li 15 d' awous', l' Assompsion en B√®ljike romane / le 15 ao√Ľt, l'Assomption en Belgique romane

PLAN

¬†0 J√®n√®r√Ęlit√©s / G√©n√©ralit√©s

1 Li fi√®sse rilijie√Ľse / La f√™te religieuse

2 Li tradicion folklorike / La tradition folklorique

3 Scr√ģjadje / Litt√©rature

4 √Ēte paut / Ailleurs

0 J√®n√®r√Ęlit√©s / G√©n√©ralit√©s

in: A. Varagnac, Marthe Chollot-Varagnac, Les traditions populaires, PUF, 1978, p.57

 

L‚ÄėAssomption de la Vierge le 15 ao√Ľt a probablement remplac√© celle de Diane, d√©esse des bois, c√©l√©br√©e le 13 ao√Ľt.

 

Nadine Crétin, Dominique Thibault, Le livre des fêtes, Gallimard, 1991

 

Abondance et fécondité

 

A la mi-ao√Ľt, le culte de la Vierge semble avoir remplac√© √† cette date les grandes f√™tes agricoles, avec offrandes des fruits de la terre. Le culte de la d√©esse-m√®re est assimil√© √† celui de l’ abondance.

 Sur cette stèle gallo- romaine de Saverne, elle porte un panier rempli de fruits.

 

Le 15 ao√Ľt

 

Dans le dogme de l’ Assomption proclamé en 1950 par le pape Pie XII, les chrétiens reconnaissent que Marie,  mère de Dieu. est passée directement de la vie terrestre à la vie immortelle.  Le mot Assomption vient du latin adsumere: prendre avec soi.

D√®s le VIe si√®cle, cette f√™te √©tait c√©l√©br√©e par les Syriens.¬† Les orthodoxes l‚Äô appellent Dormition et la c√©l√®vrent comme une p√Ęque, apr√®s quinze jours de je√Ľne. De grandes processions se d√©roulent √† Eph√®se, o√Ļ la Vierge aurait v√©cu ses derniers jours.

 

Un culte très ancien

Le désir de se mettre sous la protection d’une déesse-mère remonte aux temps préhistoriques : les Vénus gravettiennes, comme celle de Willendorf, sont du paléolithique supérieur et ont 20.000 ans.

Les Phrygiens honoraient Cybèle, les Sémites Astarté, les Egyptiens Isis.

 

In : EMVW 1924-1930, p.47-48

 

L’ENFANCE / Les petits Autels

 

Notre confr√®re M. L. De Sailly, de Hensies, nous signale que jadis, √† Mons et dans les environs, les enfants, ayant cependant des parents ais√©s, avaient l’habitude, d√®s l’apparition des premiers beaux jours, d’√©lever de petites chapelles au coin des rues et de harceler les passants pour obtenir quelques pi√®ces de monnaie.

C’est en 1827 et 1828 que la police ¬ę a mis bon ordre √† cet abus qui, dit un journal de l’√©poque avec une s√©v√©rit√© comique ¬Ľ pouvait faire croire aux √©trangers qu’on pouvait mendier en ¬Ľ Hamaut pourvu qu’on ne f√Ľt pas couvert de haillons ¬Ľ.

D’o√Ļ vient cette pratique? Dans quelle r√©gion √©tait-elle en usage ? demande M. De Sailly.

A Li√®ge et dans la banlieue, ainsi que dans la r√©gion de Verviers une coutume analogue existait et n’est pas tout √† fait perdue!

C’est √† l’Assomption que se dressaient sur les trottoirs les petits autels √©tablis sur des tables d’enfant ou sur de simples chaises. Gamins et fillettes, munis de soucoupes, sollicitaient les passants qui, g√©n√©ralement, leur donnaient une ¬ę c√®n’ ¬Ľ (deux centimes). Une partie du produit de la collecte servait √† renouveler les chandelles qui br√Ľlaient sur l’autel ; mais la plus grande partie de la somme recueillie √©tait convertie en bonbons. C’est pourquoi les enfants appelaient ces petits autels √Ęt√©s de gos√ģ, autels du gosier.

Cette coutume, tr√®s en vogue au XIXe si√®cle ‚ÄĒ il n’√©tait pas rare de voir s’√©chelonner une vingtaine d’autels dans une seule rue ‚ÄĒ √©tait presque √©teinte. Elle a √©t√© r√©cemment remise en honneur √† Li√®ge,dans le quartier d’Outre-Meuse,gr√Ęceaux efforts d’un comit√© local, les Amis du Folklore, dont on ne saurait trop louer les intelligentes initiatives.

¬ę A Dinant et dans d’autres endroits, d’apr√®s Reinsberg-Duringsfeld, le ¬ę tombeau ¬Ľ ou ¬ę Saint S√©pulchre ¬Ľ qu’on arrange dans les √©glises le vendredi saint, a donn√© naissance √† l’usage qu’ont les enfants d’√©riger dans les rues une esp√®ce d’autel et de demander aux passants quelque monnaie pour leur monu¬≠ment (*) ¬Ľ.

Il est curieux de retrouver cette coutume identique √† Mons, √† Li√®ge et √† Dinant, bien qu’elle y soit pratiqu√©e √† des dates diff√©rentes.

Nos correspondants pourraient-ils nous citer d’autres endroits o√Ļ cet usage a exist√© ? Ils feront bien de nous indiquer comment √©taient garnis ces petits autels, comment on les appelait et sur¬≠tout si les enfants, pour demander aux passants leur obole, se servaient d’une formulette traditionnelle.

 

1 Li fi√®sse rilijie√Ľse / La f√™te religieuse

1.1 L’Assompsion dins l’ ouw√®s’-walon / L’Assomption dans l’ouest-wallon

Yernaux E., Fiévet F., Folklore montagnard, s.d.

L’ASSOMPTION. 15 ao√Ľt

D’anciennes croyances faisaient de la mi-ao√Ľt un jour sacr√©. C’est l’instant o√Ļ le soleil entre dans le signe de la Vierge. C’est l’occasion de la grande procession. C’est le plus grand jour de la foire de Charleroi o√Ļ tout bon Montagnard qui se respectait faisait le d√©placement. Il n’avait garde de ne point acheter du pain d’√©pice de Gand, du nougat de Mont√©limar et des bernardins fleurisiens.

Le jour de l’Assomption, c’est surtout la f√™te de la Vierge Marie. Selon une tradition du temps des ap√ītres, Marie aurait √©t√© enlev√©e au ciel le 15 ao√Ľt. La f√™te de l’Assomption n’aurait pas √©t√© ch√īm√©e avant l’an 813. Selon certains chroniqueurs, l’Assomption aurait √©t√© f√™t√©e long¬≠temps au 18 janvier, c’est sous le r√®gne de l’empereur Maurice que le pape aurait d√©cid√© de transf√©rer la solennit√© au 15 ao√Ľt (1).

Du point de vue folklore populaire, rappelons les expressions :

Boune Notre Dame !

Ene Mar√ģye Clape-Chabot, c’est une femme qui fait du bruit en marchant.

Et cette exclamation, par laquelle on réclamait la protection du ciel :

J√©sus, Mar√ģye, Djos√®f !

 

(1) de Reinsberg. ‚ÄĒ Le Calendrier Belge. T. II, p. 95.

in¬†: Guide pratique du folklore, Bruxelles ‚Äď Brabant wallon, 1993, p.66

¬†MARBAIS / Procession du 15 ao√Ľt

 Les pèlerins de la Confrérie de Saint-Roch effectuent leur sortie ce jour.

Ils portent leur tenue de gala : p√®lerine √† frange d’or, la ceinture dor√©e, le pantalon blanc galonn√© de noir √† bords plats. Quatre d’entre eux portent la statue de leur saint patron sur leurs √©paules.

Ils sont pr√©c√©d√©s de douze petits p√®lerins, marchant comme eux sur deux rangs. Apr√®s la messe de 9 h 30, la procession d√©marre avec le Saint Sacrement, escort√© par les p√®lerins de la Confr√©rie de Saint-Roch et les Sapeurs-Chevaliers de la Sainte-Croix en costumes belges et pr√©c√©d√©s par une clique de 12 tambours et de l’Harmonie royale “Le r√©veil tillycien”.

Le cort√®ge parcourt les rues du village o√Ļ sont am√©nag√©s des reposoirs pour le Saint Sacrement, endroits o√Ļ le cur√© b√©nit la foule.

La procession rentre vers 11 h 30.

1.2 L’ Assompsion en Picard√ģye (co rin trov√©) / L’Assomption en Picardie (encore rien trouv√©)

Li porc√®ssion do 15 d' awous' √† Nam√®tche (La procession du 15 ao√Ľt √† Nam√™che)

(2012 – foto: Bernard Louis)

 

1.3 L’ Assompsion dins l’ cente-walon / L’Assomption en centre-wallon

 

Jean-Jacques Gaziaux, Parler wallon et vie rurale au pays de Jodoigne, LLN 1987, BCILL 38, p.264-265

 

A Jauchelette, une autre procession avait lieu √† l’Assomption, au qu√©nze d’ aous’. On fi√©ve l√ę grand to√Ľr, on-n-al√©ve j√ęsqu‚Äôaus gr√ęles, grilles (du couvent de la Ram√©e), pa l√®s voyes d√ę campagne. Mins i n’avot ni tant d√®s djins, c’ √®stot l’ aous’.

L√®s porc√®ssions, c’ √®stot po d’mander d√®s gr√Ęces √®t po l√®s r√®coltes, po b√®n√ę l√®s campagnes √®t tot √ßa (3).

 

Pour le passage de la procession, la plupart des familles installaient un petit autel sur le pas de la porte, on fi√©ve on-aut√© : on bout√©ve one tauve avou one blanke nape, avou on cr√ęs’, d√®s fle√Ľrs √®t d√®s bouj√ģyes. On nettoyait les abords de la maison et l’on faisait des jonch√©es sur le chemin, on fi√©ve l√®s v√īyes po passer l’ porc√®ssion. Po c’minci, on chov√©ve ‘balayait’ l√ę v√īye au mat√©n ; on fi√©ve one al√™ye au m√ętan avou d√®s fle√Ľrs ou d√®s p√®tales (4) √®t avou d√®s p’t√ęts bok√®ts d’ papi ; s√ę l√®s cost√©s, on bout√©ve d√®s f√ętch√™res ‘foug√®res’, d√®s coch√®tes avou d√®s fouyas ‘rameaux feuillus’. Des paroissiens am√©nageaient deux ou trois reposoirs, d√®s r’p√īzw√™rs, bien r√©partis sur l’itin√©raire, notamment devant une chapelle ; on fi√©ve on r’p√īzw√™r √† l‚Äô tchap√®le d’ au Maka (5).

Et la procession s’√©branlait (fig. 63) . D√®s p’t√ęt√®s crap√īdes ‘fillettes’ s√®min’ d√®s fle√Ľrs. L√®s-√®fants pw√Ęrtin’ d√®s p’t√ęts drapias ‘drapelets, oriflammes’. Des gar√ßons avaient √©t√© appel√©s en renfort comme enfants de choeur ; n-avot bran.mint d√®s corals, d√®s c√ęs qu√ę pw√Ęrtin’ l√ę crw√®s, l’ acinsw√™r , encensoir, (p.265)¬† l’asp√®rj√®s’ ‘aspersoir’ avou l’ s√®ya √®t l’ b√®n√ęte √™we. D√®s djon.nes-omes pw√Ęrtin’ d√®s grands drapias, d√®s bani√©res. D√®s djon.nes-omes pw√Ęrtin’ sint Rok, d√®s djon.n√®s f√®yes sinte Dj√®tr√ę , Gertrude’, d√®s-√ītes l√ę Sinte Vi√®rje (6), d√®s f√®mes sinte W√ęv√ęne, d√®s-omes d√®s f1ambias ‘flambeaux’, d√®s lanti√®nes ‘lanternes’ √®t l’ b√Ęrdak√©n ‘dais’ (7) , l√ę k√ęr√© l’ ostensw√™r avou l’ sint-sacr√ęment. En cours de procession, on d’j√©ve l√ę tchapel√®t √®t on tchant√©ve. Aux reposoirs, l√ę k√ęr√© don√©ve l√ę b√®n√®d√ęcsion

d√® l‚Äô sint-sacr√ęment.

 

(1) L’apr√®s-midi de ce m√™me dimanche, les religieuses de la Ram√©e organisaient √©galement une procession dans leur parc, √† laquelle participaient de nombreux villageois des environs.

Par la suite, leur procession se déroula le dimanche suivant.

Vers 1900, la procession de la paroisse avait lieu le jeudi même de la

Fête-Dieu,qui était alors jour férié, fièsse agardêye.

(2) Cette procession n’a plus √©t√© organis√©e √† Jauchelette apr√®s la 1√®re guerre mondiale ; par contre, elle s’est maintenue √† Glimes jusque dans les ann√©es septante. Notons ici qu’√† Jauchelette, la derni√®re procession est sortie en 1968.

(3) De m√™me, les trois jours qui pr√©c√®dent l’Ascension, des paroissiens participaient aux processions des Rogations, aus Rog√Ęcions, en suivant des itin√©raires diff√©rents √† travers le village, on fie√Ľve l√®s litan√ģyes d√®s sints tote l√ę v√īye.

(4) Pour agrandir le tapis, on effeuillait, on splossive, on spiyive d√®s fle√Ľrs. Lorsqu’on manquait de fleurs, on s√®m√©ve d√® blanc sauvion ‘sable’ On en formait une sorte d’all√©e √† travers la cour, √† partir de l’ autel jusqu’ au chemin.

(5) Le terme tchap√®le d√©signe aussi une niche pour loger une statue de saint ; ‘l ont f√™t f√© one tchap√®le dins l’ m√ęr√Ęye d√ę le√Ľ maujone.

(6) Lorsqu’on avait le choix, cet honneur √©tait r√©serv√© √† des jeunes filles qui fr√©quentaient l’√©glise et √©taient donc en bons termes avec le cur√©, d√®s c√ęnes qu’ antin’ p√ęs fwart l√ę k√ęr√©.

(7) Les lanternes étaient portées par les hommes qui entouraient le dais.

 

Jules Fiv√®z, Istw√™re di Bi√®mer√©ye, √®t di vint‚Äô-de√Ľs-√ītes viladjes d‚Äô avaurci disp√Ľs no√Ľf cints sw√®ssante-quate, avou l‚Äô conco√Ľrs d√®s Bi√®rm√®rw√®s,

1972

Li Quinze d’Awous’ ou l’¬ę fi√®sse di l’Assomption ¬Ľ.

 

C’ √®-st-ossi √®ne b√™le fi√®sse rilijie√Ľse qui s’ passe bin pauj√™remint.

Dins l’ timps, si l’ solia n’ l√Ľjeut nin trop fw√Ęrt, l√®s djo√Ľwe√Ľs d’ bale au tamis s’√® donint tant qu’ is pouvint. S‚Äô i f√®yeut trop tch√īd, is ratindint l’ vi√®spr√©ye divant d’ atak√®. Di √ßtimps-l√†, on dijeut : djouw√® √† l’ casse.

On bistokeut l√®s Mar√ģve.

 

L√®s Fi√®sses do QUINZE d’AWOUS’ en d√ģj-no√Ľf cint s√®ptante au SAUT-SINT-LORINT, in¬†: CW, 1970

 

 

Li Vinrdi 14 (Quat√īze; qu’on dit, li samedi do Quinze d’Awous’), √† s√®t‚Äô-e√Ľres √† l’ n√™t : MESSE po EUG√ąNE GILLAIN, scr√ģje√Ľ walon dau SAUT,

√† i√Ľt-e√Ľres mwins on qu√Ęrt : √čsposicion do l’ M√Ęrche Sint-Lorint 1893-1970, l√ģves walons.

 

Li S√®medi 15 (Quinze, qu’on dit, li d√ģm√®gne do Quinze d’Awous’),

 

P√ąL√ąRIN√ÄDJE A SINT LORINT

√† i√Ľt-e√Ľres au matin : rap√®l d√®s tambours¬†; √† no√Ľf-e√Ľres : raplo√Ľ d√®s m√Ęrche√Ľs,

√† d√ģj-e√Ľres : GRAND-MESSE √® walon, tchant√©ye pa l’ab√© BAR¬≠BIER, cur√© d’ Sint-Dj√īs√®f, √† Nameur qui fa√ģt l’ pr√©tchemint,¬† avou l’ Corale di DOR√ąNE. ‚ÄĒ B√®n√®dicsion d√®s M√Ęr¬≠che√Ľs.

Apr√®s m√®sse : fle√Ľrs, pins√©ye √®t d√®ch√Ęrje po l√®s mw√Ęrts 1914-1940.

A de√Ľs-e√Ľres et d’m√©ye, PORC√ąSSION √† l’ one√Ľr di Sint Lorint avou l’ M√Ęrche. D√®ch√Ęrjes aus tchap√®les.

A cink e√Ľres : s√īrt√ģye d√®s M√Ęrche√Ľs : visite aus-oficiers.

A i√Ľt-e√Ľres √† l’ n√™t : Ritra√ģte aus flambaus ‚ÄĒ Bivouak su l’ place ‚ÄĒ Egz√™rcices ‚ÄĒ L√®s oficiers l√®venut l√®s de√Ľs dw√®ts po l’ s√®r¬≠mint √®t c√Ęssenut l‚Äô v√™re. ‚ÄĒ Feu d’ file √† l’√®gl√ģje.

 

Condroz - Bouchonv√®ye - li porc√®ssion do 15 d' awous' (Condroz - Buissonville - la procession du 15 ao√Ľt)

(d√®vi√® 1950 / vers 1950, in: Des gens d’ici racontent, r√©f. ci-dessous)

(in: Des gens d’ici racontent, Douze villages entre Famenne et Condroz au d√©but du (20e) si√®cle, Groupe Regards et Souvenirs, s.d.)

in: Jean Germain, Toponymie d’Evrehailles, BTD LIV, 1980

(p.113)¬†P√®lerinage √† saint Laurent, dont l’autel se trouve √† droite du chŇďur de l’√©glise, le 15 ao√Ľt pour les maus Sint Lorint ou pok√®tes Sint Lorint, c’est-√†-dire l’imp√©tigo.

1.4 L' Assompsion dins l' ès'-walon / L'Assomption dans l'est-wallon

Li√®ge / Quinze ao√Ľt en Outremeuse, in¬†: Clio 70, 1974

Du 14 au 16 ao√Ľt, tout le Dju d’la ou quartier d’Outre-Meuse (espace compris entre la Meuse et sa d√©rivation, entre la place Delcour et la place de I’Yser) vit une f√™te populaire d’origine religieuse.

La journ√©e la plus charg√©e est celle du 15, f√™te de l’Assomption.

Elle est marqu√©e principalement par une grand’messe en plein air, avec sermon en wallon, et par le grand cort√®ge folklorique de l’apr√®s-midi. Ce cort√®ge parcourt les principales rues d’Outremeuse, o√Ļ sont dispers√©es les potales, Ce mot, d√©riv√© du fran√ßais pot, signifiait primitivement petit creux dans le sol ; par glissement de sens, il a fini par d√©signer de petites niches en pierre ou en bois, accroch√©es aux fa√ßades et renfermant une statuette de la Vierge. Certaines sont tr√®s anciennes et se transmettent de p√®re en fils. Une trentaine de potales sont encore visibles aujourd’hui.

Durant les jours qui pr√©c√®dent l’Assomption, les habitants des vieux quartiers, r√©unis en comit√©s, pr√©parent avec orgueil leurs potales. Pour soutenir leur effort, des concours d’originalit√© sont organis√©s par le Gouvernement de la R√©publique Libre d’Outremeuse. Cr√©√©e en 1927, celle-ci est dirig√©e par un gouvernement qui compte un pr√©sident, des ministres et des secr√©taires d’√©tat. Le Congr√®s ou assembl√©e g√©n√©rale de cette soci√©t√© folklorique se r√©unit annuellement pour √©tablir le bilan des activit√©s et des finances. La foule anim√©e se r√©pand dans les ruelles des vieux quartiers, s’arr√™tant devant les potales illumin√©es et fleuries. Elle se masse aux alentours du m√Ęt de cocagne ou de la f√™te foraine, et sur le parcours du cort√®ge: elle rythme la cadence au son des harmonies populaires et de l’orgue de barbarie, ou fl√Ęne le long des vitrines d√©cor√©es. Des cramignons entra√ģnent petits et grands dans la f√™te, tandis que les marionnettes li√©geoises offrent un spectacle permanent au Mus√©e Tchantch√®s. Car ce petit personnage symbolique de la mentalit√© li√©geoise est aussi √† l’honneur en ce 15 ao√Ľt. Il poss√®de sa statue sur la place de I’Yser, o√Ļ de nombreux dignitaires viennent r√©guli√®rement lui rendre hommage et lui offrir un costume de plus.

Ainsi, la f√™te du 15 ao√Ľt en Outremeuse exprime √† la fois la pi√©t√© mariale de ce quartier populaire et son amour invincible de la libert√©.

(in: Jean Jour, Ceux d’Outremeuse, s.d.)

Porc√®ssion do 15 d' awous' √† Hu (tos l√®s s√®t' ans) / procession du 15 ao√Ľt √† Huy (tous les sept ans)

(foto V.A., 08/08/2019)

Les Fêtes septennales de Huy, in : VW, 1921-1922, p.53-66

¬ę¬†Tos l√®s s√®t‚Äô ans, l√®s Hutw√®s pi√®rd√®t l’ ti√®sse.¬†¬Ľ

 

Une √©pigramme patoise (sic) d’un Mathurin R√©gnier de la r√©gion s’ouvre sur cette m√©disance qui n’a pas nui, d’ailleurs, au bon renom des Hutois.

Au surplus, bien des gens se tiennent pour sages, qui, cependant, usent plus que septennalement de la facult√© qui fut donn√©e √† l’homme de d√©raisonner.

Au moins, les Hutois ont-ils un motif de faire des folies au bout de ce cycle de sept ann√©es; c’est, en effet, la f√™te de la ville, ou mieux, ¬ę la belle f√™te ¬Ľ, comme on dit l√†-bas.

 

La ¬ę f√™te √† Huy ¬Ľ se c√©l√®bre, chaque ann√©e √† l’Assomption, mais, tous les sept ans, elle rev√™t un √©clat particulier; officielle¬≠ment, ces r√©jouissances extraordinaires s’appellent les f√™tes septennales, mais un vrai Hutois ne les d√©nommera jamais que ¬ę li b√®le fi√®sse √† Heu ¬Ľ.

 

Quatre jours et plus, on danse, on illumine, on processionne, on p√©tarade, on festivalise, dans la jolie cit√© ; et le paysage unique, et l’aspect d√©licieusement vieillot que rev√™tent encore bien des recoins de la ville, donnent √† cette c√©l√©bration un cadre charmant.

 

Mais pourquoi, diable! ce cycle de sept ans? C’est que, comme la plupart de nos f√™tes pr√©sentement les plus profanes, celles-ci ont une origine religieuse, et que, dans toutes les croyances, le nombre sept a toujours tenu un r√īle important.

(p.54) La Vierge dont on c√©l√®bre, ce jour-l√†, la f√™te dans la bonne ville de Huy est N.-D, de la Sarte, d’ordinaire tr√®s haut log√©e dans l’√©glisette qui surmonte la colline la plus √©lev√©e de l’enceinte hutoise, vers le Condroz.

 

La l√©gende lui attribue, dans le pass√©, d√®s environ l’an 1621, des miracles sans nombre; de nos jours, la chapelle est un peu d√©laiss√©e; les r√©gnicoles, eux-m√™mes, s’adressent comme tout le monde √† Lourdes ou √† quelque autre apparition d’universelle renomm√©e. Serait-ce que les saints, non plus, ne seraient pas proph√®tes en leur pays? En tout cas, la remarque ne s’applique pas aux seuls Hutois, et le d√©licat po√®te wallon Mandos n’a-t-il pas, en des vers charmants, plaint N.-D. du Rempart de l’abandon o√Ļ la laissaient les d√©vots namurois, fort empress√©s, par contre, autour d’une grotte en simili-Lourdes?

 

Donc, les Hutois, qui furent tant de fois √©prouv√©s par les guerre et les trente-six calamit√©s de la terre et du ciel, eurent, dans leurs malheurs, recours √† tous les saints; ayant jug√© que N.-D. de la Sarte leur avait √©t√© plus cl√©mente que nul autre habi¬≠tant des cieux, ils lui vou√®rent un culte particulier. Et tous les sept ans, parfois m√™me √† moindre intervalle dans les cas d’une gravit√© exceptionnelle, on descend processionnellement dans la vall√©e la statue merveilleuse; d’ordinaire, c’est donc la veille de l’Assomption qu’a lieu cette translation. La statue est expos√©e, durant sept jours, dans la nef principale de l’antique Coll√©giale; pendant cette semaine, se d√©roulent des c√©r√©monies religieuses qui, d√®s le d√©but, ont servi de pr√©texte √† des r√©jouissances rien moins que sacr√©es, lesquelles ont fini par prendre le pas sur les autres; de celles-ci, il ne reste aux yeux des profanes que la des¬≠cente solennelle de la statue, son retour sur la butte miraculeuse et, entre les deux, la grande procession o√Ļ l’on porte, √† c√īt√© de N.-D. de la Sarte, les troph√©es militaires qui lui furent offerts, il y a. plus de deux si√®cles, et les remarquables ch√Ęsses du tr√©sor de la Coll√©giale.

 

Les troph√©es militaires de N.-D. de la Sarte ont toujours eu la bonne fortune d’exciter tr√®s vivement la curiosit√© publique; ce sont des croissants orn√©s de queues de cheval, quatre √©tendards turcs, un √©tendard tartare et aussi, une sorte de carquois en osier ; tout ce glorieux et v√©n√©rable bric-√†-brac que l’√Ęge et les mites, lesquels ne respectent rien, pas m√™me les reliques historiques, ont mis en assez piteux √©tat, provient des batailles livr√©es aux Turcs, au xviie si√®cle et au xviiie. Les uns disent que ce butin (p.54) fut pris √† la bataille de L√©pante, sous Don Juan, d’autres √† la ba¬≠taille de Vienne en 1683, d’autres √† Belgrade en 1717 ou encore √† Buda-Pesth. De savantes discussions ont √©t√© entreprises √† ce sujet; nous vous ferons gr√Ęce de l’ennui que vous √©prouveriez √† en subir un aper√ßu. Nous sommes √† la f√™te et non au congr√®s des antiquailles.

 

(p.56) Comment ces dépouilles opimes des sultans et des pachas sont-elles venues échouer sur la colline sacrée des Hutois, voilà qui est plus intéressant à savoir.

 

La Wallonie et le pays de Li√®ge, notamment, ont fourni, au¬≠trefois, √† l’Autriche et √† la r√©publique de Venise, √† d’autres encore, des milices qui se couvrirent de gloire et furent parmi les plus redout√©es pour leur grande vaillance.

Rappelez-vous ce qu’en dit Schiller dans le Camp de Wallenstein: ¬ę Celui-l√†, respectez-le, c’est un Wallon ¬Ľ.

 

Eh bien, nos Wallons furent employés contre les Turcs et ils y firent merveille.

Aujourd’hui, les soldats du Croissant n’ont plus autant de ressort ; au lieu de faire appel aux plus rudes guerriers, il suffit de lancer contre eux les evzones en carton-p√Ęte, √† la moustache de cirage, qui composent les r√©giments constantiniens. Autres temps, autres Turcs.

Donc, pour en revenir √† nos guerriers wallons, leurs chefs les plus fameux furent Maximilien de Billeh√© de Valensart, sei¬≠gneur de Vierset, avou√© de Huy, et Charles-Antoine d’Arberg, qui demeurait au ch√Ęteau d’Ahin, non loin de la cit√© aussi.

 

Apr√®s la victoire d√©finitive remport√©e en 1717 √† Belgrade, tous ceux qui √©taient sortis de l’aventure indemnes ou √† quelque membre pr√®s, d√©cid√®rent d’offrir √† la vierge protectrice de la r√©gion, et de leurs os en particulier, les troph√©es qu’ils avaient enlev√©s aux infid√®les.

Voil√† comme quoi la patronne des Hutois para√ģt √† la proces¬≠sion dans cet appareil belliqueux.

 

Quant aux ch√Ęsses, elles sont au nombre de six qui sont, toutes les six, fort anciennes et fort belles; deux sont attribu√©es √† l’orf√®vre hutois Godefroid de Claire, celle de saint Domitien est du plus pur style romano-byzantin, celle de saint Marc est orn√©e d’√©maux d’une grande beaut√©. Enfin, la Coll√©giale poss√®de aussi un reliquaire rapport√© de J√©rusalem par Pierre l’Ermite, lequel, comme on sait, vint finir ses jours √† Huy, au couvent du Neufmoustier.

Voilà pour les amateurs de choses antiques.

 

La Ville de Huy reçoit ce jour-là une décoration qui lui est aussi particulière que les trophées de N.-D. et les belles orfè­vreries du trésor de la Collégiale.

(p.57) Si Macbeth devait alors descendre √† Huy, il se dirait, une fois de plus, que son dernier jour approche, puisque la for√™t s’avance vers lui. Ce ne sont point les arbres qui se sont mis en marche, mais n√©anmoins, la ville, gr√Ęce √† son originale ornemen¬≠tation, a tout l’air d’un bosquet bien feuillu. Des m√Ęts dress√©s entre les pav√©s supportent des guirlandes de buis qui traversent les rues, s’√©rigent en portiques, se contournent en festons. Dans les rues principales, le trottoir est s√©par√© du pav√© du roi par des fa√ßons de haies form√©es de cordons de buis offrant les dessins les plus vari√©s.

 

On sait, en effet, que les deux seuls habitats naturels du buis en Belgique sont les collines qui s’√©tendent entre Ben-Ahin et Marchin au sud-ouest de Huy et les coteaux de Hasti√®re, dont il compose, presque seul, le sous-bois.

Huy use et abuse de cet avantage botanique, dans l’ornemen¬≠tation de ses rues lors des f√™tes septennales. Cela lui donne un aspect tr√®s sp√©cial qui frappe imm√©diatement l’√©tranger. Le vert √©clatant du buis est infiniment plus r√©jouissant √† l’Ňďil que la (p.58) teinte sombre et taciturne des branches de sapin que l’on utilise en d’autres lieux, dans de telles circonstances; il est plus durable aussi, qualit√© pr√©cieuse, car, dans les f√™tes qui se prolongent durant plusieurs jours, une d√©coration de feuillage n’est le plus souvent, √† la fin de la c√©l√©bration, qu’une friperie sans nom.

 

Cette procession du 15 ao√Ľt est la partie la plus fastueuse des c√©r√©monies religieuses de la ¬ę belle fiesse ¬Ľ ; c’est celle qui attire le plus de visiteurs. Mais, pour qui recherche, de pr√©f√©rence, les charmes intimes et les aspects √©vocateurs d’une telle solennit√©, le plus curieux spectacle, le plus prenant, dans son √©mouvant archa√Įsme, est donn√© la veille, √† la descente de N.-D. de la Sarte.

Le cort√®ge d√©vale par le chemin dit ¬ę des Chapelles ¬Ľ, une fa√ßon de calvaire ainsi nomm√© parce qu’il est jalonn√© de mi¬≠gnonnes chapelles ouvertes sur trois faces et dont la toiture en auvent repose, c√īt√© fa√ßade, sur deux piliers supportant des ar¬≠ceaux en plein cintre, de ces √©dicules joliets comme l’on en voit sur les tableaux des primitifs. Tout le d√©cor, et tous les person¬≠nages qui s’y meuvent, en cet instant semblent sortir de la toile de l’un de nos na√Įfs artistes du moyen-√Ęge; l’impression est saisissante.

 

Le chemin est √©troit, roide, encaiss√© comme devaient √™tre ceux.qui menaient droit au paradis, quand on y allait encore le bourdon du p√®lerin √† la main, car saint Christophe a chang√© tout cela, c’est en auto que pour l’heure on gagne le ciel. Huy a, du reste, gard√© assez de ces recoins charmants pour que Jean d’Ardenne ait jug√© √† propos d’en faire la remarque d’une mani√®re expresse.

La statue, entour√©e de ses troph√©es et de ses ex-voto, descend le raidillon, sans grand apparat, ni brillant d√©ploiement de clerg√© et, si quelques drapeaux ou gonfalons de confr√©ries, orn√©s d’orfroi, lui font la conduite, au moins lui √©pargne-t-on, ce jour-l√† le voisinage des hideuses banni√®res de calicot rouge ou bleu, orn√©s d’embl√®mes approximatifs en papier dor√©, loques criardes et affreusement bariol√©es qui d√©shonorent la plupart de nos cor¬≠t√®ges religieux.

La statue est port√©e √† l’√©paule par les fr√®res lais et les novices du couvent des Dominicains qui desservent l’√©glise de la Sarte; le costume noir et blanc des religieux et leurs t√™tes rases ne gardant qu’une √©troite couronne de cheveux comme faisaient les moines antiques, ajoutent √† l’illusion; et, quand l’on veut bien oublier un instant les gens pieux mais tr√®s modernes dans leurs atours qui (p.59) suivent la procession, ou si un tournant du chemin les d√©robe aux yeux du spectateur, il ne faut pas un grand effort de pens√©e pour vivre quelques instants dans un recul de plusieurs si√®cles.

 

Cette ann√©e, les boys-scout, ces petits touche-√†-tout, au z√®le empress√© mais parfois intemp√©rant, qui s’introduiraient dans le pater, en d√©pit du bon Dieu, s’√©taient mis de la partie, et leurs (p.60) feutres anglo-saxons jetaient une note abominablement anachro¬≠nique dans le d√©cor moyen√Ęgeux.

Esp√©rons que, dor√©navant, l’on en reviendra √† r antique pro¬≠tocole, tout de simplicit√© mais si rempli de p√©n√©trante √©motion.

Le transfert de la statue aux mains du clerg√© s√©culier se fait aux anciennes portes de la ville; le milieu change, les acteurs aussi, et le d√©licieux mirage s’√©vanouit.

 

Durant tout le temps que la statue miraculeuse est exposée à la Collégiale de Huy, la région y envoie de nombreux pèlerins.

 

La journ√©e du 15, pour ne citer que celle-l√†, amena √† Huy quelque vingt mille visiteurs; un pareil surcro√ģt d’habitants compte dans une ville qui, √† l’ordinaire, n’en poss√®de que qua¬≠torze milliers, en y comprenant les vieilles gens qui ne vont plus par les rues, et les tout petits qui n’y tiennent pas grande place.

Pour tout dire, la d√©votion n’est pas le but unique de ces p√®le¬≠rins-l√†, et l’on ne se tromperait pas en affirmant que le plus grand nombre est all√©ch√© par le programme des r√©jouissances profanes. Elles sont jolies, ces f√™tes, mais elles doivent souvent tout leur cachet, tout comme la procession, au cadre que leur fait la vieille ville.

 

Une f√™te de nuit, une illumination, par exemple, dans ces rues √©troites et tortueuses, o√Ļ les fa√ßades des maisons se baisent, pour ainsi dire, par dessus les t√™tes des promeneurs, donnent de merveilleux effets de lumi√®re, coup√©s d’inqui√©tantes trou√©es d’ombre, quand on traverse un de ces multiples ponceaux, enjam¬≠bant les bras du Hoyoux qui divise le bas de la ville en une suite d’√ģlots.

Comme partout ailleurs, on sacrifie abondamment aux sports ; il y a des courses de v√©los, de motos, des matches de foot¬≠ball, des concours de p√™che, des joutes sur l’eau ‚ÄĒ les plus belles √† cause du pittoresque prestigieux des rives du fleuve.

 

Mais quelques points de ce plantureux programme em­pruntent un éclat particulier à la région.

Les Hutois et ceux de la banlieue sont pass√©s ma√ģtres en l’art des jardins; ils pratiquent m√™me quelques sp√©cialit√©s qu’on chercherait vainement ailleurs en Belgique: la culture de la vigne √† l’air libre et la production des graines potag√®res.

Ils ont créé plusieurs sociétés horticoles qui, naguère, se faisaient une guerre au couteau.

 

(p.61) Car, comme dans la plupart de nos vieilles localit√©s, il se nourrissait √† Huy, des rivalit√©s terribles de quartier √† quartier, de m√©tier √† m√©tier, de corporation √† corporation. N√©anmoins, tous ces microcosmes adverses se retrouvaient unis quand il s’agis¬≠sait de soutenir contre le seigneur voisin des pr√©tentions com¬≠munes, et, mieux, tous ces conglom√©rats rivaux se tenaient comme les doigts de la main, pour r√©sister √† un tyran.

La plupart du temps, ces querelles locales √©clataient pour un motif bien futile. Il nous fut cont√© qu’en 1814, √† Huy, les vigne¬≠rons qui, pour la plupart √©taient du quartier de Saint-Pierre, se mirent en r√©volte ouverte contre l’autorit√©, parce que la statue de leur patron saint Vincent avait √©t√© transf√©r√©e de l’√©glise St-Pierre, o√Ļ elle g√ģtait depuis un temps imm√©morial, √† l’√©glise St-Remy. Ils s’en furent la reprendre, et la justice s’√©tant m√™l√©e de l’inci¬≠dent, le chef de l’exp√©dition, Bizet,- surnomm√© Carrousse, pour ce qu’ayant fait le voyage de Paris, il conta, au retour, qu’il n’y avait vu ¬ę aucune charrette mais tous carrousses ¬Ľ – fut emprisonn√©.

 

(p.62) Sur ces entrefaites, les Baskirs des armées alliées, qui se rendaient en France, passèrent par Huy. Ce furent eux qui déli­vrèrent le pauvre vigneron, si cruellement incarcéré pour avoir défendu les privilèges de sa corporation.

Petit effet inattendu d’une grande cause; des gens venus du fond de la Tartarie mettant fin manu militari √† une dispute hutoise !

Ces vignerons √©taient au surplus, fort v√©tilleux ; ils su√ßaient avec le lait, et le briolet sans doute, leurs instincts belliqueux, et leurs gosses s’exer√ßaient tout jeunes √† la bagarre. Ceux de Saint-Pierre et ceux de Statte se livraient de terribles batailles sur les thiers qui dominent la rive gauche. Ils imaginaient des vengeances de Sioux ou de Comanches.En voulez-vous un bel exemple? Cer¬≠tain jour, les gens de Saint-Pierre ayant fait prisonnier un ¬ę Statti ¬Ľ, on lui ¬ę lia les pieds, on vous le suspendit ¬Ľ et, dans cette position, qui rappelait le martyre de Saint-Pierre, on lui tailla les cheveux √† l’aide d’une serpette.

Qu’on vienne dire apr√®s cela que les ¬ę coteliers ¬Ľ ont du sang de navet dans les veines !

 

Eussiez-vous cru, tout de m√™me, que l’√©levage de ¬ę la l√©¬≠gume ¬Ľ, comme disent les Parisiens, engendr√Ęt de tels ferments de haine?

Les f√™tes septennales fournissent, donc, aux cultivateurs de la r√©gion, l’occasion de donner aux visiteurs de leur aimable ville, la mesure de leur savoir-faire. Une exposition s’organise, alors, qui groupe les produits du sol riche et g√©n√©reux de la vall√©e de la Meuse et des coteaux voisins si baign√©s de soleil, qu’ils sont les seuls, dans notre septentrion qui accumulent encore, en une saison, assez de calories pour conduire le raisin √† bonne fin.

 

Gr√Ęce aux rivalit√©s entre deux soci√©t√©s similaires, la ¬ę P√©trate ¬Ľ de Statte et ¬ę les Vignerons ¬Ľ de Saint-Pierre, il y eut, parfois, deux expositions, qui se firent entre elles, une concur¬≠rence enrag√©e. Tout cela s’est arrang√©, la Betterave et la Vigne font le meilleur des m√©nages, pour la bonne r√©ussite de leur grande exposition commune qui prend les proportions d’un √©v√©¬≠nement dans le monde horticole belge. La fr√©quentation quoti¬≠dienne du poireau, de l’oignon et de la carotte n’a pas atrophi√© chez eux la verve caustique du terroir, au contraire. Un de ces concours fut √©gay√©, nagu√®re, par la plaisanterie d’un mara√ģcher fac√©tieux qui s’√©tait fait une sp√©cialit√© de produire, √† grand renfort d’engrais liquide, des cucurbitac√©es √©normes. Avisant, au (p.62) d√©but de la saison, une courge en bas √Ęge qui donnait de belles esp√©rances, il l’orna d’une inscription en caract√®res minuscules form√©s de multiples piq√Ľres d’aiguille. Le tissu en devint rugueux, la devise se d√©veloppa avec le fruit, et quand le potiron, grand

comme une roue de fardier, figura √† l’exposition hutoise, il por¬≠tait en grosses lettres, cet aveu rim√© que la nature lui avait brod√© sur la peau :

Apr√®s l’purin

N’a pus rin.

 

Quand les terriens de Huy-la-Petite ‚ÄĒ c’est ainsi que, dans les anciennes ordonnances on d√©nommait le quartier de la rive gauche ‚ÄĒ se prenaient aux cheveux, √† propos de cornichons et de choux-fleurs, ceux de Huy-la-Grande avaient aussi leurs motifs de rivalit√©.

 

in: Recherches sur le folklore de Spa, p.187-196, Wallonia, 1899

 

L’Assomption (p.194-195)

 

Le 15 ao√Ľt, les femmes de Baronheid, Hockay, Cokaifagne, etc., portaient √† l’√©glise des bouquets de tanaisie cultiv√©e dans leurs jardins, qu’elles allaient d√©poser sur le banc de communion, pendant la grand’messe, pour qu’ils soient b√©nis. Ils √©taient ensuite soigneusement conserv√©s parce qu’en cas d’orages ils pr√©servaient la demeure familiale de la foudre.

A cet effet, lorsque le tonnerre se faisait entendre, et que les √©clairs ¬ę s’allumaient ¬Ľ, on d√©tachaient quelques brins de cette herbe b√©nite qu’avec des signes de croix ‘on d√©posait, en s’agenouillant devant l’√Ętre, sur les charbons ardents. La fum√©e odorante produite devait conjurer les effets cerribles qu’aurait la chute de la foudre.

A Solwaster, c’est de l’s√®dje, de la sauge, qu’on fait ainsi b√©nir. On va mettre aussi aux quatre coins de son champ d’avoine du de bl√© pour pr√©server la moisson.

 

1.5 L’ Assompsion dins l’ s√Ľd-walon / L’Assomption dans le sud-wallon

Ro√ģmont - porc√®ssion do 15 d' awous' / Roumont - procession du 15 ao√Ľt

Le pays de Bastogne au gré de sa mémoire, 1982

 

(p.198) Mentionnons ici deux processions particuli√®rement popu¬≠laires: celle du saint sacrement (F√™te-Dieu) et celle du 15 ao√Ľt (Assomption). Pour ces occasions, tant en ville que dans les villa¬≠ges, on ornait l’itin√©raire par des fleurs et des mais (w. ma, m√Ęy, m√™y). Les maisons elles-m√™mes √©taient garnies, souvent d’une sta¬≠tue et parfois d’un petit autel. Suivant l’√Ęge, des r√īles pr√©cis √©taient attribu√©s aux participants. Ainsi, √† Villers-la-Bonne-Eau, les petites filles semaient des p√©tales de fleurs devant le dais du saint sacre¬≠ment, lequel √©tait port√© par des membres du conseil de fabrique; les jeunes filles se chargeaient de la statue de la Vierge; quant aux gar√ßons, ils agitaient des drapelets, laissant √† leurs a√ģn√©s le soin des banni√®res plus lourdes, et des lanternes. La procession s’arr√™¬≠tait aux divers reposoirs (ou chapelles) √©difi√©s dans la localit√©.

(p.199) Les herbes qui jonchaient le parcours √† la F√™te-Dieu √©taient l’objet de la ¬ęremarque¬Ľ suivante: si elles s√©chaient rapidement, c’√©tait le signe que la fenaison serait ais√©e. Certains leur attri¬≠buaient m√™me des pouvoirs dans la protection ou la gu√©rison du b√©tail. On en ramassait une poign√©e que l’on accrochait √† l’√©table, que l’on d√©posait au grenier, ou dont on faisait une d√©coction pour administrer aux b√™tes malades.

 

Maryl√®ne Foguenne, Petites chroniques d‚Äôune vie de campagne, Souvenirs de la Haute-S√Ľre, Vaux-lez-Rosi√®res 1930-1950, √©d. Eole, 2003

 

Le 15 ao√Ľt donnait lieu aussi √† une procession en l’honneur de Marie. Seuls les gens du village y participaient car chaque paroisse organisait sa procession.

La journ√©e se d√©roulait pratiquement de la m√™me fa√ßon que la F√™te-Dieu sauf qu’elle ne concernait que la Vierge.

Les jeunes filles se rassemblaient et défilaient en portant sa statue.

 

Marie-Thérèse Pipeaux, Anloy, un siècle d’histoire 1900-2000, éd. Weyrich, 2004

 

(p.81) Les processions

 

Deux fois par an, une procession sortait de l’√©glise et parcourait l’une ou l’autre rue du village. La premi√®re en juin, √† la F√™te-Dieu, la seconde le 15 ao√Ľt, jour de l’Assomption. C’√©tait chaque fois un √©v√©nement paroissial important. √Ä l’issue de la messe ou des v√™pres, le cort√®ge se mettait en place √† partir de l’√©glise. D’abord les enfants de choeur avec leur aube blanche et leur col rouge, l’un d’entre eux portant la grande croix, puis les enfants surveill√©s par l’instituteur et les religieuses. La foule s’avan√ßait ensuite sur deux rangs, pr√©c√©dant le pr√™tre rev√™tu de ses ornements solennels et abrit√© sous un dais port√© par quatre personnalit√©s du village. Les hommes escortaient le dais, portant au bout d’un manche court des flambeaux allum√©s. Un enfant de choeur se tenait √† c√īt√© avec l’encensoir, en s’effor√ßant, par un balan¬≠cement r√©gulier, de garder les braises allu¬≠m√©es.

La veille, les femmes et les petites filles avaient √©t√© chercher dans les champs et les jardins de pleins paniers de fleurs qu’avant l’office elles avaient r√©pandues au milieu du chemin pour cr√©er une √©troite bande color√©e constituant une voie d’honneur sur laquelle le pr√™tre s’avan√ßait, portant l’ostensoir. √Ä chaque maison, sur une table ou une fen√™tre entrouverte, on avait install√© un crucifix ou une station pieuse entour√©e de fleurs et de bougies allum√©es. Le cort√®ge progressait lentement au rythme d’hymnes chant√©s par le ma√ģtre-chantre et repris en choeur par la foule ; en alternance, le pr√™tre commen√ßait parfois une dizaine du chapelet ou une litanie, et toute l’assistance r√©pondait. On arrivait enfin √† un reposoir fleuri couvert d’une nappe blanche et surmont√© de cierges allum√©s ; l’autel √©tait install√© au pied d’une des hautes croix plant√©es √† demeure au bout des trois rues principales du village.

 

porc√®ssion √† l' grote di V√Ę-'dd√©-Rosi√®re) li 15 d' awous' (procession √† la grotte de Vaux-sur-S√Ľre (ou Vaux-lez-Rosi√®re)

 

1.6 L’ Assompsion en Gaume / L’Assomption en Gaume

Barazi / Baranzy - l' Assompsion / l'Assomption

(in: Michel Yans, Baranzy, Métamorphoses, s.d.)

 

2 Li tradicion folklorike / La tradition folklorique

L√ģdje - li 15 d' awous' - li tir aus cambes (le tir aux "chambres" (remplies de poudre)) (cambe: mot emprunt√© au picard)

L√ģdje - li bouk√®t d' Dju d'l√† Mo√Ľse (Li√®ge - le bouquet d'Outremeuse)

(in: Pol-Henri Thomsin, Floril√®ge / Amon nos-√ītes, Dju d’l√† Mo√Ľse, 2004)

L√ģdje - li confr√™r√®ye Tchantch√®s (Li√®ge - la confr√©rie 'Tchantch√®s" (< Djan-Fran√ßw√®s > Tchan-Tch√®s)

L√ģdje - li 15 d' awous': li tradicion d' be√Ľre d√® p√®k√®t (Li√®ge - le 15 ao√Ľt - la tradition de boire du "p√®k√®t" (geni√®vre))

L√ģdje - l√®s j√®yants (Li√®ge - les g√©ants)

L√ģdje - li cort√™je (L√ģdje - le cort√®ge)

L√ģdje - sint M√Ęcr√Ęwe (Li√®ge - saint "M√Ęcr√Ęwe")

 

in¬†: Annoncese de l’Ourthe, 19/01/2002

QUE SAVEZ-VOUS AU¬† SUJET¬† DE¬† SINT M√āCR√āWE?¬†¬†¬†¬†¬†¬†¬†¬†¬†

 

Nicolas Defrêcheux, en 1888, dans ses Enfantines liégeoises:

Selon Thomassin (M√©moire statistique du d√©partement de l’Ourthe, page 224), les choses se passaient tout autrement au commencement de ce si√®cle (N.D.L.R le XIXe)¬†:

¬ę¬†Le 15 et le 16 du mois d‚Äôao√Ľt ou de la f√™te de l’Assomption et de saint Rock, les femmes et les filles du peuple, les enfants, etc., arr√™tent, dans les rues de Li√®ge, tous les pas¬≠sants et demandent une offrande au nom et en l’honneur de la Vierge et du saint. Ils emploient une par¬≠tie de cet argent √† orner d’images et de chandelles, les chapelles et les madones de tous les carrefours de la ville qui, dans la soir√©e, devien¬≠nent le rendez-vous des filles et o√Ļ l’on chante des litanies, tandis que les qu√™teurs commettent des ind√©¬≠cences et se r√©galent avec la secon¬≠de partie de la recette du jour.¬Ľ

 

Dans son Dictionnaire wal¬≠lon-fran√ßais, (tome II, page 157), Remacle nous dit: ¬ę L’usage de qu√™ter, √† la f√™te de l’Assomption, louable dans son origine, est deve¬≠nu licencieux. A la brune, des fillettes, des donzelles de dix-huit √† vingt-quatre ans, qu√™tent pour la Sainte-Vierge, et leur regard n ‘a n’en de virginal, leur ton n’a rien d’√©qui¬≠voque…¬Ľ

 

On le voit au travers de ces lectures, la f√™te a √©volu√© au fil des ans et, d√®s la parution du premier appel lanc√©, un lecteur d’Aywaille, le docteur Paul Maquet, s’est manifest√© pour m’expliquer se sou¬≠venir avoir particip√©, alors qu’il √©tait tr√®s petit enfant, √† la sint M√Ęcr√Ęwe en Outremeuse.

¬ę J’√©tais alors un tr√®s petit enfant de trois ou quatre ans et je me souviens avoir d√©fil√©, tenant √† la main, un bout de bois auquel pendait une lanterne avec, dedans, une bougie allum√©e. Nous chantions une peti¬≠te chanson qui commen√ßait comme celle pr√©sente dans la Petite Gazette de la semaine derni√®re mais qui se terminait ainsi:

V√ģve sint M√Ęcr√Ęwe

Grosse tièsse di bwès !

Li ci qui n’ a nou cabus

N’ a nin m√®s√Ęhe di paraplu!

 

in : VW, t.3, 1922-1923, p.21-23

SINT M√ÖCRAWE

 

V√ģve sint M√•crawe,

Grosse tièsse di bwès,

Li ci qu’ n’ a nole ti√®sse

N’ a nin m√®s√•he di dj‚Äôv√®s!

 

C’est de ces paroles burlesques, scand√©es mais non chant√©es, que l’on accompagne, l’apr√®s-midi du quinze ao√Ľt, un cort√®ge sin¬≠gulier, form√© par quelques gamins. L’un d’entre eux, la figure bar¬≠bouill√©e, affubl√© de loques, la t√™te couverte d’un chapeau trop grand, est juch√© sur une sorte de palanquin rustiquement form√© de deux queues de balai que les deux plus vigoureux de la bande portent sur leurs √©paules ; tout autour, les autres, portant des lan¬≠ternes v√©nitiennes au bout de b√Ętons, font cort√®ge en criant :

 

V√ģve St M√•crawe,

Grosse ti√®sse di bw√®s…

 

Sérieusement, comme accomplissant un rite, nos gamins par­courent les rues de la paroisse di Delà Mouse, tandis que sur leur passage, rient les femmes et les vieilles gens.

Tel est, aujourd’hui, l’ultime aspect d’une tradition qui s’en va !

Il n’en √©tait pas ainsi jadis. Aujourd’hui, la St M√•crawe se fait le quinze ao√Ľt, elle est pour les gar√ßonnets, ce que l’ √Öt√© d√® Gos√ģ est pour les fillettes, mais, il y a cinquante ans, la St-M√•crawe √©tait c√©l√©br√©e le dix-sept ao√Ľt et c’√©taient les jeunes gens de vingt ans (p.22) qui faisaient le cort√®ge. L’un d’entre eux, la figure noircie avec du bouchon br√Ľl√©, portait sur la t√™te un chapeau de mineur tout garni de chandelles allum√©es ; mont√© √† califourchon sur les deux manches √† balai port√©s par deux de ses compagnons, il tenait √† la main une torche de r√©sine allum√©e ; tout autour de ce personnage singulier, d’autres faisaient cort√®ge, les uns avec des torches allum√©es, les autres balan√ßant des pots √† fleurs suspendus √† des ficelles et o√Ļ, en guise d’encens, br√Ľlait de. la colophane (spingulaire) ou du bou¬≠chon. A la nuit tombante, cette bande parcourait les rues, en vo¬≠cif√©rant :

 

V√ģve St M√•crawe,

Grosse tièsse di bwès.

 

Elle s’arr√™tait devant les maisons, qu√™tant pour St M√•crawe et malheur √† qui refusait : on l’aspergeait avec la r√©sine des torches ou on le barbouillait avec leur fum√©e.

 

Singuli√®re coutume, mais quelle en √©tait la signification? J’avoue bien humblement que malgr√© mes recherches sur le folk¬≠lore, poursuivies depuis plus de trente ans, je n’en sais rien. Tout (p.23) au plus, puis-je risquer l’hypoth√®se qu’il s’agit ici d’un rite prove¬≠nant d’un culte naturiste, d’une c√©r√©monie lustratoire analogue aux Grands Feux du Carnaval et de la St Jean, des feux de la St Martin et des H√©li√®djes de certaines f√™tes, et que cette c√©r√©mo¬≠nie avait peut-√™tre pour but la bonne r√©ussite des moissons et de la vendange. On a voulu voir dans le nom Macr√•we une d√©formation de Macaire : c’est l√† une √©tymologie fantaisiste, mais en tout cas, la c√©r√©monie n’a aucun caract√®re chr√©tien, tandis qu’elle a tous ceux des cultes naturistes : elle avait lieu au cr√©puscule, le per¬≠sonnage est barbouill√© de noir, forme primitive du masque employ√© dans certaines liturgies naturistes, elle emploie des lumi√®res et une sorte d’encens,,ce qui lui donne son caract√®re de purification contre les mauvais esprits ; enfin, elle √©tait faite au nom de tous, par les jeunes gens, qui punissaient en les barbouillant, ceux des habitants qui refusaient en ne donnant pas leur obole, de s’associer au rite et risquaient ainsi de lui faire manquer son but.

Les diverses c√©r√©monies dont j’ai parl√© plus haut avaient toutes pour objet de prot√©ger les biens de la terre contre les mauvaises influences, les unes favorisaient la germination, les autres la flo¬≠raison, d’autres enfin la r√©colte. C’est, je suppose √† la r√©colte du grain que devait se rapporter la St M√•crawe, car anciennement c’√©tait dans la seconde quinzaine d’ao√Ľt que se faisait la moisson, l’aous’, et la f√™te du Coq, qui en marquait la fin, √©tait c√©l√©br√©e le trente du mois, le jour de la D√©collation de St Jean (St Jean qu’on bat le bl√©) , jour o√Ļ l’on d√©capitait le coq, simulacre de la mort de l’esprit du grain. Nos taper√®yes √† l’ √•we (oie) ou au coq en sont un souvenir.

Quant au nom de M√•crawe, nous laisserons aux philologues le soin de nous dire d’o√Ļ il vient ; signalons seulement qu’il y a, √† Mesch, √† la fronti√®re hollandaise, un St M√•crawe qui gu√©rit les gens craw√©s, naturellement, et rend la force aux maris trop peu spitants.

Voilà tout ce que nous savons de St Måcrawe (1).

 

Eugène POLAIN

 

(1) J’ai √©crit M√•crawe, comme on le prononce aujourd’hui √† Li√®ge, mais dans ma jeunesse on pronon√ßait M√Ęcrawe, avec les deux a clairs.

 

 

in: Les enfantines liégeoises, d’après Joseph Defrêcheux, Supplément, pp.1-8, in: La Wallonne, 1/2005

LA MI-AO√õT

 

A l’occasion de l’assomption les potales √©taient repeintes et les madones qui les garnissaient habill√©es de neuf. Pendant les journ√©es des 15, 16 et 17 ao√Ľt, les enfants √©rigeaient dans les rues, de petits autels qu’ils dressaient sur des tables ou sur des chaises et qu’ils garnissaient de deux chandeliers et d’une statue de pl√Ętre du Christ ; puis, arr√™tant chaque passant, ils lui demandaient ine pitite √ßanse : le premier jour, po l’Avi√®rje, le deuxi√®me jour, po sint Rok et le troisi√®me jour, po sint Macrawe ou po l’at√© d√® goz√é. Rarement on refusait. L’argent ainsi recueilli √©tait divis√© en deux parts. L’une servait √† se procurer de petits cierges que l’on faisait br√Ľler devant les autels improvis√©s; avec l’autre, on achetait des bougies et des lanternes v√©nitiennes; √† d√©faut de celles-ci, les enfants s’amusaient avec une betterave ou un concombre √©vid√© muni d’une bougie allum√©e. D√®s que la nuit √©tait venue, un cort√®ge se formait; Sint-Macrawe, personnage fantastique, y figurait sous la forme d’un mannequin tenant en main une lanterne et les enfants l’escortaient en r√©p√©tant

 

V√ģve sint M√•crawe

grosse tièsse di bwès

l’ ci qui n’ a nole ti√®sse

n’ a nin m√®z√•he di dj’v√®s.

 

Maintes fois, le r√īle de sint M√•crawe a √©t√© tenu, non par un mannequin, mais par un personnage vivant qui se condamnait √† une immobilit√© compl√®te moyennant un salaire convenu.

¬ę Un jour, celui qui remplissait ce r√īle, se serait livr√© √† une pantomime intempestive, au contact des bougies us√©es dont il √©tait entour√© et, faisant allusion √† la r√©compense promise, aurait finalement abandonn√© la partie en criant cette phrase devenue proverbiale: Ni po qwinze, ni po saze, dji n’ vou pus r√© sint M√•crawe.¬Ľ

 

(in: André-Gérard Krupa, Nadine Dubois-Maquet, Françoise Lempereur, Catalogue du musée de la Vie Wallonne, Crédit Communal, s.d.)

1924 - L√ģdje / Dju d' l√† Mo√Ľse - pitit aut√© d' l' Assompsion (Li√®ge / Outremeuse - petit autel de l'Assomption)

(in: EMVW, 1924-1930, p.47-48)

L√ģdje / Dju d'l√† Mo√Ľse - √®t√®remint da Mat√ģ l' Oh√™ (po fini l' fi√®sse) (Li√®ge / Outremeuse - enterrement de "Mathieu l'Os" (pour cl√īturer la f√™te)

 

3 Scr√ģjadjes / (L√ģdje) Scr√ģh√®djes – Litt√©rature

Henri Van Cutsem, Tchabaréyes, Couyèt / Couillet, 1936

 

SINTE MARÎYE

 

Sainte M√Ęr√ģye, 15 d’awouss’ ; come on dit : L’Assomption !…

Du matin,¬† tous cost√®s, c’ est 1′ famc√Ľse p√īrcession¬† :

¬ę Dine, dine !. Et v√ībiscum, !. Sainte Marie, pleine de gr√Ęce. >

Des v√ģy√®s n√®sses en blanc, et des fleurs plein des v√Ęses…

 

Tout d’ch√Ľte apr√®s l’dinn√©r, vie l’tram, vie l’ist√Ęcion.

c’√®st-√®ne vr√©ye convoy√© corne pou ‘ne manifest√Ęcion.

C’est y√Ľ pou Ch√Ęl√®rw√® ! pou l’Vile-Haute, pou l’Vile-Basse,

Faut d’al√©r v√Įr √®l fw√™re ; on s’tigne pou z-aw√® place.

 

Que pl√©ji ! Gn’a des djins ! Gn-a des monchas d’baraques !

√áa sint l’crache et l’fum√©ye ; li clone raconte ses craques ;

on s’ispotche ses agaces; les rim’djidjimes vont sot !…

 

A cost√® du tch’fau d’bos, l’fye√Ľ d’portr√©ts vos apice !

S’on vouleut, on s’reut po√Ľye avant qu’on n’d√ģye in mot,

k√®rtch√ģ corne in baudet, d’nougat et d’pvvin d’√®pice.

 

in: Maurice Piron, Anthologie de la littérature wallonne, éd. Pierre Mardaga, 1979

JEAN DE LATHUY

Notru-Dame do Qu√©nze d’ Awous’

 

L’Avi√®rje n’√®st n√©n mwate

mins par one cl√©re gn√Ľt

èlle a ètindu

4   rinachi à l’pwate.

 

DOUZIEME STATION. ‚ÄĒ La forme s(i)tacion n’est pas dialectale au sens de station

du Chemin de croix.

 

1. Il n’y a plus un seul pr√®s de lui.

5. … qui le voient d’un mauvais Ňďil, qui le d√©testent. ‚ÄĒ 8. gallicisme au lieu de diskind

èt t’ vindji.

9. le√Ľs fauves. leurs blagues. ‚ÄĒ 10. afiauve, affable, aimable. 12. v√īss√Ľre, vo√Ľte

 

NOTRE-DAME DU QUINZE AOUT. ‚ÄĒ Quatri√®me pi√®ce dans le groupe des ¬ę Myst√®res

Glorieux ¬Ľ.

4. rinachi, remuer en cherchant; ici, gratter (à la porte).

 

(p.505)

C’√®-st-on andje. ¬ę Madame,

dist-i, dji so v’nu

dè l’paurt di Jésus

8¬†¬†¬† qui vout raw√® s’ mame. ¬Ľ

 

Mar√ģye ni taudje n√©

ca po rèmwinrner

one n√Ľl√©ye √®st pr√®s‚Äô.

 

12¬† ¬†Di√® l’ √Ęr√® d’l√© li

po qu’√®le se√Ľye hi√®der√®sse

d√®s r√īses do stw√®li.

 

Ibid., p. 161.

 

8. qui veut revoir sa mère.

13. hi√®der√®sse, berg√®re. ‚ÄĒ 14. stw√®li, ciel √©toile, firmament.

 

In : Le Guetteur Wallon, 142, 1958, p.95

 

Mèrci  (s.n.)

 

Li p’tit vint

Qui sofèle

Su l’ barbauje ; (1)

 

Li p’tit r’frin

Qu’ on chufèle

Tout binauje ;

 

Li solia √† nos p√ģds

√ąt √ßa tchante, √®t √ßa r√ģt.

 

Li gorin (2)

Qui tch√ģp√®le

Tout à s’n-auje ;

 

Li gamin

Li bauchèle

√ąt l‚Äô arnauje

 

Grip√®s su l‚Äô b√®raud√ģ (3)

√ąt √ßa tchante, √®t √ßa r√ģt.

 

Li frumint

Qui gonfèle,

Li pènin

Qu’ on pèstèle,

Ca vaut bin

√ąne tchand√®le‚Ķ

 

Pout tout √ß‚Äô qui n‚Äôs-avans ie√Ľ √ß‚Äô mw√®s-ci,

Bone Notrè-Dame d’ Awous’ … mèrci.

 

 

(1) barbauje : petit nuage

(2) gorin : moineau des bois

(3) b√®raud√ģ¬†: au-dessus de l‚Äôaire de la grange

 

Li co√Ľr di L√ģdje

Léon Constant

 

Qu√ģ n’a m√Ęy pass√© on qwinze d’awous’ √® Dju-d’l√†, n’ pout save√Ľr √ßou qu’ i pi√®d’. C’ √®-st-on djo√Ľ fw√®rt pl√™hant wice qu’ on pout r√®scontrer d√®s m√®yes √®t d√®s m√®yes di L√ģdjw√®s … Mins, i n-a co d√®s-√īt√®s oc√Ęsions d’ miner l’ √Ęriole divins √ß’ qu√Ęrt√ģ wice qui, portant, on n’ vike nin todi so blancs pe√Ľs. C’ √®st qui, v√®yez-ve, c’ √®st co l’ m√®ye√Ľse man√ģre di ro√Ľv√ģ s√®s p√īnes √®t s√®s guignons. C’ √®st mutw√® po √ßoula qu’ l√®s djins qw√®r√®t √† s’ rasson.ner po viker le√Ľs sondjes avou d√®s camar√Ędes. C’ √®-st-insi on p√ī tot-av√Ę mins c’ √®st co pus vr√®y √® Djus-d’l√†… Po f√© l’ compte d√®s soci√©t√©s qui sont so l’ c√īp, on n’ a nin assez d’ s√®s de√Ľts √®t nos n’ l√®s s√Ęr√ģs noumer totes. Li prum√ģre √† m√®te √®n-avant, c’ √®st l’ cisse d√® l‚Äô R√®publike. Ele tch√®sse so s√®s s√®t‚Äô cre√Ľs l√† qu‚Äô c’ √®-st-√® 1927 qu’ √®lle a stu √®mantch√™ye √®t qu’ √®le mon.ne l’ at√®l√™ye sins l√•ker. Say√ģ d’ d√ģre tout √ßou qu’ √®le f√™t prindre√Ľt trop’ di timps. Po-z-aler rade, dihans qu’ √®le m√®t’ so p√ģd l√®s grant√®s f√ģ√®sses d’ awous’, qu’ √®le f√™t viker on clapant t√®y√Ęte di marion√®tes, qu’ √®lle a-st-apont√ģ on fw√®rt b√™ m√Ľs√™ye wice qui Tchantch√®s √ģ tint l’ prum√ģre pl√®ce √®t d’pus’ qu’ on l’ pout

r’trover tot-av√Ę qwand l’ qw√Ęrt√ģ a dandj√ģ d’ on c√īp di spale. Tot-√† cost√© d√® l‚Äô R√®publike, so l’ √īte mitan d’ Djus-d’l√†, nos-√®stans so l√®s t√™res di Sint-Foyin, l√† qu’ on grand format come Dj’han N’nih Bouss√Ęrt √®st d’ tos l√®s c√īps, po miner l’ cr√Ęmignon. Disp√īy todi, Sint Nicol√®y √®t Sint Foyin sont tot-√† l‚Äô f√®ye in.nemis √®t cople√Ľs. On-√®st t√®ne√Ľ ou bin t√®he√Ľ. I n-a la de√Ľs mondes qui n’ si pol√®t sinti. L’ istw√®re di l’ √ģle compte saqwantes margayes l√† qu‚Äô nolu n’ a m√Ęy polou prinde li d’ze√Ľr. Mins qwand i s’ f√Ęt rapo√Ľler po disfinde on cost√© ou l’ √īte √®t co p√©s qwand c’ √®st po f√© l’ fi√®sse, on ro√Ľv√®ye tot po n’ pus f√© qu’ on blok. I n‚Äô si f√Ęt nin √®warer qu’ avou l‚Äô Dj’han-N’nih come maye√Ľr, Sint-Foyin d’v√©ve avu ‘ne-confr√©r√®ye po-z-animer l’ porotche √®t l’ f√© k’nohe di l√Ędje √®t d’ lon; Adon, il ont r’t√Ľs√© √† on v√ģ p√®rson√®dje qu’ ave√Ľt vik√© √® qu√Ęrt√ģ √®t qu’ √ģ a morou ¬ęRw√® d√®s p√®he√Ľs¬Ľ. Tot r√®gu√®d√© d‚Äôvins s’ grand v√ģ l√™d paletot, divins on pantalon plin d’ p√®ces di totes l√®s cole√Ľrs, ate√Ľt√© l’ ivi√®r come l’ost√© dizos on grans tchap√™ d’ paye, on l’ pol√©ve trover √Ę bw√®rd di Mo√Ľse avou s’ longue v√®dje, achou so s’ banset√™, s√®s warbaus d‚Äô¬≠vins ‘ne plinte bw√®te (√®t min.me, sovint √® s’ boke …) √®t, vos v’s-√®nn√® dotez avou ‘ne plinte bot√®ye di fris’ p√®k√®t bin-√†-min. C’ √®ste√Ľt Marcatchou, li Rw√® d√®s P√®he√Ľs. Si no-m√®tou √®st div’nou li ci d√® l‚Äô confr√™r√®ye d√®s Marcatchous d’ Sint-Foyin qui vol√®t disfinde l√®s v√ģl√®s sawe√Ľrs d√®s t√®ne√Ľs : li sope √Ęs coweris, l’√™we di Mo√Ľse (on clapant p√®k√®t) √®t bin s√Ľr, l√®s bon√®s bo√Ľk√®tes come l√®s cisses d√® l‚Äô ¬ęMatante Jane¬Ľ d’√† Dj’han-N’nih. Po ‘nn√® f√© dj√Ęser, l√®s Marcatchous sont tof√©r so tchamps so v√īyes avou le√Ľs p√®he√Ľs, le√Ľs boter√®sses, le√Ľs de√Ľs-adj√®yants √®t l’djoye√Ľse fanf√Ęre. On pout r’trover l’min.me gos’ di pl√™re adl√© l√®s camar√Ędes d√® l‚Äô B√ģre Tchantch√®s. C’ √®-st-ine breune b√ģre qui s’ be√Ľt divins ‘ne pinte √† de√Ľs-anses (si vos n’ kinohez nin l’ r√™son, vos n’ avez qu’ √† v’s-√®l f√© raconter so pl√®ce …). Avou l’ b√ģre, vos magnerez d√®s gross√®s t√®yes di pan √† l‚Äô mak√™ye √®t √Ę souke di pot, sins ro√Ľv√ģ l√®s z√Ľlant√®s c√Ľt√®s pe√Ľres qui nos r’gr√®tans turtos. Si vos r’qw√®rez l√®s fo√Ľ-m√®se√Ľres, i v’ f√Ęr√® aler f√© on to√Ľr √® Rote√Ľre amon l√®s k’pagnons d√® l‚Äô Pintje. Le√Ľ local ? ¬ęL’affreux Bougnat¬Ľ. Vos n’ konohez nin ? C’ √®st Jos√© H√®lin, in-√Ęrchit√®ke qui s’ a m√®tou bistrok√®t po s’ f√© ¬†pl√™s√ģr … Disp√īy 35 ans, i rapo√Ľle l√®s-amate√Ľrs di b√ģre. Po ‘nn√® f√© p√Ęrt√®ye, i f√Ęt be√Ľre po l’ mons, on lite inte 20 e√Ľres √®t m√®ye-nut’. Vos s√®rez adon rik’nohou come fr√©. Po-z-aler pus lon √®t diveni of√Įc√ģ, c’ √®st cink lites qui v’ f√Ęr√® gourdj√ģ. Po l√®s cor√®dje√Ľs : ine fame√Ľse gorel√®te √† pigneter so ‘ne sw√®r√®ye, disqu’√† doze pintes. Avis √Ęs-amate√Ľrs. Mi dji tape djus.

F√•t dire qui dj’a bin m√®ye√Ľ avou l’vin. Dj√® l‚Äô be√Ľ avou les ch√®valiers d√® tch√®st√™ Tchantch√®s. C’ √®-st-on bon p’tit Bordeaux qui l√®s membes m√®t√®t z√®ls-min.mes √® bot√®ye √®t qu’ on pout trover tote l’ an.n√™ye √† Tchantch√®s, √® B√®tch. N’ avans-gne nin bon d’ nos porminer divins √ß’ qu√Ęrt√ģ si vikant ? Il √ģ f√™t bon viker pace qu’ on n’ √ģ k’noh nin l’ racisme. Dj’ √ģ a r√®scontr√© in-It√Ęliyin qui si√®ve d√® l‚Äô gote √† s√®s candes, li cr√Ęs-m√Ęrdi. C’ √®-st-ine Espagnole qu’ apontih’ nosse crol√®ye djote qui nos vint d’ nos t√Ęyes √®t d’nos ratayons. Qu√©kef√®yes, po d’djuner, dji magne on pan tot plat atchet√© √† on Turk √®t qwand dj’ a √ģd√®ye d’ on bon couscous‚Äô, dj√® l‚Äô pou trover rademint. Djus-d’l√†, √† d√ģre vr√®y, n’ √®st m√Ęy qu’ on p’tit bok√®t d’ L√ģdje mins, √† m’ sonlant, c’ √®st s√Ľr √®t c√®rtin qu’ c’ √®st l’ bok√®t l√† wice qu’ i n-a l’co√Ľr.

 

Léon Constant

 

GAUME

 

Pri√®re pou l’ quinze Aout

 

Sinte Mar√ģe, priez pou nos-√ītes

Ca on-√®st d√®s droles d’ap√ītes.

On foute souvat l‚Äô p√ģd su l’ cot√®y

Ceu n’ √®st-me pa mauv√™se volont√®y.

L‚Äô quinze Aout, on pr√ģe das vos tchapales,

A W√Ęch√®t, bon Lieu, √† Orval,

Sinte Vi√®rje, v’ atez pr√®te pou √Ędi

V’ avez toudjou √Ęk √† bay√Į

A tous sow qui sant dènortèy,

Qui ant d√®s tchou√īses √† v’ d√®mand√®y.

On n’ vou√īrout-me v√® cass√®y l√®s p√ģds

A n’ causant qu√® d√®s nos chiter√ģes

Mas, pou l√®s djens d’ boune volont√®y,

Bayez dou bone√Ľr √† ch√®r√®ye.

 

L√©on GILLET (Si√©t-L‚Äôdj√ģ / Saint-L√©ger)

 

(ouw√®s'-walon / ouest-wallon) Armand Dech√®vre (Sougn√ģye / Soignies) "Quinze d' awout' "

 

4 √Ēte paut / Ailleurs

Alain Toussaint, Le bouquet d‚ÄôAssomption (Krautw√ęsch), Lux. Wort, 14/08/2001

 

La plus ancienne des fêtes mariales, l’Assomption, fut établie dès le 6e siècle.

A l‚Äôorigine de cete f√™te existent un culte et un p√®lerinage √† Eph√®se, l√† o√Ļ suivant la tradiction prit fin le s√©jour terrestre de la Vierge. L‚ÄôEglise catholique croit √† l‚Äôassomption de Sainte Vierge √† la suite de sa mort, et que son corps n‚Äôa pas √©t√© descendu au tombeau mais √©lev√© au ciel.

Au Grand-Duch√©, lors de la Krautw√ęschdag, le 15 ao√Ľt, les fid√®les confectionnent un bouquet d‚ÄôAssomption (Krautw√ęsch) pour le faire b√©nir √† l‚Äô√©glise. D‚Äôapr√®s la coutume, ce bouquet √©tait compos√© de c√©r√©ales et de plantes aux vertus curatives ou m√©decinales. A la campagne, le bouquet renfermait avant tout du froment, de l‚Äôavoine et de l‚Äôorge, de la menthe, du thym, des oignons et des carottes …

Ce bouquet √©tait gard√© toute l‚Äôann√©e, et on lui attribuait de nombreuses qualit√©s pr√©ventives ou pr√©servatrices. On m√©langeait les graines aux semences ou √† la nourriture du b√©tail. Il √©tait suspendu dans le grenier, pour en √©loigner les insectes nissibles, ou dans l‚Äô√©table, pour y prot√©ger les animaux contre les mauvais esprits et les maladies. Lorsqu‚Äôun membre de la famille mourait, on pla√ßait une croix confectionn√©e au moyen d‚Äôune partie du Krautw√ęsch dans le cercueil.

 

in : Nidrum, 1998

 

(S.381) MARI√Ą HIMMELFAHRT

 

Am 15. August feiert die katholische Kirche das √§lteste Marienfest, entstanden im 5. Jahrhundert, Maria Himmelfahrt. Seit dem Mittelalter ist mit diesem Fest die Segnung von Kr√§utern verbunden, die durch die Weihe f√ľr Mensch und Tier heilkr√§ftig wurden. Die Segnung wurde in unserer Pfarre bis vor einigen Jahren stets vor Beginn des Hochamtes abgehalten. Diese Kr√§uter sollten auch vor Blitzschlag sch√ľtzen. Bei Gewitter wurden Kr√§uter in den Ofen geworden, um so das Haus unter den Schutz Gottes zu stellen. Seit 1967 findet an diesem Tag die durch eine Gruppe von Freiwilligen geplante und durchgef√ľhrte Ausfahrt der Betagten statt.