li tiradje au sôrt (le tirage au sort) (foto / photo: dès conscrîts / des conscRits (Lu Tchèstê (Neufchâteau) (comincemint do 20e siéke / début du 20e siècle))

René-P. Hasquin, Les grandes colères du Pays Noir, éd. Londot, 1972

 

(p.42) UNE NOUVEAUTE : LA CONSCRIPTION

 

Le jour du tirage au sort était très attendu par toute la popu­lation : c’était pratiquement un jour de fête. Pour bien arroser l’événement, les conscrits d’une même commune constituaient une « masse », soit donc une cagnotte qui leur procurait l’argent avec lequel ils offriraient des « tournées ». A cette « masse » des conscrits, s’ajoutait le « pourchas » des habitants du patelin. C’était un supplément à la cagnotte.

De tous temps, le tirage au sort s’est déroulé selon un céré­monial qui tenait à la fois du rite et de l’improvisation : selon que l’on avait tiré un bon ou un mauvais numéro, la fin de la journée et le programme des festivités s’en trouvaient complètement bouleversés.

— « Le premier tirage au sort eut lieu le 17 primaire, an VII, à Châtelet, qui était le chef-lieu du canton. Les conscrits, une quinzaine généralement par classe, se rendaient là-bas avec l’agent municipal Philippe-Joseph Georges. Avant et après le tirage, Georges offrait à boire aux conscrits, sur le compte de la commune. Ils faisaient leurs libations au cabaret de l’Espagnol Thibaut ». (2)

Partout, les conscrits se rendaient en groupe, voire en cortège,

 

(1) Plus tard, les conscrits des localités limitrophes de Charleroi durent se rendre dans cette ville pour participer au tirage au sort, mais à partir de 1882, celui-ci se déroula dans la maison communale de la localité où était domicilié le conscrit.

(2) E. Yernaux et F. Fiévet – ouvrage cité, p. 152.

 

    (p.43) au lieu du tirage au sort. Vêtus d’un pantalon noir enserré dans de petites guêtres, d’une chemise de soie et coiffés d’une casquette à penne en tissus très léger et bouffant, les conscrits aboraient des cocardes que les camelots vendaient à proximité de la maison communale. (1)

— « C’est le secrétaire communal qui dressait la liste des conscrits appelés à « subir le sort » au début de l’année suivante.(2)

Il les convoquait un dimanche de décembre, souvent le diman­che après la Saint-Nicolas. Les conscrits se rendaient en groupe à la maison communale précédés d’un tambour loué pour la circonstance. Le secrétaire faisait passer les conscrits à la toise (ancienne mesure, elle correspondait à 6 pieds, soit 1 m 74. Cette mesure tomba en désuétude avec l’instauration du système décimal, mais le terme persista dans le langage courant).

Le secrétaire anotait les mesurations sur une fiche qui était remise en temps voulu, au président du bureau du tirage au sort. Cette opération se déroulait fin janvier. »

Sitôt terminées les formalités, les conscrits faisaient en groupe une sortie dans les cabarets du village, chantant des refains qui allaient vite devenir traditionnels.

     « Vaut co mieu,

     Vaut co mieux

     In m’wés numèrô qu’ ène feume ;

     Ène feume, c’ èst pou tout l’ temps,

     À tch’vau, ç’ n’ èst pou quatre ans. »

 

Car en ce bon vieux temps de la conscription, l’infanterie « tirait » deux ans, l’artillerie de fort trente-six mois, l’artillerie montée, les lanciers, les guides les grenadiers et les chasseurs à cheval restaient quarante-huit mois sous les drapeaux !

En 1895, un soldat recevait une solde quotidienne de 66 cen­times. Mais il fallait déduire : 33 centimes pour la masse d’habille­ment, 17 centimes pour les vivres (car le milicien payait sa nourri­ture). Il restait donc au soldat un reliquat de 16 centimes par jour alors que le tabac coûtait 10 centimes et le verre de bière 6 cen­times. Comme quoi il est prouvé que la solde était bien calculée au plus juste. Il est vraisemblable sinon certain, que c’est de cette

 

(1) Les vendeurs de cocardes destinées aux conscrits subsistent. Les jeunes miliciens appelés naguère devant le conseil de révision de la caserne Trésignies à Charleroi, étaient encore accoutumés d’acheter des cocardes et de les accro­cher au revers de leur veston. On reconnaissait ainsi en ville, ce jour-là, les jeunes gens qui venaient d’être déclarés « bon pour le service ».

(2) Charles Clocherieux. «Le tirage au sort». Ed. Duval, 1959.

 

     (p.44) époque, à cause de cette pitoyable situation financière dans laquelle se débattait le milicien, que date l’habitude qui persiste dans nos régions, de donner « des paies » aux miliciens. Jusque vers les années 1940-1950, la coutume voulait que le milicien en permission rendît visite aux membres de sa famille, voire à ses proches amis et que ces derniers lui fissent cadeau d’une somme d’argent, sou­vent modeste, toujours bien venue.

Mais revenons à nos conscrits, le jour du tirage au sort.

De bonne heure, le cortège se formait dans l’un ou l’autre quartier : précédé du tambour, il défilait dans quelques rues de la localité pour se rendre à la maison communale où tout, depuis tôt le matin, était en place : le maïeur, les échevins, le secrétaire, le président du bureau. Le plus souvent, ces messieurs étaient en haut de forme.

— « Le conscrit se présente devant la Commission et là, il tire une cossette du barillet. Il la présente au président qui l’ouvre et lit à haute voix, le numéro tiré. Nanti de son numéro, le conscrit sort du bureau et dès son arrivée sur le seuil, la foule impatiente, devine, à son regard, si le numéro est bon ou mauvais. Cet instant provoque selon le cas, des clameurs d’enthousiasme ou des mur­mures de désappointement ».

 

Tandis que le « skapé » était porté en triomphe jusqu’au cabaret le plus proche, le malheureux qui avait tiré un mauvais numéro, était littéralement « passé à tabac » par ses amis et les membres de sa famille : le public avait fini par éprouver une sorte de mépris pour ces jeunes gens qui n’avaient pas pu échapper au service militaire. Ces scènes dégénéraient parfois en incident. Témoins les faits qui se sont déroulés, le 12 février 1886, à Marcinelle où avaient lieu les opérations du tirage au sort pour les miliciens des communes de Marcinelle et Mont-sur-Marchienne. Quatre gendarmes de la lieutenance de Charleroi assumaient le service d’ordre. Selon la tradition, aussitôt qu’un conscrit appa­raissait à la sortie, que le sort lui ait été favorable ou non ; il était immédiatement empoigné, balloté en tous sens et c’est plus ou moins abîmé qu’il sortait de cette manifestation d’allégresse. Deux ans plus tôt, dans une commune des environs, un conscrit avait été tué. Afin d’atténuer autant que possible les effets de cette coutume sauvage, le maréchal des logis Marchai avait donné l’ordre de ne laisser sortir les conscrits que par groupe de six. Cette mesure permettait à ceux-ci d’échapper plus facilement aux trans­ports de la foule. Mais cela ne fit pas l’affaire des nombreux parents et amis qui attendaient sur la place. On commença par murmurer puis on invectiva les gendarmes qui avaient toutes les peines du monde à empêcher la foule d’entrer dans la maison (p.45) communale. A un moment donné, des pierres furent lancées sur les agents de l’autorité et des vitres furent brisées.

Un jeune homme fut arrêté, la foule s’énerva et sous les coups, deux gendarmes perdirent leurs bonnets à poils. A coup de crosse de fusil, les gendarmes se dégagèrent mais entre-temps, le maréchal des logis avait chargé la foule et blessé d’un coup de baïonnette à la gorge, un tout jeune ouvrier mineur, Léon Laurent, du quartier de la Tombe à Marcinelle. Il attendait son frère, conscrit, à la sortie de la maison communale…

C’est le quatrième garçon de cette famille qui tirait au sort. Il prit le n°207, qui était bon. L’incident fit grand bruit.

Dans le vain espoir d’échapper au service militaire, les conscrits avaient recours à des subterfuges et se laissaient séduire par les superstitions les plus ridicules. Par exemple, on « faisait des neuvaines et on allait chanter messe. Ou bien encore, on consultait les « batteuses de cartes » dans le double but de connaî­tre à l’avance le résultat du tirage et de conjurer le sort. A Thirimont, quelque temps avant la date du tirage au sort, les futurs conscrits se rendaient individuellement à la chapelle du Bois-de- Rotule, soit à la chapelle du Fonds-de-Gouttes pour y déposer une offrande et prier.

La superstition s’en donnait à cœur joie. A Clermont-Strée, les conscrits la veille du tirage, se rendaient au Calvaire de l’Her- mitage. « Ils portaient au dos une hotte dans laquelle on avait mis une chèvre. Si l’animal bêlait, c’était un mauvais présage. » (1)

A Beaumont, quand le jour du tirage, les conscrits rencon­traient quelqu’un de leur entourage, ils n’hésitaient pas à lui parler après lui avoir touché ostensiblement la main. Au fil de la conver­sation, le conscrit devait parvenir à toucher l’épaule de son inter­locuteur : s’il y arrivait c’était bon signe !

A Rance, si la première personne rencontrée le matin du tirage par le conscrit était un homme, c’était bon signe. Toutes ces croyances et pratiques avaient cours dans les localités caroloré- giennes. Femme ou prêtre ne pouvaient être croisés en chemin par le conscrit : en pareil cas, il était sûr de « tomber », c’est-à-dire de tirer un mauvais numéro. Par contre, rencontrer un bossu… autorisait toutes les espérances. Malheur aussi aux conscrits qui échangeraient une poignée de mains : l’un refilerait sa malchance à l’autre… On ne pouvait non plus, pour la même raison, échanger une chique de tabac entre jeunes gens qui devaient tirer au sort. Par contre, il était recommandé de se lever du pied gauche, ou

 

(1) Charles Clocherieux, déjà cité.

 

    (p.46) de tirer la cossette de la main gauche. Ou bien, enfin, d’aller affronter le barillet avec, en poche, un bout de corde de pendu ! Le clergé ne faisait rien pour décourager la superstition. Témoins ces faits rapportés par le «Journal de Charleroi » du 17-18 mars 1886 :

— « Chaque année, les jeunes gens des Haies de Nalinnes qui doivent tirer au sort, font dire une messe pour tâcher de séduire le hasard. C’est une tradition. Cela n’y fait ni chaud ni froid et ça coûte 6 francs (1) quel que soit le nombre de miliciens.

Mais cette année, comme il y avait dix miliciens, et vu la dureté des temps, le curé avait décidé que la messe coûterait 10 francs. Un franc chacun, ce n’était pas trop cher pour une bêtise pareille ! Pourtant les miliciens firent les récalcitrants ; il y en eut deux qui voulaient bien payer mais les huit autres s’y refu­saient et comme on mit de l’entêtement de part et d’autre, il n’y eut pas de messe ! Qu’allaient-ils devenir ? Le curé prétendait le savoir et l’on assure même qu’il l’annonça en chaire de vérité : les huit qui ont refusé de payer prendront de mauvais numéros et les deux autres seront sauvés ! Or, voyez la malice du sort ! Bien sûr que le diable était dans la boîte et a voulu jouer un tour au curé : il y eut neuf bons numéros et le seul mauvais échut à l’un des deux miliciens qui avaient consenti à payer la messe ! ».

 

Comment se soustraire aux obligations militaires quand on avait tiré un mauvais numéro ? Et tout d’abord quels étaient les bons et mauvais numéros ? Après chaque tirage au sort, il y avait un certain nombre d’ajournés. Pour qu’un ajournement devînt définitif, il fallait quatre années. Pendant ce temps, les ajournés devaient se présenter devant la commission le jour du tirage, mais sans y participer. Les cas étaient examinés et discutés au sein de la commission qui confirmait ou infirmait l’ajournement.

Le nombre de numéros placés dans le barillet pour le tirage au sort, dépendait donc du nombre d’ajournés. Ainsi, s’il y avait 25 ajournés et que le contingent était fixé à 30, il y avait dans le barillet : 25 numéros d’ajournés + 1 numéro appelé le « bidet » + 30 numéros représentant le contingent, ce qui donnait au total 56 numéros.

 

Ainsi, si parmi les 20 ajournés qui se représentaient devant la commission, il y en avait 8 qui étaient déclarés aptes au service, 10 ne restait sur la liste que douze ajournés. Le « bidet » devenait le 13. A ce chiffre, il fallait ajouter le contingent, par exemple 34. Cela donnait 12+1 bidet + 34 = 47. Le conscrit qui tirait le n° 48 n’allait pas soldat (pas plus que ceux qui tiraient des numéros

 

(1) Le prix d’au moins deux journées de travail de houilleurs, à l’époque.

 

    (p.47) supérieurs). A noter que l’on ajoutait autant de numéros qu’il y avait de nouveaux ajournés. Par contre, les conscrits qui tiraient des numéros allant de 13 à 47 inclus, étaient incorporés.

Au sujet des obligations militaires, la loi du 8 janvier 1817, article 94, stipulait notamment :

« 1 ) D’une famille de 7 fils, dont les 3 premiers ont concouru au tirage de la milice, le service de l’aîné exempte le second, bien que le troisième ait obtenu au tirage au sort un numéro qui ne l’appelle pas à faire partie du contingent.

   2) Est exempt du service de la milice, le fils enfant unique de son père ou de sa mère, bien qu’il ait des frères ou sœurs utérins ou consanguins.

Lorsque d’une famille composée de 6 fils, le premier a été exempté par le sort, le service du second n’exempte pas le troisième. La loi en faisant alterner l’appel au service entre les frères accorde la priorité à l’Etat.

 

3) Il entre dans les pouvoirs souverains des députations permanentes des conseils provinciaux de décider si les ressources que possèdent les père et mère d’un milicien suffisent pour assurer leur subsistance.

4) Le service dans la milice de l’enfant naturel, reconnu après le mariage, ne procure pas l’exemption à son frère légitime.

5) Dans une famille de quatre frères, le service du puîné comme volontaire exempte l’aîné.

6) D’une famille de plus de trois fils dont l’aîné a obtenu un haut numéro, le service du second n’exempte pas le troisième.

7) N’est pas exempt du service de milice le fils, enfant unique, de père et mère décédés. »

 

Pour échapper au service militaire, les gens avaient générale­ment recours aux procédés les plus contestables et les plus stupides. Ainsi les conscrits incités par leurs proches, n’hésitaient pas à simuler des tares physiques en vue d’obtenir l’exemption définitive. Il y en a qui allèrent jusqu’à se mutiler la main droite pour être déclaré inaptes au maniement des armes. D’autres s’imposaient, avant la comparution devant le conseil de révision, des marches forcées exténuantes, dans l’espoir de provoquer un rétrécissement de taille : les « grands » allaient à l’artillerie et « tiraient » 48 mois, tandis que les autres n’effectuaient qu’un service de deux ans dans l’infanterie !

Mais il y avait d’autres « recettes ». Malheureusement, elles (p.48) n’étaient pas à la portée de toutes les bourses et en outre, elles constituaient, on va le voir, l’exemple d’injustice sociale le plus flagrant et le plus scandaleux. La loi autorisait, en effet, le conscrit qui avait tiré un mauvais numéro à se faire remplacer. C’était des sortes de marchands d’hommes qui procuraient ces remplaçants moyennant paiement à ces derniers et aux intermédiaires, de sommes assez rondelettes que seuls les patrons et riches proprié­taires pouvaient débourser.

Ce genre d’affaires était florissant et les intermédiaires n’hési­tèrent pas, parfois, à insérer des textes publicitaires dans les journaux. Tel ce notaire de Namur, Maître Delvigne, 62, rue des Brasseurs.

 

L’opinion publique, dès 1880-1890, s’indigna de plus en plus de ce tirage au sort, appelé le fameux « impôt du sang » par quel­ques politiciens généreux qui voulaient le remplacer par un service obligatoire pour tous. En 1886, un chroniqueur de Charleroi (a) écrit à ce propos :

« … On ne peut se faire une idée des sentiments d’angoisse auxquels sont en proie la plupart de nos familles d’ouvriers à l’approche de cette époque fatale qui doit leur enlever un enfant, souvent un gagne-pain. On ne se douterait pas, à voir les jeunes miliciens chanter et danser dans les rues, mais ils s’excitent entre eux par les veilles bruyantes et par l’alcool, pendant quelques jours, leur joie est factice, ils ne peuvent point paraître émus, mais leur animation n’est que fébrile et leur gaieté cache des larmes. Il faudrait pénétrer dans la pensée des pères et mères pendant que se décide le sort des enfants, pour se rendre compte de ce qu’ils éprouvent…

… On en voit qui, pâles, muets, les dents serrées, attendent à la sortie des maisons communales, que le fils arrive, porté sur les épaules par ses camarades, agitant le numéro qu’il a tiré de l’urne. Si le numéro est bon, c’est le bonheur immense… on pleure de joie comme de douleur ; il y en a qui se trouvent mal et tomberaient sur le pavé si on ne les soutenait jusqu’au cabaret voisin. Si le numéro tiré par le fils est mauvais, le père et la mère, les frères et les soeurs, courbent la tête comme sous un malheur écrasant…

… On cite des exemples de conscrits qui sont allés se jeter à l’eau…

N’y a-t-il pas les naïfs qui font dire des messes, font des neuvaines et brûlent des chandelles devant les idoles catholiques pour corriger le hasard ?… La superstition est lente à se déraciner et nos institutions iniques l’entretiennent constamment. »

 

(1 ) Le Journal de Charleroi, 29-30 janvier 1886.

 

(p.49) C’est en 1886 également que s’amplifia le mouvement hostile au remplacement des conscrits fortunés, par des malheureux.

— « Le remplacement n’est pas dans la Constitution qui se borne à dire que le mode de recrutement de l’armée est déterminé par la loi. Il suffit donc de faire une loi disant : le remplacement militaire est interdit. Le service est personnel. »

Le 4 février 1886, M. V. Lucq, prononce à la Chambre des Représentants un discours qui réclame rien moins que l’abolition du tirage au sort :

« … Comment justifier, en effet, cet impôt qui, pour les jeunes gens aisés, désignés par le sort, se réduit à un sacrifice pécuniaire relativement léger, tandis qu’il constitue une véritable catastrophe pour les familles qui ne possèdent aucun capital ?… Faire dispa­raître ces inégalités, alléger les charges, les répartir d’une façon plus équitable, tel devrait être, semble-t-il, l’objectif poursuivi par le gouvernement. Il n’en est rien. Aujourd’hui, ses projets, ses tendances vont à l’encontre de ce résultat… »

Finalement, l’Etat prit pourtant ombrage de ces pratiques et… se substitua aux intermédiaires. A partir de 1909, il suffit au conscrit de porter 1 600 ou 1 800 F, selon le cas, au Juge de Paix de sa conscription, pour être définitivement exempté. La discrimination sociale était donc odieusement maintenue. Mais fort heureu­sement, les jours du tirage au sort étaient comptés !