richots èt fleûves (rivières et fleuves)

lès soûrdants (les sources) (< soûde: sourdre) (foto : soûrdant d’ Moûse / source de la Meuse)

Soûrdants (sources) 

Robert Dascotte, Les sources guérisseuses dans le Centre, in : MA, 1, 1980, p.p.10-13

 

Jusque vers 1860, à Chapelle-lez-Herlaimont, les pèlerins souffrant de la vue venaient prier à la chapelle Notre-Dame de Verviers, entourée d’aubé­pines. Après avoir bassiné leurs yeux avec l’eau d’une source voisine, ils revenaient encore prier après avoir enfoncé des clous dans les aubépines. Cet édicule et les aubépines disparurent peu après 1860 pour des raisons d’aménagement de la voirie (1). Plus tard, une niche grillagée fut maçonnée dans la façade d’une maison sise en bordure de la Waute Tchausséye pour abriter une statuette de N.-D. de Verviers.

Jusque vers 1920, pour guérir les brûlures, on employait de l’eau puisée à une source (maintenant disparue) du Bos du Boulî à Jolimont (Haine-Saint-Paul) ; on frottait la brûlure avec un morceau de toile bleue ène bleûse loque, préalablement trempée dans cette eau (2).

A quelques mètres de la chapelle Sainte-Anne, à Ecaussinnes-d’Enghien, « une vingtaine de marches donnait accès à une cave où une fontaine recueillait l’eau jaillissant d’une source généreuse. Les pèlerins (…) prê­taient à cette eau des vertus miraculeuses et, tout en invoquant sainte Anne, en puisaient pour la guérison des yeux. Pendant la guerre 1940-1945, la cave fut étançonnée et servit d’abri antiaérien. Après la guerre, son accès fut fermé par deux grandes dalles en pierre (3) ».

A Ville-sur-Haine, on va en pèlerinage à la chapelle Notre-Dame de Creuse pour les fièvres malignes. Derrière la chapelle jaillit une source dont on emporte de l’eau qui sera bue pour activer la guérison (4).

El rî d’l’Oya alimente à Arquennes èl fontène de l’Oya, située à côté de la chapelle Sainte-Anne, appelée en wallon èl tchapèle de l’Oya. Les jeunes filles viennent prier sainte Anne pour rencontrer un fiancé ; ensuite, elles boivent de l’eau de cette fontaine afin que lés prières soient mieux entendues par la sainte (5).

A Houdeng-Gœgnies, dans l’avant-cour d’une maison située au n° 92 de la rue Léon Houtart, se trouve une chapelle (menaçant ruine !) consacrée à Saint Biaise. On y vient prier pour la guérison des maladies des yeux et de la gorge. Une source qui possède des vertus curatives coule dans la cave de cette maison. Le culte est toujours vivace et les malades boivent l’eau de la source pour guérir leur gorge ; cette eau sert aussi à bas­siner, bassî, les yeux malades (6).

De nos jours encore, pour guérir les personnes qui ont peur, on va en pèlerinage à Bellecourt pou chèrvi saint Djan en l’église Saint-Jean. Avant 1914 (7), les pèlerins allaient puiser de l’eau à la fontène Saint Djan (située à 200 mètres de l’église) pour la boire afin de renforcer les prières récitées devant la statue du saint à l’église. Actuellement (8), les gens ont oublié les vertus de cette eau mais lors de la procession de de la Saint-Jean, lé curé s’arrête encore devant la fontaine pour la bénir. Cependant, en raison de sa (p.11) pureté, de très nombreuses personnes de Bellecourt et dès villages environ­nants viennent toujours chercher de l’eau mais uniquement pace que èle est foûrt bone.

Le 3 janvier, les pèlerins vont prier sainte Geneviève en l’église consacrée à cette sainte à Mont-Sainte-Geneviève, pour les maladies des yeux. Près de l’église se trouve la fontaine Sainte-Geneviève, èl fontène Sainte-Jèn’vïéve où, après avoir prié, on allait chercher de l’eau pour bassiner les yeux. Depuis une vingtaine d’années, cette eau n’est plus recherchée par les pèlerins car la fontaine est obstruée par la végétation et la mare sert d’abreuvoir (!) au bétail d’une ferme voisine (9).

Les maus Saint-Lorint ou… Leûrint désignent à la fois une espèce d’impétigo, la croûte de lait, l’eczéma, des éruptions sur la peau des jeunes enfants, selon les témoins interrogés au cours d’une enquête sur le terrain.

Pour guérir cette affection, on se rendait en pèlerinage au siècle dernier, pour prier saint Laurent en la chapelle du château féodal de Traze-gnies où l’eau d’un puits était considérée comme miraculeuse. Les parents s’en servaient pour nettoyer les maus Saint-Lorint de leurs enfants.

Après la vente du château en 1891, la statue de saint Laurent fut transférée en l’église Saint- Martin, à Trazegnies. Ce « déménagement » donna lieu à des événements rocambolesques (10). De nos jours, les pèlerins viennent isolément chèrvi saint Lorint en l’église précitée [11).

Autrefois, à Saint-Vaast, on allait quérir de l’eau à une source située près de l’ancien moulin. Après le détournement du cours de la Haine, on prit l’eau à une pompe située dans la cour d’une maison jouxtant le parvis de l’église Notre-Dame de Grâces. Depuis l’installation de l’eau de ville dans le village, les enfants de chœur vont chercher de l’eau à la cure. Cette eau (dé la source initiale, de la pompe ou de la cure) est bénite par le prêtre et est distribuée aux pèlerins qui l’emportent dans des bouteilles ou autres réci­pients. Cette cérémonie a lieu le 6 février, date de la fête de saint Vaast, saint Vau.

De nos jours, quelques personnes âgées et les élèves de l’école paroissiale assistent à la messe du 8 février.

Cette eau, appelée yau d’samt Vau sert à bassiner, bassî, les yeux malades. Selon la tradition populaire, une fillette aveugle de naissance a recouvré la vue après s’être frotté les yeux avec cette eau (12).

A Chapelle-lez-Herlaimont, on se rend encore à l’église Saint-Germain pour les enfants dont la marche est hésitante ou difficile ; on dit qu’ils souffrent du mau Saint-Jèrmain.

Autrefois, les pèlerins faisaient plusieurs fois le tour de l’église en priant puis allaient brûler une chandelle au pied du buste de saint Germain qui porte la mention « Saint Germain, protégez nos enfants ». Ensuite, ils s’adressaient à la chaisière, ou au sacristain, ou parfois au curé pour se rendre à la chapelle attenant à l’église.. Cette chapelle renfermait un bassin d’eau alimenté par un puits creusé à côté de l’édifice religieux vers 1885.

On posait sur l’eau une chemise de l’enfant souffrant du mau Saint-Jèrmain. Si le côté gauche du vêtement s’enfonçait dans l’eau, c’était la jambe gauche qui était faible, et si c’était le côté droit, c’était la jambe droite qui handicapait l’enfant Lorsque la chemise entière coulait c’était le désespoir pour les parents. On emportait de l’eau dans des bouteilles et on la versait en petite quantité dans l’eau du bain de l’enfant souffrant. Depuis une quinzaine d’années, il n’y a plus d’eau car la pompe amenant l’eau (p.12) du puits au bassin a été détraquée ou démolie. De plus, la chapelle où se trouvait le bassin a été désaffectée pour y placer un… réservoir à mazout (!) destiné à alimenter le chauffage de l’église.

Comme ex-voto, on pendait aux murs de la chapelle des petites che­mises, des bonnets, des chaussettes et aussi des plaques de marbre « en remerciement ».

Au cours du pèlerinage, le prêtre placé devant l’autel donnait à baiser un reliquaire contenant une relique de saint Germain.

Jusque vers 1935, les pèlerins venaient en foule le 31 juillet, jour de la Saint-Germain, en autocar, en train, en tram, etc. De nos jours, il y a très peu de monde ce jour-là. Cependant individuellement, il y a encore assez bien de gens de la région qui viennent en pèlerinage et brûlent parfois une chandelle pour le mau Saint-Jèrmin. Le curé, qui n’est pas présent, place sur l’autel des prières ronéotypées à la disposition des pèlerins.

On peut aussi noter qu’une chapelle située sur la place de l’église fut démolie en 1883, en même temps que le cimetière entourant l’église ; elle fut transférée à son emplacement actuel contre l’édifice du culte en 1884. C’est à cette époque que l’on creusa le puits cité plus haut. A vrai dire, on ne sait pas si l’ancienne chapelle possédait déjà un bassin mais on pourrait le croire vu la proximité d’une source près de son emplacement initial (13).

Il y avait autrefois à Besonrieux, sur la commune de Familleureux, la chapelle Notre-Dame au Puits, èl capèle du Pus’, accolée au pignon du « Café de la Chapelle au Puits ». Elle abritait la statue de N.-D. au Puits, Notre-Dame du Pus’. En 1905, pour pouvoir installer la ligne de tramways, elle fut démolie en même temps que le puits, pus’, construit dans le coin formé par le pignon de la chapelle et celui du café précité ; la statue fut transférée dans l’église du Sacré-Cœur, à Besonrieux, où ont peut encore la voir de nos jours. Sur la pierre qui recouvrait le trou du puits, on installa une pompe qui disparut vers 1930.

N.-D. au Puits était et est encore invoquée pour les fièvres et la jaunisse. Après avoir prié au pied de la statue, on emportait de l’eau du puits qui était bue par les malades pour augmenter l’effet des prières. Selon la tradition populaire, la statue concernée fut trouvée dans le puits précité (14).

A Braine-le-Comte, au lieu-dit èl Rokète, on peut voir la chapelle Notre-Dame de Bon Secours, appelée èl capèle d’ èl Rokète. « N.-D. de Bon Secours est invoquée surtout contre les fièvres (…). L’oratoire était entouré autrefois de noisetiers aux branches desquels certaines personnes liaient des cordons passés au préalable sur le corps des malades fiévreux. Aupa­ravant, on pouvait voir une source d’eau vive sortant du talus » (15). De nos jours, N.-D. de Bon Secours, appelée aussi Notre-Dame d’ èl Rokète est toujours invoquée contre les fièvres. Malheureusement, lors de la restau­ration de la chapelle en 1951, le propriétaire ferma la source avec une plaque de béton et, dans un souci de propreté (!), enleva les noisetiers auxquels les pèlerins avaient l’habitude de pendre un linge ayant touché la personne malade. Avant cela, ce linge avait été trempé dans l’eau de la source. Le culte est toujours assez suivi mais il est bien rare de voir des linges, soit attachés à la porte de la chapelle, soit sur les noisetiers ayant repoussé entretemps (16).

(p.13) Au terme de cet article, je tiens à remercier vivement lés témoins cités en notes de bas de pages, qui m’on renseigné avec beaucoup de compétence et de dévouement.

Dans notre revue de mai 1979, p. 100, j’ai parlé d’une autre source guérisseuse ; celle de la tchapèle à Maus Gras, à Arquennes.

 

 

(1)   « Calvaires  et chapelles du Hainaut », juin  1949,  p. 8,  et notre  revue  de décembre  1979, pp. 230-231.

(2)   Informateur : Victor Laurent.

(3)   « Val Vert », n° I?. avril 1975, pp. 64-65.

(4)   Informatrice  :  Christine Conka. Au sujet de cette chapelle, cf.  notre revue de septembre 1978, pp. 170-171.

!5)   Informateur : Robert Cotyle.

(6)   Informateur  : Georges Dupont.

(7)   D’après des notes inédites d’Octave Gamache Cf<).

(8)   Informatrice : Elise Delvigne-Gofaert.

(9)   Informateur : Jean Bouttefeux, curé.

(10)  J’y reviendrai dans une étude (en préparation) sur les saints guérisseurs.

(11)   L.  Deltenre,  Histoire de la paroisse de Trazegnies, 2″ vol., dans « Documents et Rapports de la Société Archéologique de Charleroi », t. 43, pp. 91-93.

(12)   Informateur : Georges Jacquard.

(13)   Informateur : Albert Monnaie.

(14)   Informateur : Alfred Brouwet : j’y reviendrai comme indiqué à la note 10. ’15) « Calvaires et chapelles du Hainaut », septembre 1953, pp. 35-36.

(16)  Informateur : Edmond Rustin.

 

Robert Dascotte, Les sources guérisseuses dans le Centre (2′ article), in : MA, 4, 1980, p.64

 

Sur le territoire de Piéton (1), aux confins du bois de Trazegnies, èl fontène Colau donne naissance à un rî se déversant dans le Piéton. On allait chercher cette eau pour bassiner, bassî, les yeux malades. Les houilleurs l’appréciaient également car elle avait la réputation d’enlever facilement les poussières de charbons agglomérées dans les cils.

Après le captage des eaux de cette fontaine, vers 1930, par une société de distribution d’eau, il ne fut plus possible d’avoir accès à cette source.

A Haine-Saint-Paul (Fond) (2), à la rue de la Fontaine, quartier mieux connu par l’appellation wallonne al Fontène, une fontaine [sans nom spécifi­que) débitait en abondance une eau qui avait la réputation de guérir les maladies des yeux.

Elle fut tarie vers 1935 à la suite du glissement du terril de la fosse n° 10 (Charbonnages de Houssu) qui recouvrit une quinzaine de maisons. C’est probablement les perturbations causées dans le sous-sol par ce glisse­ment qui arrêta le débit de la fontaine.

Au lieu-dit Sec Pachî, à Chapelle-lez-Herlaimont (3), une fontaine dite èl fontène du Sec Pachî donnait une eau réputée pour guérir les yeux malades. On cessa d’y aller vers 1945, mais on n’a pu me donner la raison de cet abandon.

 

Informateurs : (1) René Dubois et Albert Monnaie; (2) Maurice Denuit ; (3) René Painblanc. — Ces lignes complètent mon article sur ce sujet, paru dans cette revue, janvier 1980, pp. 10-13.

 

 

Robert Dascotte, Les sources guérisseuses dans la région du Centre, in : Tradition wallonne, 6, 1989, Hainaut I, p.127-160

 

Ce travail concerne les sources guérisseuses de la région du Centre. Il est tiré d’articles (remaniés pour la plupart) parus dans la revue dialectale El Mouchon d’Aunia, et de mon travail Religion et traditions populaires dans la région du Centre, 2 vol., Haine-Saint-Paul, 1982-1988.

L’aire de cette enquête est située de part et d’autre d’une ligne rejoi­gnant les petites villes de Braine-le-Comte, Soignies, La Loûvière et Binche. On remarquera que je cite des sources situées en dehors de cette aire, comme celles de Fouleng, Hoves, Leernes, Lobbes et Saintes mais j’ai tenu à les inclure ici car des habitants du Centre y vont en pèlerinage.

A Braine-le-Comte, au lieu-dit èl Rokète, on peut voir la chapelle Notre-Dame de Bon Secours appelée en wallon èl capèle d’ èl Rokète. « Notre-Dame de Bon Secours est invoquée surtout contre les fièvres (…). L’oratoire était entouré autrefois de noisetiers aux branches desquels certaines personnes liaient des cordons passés au préalable sur le corps des malades fiévreux. Auparavant, on pouvait voir une source d’eau vive sortant du talus» (Calvaires et chapelles en Hainaut, septembre 1953, pp. 35-36).

De nos jours, Notre-Dame de Bon Secours appelée aussi Notre-Dame dèl Rokète est toujours invoquée contre les fièvres. Malheureusement, lors de la restauration de l’édifice en 1951, le propriétaire ferma la source avec une plaque de béton et, dans un souci de propreté (!), enleva les noisetiers auxquels les pèlerins avaient l’habitude de pendre un linge ayant touché la personne malade. Avant cela, ce linge avait été trempé dans l’eau de la source. Le culte est encore assez suivi mais il est bien rare de voir des linges, soit attachés à la porte de la chapelle, soit sur les noisetiers ayant repoussé entre-temps.

 

(p.128) On se rend en pèlerinage à la chapelle Notre-Dame de Bon Vouloir à Havre pour obtenir une grâce, une faveur, la guérison d’une maladie, etc. Le culte est encore très vivace; on s’y rend isolément ou en petit groupe, et on fait trois fois le tour de la chapelle en récitant le chapelet. Une procession en l’honneur de cette madone a lieu le 15 août.

 

En ce qui concerne cette chapelle, J. Chalon, Fétiches, idoles et amu­lettes, t. 1, Namur, 1920, pp. 397-398, puise les données suivantes dans le livre de A. de Reume, Les Vierges miraculeuses de la Belgique, publié en 1856 «II y avait autrefois trois tilleuls, et, dans le creux de l’un d’eux, une statue de la Vierge (…). Du tronc de l’arbre coulait une eau merveil­leuse ; plusieurs personnes la recueillirent avec soin pour en oindre les malades. Et la Vierge devint Notre-Dame de Bon Vouloir». J. Chalon poursuit «La note fétichiste ne manque pas à la Vierge d’Havre (…). Dans la chapelle actuelle, on a conservé le tronc du tilleul primitif, et Marie de Médicis, veuve de Henri IV, emporta un morceau de ce bois, dans lequel elle fit sculpter différents objets de piété (…). Il y avait, il y a encore, une fontaine représentant plus ou moins l’eau merveilleuse (p.129) du tilleul. Mais M. Delattre du Bosqueau ayant acquis le domaine de Bon Vouloir, dans lequel est enclavée la fontaine, le vulgaire n’en approche plus. M. le curé d’Havre assure qu’il n’y a pas de fontaine; je vois ici une superstition gênante escamotée par la complicité du château et de l’église».

Une enquête dans le village et les environs ne m’a pas permis de trouver des souvenirs oraux relatifs à cette source.

A Ville-sur-Haine, au lieu-dit la Creuse, on va en pèlerinage à la chapelle Notre-Dame de Creuse pour les fièvres malignes. Derrière l’édi­fice religieux jaillit une source dont on emporte l’eau qui sera bue pour activer la guérison; cette source est polluée (!) depuis 1980.

(p.130) Pour Arquennes, on trouve le toponyme Maucras dans les Archives de l’État à Mons. R. Cotyle, Arquennes. Glossaire toponymique, Braine-le-Château, 1974, pp. 27 et 218, a découvert, datées du 27 octobre 1617, les lignes ci-après : «… le paschy qu’on dit Maucras enclos de visves hayes…» Or, à cet endroit a été bâtie en 1759 une petite chapelle dédiée à Notre-Dame de Miséricorde, qui est appelée en wallon èl tchapèle à Maus Crus ou èl tchapèle Notre-Dame dès Maus Crus.

Jusqu’avant la dernière guerre, on y venait prier pour la guérison des maus cras qui étaient une sorte d’impétigo purulent. Selon la tradition populaire, cette chapelle était également appelée èl tchapèle à bizouyes car on pendait aux marronniers voisins les pansements ayant servi à soigner les maus cras; cette appellation vient du fait que l’on se servait de vieux linges, dès bizouyes, en guise de pansement. Ceux-ci étaient d’abord trempés dans l’eau puisée à la source Sainte-Gertrude, èlsourdant Sainte-Djèdru, située dans le voisinage de l’oratoire concerné. Les malades venaient surtout d’Arquennes, Feluy, Monstreux et Seneffe.

On peut se demander si c’est le toponyme Maucras qui a donné le nom wallon à la chapelle Notre-Dame de Miséricorde et à cette sorte d’impé­tigo, ou bien si c’est le nom populaire de la chapelle et de l’affection qui a donné son nom au lieu-dit. J’opte pour la première hypothèse car, en wallon, l’adjectif précède le substantif et on devrait dire cras maus.

Il y avait autrefois à Besonrieux, sur le territoire de la commune de Familleureux, la chapelle Notre-Dame au Puits, èl capèle du Pus’, accolée au pignon du «Café de la Chapelle au Puits». Elle abritait la statue de Notre-Dame au Puits, Notre-Dame du Pus’. En 1905, pour pouvoir ins­taller la ligne de tramways, elle fut démolie en même temps que le puits situé dans le coin formé par le pignon de la chapelle et celui du café précité ; la statue fut transférée dans l’église du Sacré-Cœur à Besonrieux où on peut encore la voir de nos jours. Sur la pierre qui recouvrait le puits, on installa une pompe qui disparut vers 1930.

Notre-Dame au Puits était et est encore invoquée pour la jaunisse (parce que la statue est vêtue d’une robe jaune?) et les fièvres. Après avoir prié au pied de la statue, on emportait de l’eau du puits qui était bue par les malades pour augmenter l’effet des prières. Selon la tradition populaire, la statue concernée fut trouvée dans le puits précité.

 

(p.132) Bertha Baguet-Malbecq écrit dans Le Val Vert, n° 12, 4e trimestre 1975, pp. 64-65 : «A quelques mètres de la Chapelle Sainte-Anne (1872) à Écaussinnes-d’Enghien, une vingtaine de marches donnaient accès à une cave où une fontaine recueillait l’eau jaillissant d’une source généreuse. Les pèlerins (…) prêtaient à cette eau des vertus miraculeuses et, tout en invoquant sainte Anne, en puisaient pour la guérison des yeux. Pen­dant la guerre 1940-1945, la cave fut étançonnée et servit d’abri antiaérien. Après la guerre, son accès fut fermé par deux grandes dalles en béton».

Le ruisseau appelé èl rî d’ l’Oya à Arquennes alimente èl fontène de l’Oya située à côté de la chapelle Sainte-Anne appelée en wallon èl tchaplète de l’Oya. Les jeunes filles viennent prier sainte Anne pour rencontrer un fiancé ; ensuite, elles boivent de l’eau de cette fontaine afin que les prières soient mieux entendues par la sainte.

 

A Chapelle-lez-Herlaimont, en bordure du chemin appelé èl Waute Tchausséye, on voit dans la façade d’une maison une niche appelée cha­pelle Notre-Dame de Verviers.

« Il y a quelque quatre-vingts ans, la chapelle Notre-Dame de Verviers faisait partie d’un édicule particulier entouré d’aubépines puissantes. Celles-ci étaient littéralement couvertes de clous, signe matériel de la dévotion pour Marie Miraculeuse. Une pieuse coutume voulait, en effet, que les pèlerins venus pour une affection de la vue bassinassent leurs yeux avec l’eau de la source d’une prairie voisine, puis qu’ils revinssent encore prier après avoir enfoncé quelques clous dans les aubépines entou­rant la chapelle. Peu après 1860, édicule et aubépines disparurent pour des raisons d’aménagement de la voirie. Mais en 1891, une coquette logette surmontée d’une croix en briques fut aménagée à l’intention de Notre-Dame de Verviers, dans le pignon d’une maison bordant la Haute Chaussée, à une trentaine de mètres de l’emplacement initial» (Calvaires et chapelles en Hainaut, juin 1949, p. 8).

 

(p.133) Dans la revue Jadis, t. XVII, 1913, pp. 129 et 148, on trouve la question suivante : «Dans l’église de Naast existe une statue figurant sainte Annuelle. Un bénéfice ecclésiastique sous son vocable existait dès 1740 en cette paroisse ; des pèlerinages avaient lieu en cette localité pour réclamer son intercession. Vainement, nous avons cherché dans les cata­logues de saints la mention de cette bienheureuse. Existe-t-elle ou bien est-ce un pseudonyme, un nom populairement travesti?»

Au sujet de cette sainte, dans Hainaut Tourisme, n° 134, mai 1969, p. 101, Guy Duwez parle du mobilier de l’église de Naast et cite «un petit chef-d’œuvre de grâce et de style : la statue gothique de sainte Annuelle dont le culte est signalé dans les Annales de Cambrai par un document de 1740, sous la graphie d’Anielis ou sainte Agnès (?). Il ne semble pas qu’il puisse s’agir d’une sainte locale (…). Cette admirable sculpture, décapée, en chêne (…) d’un travail très soigné [date] de la fin du XVe siècle ».

 

(p.134) De son côté, mon ami l’abbé Léon Jous me dit qu’il a trouvé ceci aux Archives de l’État, à Mons, Fonds de l’abbaye Saint-Feuillien du Rœulx, n° 532, Déclaration des héritages appartenant à Leurent du Maret, gisant à Naast : «Jehan le Beuwier tient un journal tenant aux hoirs de le Cubonde et à l’héritage de la chapelle sainte Annuelle en l’église dudit Naast» (année 1591, le 26 septembre). Ce précieux renseignement est antérieur à la date donnée par G. Duwez ci-dessus.

Au cours d’une enquête sur le terrain à Naast, j’ai appris que sainte Annuelle était invoquée pour les maladies des yeux. On se rendait à la rue de la Maladrie où coulait une fontaine ; on trempait des compresses dans cette eau et on les appliquait sur les yeux malades. De plus une neuvaine de prières était faite à l’église devant la statue de la sainte pour obtenir la guérison des yeux. Une maison fut construite sur le terrain de la fontaine mais ses habitants avaient installé un tuyau pour qu’on puisse se procurer de l’eau qui se déversait dans la Senne.

Le culte de sainte Annuelle à Naast a disparu vers 1950.

 

Pour les maladies des porcs, pourchas, et pour préserver les enfants des convulsions, on va prier saint Antoine en Barbefosse, dit saint Antwane dès pourchas, à la chapelle qui lui est consacrée à Havre.

A ce sujet, J. Chalon, Fétiches, idoles et amulettes, t. 2, p. 72, écrit que le «puits Saint-Antoine à Havre donne une eau miraculeuse pour les maladies des porcs». Le même auteur, op. cit., t. 1, p. 328, ajoute que «pendant le choléra de 1831, saint Antoine fut beaucoup visité et imploré dans la chapelle de Barbefosse où on allait boire l’eau miraculeuse du vieux puits. On prétend que ce puits a été bénit par le saint lui-même ».

De nos jours, on peut encore voir le puits mais on ne connaît plus la vertu curative de son eau.

 

À Houdeng-Goegnies, dans l’avant-cour d’une maison sise au n° 92 de la rue Léon Houtart, se trouve une chapelle consacrée à saint Biaise. On y vient prier pour la guérison des malades souffrant des yeux et de la gorge. Une source qui possède des vertus curatives coule dans la cave de la maison. Le culte est toujours vivace et les malades boivent l’eau de la source pour guérir leur gorge; cette eau sert aussi à bassiner les yeux malades.

Bien que saint Clément ne fasse l’objet d’aucun culte à Fouleng dont l’église lui est consacrée, je tiens à en parler ici car il y a une fontaine Saint-Clément dans cette localité.

 

Tous les témoins interrogés disent que cette eau est renommée pour sa fraîcheur et sa pureté mais ils ne se souviennent pas avoir entendu parler d’une éventuelle vertu thérapeutique. Cependant, une vieille femme croit se souvenir que l’eau était frottée sur les yeux malades.

On raconte à Fouleng que saint Clément a été décapité dans cette commune et que sa tête a rebondi quatre fois sur le sol en tombant et, chaque fois, une source a jailli. Il y a donc quatre sources disposées en carré; un fût de pierre de 1,25 mètre a été enterré à côté de chacune d’elles. L’eau coule sans arrêt, même pendant les plus fortes sécheresses; autrefois, on venait même de Soignies pour puiser de l’eau.

 

Cette légende est une belle adaptation locale d’un épisode de la vie de saint Clément. En effet, L. Réau, Iconographie des saints, Paris, 1958, t. 3, p. 321, dit que pendant son exil en Crimée où il avait été condamné (p.135) à casser des pierres dans une carrière, pour désaltérer ses compagnons mourant de soif, saint Clément invoqua l’Agneau de Dieu qui, grattant le sol, fit jaillir une source du rocher; finalement, le saint est noyé dans la mer Noire avec une ancre au cou.

Le 3 janvier, les pèlerins vont prier sainte Geneviève pour les maladies des yeux en l’église consacrée à cette sainte à Mont-Sainte-Geneviève. Près de l’église se trouve la fontaine Sainte-Geneviève, èl fontène Sainte-Jèn’viéve, où, après avoir prié, on allait chercher de l’eau pour bassiner les yeux. Depuis une trentaine d’années, cette eau n’est plus recherchée par les pèlerins car la fontaine est obstruée par la végétation et la mare sert d’abreuvoir (!) au bétail d’une ferme voisine.

 

(p.138) A Chapelle-lez-Herlaimont, on se rend encore à l’église Saint-Germain pour les enfants dont la marche est hésitante et difficile ; on dit qu’ils souffrent du mau Saint-Jèrmin.

Autrefois, les pèlerins faisaient plusieurs fois le tour de l’église en priant puis allaient brûler une chandelle au pied du buste de saint Ger­main. Ensuite, ils se rendaient à la chapelle attenant à l’église. Cette chapelle renfermait un bassin d’eau alimenté par un puits creusé à côté de l’édifice religieux vers 1885.

On posait sur l’eau une chemise de l’enfant souffrant du mau Saint-Jèr-main. Si le côté gauche du vêtement s’enfonçait dans l’eau, c’était la jambe gauche qui était faible, et si c’était le côté droit, c’était la jambe droite qui handicapait l’enfant. Lorsque la chemise entière coulait, c’était le désespoir pour les parents. On emportait de l’eau dans des bouteilles et on la versait en petite quantité dans l’eau du bain de l’enfant souffrant. Depuis environ 25 ans, il n’y a plus d’eau car la pompe amenant l’eau du puits au bassin a été détraquée ou démolie. De plus, la chapelle où (p.139) se trouvait le bassin a été désaffectée pour y placer un … réservoir à mazout (!) destiné à alimenter le chauffage de l’église.

De nos jours encore, pour guérir les personnes qui ont peur, on va en pèlerinage à Bellecourt pou chèrvi saint Djan en l’église Saint-Jean.

 

Avant 1914, les pèlerins allaient puiser de l’eau à la fontène Saint-Djan (située à 200 mètres de l’église) pour la boire afin de renforcer les prières récitées devant la statue du saint à l’église. Actuellement, les gens ont oublié les vertus de cette eau mais lors de la procession de la Saint-Jean (disparue en 1968), le curé s’arrêtait devant la fontaine pour la bénir.

Cependant, en raison de la pureté de l’eau, de très nombreuses per­sonnes de Bellecourt et des villages environnants viennent toujours cher­cher de l’eau mais uniquement pace que èle est foûrt bone.

 

(p.140) Les maus Saint-Lorint désignent à la fois une espèce d’impétigo, la croûte de lait, l’eczéma, des éruptions sur la peau des jeunes enfants, selon les témoins interrogés au cours d’une enquête sur le terrain.

Pour guérir cette affection, on se rendait en pèlerinage, au siècle der­nier, pour prier saint Laurent en la chapelle du château féodal de Traze-gnies où l’eau d’un puits était considérée comme miraculeuse. Les parents s’en servaient pour nettoyer les maus Saint-Lorint.

Après la vente du château en 1891, la statue de saint Laurent fut transférée en l’église Saint-Martin, à Trazegnies. De nos jours, les pèlerins viennent isolément chèrvi saint Lorint en l’église précitée.

 

* *

A Anderlues, au hameau d’Ansuelle, on trouve la chapelle Saint-Lau­rent, tchap’lète Saint-Lorint, où l’on va prier le saint pour la guérison des (p.141) yeux malades. Ensuite, on se rend à 300 mètres de là, dans le bos dèl Tayète où la fontène Saint-Lorint débite une eau servant à bassiner les yeux.

Il y a lieu de noter que pour la forme d’impétigo appelée maus Saint-Lorint, les habitants d’Anderlues se rendent à la collégiale de Lobbes.

On va en pèlerinage à Hoves, en l’église Saint-Maurice, afin d’invoquer ce saint pour les maux de tête.

J’ai assisté au pèlerinage du 31 mai 1979. Lorsque les pèlerins arrivent dans l’église, ils passent devant le curé H. Temperman qui leur donne le reliquaire de saint Maurice à baiser, puis ils vont prendre une couronne de fer pendue à des crochets dans la chapelle Saint-Maurice (transept gauche). Ces couronnes en fer torsadé ont été fabriquées par le forgeron (p.144) de Hoves, elles sont de dimensions différentes et au nombre d’une soixan­taine.

Les pèlerins vont ensuite brûler un cierge devant l’autel de saint Mau­rice et viennent s’agenouiller dans la nef centrale pour prier après avoir passé le bras dans la couronne. Habituellement, elle est posée sur la tête. Après avoir prié, ils sortent de l’église et en font trois fois le tour en récitant le chapelet. Certains pèlerins ont deux ou trois couronnes au bras car ils font le pèlerinage pour plusieurs personnes, infirmes ou inca­pables de venir à Hoves.

Ensuite, ils rentrent dans l’église, remettent les couronnes en place et vont dans la nef centrale ou devant l’autel Saint-Maurice pour réciter à nouveau des prières.

A Hoves, «une source fournissant l’eau dite de saint Maurice existe sur le Broeckmeers, près des murailles du parc. Certains pèlerins n’ont pas encore perdu le souvenir qu’on allait y puiser autrefois pour obtenir la guérison des névralgies. Or, un jour, le- fermier capta la source et la réserva à son bétail. Depuis, les abords en devinrent fangeux, quasiment inabordables et cette pratique disparut» (H. Temperman, dans Annales du Cercle Archéologique d’Enghien, t. 13, 1962-1963, p. 278). Dans une communication orale, l’abbé H. Temperman date ceci d’une cinquantaine (p.145) d’années et ajoute que l’eau était bue sur place ou emportée par des pèlerins dans des bouteilles.

 

La fontaine Saint-Médard, èl fontène Sint-Mèdârd, située à Anderlues dans le quartier Saint-Médard, à quelques pas de la chapelle du même nom érigée en 1752, dispense une eau recueillie par les pèlerins souffrant de maux de tête.

Ajoutons que saint Médard, patron de la paroisse, est invoqué pour les maux de tête et la protection des cultures et du bétail.

 

Saint Quirin, dit saint Cwèlin, est l’objet de la vénération de très nombreux pèlerins venant de partout en l’église Saint-Martin à Leernes, où la Confrérie de saint Quirin date de 1636.

(p.146) Germaine Walraevens-Cauderlier m’écrit à ce sujet :

«Je suis née à Leernes en 1894 et je connais les maux sint-Quirin. Ce sont de grosses pustules autour de la bouche ou des plaies suppurentes sur le corps.

A Leernes, le- pèlerinage à saint Quirin qui avait lieu le premier dimanche de mai effaçait tout cela. Voici comment se préparait ce pèle­rinage. Saint Quirin avait sa statue dans l’avant-chœur de l’église; devant elle une espèce de comptoir où on vendait de l’eau bénite. Cette eau provenant d’une source munie d’une pompe qui s’appelait pompe Venant. Cette eau était potable et publique. La veille du pèlerinage, on préparait l’eau pour la bénir. Les ménagères procuraient de grands récipients genre cuvelles, marmites, etc., et les enfants du catéchisme étaient conviés à les remplir. Nous faisions, avec ces récipients, la navette entre la pompe et l’église (50 mètres) : on s’amusait bien à renverser le seau d’eau sur son copain! Le dimanche matin, les pèlerins arrivaient à pied de tous les côtés du village. Ceux qui venaient de plus loin descendaient à la gare (p.147) de Fontaine-l’Evêque d’où une marche de 30 à 40 minutes pour atteindre Leernes ; toute la journée, la route était noire de monde. L’eau se vendait pour une somme très minime. Sur la place s’installait une grande kermesse que les gens et les enfants appréciaient beaucoup.

 

J’ai quitté Leernes et la Belgique pendant longtemps. A mon retour, le grand homme que fut le Docteur Hautain, de Leernes, m’a fait appeler quelques jours avant de mourir. Il m’a raconté qu’il s’était battu avec le Conseil Communal pour garder la pompe Venant. Il en avait fait analyser l’eau : elle était ferrugineuse et devait effectivement guérir les plaies.

Le pèlerinage existe toujours mais, maintenant, on y vient en voiture chercher l’eau du robinet dont le prix a été indexé ».

 

Michel Mairiaux me communique en date du 13 août 1979 que le pèlerinage n’a pas cessé mais la procession a été supprimée en 1974 par le Conseil paroissial qui a estimé que la croyance locale n’est plus suffi­sante et qu’il y a un manque de témoignage de foi. Il y a encore une centaine de pèlerins le jour du pèlerinage et, entre-temps, quelques per­sonnes viennent prier isolément.

Au cours de mon enquête, j’ai appris que lès maus Saint-Cwèlin dési­gnent des ulcères incurables, des écrouelles, des tumeurs, des abcès puru­lents, de l’impétigo autour de la bouche, des plaies variqueuses sur les (p.148) jambes, des plaies suppurentes sur le corps; à Arquennes, Henripont et Marche-lez-Ecaussinnes, on invoque saint Quirin pour les panaris.

 

Les pèlerins emportent de l’eau; elle est bue par les malades ou mise en compresses sur les parties du corps malades. En ce qui concerne cette eau miraculeuse, plusieurs anciens puits et fontaines sont désignés par la tradition. En réalité, avec la disparition successive de ceux-ci, les curés de l’endroit étaient bien obligés de s’approvisionner aux points d’eau proches de l’église d’où la confusion. M. Mairiaux me signale que les archives communales déposées à la bibliothèque communale de Leernes mentionnent «une ruelle a le fontaine saint Quirin aux XVIIe et XVIIIe siècles». Les archives disent aussi «en ce dit chemin est li voye à le fontaine qu’on dit li fontaine St Querin es preits de le porte [ferme dite dèl Porte ou Delporte, actuellement ferme Fourneaux] liquelle fontaine est héritage et aisemence az dittes villes» (copie d’un Record de chemin, 1462, dans : A. Gosseries, Monographie de Leernes, Mons, 1912. Les mêmes archives ajoutent «prêts al fontaine St Querrin tenant au chemin du Seigneur» (Archives communales, Compte des Pauvres, 1729).

 

(p.149) Au sujet de cette eau, M. Mairiaux me dit :

–  Sous l’abbé A. J. Theys (avant 1905), la fontaine dite de saint Quirin fournissait l’eau. Elle était située dans l’actuel jardin de Mlle Lucie Ber-teaux, rue A. Caebergs. La source s’est tarie naturellement.

–  Sous l’abbé Alitor Quinet (de 1905 à 1946), on tire l’eau de la pompe extérieure du puits de la cure.

–  Sous l’abbé Désiré Grard (de 1946 à 1948), le puits est mis à sec par les travaux d’égouttage. Ce curé pompe l’eau du puits de l’école commu­nale (actuellement transformée en atelier des travaux communaux).

–  Sous l’abbé Emile Goffart (de 1948 à 1955), il semblerait que l’on se servait de différentes pompes autour de la place communale (pompe Venant, pompe de la ruelle Dardine, pompe du fond de la place, etc.). Ce qui déclencha l’ironie du village.

– Sous l’abbé Ferdinand Moureau (de 1955 à 1973), celui-ci fait ins­taller dans le fond de l’église, dans la chapelle Saint-Quirin, un réservoir (p.150) dissimulé par une porte-armoire reliée… à l’eau de ville. Deux robinets peuvent débiter l’eau à l’intérieur de la chapelle.

–  Sous le vicaire Joseph Tamigniau (de 1973 à 1981), les deux robinets ne fonctionnent plus mais quelques grands pots de terre contiennent de l’eau censée être de saint Quirin, renouvelée au besoin à l’aide d’eau de ville. Il est vrai que ce jeune prêtre n’attache aucune attention particulière à ce qu’il qualifie lui-même de folklorique.

–  Sous l’abbé Paul Verhaegen (depuis 1981), la politique du prêtre précédent est adoptée.

Quant aux ex-voto, il s’agissait ici de plaques en marbre, de crucifix, de béquilles; ils ont été remisés au grenier (!) du presbytère en 1974.

 

La Confrérie Saint-Quirin périclite avec le décès des personnes âgées qui y croyaient et la montée des jeunes générations qui n’y croient plus. M. Mairiaux a pu consulter un des deux fichiers qui comprenaient ensemble environ 500 membres ayant participé d’une manière ou d’une autre au pèlerinage au moins une fois depuis 1973 (oboles, remerciements, achats d’eau, etc.). Ces pèlerins reçoivent chaque année une circulaire-invitation. Ils sont originaires d’Anderlues, Bellecourt, Binche, Bruxelles, (p.151) Marchienne-au-Pont, Strépy-Bracquegnies, Braine-le-Château, Buvrin-nes, Carnières, Charleroi, Courcelles, Chaussée-Notre-Dame-Louvignies, Forchies-la-Marche, Fontaine-l’Evêque, Genly, Gilly, Goutroux, Hornu, Horrues, etc.

Le deuxième registre de la Confrérie, commencé en 1809 (le premier datant du 14 décembre 1636 ayant été perdu), comprend 219 lieux ou localités d’où étaient originaires les membres. Les plus éloignés viennent d’Enghien, Bruxelles, Haï, Dinant, Couvin et même du nord de la France (Valenciennes, Douai, Avesnes).

A La Hestre, communément avec l’eau rapportée du pèlerinage à Leernes, la bugle rampante dite yèrbe-Saint-Cwèlin guérit le mau Saint-Cwélin qui est une sorte • »d’ulcère (Le Pays de saint Remacle, 1967, n° 6, p. 67).

 

Pour lès maus sint-Cwèlin, on va aussi chercher de l’eau bénite, yau Saint-Cwèlin, au couvent des sœurs Récollectines, à Braine-le-Comte, où sont honorées des reliques du saint. Les malades emportent cette eau qu’ils boivent ou qu’ils mettent sous forme de compresses sur les parties malades. La litanie en l’honneur de saint Quirin est récitée, selon une circulaire de 1949 «pour les enfants faibles, languissants et maladifs, ainsi que pour différentes affections comme les glandes, les abcès, les blessures et autres infirmités du corps».

On va prier sainte Radegonde en l’église de la Sainte-Vierge à Chaussée-Notre-Dame-Louvignies pour la croûte de lait, lès dronkes, des enfants.

A noter que J. Coppens, Dictionnaire aclot, p. 144 (art. dronkes), dit que l’on va invoquer sainte Aragonde à Soignies pour la croûte de lait. Après une enquête serrée auprès du clergé sonégien et de plusieurs dévots, il s’avère que cette sainte n’est pas honorée à Soignies. Il s’agit d’une erreur de J. Coppens qui a confondu Louvignies et Soignies. Cette erreur est reprise par El. Legros, Les maladies portant le nom du saint guérisseur, dans Enquêtes du Musée de la Vie wallonne, p. 83 (note 2) et A.-M. Fossoul-Risselin, Le vocabulaire de la vie familiale à Saint-Vaast, Liège, 1969, p. 79.

 

(p.152) A l’église de Chaussée-Notre-Dame-Louvignies, la statue en chêne de sainte Radegonde, dite sainte Aragonde ou sainte Aragone en wallon, date du XIVe ou du XVe siècle.

« En 1653, le pape Innocent X accorda une indulgence plénière à ceux qui, le jour de sa fête, visiteront l’église de sainte Radegonde. Il devait sans doute exister une source de sainte Radegonde au Marais, lieu-dit. Encore actuellement, on vient chercher de l’eau bénite de sainte Rade­gonde» pour bassiner lès dronkes (A. Fasseaux, Aperçu historique sur Chaussée-Notre-Dame-Louvignies en Hainaut, Lens, 1957, p. 48). Les témoins interrogés au cours de mon enquête orale ne se souviennent pas d’avoir entendu parler de cette source.

La flame Sainte-Ernèle [Renelde] désigne des rougeurs en forme de flammes sur la peau, particulièrement le visage.

 

Pour ce mal et aussi pour toutes sortes de maux tels que les furoncles, les abcès, les anthrax, les humeurs, les dartres sur la figure et le corps, les ulcères, les plaies, les maux d’yeux et de la peau, les paralysies, les apoplexies, la croûte de lait et l’érysipèle, on va en pèlerinage à Saintes (Brabant) où on puise de l’eau à la fontaine Sainte-Renelde pour bassiner les yeux malades et les parties du corps atteintes. Ensuite, on fait le tour de la fontaine en récitant le chapelet; la présence du prêtre n’est pas nécessaire. Avant ou après la visite à la fontaine, le pèlerin va prier sainte Renelde à l’église consacrée à cette sainte dont la statue date des alentours de 1500. Il est conseillé de suivre la procession dite Tour de sainte Renelde qui sort le dimanche de la Trinité.

 

  1. Dewert (La Vie Wallonne, t. 8, 1927-1928, pp. 268-269) écrit que «les pratiques en usage au pèlerinage de sainte Renelde à Saintes sont assez intéressantes pour trouver place ici. Sainte Renelde est invoquée seule pour une tache ou bouton blanc à l’œil. S’agit-il d’humeurs, de petits boutons, d’inflammations, on s’adresse aux trois martyres, sainte Renelde et les deux servantes martyrisées en même temps. Il faut de même prendre deux pèlerins avec soi, ainsi que pour aller à la fontaine. On baise la relique de sainte Renelde et l’on contourne à droite la châsse de la sainte. La fontaine est à un quart de lieue de l’église. On s’y rend avec deux pèlerins; on fait trois offrandes et trois neuvaines, car on ne peut «servir» trois saints à la fois. S’il s’agit d’un mal qui affecte le corps entier, il faut prendre une chemise du malade. Si c’est un mal à la jambe, au bras, on se munit d’un linge qui a été en contact avec le mal et d’une bouteille. Les deux <copèlerines> vous débarrassent du paquet à la gare.

(p.153) Chacune dépose une offrande et baise la relique; neuf Ave et neuf Pater sont récités. Deux tours se font à l’intérieur de l’église, le troisième au dehors. A la fontaine, les pèlerines puisent de l’eau, font trois tours en touchant les piliers de la fontaine. Elles mettent de l’eau dans la bouteille, mouillent la chemise, lavent le linge sale apporté, le jettent sur un tas de même linge où il va rejoindre beaucoup de ses pareils, en disant : <Tiens! que le mal reste là, maintenant>. De retour chez soi, on boit de cette eau pendant neuf jours, on < bassine> le mal au moyen d’un linge propre que l’on a emporté et que l’on a mouillé. La chemise que l’on a rapportée et que l’on a séchée, aux trois quarts seulement, on la porte pendant neuf jours et l’on fait « sortir » toutes les humeurs. C’est à la fontaine que s’opèrent les miracles ».

 

Sur le territoire de Gouy-lez-Piéton, au hameau des Communes, à l’Coumène, on peut voir une petite chapelle consacrée à sainte Renelde, èl tchaplète Sainte-Èrnèle, où l’on vient prier pour les maladies des yeux. A proximité, une source appelée èl sourdant Sainte-Èrnèle laisse couler une eau dite yau Sainte-Èrnèle^ derrière la ferme Dubois. Dans les années trente, des linges, lokes, pendaient aux branches de l’arbre avoisinant l’édifice, ils avaient servi à frotter les yeux malades. Cette chapelle était aussi appelée èl tchaplète à lokes. De nos jours, quelques rares vieillards viennent prier sainte Renelde mais il semblerait que l’utilisation de l’eau de la source a disparu.

 

Avec l’eau rapportée de Saintes, de Gouy-lez-Piéton ou de Lobbes, Vyèrbe Sainte-Èrnèle guérit la flame Sainte-Èrnèle. Cette plante est la valériane phu, selon El. Legros, Les maladies portant le nom du saint guérisseur, p. 117 et aussi la népéta des chats, cataire, selon C. Tricot, Extrait du glossaire des Ecaussinnes, Écaussinnes-Lalaing, 1924, p. 8.

Pour la facilité du déplacement, les fidèles d’Anderlues, Binche, Buvrinnes, Épinois, Mont-Sainte-Geneviève et environs vont prier sainte Renelde en la collégiale Saint-Ursmer à Lobbes.

Les lignes qui suivent et qui traitent de ce pèlerinage sont tirées de l’excellent travail d’André Fromont, Le folklore des sources, des fontaines et des puits dans l’Entre-Sambre-et-Meuse, mémoire de la Faculté des Sciences sociales, politiques et économiques, Section des Sciences socia­les, Université Libre de Bruxelles, 1976, pp. 37-40.

 

(p.154) «Le puits Sainte-Renelde se trouve dans la crypte de la collégiale Saint-Ursmer à Lobbes. Ce puits est très ancien et n’est pas directement accessible. On l’aperçoit au fond d’une niche protégée par une grille; un tronc et une pompe (11 mètres de tuyaux) qui amène l’eau sont fixés à cette grille. Anciennement, on puisait l’eau à l’aide d’un gobelet fixé à la chaînette. M. Simon Brigode qui a fouillé le puits n’y a rien trouvé; il pense que ce puits a été vidé lors de récents travaux de restauration (…).

 

D’après J. Chalon, Fétiches, idoles et amulettes, t. 1, p. 120, on invoque sainte Renelde à Lobbes < contre les humeurs et les ulcères invétérés >. Le sacristain nous a affirmé qu’on y venait pour l’eczéma. Aucune céré­monie n’est organisée par le clergé et aucun rite particulier n’est pratiqué sur place par les pèlerins. Le sacristain nous a raconté comment une personne de Gosselies, atteinte d’eczéma, emploie l’eau : tous les soirs, pendant neuf jours, elle se lave les mains avec l’eau de sainte Renelde et les laisse sécher ; ensuite elle récite une prière spéciale à sainte Renelde. Il s’agit donc d’une neuvaine.

 

(p.155) Un autel en l’honneur des saintes Renelde et Brigitte est installé dans une chapelle particulière de l’église. On y vient fréquemment, d’après le nombre de cierges allumés et l’argent trouvé dans le tronc (renseigne­ments fournis par le sacristain).

Du temps de Jean Chalon, le puits n’existait pas. Il écrit, op. cit., p. 120, qu'<à défaut de fontaine naturelle, les pèlerins viennent faire bénir de l’eau en son honneur; M. l’abbé J. Vos, vicaire à Lobbes, approuve beaucoup cette pratique : ce n’est pas une superstition. Il y avait jadis à Lobbes un puits miraculeux, dits Puits de sainte Renelde, dans le prolongement de la crypte ; mais il a été recouvert au XIXe siècle par les degrés du sanctuaire >. Nous trouvons confirmation de ce fait dans un feuillet appelé Litanies de sainte Renelde et qui servait naguère de manuel de prière aux pèlerins. On y trouve, barrée, la notice suivante < On peut se procurer l’eau, les litanies et les médailles chez M. Dartevelle, 6, ruelle de Thuin (derrière le chœur de l’église) >. L’eau bénite avait donc remplacé l’eau sacrée du puits et était employée de la même façon. Il est probable que le puits a été remis en état lors d’une récente restau­ration de la crypte».

 

(p.156) Autrefois, à Saint-Vaast, on allait chercher de l’eau à une source située près de l’ancien moulin. Après le détournement du cours de la Haine, on prit l’eau à une pompe située dans la cour d’une maison contiguë au parvis de l’église consacrée à saint Vaast. Depuis l’installation de l’eau de ville dans le village, les enfants de chœur vont chercher de l’eau à la cure. Cette eau (de la source initiale, de la pompe ou de la cure) est bénite par le prêtre et est distribuée aux pèlerins qui l’emportent dans des bouteilles ou autres récipients. Cette cérémonie a lieu le 13 février, date de la fête de saint Vaast, saint Vau.

De nos jours, quelques personnes âgées et les élèves de l’école parois­siale assistent à la messe du 13 février.

 

Cette eau, appelée y au d’ saint Vau sert à bassiner les yeux malades. Selon la tradition populaire, une fillette aveugle de naissance a vu après s’être frotté les yeux avec cette eau.

(p.157) On trouve à Casteau la fontaine Sainte-Waudru appelée aussi fontaine des Malades.

Cette fontaine fournit une eau ferrugineuse qui est bue par les per­sonnes faibles, de constitution fragile. La légende qui s’y rapporte est citée par J. Chalon, Fétiches, idoles et amulettes, t. 1, pp. 184-185, qui se réfère à Jacques Simon, Le portrait de [‘estât de mariage et de continence fait sur la vie de sainte Wautrude, comtesse de Hainaut et patronne de Mons, Arras, 1629, p. 242 et p. 81 des annotations, 2e édition, Mons, 1846, pp. 57 et 93 :

 

« Comme sainte Waudru tout le temps de sa vie s’est toujours montrée fort portée à exercer la miséricorde vers les affligés. Il semble qu’elle n’ait voulu désister après sa mort de faire preuve de cette sienne vertu. Ceci nous veut signifier une certaine fontaine distante d’environ une lieue de Mons, qui se voit encore pour le présent au village de Casteau, en la grande forêt de Mons (…). Elle a été tenue une longue suite d’années en vénération par les habitants du dit lieu; et certes, non sans raison, attendu que, comme l’on dit, les malades qui s’en servaient recouvraient leur santé par les mérites de la glorieuse sainte Waudru, et vu le cas suivant, qui donna sujet d’étonnement à plusieurs. Car, comme en Fan 1011 (selon le calcul de Sigebert), quelque femme s’y acheminait pour s’y laver et recevoir guérison d’une maladie qui l’affligeait, elle la vit toute teinte comme d’un sang frais, si qu’en ayant lavé sa face, elle fut toute ensanglantée. Ce prodige fit dire à Gérard, premier de ce nom, évêque d’Arras et de Cambrai, qu’une guerre se devait tôt élever. Et de fait, Lambert II, comte de Louvain, l’excita contre le duc Godefroy au champ de Floreffe, en l’année 1015. Mais le pauvre infortuné comte, pour toute sa préparation s’étant souillé la nuit auparavant la bataille avec une nonnain, et puis ayant reçu d’elle quelques reliques pour se prévaloir contre les périls de la guerre ; comme il était à combattre, icelles tombantes de dessus lui, reçut le coup mortel qui le porta par terre, et qui sait si non pas plus avant dans le plus creux de son sein? Tant y a que la fontaine de sainte Waudru a comme voulu montrer par le change­ment de sa couleur naturelle en celle du sang, la compassion que ressentait la bonne sainte de cette guerre voisine ; comme ainsi soit que les saints ne se plaisent pas au carnage et aux désastres que nous voyons arriver en terre, par les guerres que se font les hommes les uns aux autres ».

 

  1. Chalon, op. cit., p. 185, ajoute : « Aux XVIe et XVIIe siècles, le peuple avait encore une grande vénération pour cette fontaine, que l’on considé­rait comme guérissant les maladies les plus graves. On invoquait la patronne de Mons contre une affection appelée maladie de sainte Waudru ; quelle était cette maladie dont on ne trouve plus aucune mention après le milieu du XVIIe siècle? De temps à autre, de nos jours, on parle de cette (p.158) fontaine chez les bonnes femmes de l’endroit ; elles prétendent qu’elle guérit « les maladies du sang ».

Une enquête orale à Casteau et environs ne m’a pas permis de trouver des traces de cette maladie. Cependant, je dois ajouter que lorsque l’on est de constitution fragile ou que l’on est faible, on croit que l’on n’a pas assez de sang. C’est ce qui expliquerait peut-être «les maladies du sang» citées par J. Chalon.

Jusque vers 1920, pour guérir les brûlures, on employait de l’eau puisée à une source (maintenant disparue) du Bos du Boulî à Joliment (Haine-Saint-Paul) ; on frottait la brûlure avec un morceau de toile bleue, ène bleûse loque, préalablement trempée dans cette eau.

 

Sur le territoire de Piéton, aux confins du bois de Trazegnies, èlfontène Colau donne naissance à un ruisseau qui se déverse dans la rivière, le Piéton. On allait chercher cette eau pour bassiner les yeux malades. Les bouilleurs l’appréciaient également car elle avait la réputation d’enlever facilement les poussières de charbon agglomérées dans les cils.

Après le captage des eaux de cette fontaine vers 1930 par une société de distribution d’eau, il ne fut plus possible d’avoir accès à la source.

A Haine-Saint-Paul (Fond), à la rue de la Fontaine, quartier mieux connu par l’appellation wallonne à l’ Fontène, une fontaine (sans nom spécifique) débitait en abondance une eau qui avait la réputation de guérir les maladies des yeux.

Elle fut tarie vers 1935 à la suite du glissement du terril de la fosse n° 10 (charbonnages de Houssu) qui recouvrit une quinzaine de maisons. Ce furent probablement les perturbations causées dans le sous-sol par ce glissement qui arrêtèrent le débit de la fontaine.

 

(p.159) Au lieu-dit Sec Pachî à Chapelle-lez-Herlaimont, une fontaine dite èl fontène du Sec Pachî donnait une eau réputée pour guérir les yeux mala­des. On cessa d’y aller vers 1945 mais on n’a pu me donner la raison de cet abandon.

A Anderlues, à l’endroit dénommé en wallon à les Rouwèles ou à lès Ruwèles (officiellement : rue des Ruelles), une fontaine appelée fontène qui bâche ou bien fontène Djène Guîye (Djène, Jeanne ; Guîye est peut-être un sobriquet) ou encore fontène djeù d’ guîyes (guîye, quille) débite une eau servant à bassiner les yeux malades. Le débit de cette fontaine baisse, bâche, en période de sécheresse d’où son nom fontène qui bâche.

agoûdjwès (chantoirs)

in: Lomegné d’vins l’ timps (Louveigné dans le temps), s.d., p.76