Li Létâré à Stâveleû / Le Laetare à Stavelot

PLAN

 

0 Introdwîjadje / Introduction

   0.1 Jènèrâlités / Généralités

   0.2 Orijine / Origine

 1 Li Blanc Moussî / Le ‘Blanc Moussî’ (= habillé de blanc)

   1.1 Costume èt matériél / Costume et matériel

   1.2 Fieûs / Fabricants

 2 Cortêje

   2.1 Lès Blancs Moussîs / Les ‘Blancs Moussîs’

   2.2 Ôtes groupes / Autres groupes

        2.2.1 Lès Sûveûs

        2.2.2 Lès Jèyants (Les Géants)

        2.2.3 Lès Bons Laweûrs

        2.2.4 Lès Djoyeûs Côyetês

        2.2.5 Lès Djoyeûs Pigneteûs

        2.2.6 Lès Grossès Tièsses

       2.2.7 Ôtes groupes / Autres groupes

3 Musike / Musique

   3.1 Aîrs / Airs

   3.2 Tchansons / Chansons

 4 Scrîjadjes / Littérature

 5 Varia

 

0 Introdwîjadje / Introduction

   0.1 Jènèrâlités / Généralités

Clio 70, 1974

Stavelot

Le carnaval des Blancs Moussis

 

Le carnaval de Stavelot commence le samedi du Laetare et se termine le Iundi.

 

Le grand cortège sort le dimanche.

 

La manifestation

 

Plusieurs sociétés animent le carnaval de Stavelot. Mais les principaux héros en sont les Blancs Moussis. Affublés d’un costume de toile immaculée, couverts d’une vaste cape et d’un bonnet blancs, ils arborent un masque hilare à long nez. Armés de vessies de porc et de balais, les Blancs Moussis promènent également un char-soufflerie, au mécanisme secret, capable de propulser cinq kilos de confettis a la seconde, et qu’ils camoufIent chaque année différemment.

Ils se multiplient par cinq a l’aide de files factices de Blancs Moussis,

simples masques encapuchonnés posés sur des échelles recouvertes de linge blanc et animées par de vrais compères. Enfin, les Blancs Moussis ont deux géants, Alonso Cafébar et Mis au Gin, Les BIancs Moussîs parcourent le cortège en tous sens en poussant leur grognement caractéristique. Ils étourdissent les spectateurs a coups de vessies de porc et de confettis, les délogent jusqu’au premier étage

des maisons grâce à leurs longs balais, et promènent au-dessus de la foule un hareng saur suspendu a une gaule. Profitant de la diversion créée par les premiers, d’autres s’en vont afficher aux façades des habitations des pamphlets rimés a l’adresse de leurs propriétaires. Le soir, quand le bal populaire bat son plein, ils se retrouvent dans  le cadre majestueux de la salle capitulaire de l’ancienne abbaye.

Depuis 1950, en effet, les Blancs Moussis sont réunis en une Confrérie qui intronise à chaque Laetare ses Chevaliers Blancs Moussis honoris causa.

 

STAVELOT – LE CARNAVAL DES BLANCS MOUSSIS

 

1. COORDONNEES D’IDENTIFICATION

Date : le Carnaval se déroule du samedi au lundi du Laetare,

 

2. DESCRIPTION ACTUELLE DE LA MANIFESTATION

L’espace clos

La Carnaval se répand dans la ville, aux vitrines le plus souvent dé­corées pour la circonstance. Le cortège parcourt toutes les rues et achève triomphalement sa ronde autour du Perron.

 

Acteurs

Sociétés: l’Orphée, l’Emulation, les Artisans réunis, les Bons Amis, les Quartiers de Saint-Laurent et de Saint-Louis, le Réveil Ardennais et les groupes des principaux villages des environs de Stavelot. Mais les héros du Carnaval sont bien sûr les Blancs Moussîs. Affublés d’un costume de toile immaculée, recouverts d’une vaste cape et d’un bonnet tout aussi blanc, ils arborent un masque hilare au long nez rubicond.

Le public est, lui aussi à la hauteur de la situation. Venu de tous les coins du pays, il envahit la ville illuminée, les terrasses, les bal­cons, rythme la cadence, répond aux jets de confetti et aux invita­tions à la danse.

 

Objets symboliques

Outre les vessies de porcs et les balais, les Blancs Moussîs sont éga­lement annés d’un char-soufflerie, au mécanisme ultra-secret, capable de propulser cinq kg de confetti à la seconde, qu’ils  camouflent chaque année différemment. Pour plonger le nez dans l’assistance sans crier gare, ils ont leurs deux répliques géantes: “Alonso Cafébar” et “Mis au Gin”. Enfin, ils se multiplient par cinq à l’aide de files fac­tices de Blancs Moussîs: simples masques encapuchonnés posés sur des échelles recouvertes de linge blanc et animées par de vrais compères.

 

Comportements rituels

Parcourant le cortège en tous sens, poussant leur grognement carac­téristique, les Blancs Moussîs étourdissent les spectateurs à coups de vessies de porcs et de brassées de confetti, les délogeant jusqu’ au premier étage grâce à leurs longs balais, et promènent au- dessus de la foule un hareng saur suspendu à une gaule. Profitant de la diver­sion créée par les premiers, d’autres s’en vont afficher aux façades des maisons des pamphlets à l’adresse de leurs propriétaires.

Durée

Dès le lendemain du Carnaval, tout bon Stavelotain prépare la Laetare suivante. Du plus humble citoyen au Comité des Fêtes, chacun s’affaire autour des prochains costumes, des nouveaux chars, de la marche inédite. Peu importe si la fête ne dure que du samedi au lundi, et si un sujet ne pourra jamais être représenté.

Les Blancs Moussîs ne peuvent quitter la ville, en tenue carnavales­que, qu’une fois tous les deux ans, pour participer à une manifestation folklorique étrangère. Leur activité ne se résume pourtant pas à l’a­nimation du cortège. Tandis que le bal populaire bat•son plein, nos Blancs Moussîs se retrouvent dans le cadre majestueux de la salle capitulaire de l’Ancienne Abbaye. Depuis 1950 en effet, ils ont mis sur pied une confrérie de style ancien et l’ont dotée d’un Chapître dynamique. A chaque Laetare, des personnalités belges ou étrangères sont intronisées Chevaliers Blancs Moussîs honoris causa, en raison de leur activité au service du tourisme et du folklore. Nous y trouvons dès la première heure

Messieurs Walter Fostier et Arthur Haulot.

 

Déroulements programmés

Samedi soir: farandoles et cramignons répondent à l’appel des diverses fanfares de la ville.

Dimanche : durant la matinée, réception de personnalités. ±14 h.: dé­part du cortège carnavalesque. l6.30 h.: Rondeau des Blancs Moussîs autour du Perron. Danses anciennes par le Réveil Ardennais. 17 h.: second tour de la ville. Cramignons. Batailles de confetti. 17.30h.:  In­tronisation solennelle des nouveaux Blancs Moussîs honoris causa. Le soir: feu d’artifices et Nuit blanche des Blancs Moussîs: grand bal dans les caves de l’Abbaye et dans toute la ville.

Lundi: sortie des sociétés locales dans les différents quartiers de la ville. Grand bal du Comité des Fêtes.

 

3. DESCRIPTION HISTORIQUE DE LA MANIFESTATION

Origine

Le Carnaval de Stavelot remonte sans doute au début du XVe siècle et est assurément bien vivant en 1502, année où le Prince-Abbé Guillaume de Manderscheid interdit aux moines de l’Abbaye d’y participer.

C’est de cette interdiction que, selon Walter Fostier, seraient nés les Blancs Moussîs. La foule, voulant évoquer la joyeuse présence des moines, aurait revêtu une tenue qui ressemblait à la leur. Suite à une nou­velle interdiction du Prince-Abbé, la population, insoumise, aurait adopté le vêtement blanc que nous connaissons aujourd’hui. La cape autant que le capuchon évoquent en effet cette origine. En fait, le costume blanc du Blanc Moussî, à l’exception du nez, fut très répan­du en Belgique. La ville de Verviers conserve une statuette de 1880 vêtue de cette manière, sous le titre: “Type populaire du carnaval verviétois”. Ce n’est qu’après la guerre de 1940 que cette tenue disparut de nos carnavals et fut miraculeusement sauvegardée à Stavelot.

 

Evolutions

Au XVIle siècle, les archives mentionnent à la Mi-Carême des groupes locaux travestis qui, le 8 février 1707, sont à leur tour interdits par le Prince-Abbé François Antoine de Bavière. Ce fut un coup dur pour le carnaval stavelotain qui ne reprit vigueur que lentement et ne retrouva son éclat qu’aux environs de 1870.

A la Belle Epoque, l’Orphée et l’Emulation, deux sociétés de musique encore très vivantes aujourd’hui, animaient les fêtes de Carnaval. On y rencontrait déjà de nombreux Blancs Moussîs, mais ils n’étaient pas encore constitués en Confrérie. Beaucoup plus paisibles que de nos jours, ils ne connaissaient ni la vessie (déjà utilisée par d’autres groupes pourtant) ni les confetti et se contentaient de répandre la gaîtê par leurs singeries. Le dimanche du Carnaval se terminait par un grand bal masqué. Dès la semaine suivante, la fête recommençait, au jour du Grand Feu. A la versprée montaient des hau­teurs de Stavelot des feux édifiés avec fierté durant la journée et entourés par des groupes à nouveau travestis. Enfin la Laetare amenait la “revue générale de Stavelot”, satyre des concitoyens analogue aux “rôles malmédiens”.

Le Carnaval ne fut plus interrompu que durant les deux guerres. A la libération, les nouveaux Blancs Moussîs fondèrent une confrérie puissante et fermée qui aida le Coi.iité des Fêtes à rendre au Carna­val de Stavelot son attrait remarquable. C’est le 19 mars 1950, à dix-huit heures, que furent sacrés, dans la salle du Chapitre de l’Ancienne Abbaye, les dix premiers Chevaliers honoris causa.

 

4. INTERPRETATION DE LA MANIFESTATION

Extension typologique

Bien qu’ils soient à présent uniques en Belgique, les Blancs Moussîs de Stavelot rappellent par certains de leurs caractères d’autres mani­festations carnavalesques wallonnes. Avec les masques du Cwarmê mal-médien, les Heures d’Eben-Emael, les Porais de Tilff et bien d’au­tres, ils sont les “forces de frappe processionnelles”, comme dit André Nizette. Ils déferlent sur la foule animée, la tracassent, ‘la houspillent, la ridiculisent de mille manières. Est-ce un vestige des cérémonies rituelles des populations primitives ou une caricature des forces de l’ordre en action? En effet, ce n’est pas l’esprit critique qui fait défaut à nos Blancs Moussîs, puisqu’on retrouve dans leurs attributions une espièglerie semblable aux fameux “rôles” des carna­vals de Malmédy ou de Waimes : les pamphlets qu’ils s’en vont discrète­ment coller sur les façades et qui dévoilent a tous quelque travers mal cache d’un concitoyen.

 

Sens pour les protagonistes

Pour les habitants de Stavelot, le Carnaval est sacré. Le Laetare est attendu dans l’impatience et la fièvre des préparatifs. En y partici­pant, les Stavelotains ont conscience d’accomplir un rite ancestral qui appelle sur eux la bénédiction des aïeux et la considération des concitoyens.

L’Intronisation des Chevaliers Blancs Moussîs honoris causa exprime l’idéal qui anime chacun des Blancs Moussîs et plus profondément cha­cun des Stavelotains: perpétuer les traditions d’altruisme et d’en­thousiasme, de confiance, de sagesse, de constance, d’honnêteté et de respect. C’est un acte de foi réelle que pose le nouveau chevalier lorsqu’il se dit: “défenseur des traditions et du folklore”. Son cos­tume autant que ses rites carnavalesques incarnent l’esprit tout à la fois frondeur et gai luron du peuple wallon.

 

Sens pour le public

Le public, quant à lui, n’attend pas seulement du carnaval un chatoi­ement d’images et de couleurs. Houspillé par les Blancs Moussîs et le autres travestis, il ne peut que participer lui-même à la joie, dans les tondes, les monômes et les batailles de confetti. Tard dans la nuit, les caves de la ville résonnent des rires et des chants de la foule en liesse. Une fois de plus, la fête a rempli son rôle: renou­veler le coeur de l’homme en l’enracinant dans la communauté humaine et les traditions ancestrales.

 

Li Létâré à Stâveleû (Le Laetare à Stavelot)

(in: Folklore en Belgique t au Grand-Duchz de Luxembourg, s.d., VEGE, p.102-109)

Li carnaval di Stâveleû (Le carnaval de Stavelot)

(in: Le carnaval en Wallonie, exposition, Ville de Binche 1962, p.103-111)

Stâveleû / lès Blancs Moussîs (Stavelot / les "Habillés de Blanc")

(in: Dialogue Wallonie, 24, 2004)

Stâveleû / capitâle do Létâré (Stavelot / capitale du Laetare)

(s.d.)

Confrèrîye dès Blancs Moussîs

(s.r.)

0.2 Orijine / Origine

Clio 70, 1974

 

Stavelot / Le carnaval des Blancs Moussis

 

Historique

Très ancien, le carnaval de Stavelot l’est fort probablement. Il est mentionné une première fois dans un mandement du Prieuré de l’abbaye, daté du 12 février 1706, et qui interdit les mascarades pendant le carnaval. C’est à M. Walter Fostier principalement qu’on doit la légende si répandue selon laquelle le Prince-Abbé aurait, dès 1502, interdit aux moines de l’abbaye de Stavelot de participer au

carnaval. La foule, voulant évoquer alors la joyeuse présence des moines, aurait revêtu une tenue semblable à la leur. Après une nouvelle interdiction, la population aurait adopté le vêtement blanc que nous connaissons aujourd’hui. En réalité.

Cette histoire vraisemblable a été inventée pour reculer les origines de la tenue de Blanc Moussî a une date qui permettrait d’en célébrer le 450e anniversaire en 1952, et pour conférer à Stavelot l’originalité exclusive de ce déguisement.

Car en fait, le costume de Blanc Moussî, à l’exception du nez, fut très répandu en Belgique. La ville de Verviers conserve une statuette de 1889 ainsi vêtue, sous le titre :

Type populaire du carnaval verviétois. Ce n’est qu’après la guerre de 1940-1945 que cette tenue disparut de nos carnavals. Elle fut sauvegardée a Stavelot. Les nouveaux Blancs Moussîs fondèrent à la libération une confrérie puissante

et fermée qui aida le Comité des Fêtes à rendre au carnaval de Stavelot son attrait remarquable.

 

1 Li Blanc Moussî / Le ‘Blanc Moussî’ (= habillé de blanc)

   1.1 Costume èt matériél / Costume et matériel

lès Blancs Moussîs

(s.r.)

(in: Les Blancs Moussis (sic), Stavelot, s.d.)

 

   1.2 Fieûs / Fabricants

fabricant d' masses di Blancs Moussîs (fabricant de masques de "Blancs Moussîs" (habillés de blanc)

(VA, 22/03/2017)

 

2 Cortêje

   2.1 Lès Blancs Moussîs / Les ‘Blancs Moussîs’

Blancs Moussîs

li canon dès Blancs Moussîs

Stâveleû : jèyants (Stavelot: géants)

Stâveleû - carnavâl - campagne d' afiches (Stavelot - carnaval - campagne d'affiches)

Blancs Moussîs - rondau finâl (rondeau final)

(1954)

(VA, 12/03/2017)

   2.2 Ôtes groupes / Autres groupes

        2.2.1 Lès Sûveûs (Les Suiveurs)

(VA, 08/03/2013)

2.2.2 Lès Jèyants (Les Géants)

jèyant dès Blancs Moussîs

Lu pwèrteû d' cayau (le porteur de caillou)

        2.2.3 Lès Bons Laweûrs

(Vlan, 04/11/2009)

        2.2.4 Lès Djoyeûs Côyetês

NB Côyetê < habitant de “Lu Cô” (Coo)

        2.2.5 Lès Djoyeûs Pigneteûs

 

        2.2.6 Lès Grossès Tièsses

Lu Parfondru (Parfondruy) - Lès Grossès Tièsses (Les Grossese Têtes)

 

        2.2.7 Ôtes groupes / Autres groupes

"Le réveil Ardennais"

fanfâre (fanfare)

"Les Artisans Réunis"

"Les Ribouldingues"

"L'Echo des Montagnes"

"L'Aurore" (Lu Stèr (Ster))

 

3 Musike / Musique

   3.1 Aîrs / Airs &  3.2 Tchansons / Chansons

Lu tchant do Létâré (Le chant du Laetare)

(in : A l’ Létâré, c’ èst tot Stâveleû qui tchante, 1990)

Mu bon vî Stâveleû

(Antoine Renard, Léon Blockman)

Lu Létâré dès fèmes (Le/la laetare des femmes) (Elgé)

(in: Elgé (Lucien Gaspard), One porminâde du rimes èt d’ arîmés, s.d.)

Nosse Létâré

(Elgé, op.citat.)

Binamé Stâveleû

(Elgé, op.citat.)

A l' Létâré, c' èst tot Stâveleû qui tchante (1990)

Confrèrîye dès Blancs Moussîs (Confrérie des 'Blancs Moussîs')

Pauve mohe / Rondau dès Blancs Moussîs

Tchansons dès r'vûwes 1965 & 1966

A l' djôye do Létâré

 

4 Scrîjadjes / Littérature

André Burton, Discoûrs âs-invités d' Mâmedi

(in: Lu Vî Sprâwe, 2003)

Rivûwes à Stâveleû, come lès rôles à Mâmedi (Revues à Stavelot, comme les 'rôles' à Malmedy)

(Annick Simon, Du rôle aux revues à Stavelot, Mémoire de Philol. romane, ULg, 1985)

 

5 Varia

(VA, 07/2012)

Bulletin dè l' Confrèrîye dès Blancs Moussîs

Aplakés / Affiches 2013

ègzimpe / exemple : 

Poupène "Blanc Moussî" au Muséye dè l' Poupène (Fosse) (Poupée "Blanc Moussî" au Musée de la Poupée (Fosses-la-Ville))

(in: Walcome, 2015)