs yeux ne ressemblent en rien √† ceux des autres hommes, mais ils approchent beaucoup des yeux de perdrix. Ils ressemblent aux Lappons par la taille, √† aucune nation par la t√™te, puisqu’ils ont une autre chevelure, d’autres yeux, d’autres oreilles; et ils n’ont d’homme que la stature du corps, avec la facult√© de la parole et de la pens√©e dans un degr√© tr√®s √©loign√© du n√ītre. Tels sont ceux que j’ai vus et examin√©s. “

(Tome 1, pages 6 à 8)

“Les Samo√Į√®des, les Lappons, les habitants du nord de la Sib√©rie, ceux du Kamshatka, sont encore moins avanc√©s que les peuples de l’Am√©rique. La plupart des N√®gres, tous les Cafres, sont plong√©s dans la m√™me stupidit√©, et y croupiront longtemps.”

(Tome 1, page 11)

 

“La m√™me providence qui a produit l’√©l√©phant, le rhinoc√©ros et les N√®gres, a fait na√ģtre dans un autre monde des orignaux, des condors, des animaux a qui on a cru longtemps le nombril sur le dos, et des hommes d’un caract√®re qui n’est pas le notre.”

(Tome 1, page 38)

 

” Les blancs et les n√®gres, et les rouges, et les Lappons, et les Samo√Į√®des, et les Albinos, ne viennent certainement pas du m√™me sol. La diff√©rence entre toutes ces esp√®ces est aussi marqu√©e qu’entre un l√©vrier et un barbet.”

(Tome2, page 49)


A propos des Juifs :

“Si nous lisions l’histoire des Juifs √©crite par un auteur d’une autre nation, nous aurions peine √† croire qu’il y ait eu en effet un peuple fugitif d’Egypte qui soit venu par ordre expr√®s de Dieu immoler sept ou huit petites nations qu’il ne connaissait pas ; √©gorger sans mis√©ricorde les femmes, les vieillards et les enfants √† la mamelle, et ne r√©server que les petites filles ; que ce peuple saint ait √©t√© puni de son Dieu quand il avait √©t√© assez criminel pour √©pargner un seul homme d√©vou√© √† l’anath√®me. Nous ne croirions pas qu’un peuple si abominable (les Juifs) eut pu exister sur la terre. Mais comme cette nation elle-m√™me nous rapporte tous ses faits dans ses livres saints, il faut la croire.”

(Tome 1, page 158-159)

¬†“Toujours superstitieuse, toujours avide du bien d’autrui, toujours barbare, rampante dans le malheur, et insolente dans la prosp√©rit√©, voil√† ce que furent les Juifs aux yeux des Grecs et des Romains qui purent lire leurs livres.”

(Tome 1, page 186)

“Si Dieu avait exauc√© toutes les pri√®res de son peuple, il ne serait rest√©s que des Juifs sur la terre ; car ils d√©testaient toutes les nations, ils en √©taient d√©test√©s ; et, en demandant sans cesse que Dieu extermin√Ęt tous ceux qu’ils ha√Įssaient, ils semblaient demander la ruine de la terre enti√®re.”

(Tome 1, page 197)

 

N’est-il pas clair (humainement parlant, en ne consid√©rant que les causes secondes) que si les Juifs, qui esp√©raient la conqu√™te du monde, ont √©t√© presque toujours asservis, ce fut leur faute ? Et si les Romains domin√®rent, ne le m√©rit√®rent-ils pas par leur courage et par leur prudence ? Je demande tr√®s humblement pardon aux Romains de les comparer un moment avec les Juifs.”

(Tome 1, page 226)

 

“Si ces Isma√©lites [les Arabes] ressemblaient aux Juifs par l’enthousiasme et la soif du pillage, ils √©taient prodigieusement sup√©rieurs par le courage, par la grandeur d’√Ęme, par la magnanimit√© : leur histoire, ou vraie ou fabuleuse, avant Mahomet, est remplie d’exemples d’amiti√©, tels que la Gr√®ce en inventa dans les fables de Pilade et d’Oreste, de Th√©s√©e et de Pirithous. L’histoire des Barm√©cides n’est qu’une suite de g√©n√©rosit√©s inou√Įes qui √©l√®vent l’√Ęme. Ces traits caract√©risent une nation.

On ne voit au contraire, dans toutes les annales du peuple h√©breu, aucune action g√©n√©reuse. Ils ne connaissent ni l’hospitalit√©, ni la lib√©ralit√©, ni la cl√©mence. Leur souverain bonheur est d’exercer l’usure avec les √©trangers ; et cet esprit d’usure, principe de toute l√Ęchet√©, est tellement enracin√©e dans leurs coeurs, que c’est l’objet continuel des figures qu’ils emploient dans l’esp√®ce d’√©loquence qui leur est propre. Leur gloire est de mettre √† feu et √† sang les petits villages dont ils peuvent s’emparer. Ils √©gorgent les vieillards et les enfants ; ils ne r√©servent que les filles nubiles ; ils assassinent leurs ma√ģtres quand ils sont esclaves ;ils ne savent jamais pardonner quand ils sont vainqueurs : ils sont ennemis du genre humain. Nulle politesse, nulle science, nul art perfectionn√© dans aucun temps, chez cette nation atroce.”

(Tome 2, page 83)

 

” Lorsque, vers la fin du quinzi√®me si√®cle, on voulut rechercher la source de la mis√®re espagnole, on trouva que les Juifs avaient attir√© √† eux tout l’argent du pays par le commerce et par l’usure. On comptait en Espagne plus de cent cinquante mille hommes de cette nation √©trang√®re si odieuse et si n√©cessaire. (…)

Les Juifs seuls sont en horreur √† tous les peuples chez lesquels ils sont admis (…).

On feignait de s’alarmer que la vanit√© que tiraient les Juifs d’√™tre √©tablis sur les c√ītes m√©ridionales de ce royaume long-temps avant les chr√©tiens : il est vrai qu’ils avaient pass√© en Andalousie de temps imm√©morial ; ils enveloppaient cette v√©rit√© de fables ridicules, telles qu’en a toujours d√©bit√© ce peuple, chez qui les gens de bon sens ne s’appliquent qu’au n√©goce, et o√Ļ le rabbinisme est abandonn√© √† ceux qui ne peuvent mieux faire. Les rabbins espagnols avaient beaucoup √©crit pour prouver qu’une colonie de Juifs avait fleuri sur les c√ītes du temps de Salomon, et que l’ancienne B√©tique payait un tribut √† ce troisi√®me roi de Palestine ; il est tr√®s vraisemblable que les Ph√©niciens, en d√©couvrant l’Andalousie, et en y fondant des colonies, y avaient √©tabli des Juifs qui servirent de courtiers, comme ils en ont servi partout ; mais de tout temps les Juifs ont d√©figur√© la v√©rit√© par des fables absurdes. Ils mirent en Ňďuvre de fausses m√©dailles, de fausses inscriptions ; cette esp√®ce de fourberie, jointe aux autres plus essentielles qu’on leur reprochait, ne contribua pas peu √† leur disgr√Ęce.”

(Tome 5, page 74-76)

 

” Ils ont m√™me √©t√© sur le point d’obtenir le droit de bourgeoisie en Angleterre vers l’an 1750 et l’acte du parlement allait d√©j√† passer en leur faveur. Mais enfin le cri de la nation, et l’exc√®s du ridicule jet√© sur cette entreprise la fit √©chouer. Il courut cent pasquinades repr√©sentant mylord Aaron et mylord Judas s√©ants dans la chambre des pairs. On rit, et les Juifs se content√®rent d’√™tre riches et libres ; (…)
Vous √™tes frapp√©s de cette haine et de ce m√©pris que toutes les nations ont toujours eus pour les Juifs. C’est la suite in√©vitable de leur l√©gislation : Il fallait, ou qu’ils subjugassent tout, ou qu’ils fussent √©cras√©s. Il leur fut ordonn√© d’avoir les nations en horreur, et de se croire souill√©s s’ils avaient mang√© dans un plat qui e√Ľt appartenu √† un homme d’une autre loi. Ils appelaient les nations vingt √† trente bourgades leurs voisines qu’ils voulaient exterminer, et ils crurent qu’il fallait n’avoir rien de commun avec elles. Quand leurs yeux furent un peu ouverts par d’autre nations victorieuses qui leur apprirent que le monde √©tait plus grand qu’ils ne croyaient, ils se trouv√®rent, par leur loi m√™me, ennemis naturels de ces nations, et enfin du genre humain. Leur politique absurde subsista quand elle devait changer ; leur superstition augmenta avec leurs malheurs : leurs vainqueurs √©taient incirconcis ; il ne parut pas plus permis √† un Juif de manger dans un plat qui avait servi √† un Romain que dans le plat d’un Amorrh√©en ; ils gard√®rent tous leurs usages, qui sont pr√©cis√©ment le contraire des usages sociables. Ils furent donc avec raison trait√©s comme une nation oppos√©e en tout aux autres ; les servant par avarice, les d√©testant par fanatisme, se faisant de l’usure un devoir sacr√©. Et ce sont nos p√®res ! “

(Tome5, page 82-83)

 

 


A propos des Tziganes :

” Il y avait alors une petite nation, aussi vagabonde, aussi m√©pris√©e que les Juifs, et adonn√©e √† une autre esp√®ce de rapine ; c’√©tait un ramas de gens inconnus, qu’on nommait Boh√®mes en France, et ailleurs Egyptiens, Giptes ou Gipsis, ou Syriens (…). Cette race a commenc√© √† dispara√ģtre de la face de la terre depuis que, dans nos derniers temps, les hommes ont √©t√© d√©sinfatu√©s des sortil√®ges, des talismans, des pr√©dictions et des possessions.”

(Tome 5, page 83-84)

A propos de l’esclavage ; Voltaire homme d’affaires

 

Tous les √©l√®ves fran√ßais du secondaire sont persuad√©s que Voltaire √©tait antiesclavagiste, et on leur fait lire sa compassion pour l’esclave du Surinam. Notre philosophe est un bel hypocrite : il a en effet sp√©cul√© en association avec les armateurs nantais, et avec la compagnie des Indes, dans les op√©rations de traite des esclaves (par exemple dans l’armement du bateau n√©grier Le Congo). Dans la citation ci-apr√®s, il est plus sinc√®re ; il d√©fend ses int√©r√™ts.

 

” Nous n’achetons des esclaves domestiques que chez les N√®gres ; on nous reproche ce commerce. Un peuple qui trafique de ses enfants est encore plus condamnable que l’acheteur.
Ce n√©goce d√©montre notre sup√©riorit√© ; celui qui se donne un ma√ģtre √©tait n√© pour en avoir.”

(tome 8, page 187)

 

Lettre √† Michaud de Nantes, son associ√© dans l’armement du Congo (Cit√© par C√©sar Cantu, Histoire universelle, 3√®me √©dition, Tome XIII, p 148. Accessible sur Google books)
“Je me f√©licite avec vous de l’heureux succ√®s du navire le Congo, arriv√© si √† propos sur la c√īte d’Afrique pour soustraire √† la mort tant de malheureux n√®gres… Je me r√©jouis d’avoir fait une bonne affaire en m√™me temps qu’une bonne action.”

“Il y a une trag√©die anglaise qui commence par ces mots : mets de l’argent dans ta poche et moque-toi du reste. Cel√† n’est pas tragique, mais cel√† est fort sens√©” (lettre de Voltaire au P. de Menoux, 11 juillet 1960).

Voltaire a sp√©cul√© pendant toute sa vie, ce qui explique son immense fortune. Pour se faire une id√©e de son app√©tit pour l’argent et les manoeuvres financi√®res, des pr√™ts qu’il consentait √† des taux exhorbitants, en dehors de toute √©thique, le livre M√©nage et finances de Voltaire (1854), de Louis Nicolardot est tr√®s √©clairant. L’ouvrage est t√©l√©chargeable sur Google-books.

Le racisme : un thème récurrent chez Voltaire

En 1734, vingt-deux ans avant l’Essai sur les moeurs, Voltaire publie le Trait√© de M√©taphysique. La th√®se de l’origine diff√©rente et de l’in√©galit√© des races humaines est d√©j√† pr√©sente, dans toute sa nudit√© et toute sa violence.

Descendu sur ce petit amas de boue, et n’ayant pas plus de notion de l’homme que l’homme n’en a des habitants de Mars ou de Jupiter, je d√©barque vers les c√ītes de l’Oc√©an, dans le pays de la Cafrerie, et d’abord je me mets √† chercher un homme. Je vois des singes, des √©l√©phants, des n√®gres, qui semblent tous avoir quelque lueur d’une raison imparfaite. Les uns et les autres ont un langage que je n’entends point, et toutes leurs actions paraissent se rapporter √©galement √† une certaine fin. Si je jugeais des choses par le premier effet qu’elles font sur moi, j’aurais du penchant √† croire d’abord que de tous ces √™tres c’est l’√©l√©phant qui est l’animal raisonnable. Mais, pour ne rien d√©cider trop l√©g√®rement, je prends des petits de ces diff√©rentes b√™tes; j’examine un enfant n√®gre de six mois, un petit √©l√©phant, un petit singe, un petit lion, un petit chien: je vois, √† n’en pouvoir douter, que ces jeunes animaux ont incomparablement plus de force et d’adresse; qu’ils ont plus d’id√©es, plus de passions, plus de m√©moire, que le petit n√®gre; qu’ils expriment bien plus sensiblement tous leurs d√©sirs; mais, au bout de quelque temps, le petit n√®gre a tout autant d’id√©es qu’eux tous. Je m’aper√ßois m√™me que ces animaux n√®gres ont entre eux un langage bien mieux articul√© encore, et bien plus variable que celui des autres b√™tes. J’ai eu le temps d’apprendre ce langage, et enfin, √† force de consid√©rer le petit degr√© de sup√©riorit√© qu’ils ont √† la longue sur les singes et sur les √©l√©phants, j’ai hasard√© de juger qu’en effet c’est l√† l’homme; et je me suis fait √† moi-m√™me cette d√©finition:

L’homme est un animal noir qui a de la laine sur la t√™te, marchant sur deux pattes, presque aussi adroit qu’un singe, moins fort que les autres animaux de sa taille, ayant un peu plus d’id√©es qu’eux, et plus de facilit√© pour les exprimer; sujet d’ailleurs √† toutes les m√™mes n√©cessit√©s; naissant, vivant, et mourant tout comme eux.

Apr√®s avoir pass√© quelque temps parmi cette esp√®ce, je passe dans les r√©gions maritimes des Indes orientales. Je suis surpris de ce que je vois: les √©l√©phants, les lions, les singes, les perroquets, n’y sont pas tout √† fait les m√™mes que dans la Cafrerie, mais l’homme y para√ģt absolument diff√©rent; ils sont d’un beau jaune, n’ont point de laine; leur t√™te est couverte de grands crins noirs. Ils paraissent avoir sur toutes les choses des id√©es contraires √† celles des n√®gres. Je suis donc forc√© de changer ma d√©finition et de ranger la nature humaine sous deux esp√®ces la jaune avec des crins, et la noire avec de la laine.

Mais √† Batavia, Goa, et Surate, qui sont les rendez-vous de toutes les nations, je vois un grande multitude d’Europ√©ens, qui sont blancs et qui n’ont ni crins ni laine, mais des cheveux blonds fort d√©li√©s avec de la barbe au menton., On m’y montre aussi beaucoup d’Am√©ricains qui n’ont point de barbe: voil√† ma d√©finition et mes esp√®ces d’hommes bien augment√©es.

Je rencontre √† Goa une esp√®ce encore plus singuli√®re que toutes celles-ci: c’est un homme v√™tu d’une longue soutane noire, et qui se dit fait pour instruire les autres. Tous ces diff√©rents hommes, me dit-il, que vous voyez sont tous n√©s d’un m√™me p√®re; et de l√† il me conte une longue histoire. Mais ce que me dit cet animal me para√ģt fort suspect. Je m’informe si un n√®gre et une n√©gresse, √† la laine noire et au nez √©pat√©, font quelquefois des enfants blancs, portant cheveux blonds, et ayant un nez aquilin et des yeux bleus; si des nations sans barbe sont sorties des peuples barbus, et si les blancs et les blanches n’ont jamais produit des peuples jaunes. On me r√©pond que non; que les n√®gres transplant√©s, par exemple en Allemagne, ne font que des n√®gres, √† moins que les Allemands ne se chargent de changer l’esp√®ce, et ainsi du reste. On m’ajoute que jamais homme un peu instruit n’a avanc√© que les esp√®ces non m√©lang√©es d√©g√©n√©rassent, et qu’il n’y a gu√®re que l’abb√© Dubos qui ait dit cette sottise dans un livre intitul√© R√©flexions sur la peinture et sur la po√©sie, etc.

Il me semble alors que je suis assez bien fond√© √† croire qu’il en est des hommes comme des arbres; que les poiriers, les sapins, les ch√™nes et les abricotiers, ne viennent point d’un m√™me arbre, et que les blancs barbus, les n√®gres portant laine, les jaunes portant crins, et les hommes sans barbe, ne viennent pas du m√™me homme.(…)

Je me suppose donc arriv√© en Afrique, et entour√© de n√®gres, de Hottentots, et d’autres animaux. Je remarque d’abord que les organes de la vie sont les m√™mes chez eux tous; les op√©rations de leurs corps partent toutes des m√™mes principes de vie; ils ont tous √† mes yeux m√™mes d√©sirs, m√™mes passions, m√™mes besoins; ils les expriment tous, chacun dans leurs langues. La langue que j’entends la premi√®re est celle des animaux, cela ne peut √™tre autrement; les sons par lesquels ils s’expriment ne semblent point arbitraires, ce sont des caract√®res vivants de leurs passions; ces signes portent l’empreinte de ce qu’ils expriment: le cri d’un chien qui demande √† manger, joint √† toutes ses attitudes, a une relation sensible √† son objet; je le distingue incontinent des cris et des mouvements par lesquels il flatte un autre animal, de ceux avec lesquels il chasse, et de ceux par lesquels il se plaint; je discerne encore si sa plainte exprime l’anxi√©t√© de la solitude, ou la douleur d’une blessure, ou les impatiences de l’amour. Ainsi, avec un peu d’attention, j’entends le langage de tous les animaux ; ils n’ont aucun sentiment qu’ils n’expriment : peut-√™tre n’en est-il pas de m√™me de leurs id√©es ; mais comme il para√ģt que la nature ne leur a donn√© que peu d’id√©es, il me semble aussi qu’il √©tait naturel qu’ils eussent un langage born√©, proportionn√© √† leurs perceptions.

Que rencontr√©-je de diff√©rent dans les animaux n√®gres? Que puis-je y voir, sinon quelques id√©es et quelques combinaisons de plus dans leur t√™te, exprim√©es par un langage diff√©remment articul√©? Plus j’examine tous ces √™tres, plus je dois soup√ßonner que ce sont des esp√®ces diff√©rentes d’un m√™me genre. Cette admirable facult√© de retenir des id√©es leur est commune √† tous ; ils ont tous des songes et des images faibles, pendant le sommeil, des id√©es qu’ils ont re√ßues en veillant ; leur facult√© sentante et pensante cro√ģt avec leurs organes, et s’affaiblit avec eux, p√©rit avec eux. Que l’on verse le sang d’un singe et d’un n√®gre, il y aura bient√īt dans l’un et dans l’autre un degr√© d’√©puisement qui les mettra hors d’√©tat de me reconna√ģtre ; bient√īt apr√®s leurs sens ext√©rieurs n’agissent plus, et enfin ils meurent. (…)

Enfin je vois des hommes qui me paraissent sup√©rieurs √† ces n√®gres, comme ces n√®gres le sont aux singes, et comme les singes le sont aux hu√ģtres et aux autres animaux de cette esp√®ce.


Dix ans apr√®s le Trait√© de M√©taphysique, et douze ans avant l’Essai sur les moeurs, Voltaire publie sa Relation touchant un Maure blanc amen√© d’Afrique √† Paris en 1744.
Voici la partie la plus int√©ressante de ce texte. L’observation voltairienne que la diff√©rence entre les races humaines est “aussi profonde que la diff√©rence entre un l√©vrier et un barbet” se retrouvera dans l’Essai sur les moeurs. Voltaire devait trouver cette comparaison suffisamment puissante, ou piquante, pour qu’il se donne la peine de la r√©p√©ter.

“J’ai vu, il n’y a pas longtemps, √† Paris un petit animal blanc comme du lait, avec un muffle taill√© comme celui des Lapons, ayant, comme les n√®gres, de la laine fris√©e sur la t√™te, mais une laine beaucoup plus fine, et qui est de la blancheur la plus √©clatante; ses cils et ses sourcils sont de cette m√™me laine, mais non fris√©e; ses paupi√®res, d’une longueur qui ne leur permet pas en s’√©levant de d√©couvrir toute l’orbite de l’oeil, lequel est un rond parfait.(…).
Cet animal s’appelle un homme, parce qu’il a le don de la parole, de la m√©moire, un peu de ce qu’on appelle raison, et une esp√®ce de visage.
La race de ces hommes habite au milieu de l’Afrique: les Espagnols les appellent Albinos (…). Cette esp√®ce est m√©pris√©e des n√®gres, plus que les n√®gres ne le sont de nous.
Voici enfin une nouvelle richesse de la nature, une esp√®ce qui ne ressemble pas tant √† la n√ītre que les barbets aux l√©vriers. Il y a encore probablement quelque autre esp√®ce vers les terres australes. Voil√† le genre humain plus favoris√© qu’on n’a cru d’abord. Il e√Ľt √©t√© bien triste qu’il y e√Ľt tant d’esp√®ces de singes, et une seule d’hommes. C’est seulement grand dommage qu’un animal aussi parfait soit si peu diversifi√©, et que nous ne comptions encore que cinq ou six esp√®ces absolument diff√©rentes, tandis qu’il y a parmi les chiens une diversit√© si belle.

 

Le Dictionnaire philosophique (1769)

L’obsession antis√©mite de Voltaire ne s’endort jamais.
Dans son Dictionnaire philosophique, il revient r√©guli√®rement sur la question des Juifs, m√™me quand il n’existe aucun lien avec la philosophie ou avec le titre de l’article.

 

 

Article “Abraham” :
“Il est √©vident que tous les royaumes de l‚ÄôAsie √©taient tr√®s florissants avant que la horde vagabonde des Arabes appel√©s Juifs poss√©d√Ęt un petit coin de terre en propre, avant qu‚Äôelle e√Ľt une ville, des lois et une religion fixe. Lors donc qu‚Äôon voit un rite, une ancienne opinion √©tablie en √Čgypte ou en Asie, et chez les Juifs, il est bien naturel de penser que le petit peuple nouveau, ignorant, grossier, toujours priv√© des arts, a copi√©, comme il a pu, la nation antique, florissante et industrieuse.”

Article “Anthropophage” :
“Pourquoi les Juifs n‚Äôauraient-ils pas √©t√© anthropophages ? C‚Äôe√Ľt √©t√© la seule chose qui e√Ľt manqu√© au peuple de Dieu pour √™tre le plus abominable peuple de la terre.”

Article ¬ęJuifs¬Ľ :
“Vous ne trouverez en eux qu‚Äôun peuple ignorant et barbare, qui joint depuis longtemps la plus sordide avarice √† la plus d√©testable superstition et √† la plus invincible haine pour tous les peuples qui les tol√®rent et qui les enrichissent. Il ne faut pourtant pas les br√Ľler.”

Article ¬ęJob¬Ľ :
“Leur profession fut le brigandage et le courtage ; ils ne furent √©crivains que par hasard.”

Article ¬ęTol√©rance¬Ľ :
“Le peuple juif √©tait, je l‚Äôavoue, un peuple bien barbare. Il √©gorgeait sans piti√© tous les habitants d‚Äôun malheureux petit pays sur lequel il n‚Äôavait pas plus de droit qu‚Äôil n‚Äôen a sur Paris et sur Londres.”

 

La fiert√© de Voltaire d’√™tre devenu un vrai seigneur f√©odal

Voltaire, dans sa lettre √† M. de Brenles du 27 d√©cembre 1758, se vante de poss√©der un droit de haute justice. Ce droit permet au seigneur f√©odal de juger et prononcer toutes les peines sur son domaine, y compris la peine de mort. Le philosophe en parle √† propos d’un certain Grasset, avec qui il devait √™tre en conflit :
“Il ne me reste plus que de le prier √† diner dans un de mes castels et de le faire pendre au fruit. J’ai heureusement haute justice chez moi, et si M. Grasset veut √™tre pendu, il faut qu’il ait la bont√© de faire chez moi un petit voyage.”

Dans une lettre à Thibouville du 28 mai 1760, il revient sur son droit de haute justice, en particulier de mettre quiconque au pilori.
” On me reproche d’√™tre comte de Ferney. Que ces Jean f… l√† viennent donc dans la terre de Ferney, je les mettrai au pilori. “

Dans sa lettre √† d’Argental du 29 janvier 1764, Voltaire se pr√©occupe des imp√īts f√©odaux, les d√ģmes, qu’il pr√©l√®ve dans ses domaines :

“Je crois que l’affaire des Calas sera finie avant celle des d√ģmes de Ferney. Les trag√©dies, les histoires et les contes n’emp√™chent pas qu’on songe √† ces d√ģmes, attendu qu’un homme de lettres ne doit pas √™tre un sot qui abandonne ses affaires pour barbouiller des choses inutiles.”

Dans sa lettre √† d’Argental du 1er f√©vrier 1764, Voltaire se vante d’avoir droit de mainmorte, coutume li√©e au servage et qui avait heureusement disparu un peu partout. La mainmorte fut officiellement abolie en 1790 par un d√©cret de Louis XVI.

“Je remercie tendrement mes anges de toutes leurs bont√©s ; c’est √† eux que je dois celles de M. le duc de Praslin, qui me conservera mes d√ģmes en d√©pit du concile de Latran… Figurez-vous quel plaisir ce sera pour un aveugle d’avoir entre les Alpes et le mont Jura une terre grande comme la main, ne payant rien au roi ni √† l’√©glise, et ayant d’ailleurs le droit de mainmorte sur plusieurs petites possessions.”

Voltaire se pr√©tendit ennemi du servage, comme il s’√©tait dit ennemi de l’esclavage. Il a √©crit un texte √† propos des serfs de Saint-Claude et du mont Jura, en pr√©ambule au Discours aux Welches. Par une lettre du 7 novembre 1764, un habitant de Saint-Claude, Joseph Romain Joly, fr√®re du maire, lui r√©pondit qu’il se trompait et qu’il n’y avait pas de serfs dans son petit pays. Il d√©montra par citation de documents anciens que Saint Claude √©tait “ville franche” depuis longtemps et que le droit de mainmorte n’y avait jamais exist√©.
Lorsque les droits f√©odaux furent abolis, dans la nuit du 4 ao√Ľt 1789, on s’aper√ßut que le d√©fenseur des serfs virtuels de Saint Claude avait refus√© d’√©manciper les siens, qui pourtant √©taient bien r√©els. La preuve se trouverait dans les proc√®s-verbaux de l’Assembl√©e constituante. Avis aux chercheurs.

 

18e-19e - Napoléon

Napoléon fut un dictateur raciste, voire antisémite. Voir à la rubrique Napoléon.

19e - Ch√Ęteaubriand

Jules Gritti, Déraciner les racismes, SOS Ed. 1982

 

LITTERATURE RACISTE

(p.155-156) Chateaubriand: Natchez (1805) et Atala (1806)

Description d‚Äė une bataille: ‚ÄúCris‚ÄĚ des Indiens contre ‚Äúvoix‚ÄĚ des Fran√ßais, ‚Äúl‚Äôassaut‚ÄĚ tumultueux des premiers contre la ‚Äúbarri√®re‚ÄĚ des seconds – image constante depuis la bataille de Poitiers jusqu‚Äô aux modernes westerns – et en d√©finitive les ‚Äútorrents‚ÄĚ contre la ‚Äúmer‚ÄĚ, font que t√īt ou tard force restera aux Fran√ßais.‚ÄĚ

(p.156) De g√©n√©ration en g√©n√©ration, au Qu√©bec comme en France, toute une tradition catholique, cl√©ricale, de la confrontation Blanc-Indien va se transmettre.‚ÄĚ

19e - Bernanos

19e - Bernanos, Barrès, Péguy, Taine, Renan

Bernard-Henry Lévy, L’idéologie française, éd. Grasset, 1981

 

(p.107) Car c’est alors que Drumont vint. Le pol√©miste enrag√© et le compilateur m√©diocre qu’un Alphonse Daudet qualifiait pourtant de ¬ę r√©v√©lateur de la race ¬Ľ et le critique Jules Lemaitre de ¬ę plus grand historien du XIXe si√®cle ¬Ľ. L’antis√©mite radical, √† qui Bernanos consacrera une bonne part de sa Grande Peur des bien-pensants. dont il dit, dans les Grands Cimeti√®res sous la lune qu’ ¬ę il n’y a pas une ligne de ce livre qu’il ne pourrait signer de sa main, de sa noble main, si du moins je m√©ritais cet honneur ¬Ľ , et qu’il ne cessera jamais, jusques et y compris √† l’ √©poque de la guerre d’Espagne ou de la r√©sistance √† l’hitl√©risme*,

 

* Sait-on que, jusque dans Français si vous saviez, en contrepoint de

son hommage aux combattants du ghetto de Varsovie, Bernanos continue

de saluer son ¬ę vieux ma√ģtre Drumont” (Gallimard, 1961, p. 322) ?

Qu’en janvier 1944, alors qu’il a pris les distances que l’on sait avec

Vichy, il continue de reprendre à son compte la thèse maurrassienne Рet

ignoble – de la collusion jud√©o-nazie ? Qu’il en vient √† reprocher alors √† Hitler d’avoir ¬ę d√©shonor√© √† jamais ” 1e tr√®s doux, tr√®s noble, tr√®s responsable ¬ę mot “… d’¬ę antis√©mitisme ” (le Chemin de la croix des √Ęmes, Gallimard, 1948, p. 417) ? Bernanos ou la quintessence m√™me de l’antis√©mitisme √† la fran√ßaise.

 

de saluer comme son ma√ģtres. L’ auteur de la France juive surtout qui, avec son bon millier de pages et son volumineux index tenu comme un fichier de police, connut cent quatorze √©ditions dans la seule ann√©e de sa parution ( 1886) ; le plus grand succ√®s de librairie du si√®cle avec la Vie de J√©sus de Renan ; sans parler des innombrables r√©impressions de la version ¬ę abr√©g√©e ¬Ľ pour antis√©mites press√©s. Car l’important, en l’occurrence, (p.108) n’est pas ce que dit le livre. Sur le fond de l’ ¬ę analyse “, il n’ apporte pas grand-chose de neuf par rapport aux √©tapes ant√©rieures. Mais il leur donne un ton, un tour nouveaux, qui vont les lester d’une derni√®re dimension et assurer, dans les masses, leur foudroyant succ√®s. Mieux qu’un principe d’explication de l’Histoire, il fait du racisme, √† pr√©sent, une enti√®re vision du monde, une grille de lecture de toutes choses, une cat√©gorie de la pens√©e et presque de l’√™tre. Ce n’est m√™me plus le juif comme tel qu’il vise mais, comme il le dit lui-m√™me d√®s les premi√®res lignes de l’ ouvrage, tout ce qui ¬ę en vient “, tout ce qui ¬ę y revient¬†¬Ľ, c’est-√†-dire une ¬ę juiverie ¬Ľ cosmique et quasiment m√©taphysique. Cette juiverie, elle sert √† d√©signer le patron, le capital, le bourgeois, l’ argent, le parlement, le protestant, les armes m√™mes qui ont tir√© √† Fourmies, et jusqu’ √† la main que la cervelle malade de L√©on Daudet devine derri√®re les inondations parisiennes de 19l0. Et la race, √† ce point, n’est plus un concept mais un cr√©do.

Le racisme, plus une doctrine mais une mystique. L’antis√©mitisme, plus un th√®me mais un mythe. Le mythe qui travaille l’ensemble de l’id√©ologie fran√ßaise. Le mythe par excellence, au sens quasi sor√©lien du terme, o√Ļ elle baigne tout enti√®re, tel le navire en sa charpente. La quasi-religion o√Ļ la moiti√© de la France, au moment de l’affaire Dreyfus, dans les bandes de

Jules Gu√©rin ou les faisceaux du marquis de Mor√®s, derri√®re les parlementaires antis√©mites et les lecteurs de l’Antijuif ou de l’Anti-Youtre, va pouvoir communier.

 

Car ce qui est s√Ľr c’est qu’ au terme de cette ultime √©tape, le grand oeuvre est consomm√© et le concept tout arm√©, qui n’ a plus qu’ √† se propager et circuler dans la soci√©t√©. Il n’a pas grand-chose √† voir, on le constate, avec je ne sais quel d√©lire import√©, contract√© √† l’ext√©rieur, comme une de ces maladies honteuses qui, dans les bonnes familles, s’attrapent toujours au-dehors et (p.109) dans les mauvais lieux. Il ne nous est pas tomb√© du ciel – ni d’Allemagne – mais d’un discours r√©gl√©, rigoureusement d√©duit √† partir de non moins rigoureuses pr√©misses, qui en font tout autre chose que ce d√©risoire suppl√©ment, ce tr√®s local abc√®s que nos autruches professionnelles veulent aujourd’hui encore y voir. Ce n’est m√™me pas dans des cervelles f√™l√©es, chez des Hitler fran√ßais, chez des brutes sanguinaires, qu’il a trouv√© √† se former, mais chez de dignes savants, des hommes aussi respectables que Taine, Renan ou Bernanos.

 

Strictement rien √† voir, du coup, avec je ne sais quelle pellicule conceptuelle, qu’il suffirait de gratter un peu √† la surface de notre culture pour en √©cailler le chiffre sanglant, puisqu’il semble faire masse au contraire avec cette culture, la hanter, l’obs√©der, la travailler du dedans, en un affreux corps √† corps dont nous portons encore les stigmates. Et c’est la raison pour laquelle je crois qu’il faut poursuivre le voyage. Aller observer d’un peu plus pr√®s ce corps √† corps furieux. Estimer plus attentivement ce travail et les enfantements auxquels il proc√®de. Rep√©rer les effets, dans le discours, de ce tronc commun racial. Les plis qu’il y provoque. Les

cha√ģnes signifiantes o√Ļ il s’int√®gre. Celles, aussi bien, qu’il y induit. En un mot, et c’est la seconde partie du programme : apr√®s la formation du concept, le jeu de ses d√©placements… J’ai choisi, pour cela, d’aller interroger l’oeuvre de deux autres √©crivains. A peu pr√®s

contemporains de Taine ou de Renan. Au moins aussi considérables. Mais plus modernes peut-être encore. Maurice Barrès et Charles Péguy.

 

Oui, Maurice Barr√®s d’abord. Ce singulier catholique qui, pr√©tendant purger le christianisme de son ignoble ” ferment juda√Įque “, r√©duisait le message des Evangiles (p.110) √† de vagues instructions pa√Įennes √† usage des hommes de gl√®be de sa Lorraine mythique. Cet √©crivain,

largement inform√© des travaux des vraies et fausses sciences de son temps, qui estimait que le lieu le plus propre √† juger Dreyfus l’ ¬ę h√©bro√Įde ¬Ľ √©tait moins un tribunal militaire qu’une ¬ę chaire d’ ethnologie compar√©e ¬Ľ. Ce ma√ģtre √† vivre et √† penser o√Ļ tant de g√©n√©rations se sont, depuis cinquante ans, frott√©es, mais dont il n’ est pas inutile de rappeler qu’il √©tait lui-m√™me le disciple de Soury et de Le Bon, convaincu avec eux que la culpabilit√© du capitaine √©tait inscrite dans ses g√®nes, dans sa race, dans la forme de son cr√Ęne. Cette √©toile de premi√®re grandeur au panth√©on d’un Aragon qui, tout √† sa l√©gitime admiration de l’√©crivain, oubliait probablement qu’il admirait aussi l’un des plus actifs propagandistes de la mythologie aryenne et de son principe d’ explication de l’histoire. L’homme en qui Malraux lui-m√™me saluait ¬ę le sens √©pique de la continuit√© fran√ßaise ¬Ľ, mais qui confondait explicitement, lui, son combat pour la continuit√© de la France avec la lutte √©ternelle – et combien plus √©pique encore ! – contre les races s√©mitiques. Ce prince de la jeunesse enfin, aur√©ol√© dans la l√©gende de l’esth√®te, qui fut surtout, on le sait moins, prince d’ abjection, d√©diant √† Edouard Drumont tel de ses livres et ne se lassant pas, dans tels autres, de dire la louange et les √©minents m√©rites de l’auteur de la France juive. Bref, l’homme qui, mieux que nul autre, a su rassembler comme en gerbe les cinq ou six fils √©pars de la pens√©e raciale ; qui, dans l’ ordre des principes, n’y ajoute assur√©ment, et lui non plus, rien d’ essentiel. mais qui a le singulier talent, beaucoup plus essentiel pour ce qui nous occupe, de savoir les nouer en un projet, un dessein, une vision politique d’ ensemble.

 

Car il y a aussi un Barr√®s politique, moins connu sans doute, mais qui n’ en a pas moins pes√© que l’ √©crivain (p.111) sur la modernit√©. C’ est le boulangiste d√©√ßu par exemple, qui, m√©ditant dans l’ Appel au Soldat sur la d√©faite du mouvement auquel il avait tant cru, en voit la principale raison dans la sotte r√©pugnance du g√©n√©ral √† jouer franchement et sans vergogne la carte antis√©mite. C’est le hussard lorrain qui, par trois fois, partit √† la conqu√™te du si√®ge de d√©put√© de Nancy aux cris de ¬ę A bas les juifs ¬Ľ et ouvrait couramment ses r√©unions √©lectorales par de tonitruants proc√®s de la ¬ę Haute Banque s√©mite ¬Ľ ou des ¬ę hauts ministres et fonctionnaires issus de la Synagogue ¬Ľ. C’ est le fin strat√®ge surtout, se flattant d’ avoir mis au point une mirobolante ¬ę formule antijuive en politique ¬Ľ qui, confondant sous l’injurieux vocable les ¬ę escrocs ¬Ľ et ¬ę rapaces ¬Ľ de tous poils, permettait selon lui de r√©unir en faisceau le ¬ę menu peuple ¬Ľ las des exactions du ¬ę peuple gras ¬Ľ… La question, face √† des textes et des

prises de position de ce genre, n’est pas de savoir si Barr√®s le dandy croyait vraiment aux insanit√©s qu’il prof√©rait. Elle n’est m√™me pas de savoir si, comme plaident les barr√©siens, il s’est absurdement fourvoy√© en des traverses o√Ļ il n’avait que faire. Car ce qui en ressort, c’ est, au contraire, le portrait d’un politicien g√©nial qui avait compris avant tout le monde le formidable usage qui se peut faire des th√®mes antis√©mites. Celui d’un amateur de haute vol√©e qui s’ avise, un demi-si√®cle avant Goebbels, de cette loi myst√©rieuse qui veut qu’exclure l’ Autre ce n’est pas diviser la communaut√© mais la souder plut√īt, et l’int√©grer comme jamais.

Celui du premier homme politique moderne, autrement dit, qui ait song√© √† faire de la haine raciale en tant que telle un slogan, une arme, une quasi technique du coup d ‘√Čtat.

 

(p.113-114) Elle a bien travaill√© la race, la vieille taupe raciale, qui pourrait bien √™tre √† l’origine, en un mot, de ce qu’on appelle √ß√† et l√†, mais sans toujours bien mesurer la pertinence de l’ expression, et sans toujours s’ aviser surtout de ses authentiques racines fran√ßaises, le fascisme rouge.

 

(p.114) M√™me chose, m√™me type de travail, mais plus f√©cond, plus prodigue encore, chez P√©guy, cet autre pilier majeur de l’id√©ologie fran√ßaise naissante. Je sais, bien entendu, que, sur des points essentiels de l’√©poque, il prit des positions adverses. Je n’ignore pas, par exemple, qu’il fut dreyfusard et d’un dreyfusisme quasi mystique qui, jusqu’ √† la derni√®re heure, tint ferme sur les principes. Je n’oublie pas non plus, et nul n’a le droit d’ oublier, qu’il fut de ces catholiques, point si nombreux alors, qui ne transig√®rent jamais avec l’ antis√©mitisme. Je me souviens m√™me de mon √©motion, presque de ma gratitude, quand je lus pour la premi√®re fois le beau portrait de Bernard Lazare dans Notre jeunesse et l’hommage qui s’ensuivait √† l’√Člection d’Isra√ęl. Et pourtant !. Oui, pourtant, je me souviens aussi de ma g√™ne quand, d√®s les premi√®res lignes du livre, je d√©couvris l’√©trange projet, o√Ļ s’ins√©rait l’hommage d’une √©tude d’¬ę histologie ethnique ¬Ľ cens√©e retrouver le ¬ę tissu ¬Ľ, le ¬ę drap ¬Ľ, la ¬ę pleine trame ¬Ľ o√Ļ ¬ępoussait la race fran√ßaise du temps qu’il y avait une race ¬Ľ. Je me rappelle mon trouble, un peu plus loin, face √† la d√©finition de ce ¬ę socialisme racial ¬Ľ ancr√© dans la ¬ę r√©alit√© de la race ¬Ľ, issu d’une saine et primitive ” race ouvri√®re ¬Ľ et que le ¬ę monde bourgeois ¬Ľ, lisais-je, aurait coup√© de ses racines, ¬ę abtronqu√© ¬Ľ de son sol, ” contamin√© ¬Ľ d’une intol√©rable ” seconde race ¬Ľ. Je ne pus r√©primer surtout un violent sentiment de d√©go√Ľt quand, aux derni√®res pages du livre, au (p.115) terme de la confession du dreyfusard, j’appris que ¬ę la vraie, la r√©elle division de l’affaire Dreyfus ¬Ľ tint dans l’ affrontement de deux ¬ę mystiques ¬Ľ, aussi respectables l’une que l’autre, et qui n’avaient diff√©r√© qu’en ceci que la premi√®re visait ¬ę le salut temporel de la race ¬Ľ et la seconde, au contraire, son ¬ę salut √©ternel¬†¬Ľ. Et je me demandais comment il se pouvait qu’un homme √† bien des √©gards estimable, qu’un ap√ītre des valeurs de justice, qu’un d√©fenseur ¬ę des humbles et des petits ¬Ľ, p√Ľt partager avec son √©poque sa plus ignoble langue, – d’une histoire r√©duite, encore et toujours, √† la sempiternelle guerre des races.

19e - Taine

19e - Renan

Hannah Arendt, L’impérialisme, éd. Fayard, 1982

 

(p.95) Taine lui-m√™me croyait fermement au g√©nie sup√©rieur de la ¬ę nation germanique¬Ľ, et Ernest Renan a probablement √©t√© le premier √† opposer les ¬ęS√©mites ¬Ľ aux ¬ęAryens¬Ľ en une ¬ę division du genre humain ¬Ľ d√©cisive, bien qu’il reconn√Ľt en la civilisation la grande force sup√©rieure qui d√©truit les originalit√©s locales aussi bien que les diff√©rences de race originelles.

19e - Daudet

Bernard-Henry Lévy, L’idéologie française, éd. Grasset, 1981

 

(p.107) Car c’est alors que Drumont vint. Le pol√©miste enrag√© et le compilateur m√©diocre qu’un Alphonse Daudet qualifiait pourtant de ¬ę r√©v√©lateur de la race ¬Ľ et le critique Jules Lemaitre de ¬ę plus grand historien du XIXe si√®cle ¬Ľ.

20e - Coco Chanel en bon rapport avec l'occupant (in: TagEblatt, 15/12/2017)

20e - Paul Claudel

Bernard-Henry Lévy, L’idéologie française, éd. Grasset, 1981

 

La France aux Français

 

(p.47) On conna√ģt mieux, en revanche, le renfort que, tr√®s t√īt aussi, apport√®rent un certain nombre d’intellectuels.

Faut-il rappeler par exemple l’ode vibrante de Paul Claudel √† la gloire du Mar√©chal ? Celle de Val√©ry, en 1944, qui, trouvant √† peine ses mots pour dire ¬ę le sentiment de v√©n√©ration et de reconnaissance ¬Ľ qui l’ √©treint, conclut, √† bout de souffle, que ce n’ est pas un po√®me mais un ¬ę marbre qu’il faudrait tailler ¬Ľ ?

20e - photo: Jouhandeau / d'autres romanciers anti-juifs: Tharaud, La Rochelle, Martin du Gard

Jules Gritti, Déraciner les racismes, SOS Ed. 1982

 

(p.204) ‚ÄúLe roman anti-juif dispose d‚Äô auteurs prestigieux: C√©line, les fr√®res Tharaud, Drieu La Rochelle, Marcel Jouhandeau, Roger Martin du Gard.¬† Ces √©crivains perp√©tuent, ravivent l‚Äôimage de la laideur physique du juif.‚ÄĚ

20e - Martin du Gard

20e - Céline, antisémite

Dans son pamphlet de 1937, ‚ÄúBagatelles pour un massacre‚ÄĚ, il r√©clamait le massacre de tous les Juifs.

Le premier livre de C√©line fut re√ßu avec faveur par de nombreux intellectuels fran√ßais…

20e - Paul Valéry

Lévy Bernard-Henry, L’idéologie française, éd. Grasset, 1981

La France aux Français

(p.47) On conna√ģt mieux, en revanche, le renfort que, tr√®s t√īt aussi, apport√®rent un certain nombre d’intellectuels.

Faut-il rappeler par exemple l’ode vibrante de Paul Claudel √† la gloire du Mar√©chal ? Celle de Val√©ry, en 1944, qui, trouvant √† peine ses mots pour dire ¬ę le sentiment de v√©n√©ration et de reconnaissance ¬Ľ qui l’ √©treint, conclut, √† bout de souffle, que ce n’ est pas un po√®me mais un ¬ę marbre qu’il faudrait tailler ¬Ľ ?

20e - De Gaulle

Une caution gaulliste pour Maurice Papon, LB 19/10/1995

 

A la Libération, au nom de l’unité nationale, De Gaulle avait absous les fonctionnaires de Vichy, a expliqué aux assises de Bordeaux Olivier Guichard.

‚ÄúTous les anciens Premiers ministres du g√©n√©ral √©taient dans la fonction publique de Vichy mais cela n‚Äôa pas paru extraordinaire.‚Ä̬† (notamment Pompidou, Michel Debr√©, Maurice Couve de Murville)

Raymond Barre ne s’était pas posé de questions sur l’ancien haut fonctionnaire de Vichy.

 

Jo√ęlle Meskens, La France menait des essais chimiques au Sahara!, LS 23/10/1997

 

‚Äú ‚ÄúLib√©ration‚ÄĚ reproduisait hier des documents d‚Äôarchives concernant la nuit tragique du 17 octobre 1961.

Le journal affirme ainsi avoir mis la main sur une liste de 70 noms de ‚ÄėFran√ßais musulmans‚Äô d√©c√©d√©s lors de la manifestation interdite du FLN qui d√©g√©n√©ra en chasse √† l‚Äôhomme avec les policiers dans les rues de Paris.‚ÄĚ

‚ÄúMaurice Papon, √† l‚Äô√©poque pr√©fet de police, a admis au cours de son proc√®s que la manifestation avait ‚Äėsans doute fait plus de deux morts‚Äô.¬† Il persiste √† dire qu‚Äôil s‚Äôagissait d‚Äôun r√®glement de comptes ‚Äėentre Alg√©riens‚Äô.‚ÄĚ

 

Plaintes contre un essai nucléaire français à Mururoa, LB 11/05/1985

 

Et pol√©mique au sujet d’ une explosion fran√ßaise en Alg√©rie, en 1960

“Une pol√©mique a √©clat√© entre la France et l’Alg√©rie √† la suite de la diffusion par celle-ci d’un documentaire accusant les Fran√ßais d’avoir utilis√© des “cobayes” alg√©riens lors de leur premier essai nucl√©aire, le 1er avril 1960 √† Reggane (Sahara), pour exp√©rimenter les effets des radiations sur le corps humain.¬† Le documentaire reprenait des images d’ un film ouest-allemand de 1961, o√Ļ l’ on montrait un d√©serteur allemand de la L√©gion √©trang√®re expliquer comment il avait plant√© les pieux o√Ļ furent attach√©s les “cobayes”.”¬† Paris a d√©menti.¬† Il s‚Äôagissait de mannequins (sic) √† 2 km du lieu de l’ explosion.

 

Inoffensifs, les essais fran√ßais?¬† pas si s√Ľr, LB, 17/08/1995

 

Un rapport de chercheurs australiens et n√©o-z√©landais √©voque le risque d‚Äô √©missions radioactives.¬† ‚ÄúLes essais qui sont pratiqu√©s entre 600 et 1200 m√®tres¬† de profondeur dans la roche volcanique, ont pour cons√©quence des fractures localis√©es de la roche qui entoure chaque tir‚ÄĚ, notent les chercheurs.¬†¬† Depuis 1966, poursuit le rapport, les quelque 180 tirs pratiqu√©s sur les deux atolls ont provoqu√© des fissures, des glissements de terrain sous-marins et des fuites de substances radioactives dans les eaux des deux lagons.

 

L’ Australie dénonce l’ emportement de Chirac, LB, 12/09/1995

 

La Commission europ√©enne souhaite toujours obtenir des donn√©es d√©taill√©es sur les risques de mouvements g√©ologiques dus aux essais nucl√©aires souterrains de la France? ‚ÄúJusqu‚Äô √† pr√©sent, les autorit√©s fran√ßaises refusent de divulguer ces donn√©es, class√©es comme des informations confidentielles.‚ÄĚ, ajoute la Commission dans un rapport publi√© lundi.¬† Et dans ces conditions, il est impossible de ‚Äėconfirmer‚Äô les dires fran√ßais selon lesquels il n‚Äôexiste aucun risque d‚Äôune rupture importante et soudaine de la structure m√™me de l‚Äô atoll.

 

Des fissures à Mururoa: la preuve par l’ image?, VA, 12/10/1995

 

Le quotidien fran√ßais ‚ÄėOuest-France‚Äô a publi√© mercredi une photo de ce qu‚Äôil pr√©sente comme une ‚Äėfissure‚Äô de l‚Äô atoll de Mururoa prise en 1987-1988.¬†¬† La fissure photographi√©e mesure 3 m de large sur plusieurs km de long.¬† Elle a √©t√© photographi√©e √† Mururoa en 1987-1988.

Le journal ‚ÄėLe Monde‚Äô avait fait √©tat suivant une carte de l‚Äôatoll √©tablie en 1980 par l‚Äô arm√©e fran√ßaise d‚Äô importantes fissures qui auraient √©t√© combl√©es depuis.

 

Dans une mission à ARTE sur les tirs nucléaires français à Mururoa, on vit De Gaulle présent lors d’un des tirs.

Alors que les conditions m√©t√©orologiques pr√©sentaient un danger trop grand de contamination en direction de Tahiti, le g√©n√©ral De Gaulle, impatient, ordonna lui-m√™me de proc√©der aux essais …

20e - Mitterrand

20e - Coluche

Claude Javeau, /prof. de sociologie à l’ULB,/ : l’attaque gratuite est inadmissible; LB 06/01/1999

 

Le soir du drame du Heysel, Coluche, sur TF1, affirme qu’il ne va pas pleurer sur 39 crétins morts, surtout qu’il y a 4 Belges parmi eux.

 

E.B., Pas le même foot …, DH 31/05/2005

 

Souvenir du drame du Heysel.

Après le match, Coluche fit cette réflexion sur Europe 1 : le foot, c’est un jeu de con, donc cela fait 30 cons en moins.

20e - Timsit

M.K., La justice invitée à fixer les limites du rire, LB 06/01/1999

 

L’humour de Patrick Timsit lui vaut les foudres des trisomiques.

Il avait dit √† TF1 dans l‚Äôun de ses sketches: ‚Äú(…) chez les mongoliens, c‚Äôest comme dans la crevette rose, tout est bon, sauf la t√™te.‚ÄĚ

21e - Fogiel

“Laradioweb” <laradioweb@wanadoo.fr> a √©crit dans le message de news:814d7385.0501251542.6a48a3ce@posting.google.com

 

Lettre à mes amis juifs et à tous ceux qui luttent contre
l’antis√©mitisme

Arnaud Lagardère patron de Paris Match a diffusé récemment un numéro spécial concernant la déportation dans les Camps de Concentration
d’Auschwitz. La d√©marche pouvait para√ģtre honorable dans la volont√© de
se souvenir de ceux qui sont morts sous la barbarie des nazis et
d’avoir une exigence de m√©moire et de t√©moignage par rapport √† ce
qu’ont v√©cu les juifs et toutes les autres cat√©gories d’humains qui
ont √©t√© d√©port√©es. J’esp√®re d’ailleurs que pour ce num√©ro, Arnaud
Lagard√®re et Paris Match ont eu la d√©cence de reverser l’int√©gralit√©
des bénéfices de ce magazine à des associations défendant la mémoire
des d√©port√©s. Paris Match ne peut pas faire de l’argent en mettant en
couverture Simone Veil face √† l’arriv√©e des trains vers les camps de
la mort. Maintenant, le choix de Simone Veil me paraissait très
crédible vu son passé douloureux  et son engagement pour condamner la
Shoah, elle a toute mon admiration et mon soutien pour le combat
qu’elle m√®ne, mais je vois une perversion ou une maladresse, seul
Arnaud Lagardère et Paris Match sont face à leur responsabilité à ce
sujet. Il vient d’un concours de circonstance o√Ļ en m√™me temps que
cette date anniversaire, Simone Veil¬† s’est fait pi√©ger en
apparaissant dans l’actualit√© comme √©tant l’investigatrice de la loi
sur l’avortement. Je ne me place pas selon un jugement pour ou contre
l’avortement, toujours est-il qu’un amalgame odieux et qui a √©t√©
reproduit dans certains médias pouvaient faire penser aux français,
notamment ceux qui sont contre l’IVG, que Simone Veil se pla√ßait comme la responsable d’un autre g√©nocide, celui des enfants. Ne criez pas au scandale par rapport √† mes propos, je pourrais d√©montrer que de
nombreux fran√ßais sont arriv√©s √† cette conclusion et c’est horrible.
C’est pourquoi je parle de subversion ou de maladresse journalistique
grave de la part d’Arnaud Lagard√®re et de Paris Match. Il y a aussi
l’ind√©cence d’Arnaud Lagard√®re de proposer ce genre de couverture si
vous saviez qu’en m√™me temps, je le testais lui et son entreprise en
dénonçant un antisémitisme sourd et dangereux dans les médias. Une de
ses employ√©s jugeait ma lutte contre l’antis√©mitisme comme quelque
chose de pourri. Je peux pour ceux qui le souhaitent vous envoyer la
preuve par e-mail. J’avais demand√© aussi √† Martin Bouygues et Nicolas
Sarkozy de réagir à cet e-mail odieux, et ils ont vu cela avec un
mépris et une désinvolture des plus choquantes.

 

Tout cela parce que je mettais en cause l’antis√©mitisme de leur m√©dia, ou pour Sarkozy, parce qu’il estimait tr√®s certainement que puisque je m’attaquais aux m√©dias dont il est ami, tout ce que je d√©non√ßais ne repr√©sentait qu’un d√©tail ne demandant pas de r√©agir. Il y avait de quoi √™tre dans une col√®re monstre. Cela posait la question de la collaboration pour ce candidat souhaitant acc√©der au pouvoir supr√™me, et son exigence d’exprimer son indignation ou son soutien √† ce que je d√©non√ßais. Il n’y aurait eu, pour lui, comme risques, que de mettre en col√®re Arnaud Lagard√®re et Bouygues. Toute la question √©tant de savoir si Nicolas Sarkozy aurait √©t√© pr√™t √† me r√©pondre, dans la configuration particuli√®re o√Ļ il me conna√ģt tr√®s bien, o√Ļ il m’a fait dans le pass√©, en tant que ministre
de l’int√©rieur, en collaboration avec Georges Bush, intern√© en
psychiatrie¬† parce ce que je d√©non√ßais notamment d√©j√† l’antis√©mitisme
dans les m√©dias. Il aurait d√Ľ mesurer et s’indigner avec moi du
d√©rapage antis√©mite d’une employ√©e d’Arnaud Lagard√®re et des
reportages de TF1 quand ils parlent d’Isra√ęl et o√Ļ ils pr√©sentent
toujours le juif comme le salop de l’histoire. Il faudrait que je
décode tout un sujet du journal télévisé de TF1 pour vous montrer
comment se fait la manipulation subtile des foules. Et en même temps,
l’on vous montrait sur France 3 un sujet o√Ļ Arafat exhibait une
médaille lui étant donnée par le Général De Gaules. La confusion se
faisant chez le téléspectateur et plaçant le dirigeant palestinien
comme étant un résistant aux juifs devenant, par extension, les
nouveaux nazis de l’histoire.

 

Que ce soit de la maladresse ou de l’antis√©mitisme, cela aurait m√©rit√© des sanctions fortes contre les journalistes responsables de la diffusion de ces reportages. Il faut bien d√©coder les symboles, les signifiants et les cons√©quences sur le peuple quand on pr√©sente les actualit√©s.¬† J’estime qu’un m√©dia doit d√©passer le sensationnel des images et la facilit√© de la pens√©e pour plaire √† une partie du peuple d√©veloppant de plus en plus un
antisémitisme ayant des nuances que je pourrais vous expliquer tant je
les connais et comment je vois qu’elles peuvent aller des discours
résolument nazis à une forme de flegme antisémite aussi dangereux ou
une indiff√©rence l’√©tant aussi. Lorsque les synagogues √©taient
incendi√©es, les journalistes disaient qu’il s’agissait de jeunes
maghrébins qui souvent commettaient ces actes, mais tout cela était
modéré au niveau de la condamnation de ceux-ci par une gêne parce que
les nouveaux antis√©mites n’√©taient pas des skinned fascisants
st√©r√©otyp√©s, mais des personnes issues de l’immigration et que tout
cela √©tait plac√© dans des excuses d’une r√©volte par rapport au conflit
israélo-palestinien. Tout juste si les journalistes estimaient ces
actes normaux ou excusables, nous étions à la limite de cet indicible.
D’ailleurs, personne n’a pos√© la question, puisque ces jeunes de
banlieue sont nourris d’images t√©l√©visuelles de TF1, en quoi les
reportages diffus√©s par cette cha√ģne d√©montraient que j’ai raison
concernant une manipulation antisémite. Le résultat a été visible par
cette haine de certains arabes français contre les juifs.

 

Nous voyons aussi en m√™me temps un antis√©mitisme tr√®s subversif avec Dieudonn√© que nous ne pouvons pas appeler un humoriste, et qui se faisait inviter dans l’√©mission de Marc-Olivier Fogiel pour r√©pandre toute sa haine contre le peuple juif. Ce pr√©sentateur ne va pas me faire le coup de pr√©tendre que tout cela √©tait incontr√īl√© et hasardeux, dans le cynisme pour l’audience, et la d√©sinvolture face √† l’antis√©mitisme, il savait pertinemment que dans une √©mission en direct Dieudonn√© allait faire un scandale et qu’il aurait une tribune pour son message. Le c√īt√© le plus ignoble de certains m√©dias par rapport √† Dieudonn√© venant par une
forme de racisme inversé et qui sous-entend que sous prétexte que ce
pr√©tendu amuseur est noir et plut√īt de gauche, il peut se permettre de
dire tout ce que le Pen ne pourrait pas dire. Je veux dire par-là
qu’il est tellement facile de critiquer les d√©rapages de Le Pen, non
pas que je soutienne¬† √©videmment ce qu’il dit, mais parce que c’est
politiquement correct, que de s’indigner avec la m√™me force contre
Dieudonné et les présentateurs qui le reçoivent encore dans les
m√©dias. J’aurais √©t√© patron de France 3, j’aurais imm√©diatement vir√©
Marc-Olivier Fogiel et le producteur de cette émission pour ce
scandale. Honte √† ceux d’origine juif ou de confession juive qui pour
exister dans les médias sont passés dans le camp de la collaboration.
Ne vous vous êtes pas posé la question de savoir pourquoi pratiquement
aucun juif dans les médias ne fréquentaient une synagogue ou
s’√©loignaient avec une forme de cynisme vers quelque chose d’innommable
?  Non, pensez-vous, on ne fait pas sauter Fogiel qui représente une
audience importante pour France 3 pour un détail comme
l’antis√©mitisme.

 

La question se posait aussi en ce qui concerne la
r√©gression de l’humour Cau√ęt auteur d’un jeu de mots sur les chambres
à gaz, qui a non seulement une émission radio, mais qui a eu une
promotion télévisuelle sur TF1, le terme de désinvolture antisémite
est juste concernant les m√©dias. Pardon, il faut dire que Cau√ęt s’est
rattrapé en invitant Jack Lang, cet homme politique fasciné par son
image m√©diatique comme Sarkozy aurait m√™me pass√© sur une cha√ģne de
t√©l√© la plus odieuse pourvu qu’il se voit √† l’√©cran et en ne
r√©fl√©chissant pas sur le fait que cette invitation de Cau√ęt
représentait un piège énorme au cynisme et à une insulte plus grande
du peuple juif. Pour rester dans les horreurs médiatiques,  la
responsabilité des juifs dans les médias est énorme en terme de
collaboration, je redemande à Arthur solennellement de démissionner de
la radio Europe 2, suite au d√©rapage de cette employ√©e d’Arnaud
Lagard√®re et parce que ce patron n’a pas daign√© me pr√©senter ses
excuses concernant la haine verbale de celle-ci, la cautionnant donc.
Ces gens se justifieront avec des grands mots destinés à la communauté
juive si elle s’adresse √† eux, oui les mots, les grands mots, moi je
parle de test concret et d’un positionnement direct concernant mon
combat. Je ne me prend pas comme un moralisateur, je crois que j’ai
donn√©, ayant le type s√©mite et des origines juives m’ayant fait subir
l’antis√©mitisme durant mon enfance, la preuve que je sais de quoi je
parle, que¬† je prenais des risques, certes qui n’ont rien avoir avec
la grandeur des résistants, mais malgré la répression de Nicolas
Sarkozy et de Georges Bush dont je parlerai plus bas et en me menaçant
d’une mani√®re tr√®s perverses, que je continuais mon combat d’une
mani√®re encore plus d√©termin√©e et avec l’envie d’en finir avec
l’antis√©mitisme ou l’intol√©rance √† tous les niveaux de la soci√©t√©. Mon
engagement sera concret et incontestable quand je réussirai en tant
que patron par de nombreux projets pour d√©fendre les juifs et Isra√ęl.
Tenez-moi informer de ce que ces personnes incriminées diront pour
diminuer leur responsabilité, je compte bien contrer leurs arguments
inexcusables et les juifs doivent passer √† l’action concr√®te et forte
pour réagir directement à cet antisémitisme et non plus le subir comme
une fatalité. Il faudrait des Malcom X ou des Martin Luter King juifs
en France ou dans le monde capables de d√©noncer ce mal,¬† d’ailleurs
cela d√©passerait l’antis√©mitisme en √©tant f√©d√©rateur d’une id√©e de
lutte contre l’intol√©rance et le racisme.¬†

 

J’arr√™te l√†, mais je pourrais vous d√©montrer par des centaines d’√©l√©ments qu’un antis√©mitisme subversif s’installe dans les m√©dias. Juste un dernier
√©l√©ment, j’ai pu le constater en √©tant candidat pour travailler dans
ces m√©dias par tout un dispositif de d√©stabilisations m’√©tant
destinées dont nous avons réuni des preuves et induisant par beaucoup
de symboles antis√©mites utilis√©s et f√©d√©r√©s par eux que l’on cherchait
√† faire √©chouer l’ami des juifs que je suis, avec le luxe du fait que
je n’ai pas cette confession. Arthur a aussi des t√©moignages tr√®s
pr√©cis √† faire sur ce qu’il a v√©cu avant d’arriver √† s’imposer, cela
était possible par beaucoup de renoncement par rapport à sa religion
juive.  Les patrons de médias acceptent  dans leurs télés et radios
les juifs quand ils jouent le plus souvent un r√īle odieux ou
stéréotypé dont Serge Gainsbourg a bien démonté le mécanisme. Comme
quoi avec ma candidature, j’ai subi l’antis√©mitisme sans √™tre juif, et
que dans le groupe Lagardère pour le père, Jean-Luc Lagardère, je me
pla√ßais comme, je le cite, un ennemi de l’Intelligence notamment pour
mon amiti√© pour Isra√ęl. C’est vrai, je n’avais qu’√† appartenir √† cette
mafia.  Je veux maintenant réussir pour un projet économique puissant
pour l’informatique, pour la cr√©ation d’une banque et de nombreuses
entreprises et je vois aussi des blocages à mes grandes ambitions et à
mon potentiel illimit√© parce que j’exprime de trop mon amiti√© pour
Isra√ęl et que m√™me aux Etats-Unis pour un Pr√©sident s’estimant ami de
juifs, il le d√©montre d’ailleurs en donnant l’argent qu’il a h√©rit√©
par le travail des victimes des camps de concentration, il est
inconcevable qu’un sioniste ait un pouvoir √©conomique de l’ampleur de
mon projet o√Ļ je peux remplacer Bill Gates.

 

Si c’√©tait la seule raison qui expliquait ce blocage, mais ne vous inqui√©tez pas je r√©ussirai, tout est une question de temps et de me sacrifier un peu pour lutter contre certains maux de la soci√©t√©. Je reviens √† Martin Bouygues et √† TF1 qui ont choisi pour leur √©mission sp√©ciale sur Auschwitz un documentaire certainement tr√®s touchant et ils diffuseront la
comm√©moration officielle. L’ind√©cence vient de la communication de
cette cha√ģne qui pr√©sente ce programme comme un grand show sous la
houlette de Jean-Claude Narcy, le spécialiste au demeurant très bons
des événements heureux et malheureux, en disant : vous allez voir ce
que vous allez voir, nous avons tout un dispositif de journalistes
impressionnants sur le terrain !¬† Dans ce malaise que je ressens, j’ai
envi de leur demander s’ils auront aussi l’impudeur de donner le
nombre de cam√©ras qui filmeront l’√©v√©nement et si au niveau du concept
ce sera proche de Loft Story ? Aucune dignité pour la mémoire des
juifs. Autre horreur, je n’ai pas encore les programmes pour la date
de cet évènement, mais je vous demande de vérifier ce que TF1
programmera avant cette comm√©moration et apr√®s et s’il y aura de la
pub avant et après celle-ci pour du jambon et pour Coca Cola. En tant
que patron de médias, si déjà je souhaiterais honorer la mémoire des
victimes des camps de concentration et donner un sens à mon engagement
m√©diatique, j’aurais consacr√© non pas deux heures √† cet √©v√©nement,
mais le samedi et le dimanche, quand les téléspectateurs sont le plus
disponibles pour une succession d’√©missions o√Ļ intelligemment,
j’aurais diffus√© des r√©trospectives historiques pour d’abord raconter
la montée du nazisme en Allemagne.

 

J’aurai eu la bonne id√©e de diffuser la R√©sistible Ascension d’Arthur U√Į de Brecht. J’aurais fait une √©mission de d√©codage sans complaisances d’allemands nazis pour comprendre comment ils ont adh√©r√© √† la politique du troisi√®me Reich. J’aurais fait un programme pour comprendre comment les juifs allemands n’ont pas senti le danger venir et comment ils se pla√ßait d’un point de vue historique et pour d√©monter le m√©canisme d’une opposition allemande qui restait passive face √† la mont√©e d’Hitler. J’aurais
diffusé, bien évidemment, un documentaire sur la progression des nazis
en Europe. J’aurais eu la pertinence de d√©monter tout le m√©canisme de
la collaboration en France, de demander à des historiens de
d√©stabiliser l’id√©e comme quoi P√©tain a √©vit√© le pire √† la France et
pour bien comprendre comment un dispositif français administratif
favorisait la persécution des juifs avec des entreprises ayant une
énorme responsabilité comme la SNCF. Soit dit en passant, les employés
de la SNCF auraient pu avoir la pudeur d’√™tre au moins discrets en
cette période de commémorations et de ne pas lancer un mouvement de
gr√®ves. D’ailleurs, la communication de cette entreprise concernant la
seconde guerre mondiale est assez consternante pour ne pas réparer
financi√®rement dignement le mal fait aux d√©port√©s et reconna√ģtre ses
erreurs dans le pass√©. J’aurais essay√© d’analyser plus pr√©cis√©ment le
mécanisme de la collaboration et les différentes nuances dans cette
capacité à trahir son pays.

 

J’aurais d√©montr√© dans un documentaire que pour l’Angleterre tout un peuple pouvait r√©sister d√®s le d√©part aux allemands.¬† Je me serai int√©ress√© au r√īle de la famille Bush √† l’√©poque en ayant le courage, m√™me si je suis pro-am√©ricain, de d√©noncer une passivit√© trop longue des Etats-Unis face √† l’horreur nazie, alors que les politiques de l’√©poque savaient ce qu’il se
passait, tout en saluant la mémoire des militaires américains morts
pour nous lib√©rer. J’aurais √©videmment propos√© des t√©moignages de
rescapés des camps de concentration dans une sobriété et une pudeur
face √† ces victimes. J’aurais diffus√© un reportage sur le camps de
concentration. J’aurais propos√© le film de Spielberg la Liste de
Schindler.¬† J’aurais, avec des r√©sistants, expliqu√© comment des
réseaux se sont formés, comment le dispositif se mettait en place pour
lutter contre le mal et pour honorer la mémoire de tous ceux qui se
sont battus pour la liberté. Mais en dehors de tout cet aspect
historique vital, j’aurais d√©nonc√©, par une succession d’√©missions,
d’une mani√®re directe l’antis√©mitisme qui essaye de s’installer en
France et dans le monde d’une mani√®re sournoise en demandant des
comptes aux personnes responsables de maladresses ou d’antis√©mitisme
subversif. J’aurais fait un reportage sur les mouvements n√©onazis pour
bien d√©coder d’une mani√®re redoutable les raisons pour lesquelles des
jeunes √©prouvent de la fascination pour Hitler. J’aurais aussi propos√©
une étude très dérangeante pour montrer le niveau du nazisme
contemporain, ce dont je parlais au début de ce texte, et qui fait que
selon des degr√©s diff√©rents, l’antis√©mitisme peut prendre chez le
peuple des couleurs allant de l’extr√™me des n√©onazis, √† des discours
plus indirects et aussi dangereux sur les juifs et cela par des
acteurs donnant des phrases que l’on pourrait entendre r√©ellement chez
le peuple et pour contrer évidemment ces monstruosité de la pensée.
J’aurai interview√© des jeunes juifs pour leur demander comment ils
vivent avec la mémoire de ce passé lourd et comment ils voient la
construction pour le futur de l’Etat d’Isra√ęl. J’aurais fait une
rétrospective pour placer cette idée de la résistance comme étant une
valeur moderne et d’actualit√© en montrant des portraits dans
différentes luttes contre des erreurs idéologiques comme le
communisme, l’apartheid et comment des hommes se sont battus.
L’objectif √©tant que le peuple se sente actif et responsable au
présent pour lutter contre toutes les barbaries.

 

J’aurais demand√© que l’on¬† pose des questions au peuple du monde entier pour savoir comment il se serait plac√© durant la seconde guerre mondiale en tant que r√©sistant ou collaborateur avec des questions difficiles¬† sur le
courage et l’honneur.¬† J’aurais propos√©, par le pr√©sentateur, aux
téléspectateurs, aux élèves, aux étudiants se sentant concernés,
d’envoyer √† ma cha√ģne t√©l√© ou sur internet, un document tout simple o√Ļ
ils s’engageraient √† √™tre des r√©sistants et de faire preuve de courage
si un mal essayait de s’imposer dans leur pays, tous ces documents
étant diffusés sur le web et mis à la disposition des juifs pour les
utiliser comme ils le souhaiteraient. J’aurais demand√© √† un
compositeur juif de créer une symphonie à la mémoire des victimes des
camps de concentration et d’espoir pour le futur jou√©e en direct et
sobrement à Auschwitz, avec pour le symbole, des juifs et de non-juifs
qui se tiendraient la main pendant toute l’interpr√©tation de cette
oeuvre¬† pour cl√īturer ces deux jours.¬† Il va de soit que je n’aurais
pas diffus√© de la publicit√© durant cette p√©riode, mais que j’aurais
demandé à des marques qui auraient laissé normalement de la pub, de
consacrer cet argent pour faire un don à la communauté juive.  Tout
cela pour dire, et mes id√©es sont modestes et incompl√®tes, qu’il y
avait de quoi faire pour donner toute la solennité, le respect, la
 force à cet événement. Tous ces programmes donnant une succession de
DVD vendus au profit de la communauté juive et offert gratuitement à
tous les établissements scolaires pour que les professeurs alimentent
une réflexion avec les élèves de deux jours sur tous les sujets que
j’ai √©voqu√©. Je demande encore une fois solennellement au ministre de
l’√Čducation Nationale qu’il vote par l’Assembl√©e Nationale sous
l’initiative de Jean-Louis Debr√©,¬† une loi pour que dans tous les
√©tablissements scolaires, avec l’aide de l’Etat pour financer les
voyages des élèves, une visite des camps de concentration soit
organisée et que deux jours soient consacrés à des thèmes aussi
importants que la lutte contre l’antis√©mitisme, contre le racisme,
contre toutes les formes de dictatures ou d’int√©grismes et pour que
les élèves se placent dans un sentiment patriotique comme des
résistants dans le présent. Je crois que ce ne serait pas un luxe vu
le climat actuel. Comme je m’efface en faisant cette proposition, je
ne vois pas ce qui empêcherait les politiques français de voter cette
loi. Je demande √† la communaut√© juive d’√™tre¬† tr√®s attentive avec moi
pour voir si cela sera fait ou pas. Le combat a lieu au présent.

Emmanuel                       .          
laradioweb@wanadoo.fr

21e - Dieudonné

Dieudonné condamné, LB 27/05/2004

L‚Äôhumoriste fran√ßais a √©t√© condamn√© par le tribunal correctionnel d‚ÄôAvignon √† une peine d‚Äôamende de 5000 euros pour ¬ę propos racistes ¬Ľ et ¬ę injures raciales ¬Ľ visant les juifs, sur base d‚Äôun entretien paru dans le journal ¬ę Le Monde ¬Ľ en janvier.

J.M.M.F. , ¬ŅSufrieron los negros comos los jud√≠os?, El Pa√≠s, 26/02/2005

El c√≥mico franc√©s Dieudonn√© : las recientes commemoraciones del Holocausto = ¬ę pornograf√≠a de la memoria ¬Ľ

Bernard Delattre, Dieudonné condamné, LB 12/03/2006

Pour incitation √† la haine raciale. Un effet de l’affaire Ilan Halimi?
C‚Äôest une premi√®re. Le tri¬¨bunal correctionnel de Paris a condamn√© vendredi Dieudonn√© √† 5000 euros d’amende pour des propos tenus en 2004, qui comparaient les juifs √† des n√©griers. L’humo¬¨riste a √©t√© reconnu coupable d’in¬¨citation √† la haine raciale. Habi¬¨tu√© des proc√©dures judiciaires, il avait jusqu’√† pr√©sent chaque fois √©t√© relax√©, en premi√®re ins¬¨tance ou en “appel. Jusqu’√† ven¬¨dredi donc, ses diatribes sur le “lobby juif ou “la pornographie m√©morielle” de la Shoah, tout comme son sketch t√©l√©vis√© met¬¨tant en sc√®ne un rabbin nazi, de¬¨meuraient impunis.
Cette fois, cependant, la jus¬¨tice a consid√©r√© qu’assimiler les juifs √† des “n√©griers (ayant) fond√© des empires et des fortu¬¨nes sur la traite des Noirs et l’es¬¨clavage (puis s’√©tant) reconvertis dans la banque, le spectacle et aujourd’hui l’action terroriste” revenait √† d√©signer cette com¬¨munaut√© “√† la vindicte” et √† s’inspirer “directement de l’ima¬¨gerie antis√©mite”. A la barre, Dieudonn√©, s’√©tait d√©fendu d’avoir voulu assimiler juifs et n√©griers et avait assur√© avoir fait r√©f√©rence, dans ses propos, au soutien “ind√©fectible” ap port√© par Isra√ęl au gouverne¬¨ment d’apartheid en Afrique du Sud, “qui opprimait les Noirs”. Le parquet n’en avait pas moins r√©clam√© que son recours √† un “clich√© antis√©mite” soit con¬¨damn√©.
Clich√© antis√©mite : ces m√™mes termes ont √©t√© utilis√©s pour ex¬¨pliquer la mort r√©cente du jeune juif Ilan Halimi, enlev√© car ses ravisseurs auraient supput√© que sa communaut√©, √† leurs yeux forc√©ment fortun√©e, allait rapidement payer la ran√ßon. Dieudonn√© avait d’ailleurs √©t√© cit√© dans cette affaire. Le porte-parole du PS avait √©voqu√© “un effet Dieudonn√©” pour expli¬¨quer l’antis√©mitisme en France. Le pr√©sident du Consistoire de Paris avait critiqu√© les relaxes successives de l’humoriste. Et le Bureau national de vigilance contre l’antis√©mitisme avait ap¬¨pel√© √† ce que soient condamn√©s “les propos d√©plac√©s de Dieu-donn√©, qui (…) incite √† la haine anti-juifs : il ne faut pas laisser s’installer cette id√©e que le juif est un oppresseur raciste, car c’est de l√† que partent les erreurs et naissent les drames”.
Vendredi, SOS Racisme s’est f√©licit√© que cette condamnation “place Dieudonn√© dans son vrai camp: celui de la haine”. “C’est un point d’arr√™t √† cette d√©mar¬¨che de provocation”, a com¬¨ment√© l’avocat de l’Union des √©tudiants juifs de France : “Dor√©¬¨navant, il devra prendre garde √† l’impact que peut avoir ce genre de d√©clarations sur des person¬¨nes vuln√©rables”. ‚ÄĘ

21e - Cau√ęt

Arthur perd en justice, LB 19/11/2004

 

Il refusait d‚Äôofficier sur la m√™me antenne que S√©bastien Cau√ęt, √† qui il reprochait un d√©rapage verbal, en 1995, sur le camp de concentration d‚ÄôAuschwitz.

21e - Thomas Bouhail

(in: VA, 10/08/2016)