Li carnaval dins l' province di Lîdje / Le carnaval en province de Liège

Li Cwarmê (Mâmedi / Malmedy): cf dossier
Li Létârè (Stâveleû / Stavelot) : cf dossier

carnaval dins l’ pârtîye jèrmanofone (èt l’ pârtîye franciséye di fwèce) (carnaval dans la partie germanophone (et la partie francisée de force): cf carnaval > “ôte paut” 

Grands feûs (grands feux) : cf dossier

li djudi dès feumes (le jeudi des femmes)

(VA, 17/02/2012)

Djalhê (Jalhay) èt Hèrbièstèr (Herbiester) - Lès Singlés èt lès Boûs (les Sangliers et les Boeufs)

(VA, 24/02/2012)

Djalhê (Jalhay)

(VA, 02/12/2013)

Djalhê (Jalhay) - carnaval

(VA, 08/03/2019)

Dolhin (Dolhain) - li djudi dès viyès feumes (le jeudi des vieilles femmes)

(VA, 08/02/2013)

Dolhin (Dolhain) - carnaval

(in: Valérie Dujardin, Limbourg, une nature intacte, un patrimoine exceptionnel, Les Cahiers du patrimoine, 90, 2012, p.42)

Ébèn’-Émål (Eben-Emael) - lès hoûres

Ébèn’-Émål (Eben-Emael) - lès hoûres

LB /05/03/2003

 

Depuis plus de cent ans, le «Carnaval noir» d’Emael vit six jours aux rythmes des Hoûres et des rouflâdes. Le « Réveil aux tambours», instauré par les trois Sociétés et Harmonies du village, célèbre ses 20 ans. Un carnaval de rues typique.

 

REPORTAGE

 

Il est 7 heures, hier, lorsque les automobilistes en partance pour leur boulot à Liège, Herstal ou Bruxelles ralentissent 15 secondes sur la route d’Eben-Emael, à Wonck (Bassenge). Mardi Gras oblige. Ici, dans la Vallée du Geer, le réveil au tambour, c’est sacré! « Ce rituel n’est pas lié aux origines de notre carnaval», explique René, 73 ans, assis, en peignoir devant sa maison. «Ça a été instauré par les membres des fanfares, il y a 20 ans, à cause du boucan que faisaient les fêtards du lundi qui réveillaient tous le village en rentrant à l’aube en chantant.»

Pour perpétuer cette récente mais non moins sympathique tradition, les «Wackis» se sont levés à 6 heures. Costumée en blanc, noir et bleu, la valeureuse fanfare wonckoise se balade aux rythmes saccadés des tambours. Marcelle, apparaît à la porte de son jardin. « Bonjour messieurs! », lance-t-elle aux joyeux personnages, armés de sourire et pour certains déjà, de verre «à goutte». « Joyeux Mardi gras, Madame et bonne journée », réplique l’un des meneurs, réglant aussi la faible circulation. Le groupe s’arrête à hauteur de l’habitation. La coutume veut que la fanfare s’y régale d’un p’tit coup!

 

Petit carnaval de rues

Plus loin, au rond-point marquant l’entrée dans Emael, trois mannequins de bois, costumés aux couleurs des trois sociétés et harmonies du petit village frontière rappellent au visiteur qu’ici le carnaval fait partie de l’histoire et du patrimoine de la commune. Chez les Malchaire, famille emaelloise pure souche, Monsieur et Madame font la fête depuis jeudi. Après les soirées du week-end, le défilé du dimanche et le bal nocturne de lundi soir, Monsieur n’a pas pu se lever pour le traditionnel «réveil aux tambours» de ce mardi matin – réveil drainant une petite centaine de personnes de l’aube à midi. A Emael, il existe trois « société s» qui sont avant tout des harmonies, des fanfares populaires actives toute l’année ou presque. La Royale Sainte-Cécile, les Chapeliers et les Amis unis. L’artère principale du village compte d’ailleurs trois cafés, hélas fermés, mais transformés en locale pour chacun des trois groupes folkloriques. La Royale Sainte-Cécile est l’une des plus réputées, ses membres sont les Hoûres. Ceux-là mêmes qui perpétuent la tradition historique des rouflâdes dans un déguisement simple mais surprenant. « Je suis un Hoûre depuis toujours. Nous nous promenons dans le village, buvons un verre chez les habitants avant d’entamer les rouflades, la course aux gens non masqués que nous badigeonnons de noir, explique M. Malchaire, ex-président de la « société ».

C’est pourquoi nous appelons notre fête le «carnaval noir». En réalité, c’est un petit carnaval de rue, populaire et destiné principalement aux Emaellois même si, et c’est très bien, lors des soirées, de nombreux Liégeois y participent», poursuit-il. 7h30, les Hoûres arrivent à l’église. Le groupe circule en jupes longues rayées, le visage caché d’une voilette – imitant la taie d’oreiller d’antan -, le tambour en main. A midi, ils se partageront la «fricassée» puis grimeront les visages pâles d’un mélange «nivéa et charbon». «Avant, c’était du cirage mais c’est trop sale», embraye le Hoûre Malchaire. « A Emael, il existe une éducation carnavalesque dès l’école, c’est important que cela dure.» Dans l’après-midi, les enfants se cacheront ou se masqueront. Le bal de clôture du soir aura sans doute engendré, ce matin, des réveils… difficiles.

 

Les origines du «Carnaval noir» d’Eben-Emael remontent au 7e siècle. Grimon de Verdun légua son domaine d’Hédismalacja (ancien nom d’Emael) aux lépreux de Maastricht où on construisit une maladrerie destinée à les recevoir. Les malades circulaient dans les rues du village le visage et le corps recouverts, voilant ainsi entièrement leurs cicatrices. L’histoire raconte que la population, effrayée, s’enfuyait à leur approche. La lèpre se manifestait par des taches noires sur le corps. Lorsque la maladie a disparu un siècle plus tard, les générations suivantes mirent du temps à oublier cette époque sombre. Convaincus d’avoir été plus forts que la maladie, nos aïeux commencèrent à s’en moquer, à s’en amuser en imitant les lépreux, leur accoutrement qui, avec le temps est devenu déguisement. Du même coup, le carnaval «noir» devint un exutoire afin de reproduire, sur les visages des personnes blanches, les stigmates des lépreux. Une tradition était née. L’origine du noircissement dû aux rouflâdes provient aussi de notre patrimoine. Les sous-sols sont constitués de tuffeau qui, exploité depuis les Romains, recouvrait les tailleurs qui oeuvraient dans les grottes – les « cloketeûs » -, d’une poussière blanche. A leur sortie, les enfants en riaient. Par revanche, les « cloketeûs » les poursuivaient, leur noircissant leur visage. 13 siècles plus tard, le Carnaval noir perpétue bec et ongle ses origines populaires. Et n’appartient qu’aux Emaelois.

 

Ébèn’-Émål (Eben-Emael) - carnaval

(in: Le carnaval en Wallonie, exposition, Ville de Binche, 1962)

Ébèn’-Émål (Eben-Emael) - lès hoûres

(André Duchâteau, Le traditionnel carnaval des “Hoûres”, 1991)

Fêmonvèye (Faymonville) - carnaval

(lès Turks / les Turcs)

(VA, 07/03/2019)

Goyé (Goé) - carnaval : lu fièsse dès tchapês (la fête des chapeaux)

(VA, 02/2012)

(Goyé / Goé: in: Valérie Dujardin, Limbourg, une nature intacte, un patrimoine exceptionnel, Les Cahiers du Patrimoine, 2012, 90, p.43)

Hacout (Haccourt) - lès macrales (les sorcières)

(in: Pourquoi Pas?, 15/04/1982)

Hèrbièstèr (Herbiester) - carnaval

(in: 1970, s.r.)

(VA, 13/02/2013)

 

Lîdje (Liège) – carnaval

 

in: Nicolas Defrecheux, Oeuvres complètes, 1925

 

A propos dès Carnavals

 

« Vochal lès Carnavals, come dji m’ ènnè rafèye ! »

Dihèt, tot trèfilant, djon.nes-omes et djon.nès fèyes ;

Qué timps po rîre èt po potchî !

Èt mi, dji v’ di : po s’ fé picî.

 

Kibin n’ è veût-on nin,

Qwand vint so l’ â-matin,

Qui trovèt à leû brès’,

Li masse èstant toumé,

Po ‘ne saqwè d’ djon.ne, di fris’ èt d’ rècokèsse

Qui tote li nut’, is-ont tchoufeté,

On vî cûr tot moflèsse

Qu’ a dès rodjes-oûys, dès dints hârdés,

Èt qu’ avou dès-èknèyes, on lêreût d’ aduser.

 

È bin, çou qu’ dji di chal

Arive tofér, min.me foû dès Carnavals. —

N-a tant d’ afaîres è l’ vikârèye,

Qui nos prindans po dès mèrvèyes

Èt qu’ mîs vèyowes di pus près

Son.nèt si laîdes qu’ èles digostèt.

 

in: Les enfantines liégeoises, d’après Joseph Defrêcheux, Supplément, pp.1-8, in: La Wallonne, 1/2005

 

LE MARDI-GRAS

 

Pendant la soirée du mardi-gras, il était d’usage de boire, en famille, du vin chaud, sucré, additionné de cannelle et de noix de muscade (némoscâde); en même temps, on mangeait dè pan doré. C’est une sorte de pâtisserie, appelée ailleurs pains perdus, qui se fait au moyen de biscottes trempées dans du lait enrichi d’un jaune d’œuf, cuites à la poêle et saupoudrées de sucre et de cannelle. Très friands de ce régal, les enfants, aux approches du carnaval, répétaient à leurs parents:

 

Vochal lès carnavals,

Crotale! (1)

Nos magnerans (2) dè pan doré

Croté (3)

Variantes :

(1)   bouhale. / (2) nos f’rans. / (3) crolé, brosdé, Noyé.

 

Les jours de bal masqué, les enfants quêtaient jadis, de porte en porte, de la houille, du bois, d’autres matériaux combustibles et même de l’argent en répétant: À l’ hoye, à l’ hoye!

Dès que le soir était tombé, ils élevaient, dans les rues, des feux autour desquels ils se rangeaient pour passer une partie de la nuit à voir courir les masques.

Puisque nous parlons de cette coutume, ajoutons que le premier dimanche de carême s’appelle Djoû dès fouwas ou Djoû dès grands feûs parce que, dans l’après-midi de ce jour, on élevait partout d’immenses feux de joie. Les jeunes gens et les enfants dansaient et chantaient autour de ces feux. Le dernier fouwa allumé à Liège a été celui du Thier-à-Liège.

Les grands feux s’allumaient, autant que possible, sur des hauteurs ou dans des lieux découverts. Les jeunes filles de la campagne avaient la croyance qu’elles seraient heureuses en ménage, si elles parvenaient à trouver un endroit d’où l’on pouvait distinguer sept feux.

 

(p.5) Dans certaines localités, elles sautaient au travers du feu. Si elles ne se brûlaient pas, elles avaient la conviction qu’elles feraient, dans l’année, un heureux mariage.

Mais revenons aux soirées de carnaval.

Dans les rues circulent les masques, poursuivis par le cri célèbre:

Chèrio-yo que les auteurs du voyèdje di Tchôfontine n’ont eu garde de laisser tomber dans l’oubli. Le voici tout entier, tel qu’il résonnait aux oreilles liégeoises :

 

Chèryo-yo! mayo

Qu’a magni (1) l’ tchar foû dè pot, bouyon èt tot

 

Variante: (1) Qu’a houmé

 

Jacques Morayns, in: CW, 4, 1959

 

Carnaval

 

Li carnaval… Dès masses.

De l’djôye  po chaskeune,

Èt so l’ leune :

Ine grimace!

 

Lîdje (Liège) - carnaval

(in: Pol-Henri Thomsin, Amon nos-ôtes, Djus d’là Moûse, 2004)

Lîdje (Liège) - li crås-mårdi (le mardi-gras)

                                     (R. Warsage, …, Traditions populaires disparues de la province de Liège, éd.  du Molinay)

Mårcin (Marchin) - li hirâde (la "hirade" (sic))

(in: Paul Erêve, Marchin, mon beau village, 1955, p.26)

Nèssôvå (Nessonvaux) - carnaval / li r'fonte dès vîles (la refonte des vieilles)

Nèssôvå (Nessonvaux) (Lu Trau (Trooz))

Le carnaval ‘Li r’fonte des vîles’ est un cortège carnavalesque à l’issue duquel, lors d’un procès factice, un tribunal parodie les gens du village. A Nessonvaux, ces 02 et 03/03/13 !
C’est la parodie de jugement d’une femme vieille et laide qui, plongée dans un chaudron en ressortira jeune et jolie, lavée de toute tare dont on lui avait fait le reproche lors du jugement devant le tribunal.

Pèlin.ne (Pellaines) - mascarâdes, criyant: "One brikète à m' tchiminêye!" (masqués, criant: "Une briquette à ma cheminée!)

(in: Jean Hansoul, Jean Husson, La Hesbaye (région Huy-Waremme), s.d.)

Pitit-R'tchin (Petit-Rechain) - carnaval

(VA, 2010s)

Roclindje / Bassindje (Roclenge / Bassenge) - carnaval

Sârt - Lu Tîdje (Sart - Tiège) - carnaval

(VA, 05/03/2019)

Sèrè (Seraing) – carnaval

http://www.rodjes-macrales.be/

Li Vôte à l’ rapèye” : crêpe à base d’oeufs, de pommes de terre râpées et de lardons. Historique : met d’origine ardennaise, de l’est du pays du Condroz. C’était un plat complet pour les plus défavorisés, consommés dans le milieu rural. Souvent cuisiné en période hivernale, quand le pain se faisait plus rare ,celui-ci était remplacé par la pomme de terre.

 

Stêr (francortchamp) (Ster (Francorchamps)) - carnaval

(s.r., 1951)

Stêr (Francortchamp) (Ster (Francorchamps)) - carnaval

(in: C. Nicolet, Le carnaval de Ster-Francorchamps, Wallonia, 1901, p.14-22)

Tif (Tilff) - Lès Porês (Les poireaux) èt lès Djâles di so Corti (les diables du Cortil (hameau))

Treûs-Ponts (Trois-Ponts) - carnaval

(1906) 

(VA, 12/03/2019)

(Lès Boûs (les Boeufs), in: Passe-Partout, 20/03/2010)

Vèrvî (Verviers) - carnaval

(Lès bânes corantes (Les bandes (de personnes) ‘courantes’ (qui courent), in: Henri Liebrecht, Quelques traditions et coutumes du folklore belge, éd. Côte d’Or, s.d.)

(VA, 18/03/2019)

Wéme (Waimes) - carnaval

Lès Bouhe-tot-djus (VA, 16/02/2012)

(in: Lu Vî Sprâwe, déc. 1976)

"Wéme, nosse viyadje walon" (tchanson) (Waimes, notre village wallon (chanson))

(Wéme / Waimes, carnaval, in: Le folklore en Belgique et au Grand-Duché, éd. Végé, s.d.)