èl Grand Hornu

Gaston Dieu, BORAINS ET BORINAGE, in: EB

 

II y avait dans le caractère des vieux borains un esprit em­preint à la fois de mysticicisme et de ferment révolutionnaire.

Les noms donnés aux anciens charbonnages de la région, tels Ste.-Caroline à La Beuverie, Ste.-Désirée et Ste.-Julie du Rieu du Cœur, Ste.-Hortense à Pâturages, Ste.-Eugénie à Hornu, Ste.-Henriette et St.-Louis à Flénu apportent un témoignage à cet esprit mystique et religieux.

Témoins aussi les nombreuses chapelles qui sillonnent la terre ancestrale : Notre Dame du Coron à Eugies, Notre Dame de Grâce à La Bouverie, Notre-Dame de Lourdes à Quaregnon.

Mon grand’père maternel me racontait qu’auparavant, avant de descendre dans le « bougnou » les ouvriers mineurs se ren­daient à la messe du matin. (…)

Enfin on sait aussi que de nombreux borains participèrent à la Révolution de 1830 comme volontaires et pour en finir sur une note gaie je citerai 3 couplets de la chanson finale du premier acte de la Comédie « Èl Cron Saudârt » de notre littérateur célèbre Joseph Dufrane :

 

Les Hollandais arinent volu

No fèy passer tout-oute. (…)

Mais lès Bèljes qui n’ sont ni couyons

La faridondaine, la faridondon,

Leû-z-ont faît vîr qu’ il èt’ trop p’tits,

Biribibi, / A la façon de Barbari, / Mon ami.

 

Quand les Borins sont arivés

Capiaumont l’ patriyote

A dit : « Ç’ comp-ci, lès Holandès

Pèt’ ingraîsser leûs botes.

Et si lès Framerisoûs î sont,

La faridondaine,  la faridondon,

Atincion l’ danse va couminchi

Biribibi, / A la façon de Barbari, / Mon ami.

 

Là-d’ssus, les Framisoûs s’ ont rués

Come dès diape in l’ mèlée.

Is-ont faît avu l’s-Holandès

In gros moncha d’ porée.

À l’ fin, Roger èt Capiaumont,

La faridondaine,  la faridondon,

Ont canté : c’ èst toudè Framerîye,

Biribibi, / A la façon de Barbari, / Mon ami.